Encore un hold-up gay contre les luttes des femmes.

Pourquoi tant de pancartes reprennent sans critique des idéaux du pouvoir (mariage, actuelle république) ou donnent aux religieux des gages de crédibilité ? Pourquoi voit-on fleurir des pancartes misogynes ? Où des hommes se permettent d’afficher leur mépris pour les femmes ? Pourquoi le système hétérosexuel, et son institution, le couple, apparaissent soudain comme une aubaine pour les femmes, hétéro comme lesbiennes ? Pourquoi tant d’hétéro non politisés s’associent à ces revendications ? Pourquoi des intellectuelles pour qui le féminisme renvoie à l’hystérie*** prennent la parole pour défendre ce droit ?  

Selon moi, ces revendications sont encore** un HOLD-UP  GAY sur la (possible) politique féministe des lesbiennes.

> Rétablissement de la légitimité du mariage, alors que cette institution pèse sur noues de ses siècles de viol conjugal, d’esclavage et de spoliation dans la transmission.

> Réaffirmation de l’obtention de droits par la mise en couple, ce qui est un piège absolu pour les femmes. Car noues sommes massivement et essentiellement opprimées, détruites psychiquement et exploitées dans l’aliénation économique, sexuelle et psychique qu’est le couple dans un patriarcat (peu importe les nuances individuelles, l’institution « couple » est autant déterminée socialement que l’est la mise en rapport salarié entre marché du travail et travailleuse-eur : ce rapport est l’axe majeur d’une oppression, nulle société n’en laisse la régulation aux individus). Seuls les hommes peuvent appuyer leur carrière, leur individualité, leur autonomie, leur construction de soi au couple, car ça ne signifie pas absorption dans les exigences et la présence de l’autre. Les femmes n’ont pas ce ressort social, au-delà des capacités individuelles à vivre de manière autonome : noues sommes moins payées qu’eux, rarement assez pour vivre seules, noues avons des failles affectives liées à notre stigmate de femme or la société noues pousse à les résoudre en noues vouant à autrui dans une relation de couple … pur oubli de soi.

> Mensonges masculinistes ouverts ou par omission sur le modèle familialiste existant : * quant aux ‘droits » des femmes dans le mariage ; * quant aux « droits des enfants » par la filiation (deux mises sous tutelles); * quant aux « droits du divorce » (droits totalement détruits par les politiques néolibérales qui 1) sacrifie tout – surtout les violences conjugales – à la notion de « divorce à l’amiable », basé sur le sacro-saint « consentement » ; 2) paupérise les femmes relativement aux hommes, qui gardent les moyens de noues aliéner) ; * quant à la « protection » qu’est la famille (alors que la majorité des violences masculines sur femme et enfant sont commises dans ce cadres). Ces mensonges masculinistes racinent dans la haine misogynes comme en témoigne la facilité avec laquelle les hommes se sentent parfaitement légitimes à déverser leur mépris pour les femmes au nom de leur combat, tout en se victimisant. Ainsi, ils dénoncent les « privilèges des femmes hétéro », dont eux seraient exclus. Ce genre de renversement de l’oppression est typique des agendas politique écrits par les hommes : leur combat (progressiste : gauchiste, anar, homophile ou, à l’inverse : pro-SM, pro-prostitution, pro-GPA, etc.) sert toujours à nier ou réviser l’ampleur de leur domination masculine sur les femmes.

> Rétablissement du droit à l’appropriation marchande des enfants (adoption à l’international, PMA et GPA sont toutes des formes d’accaparement des enfants par des méthodes capitalistes … après on peste contre la dot, mais naître avec le poids du prix que des parents ont payé pour noues « avoir », c’est très lourd).

> Rétablissement du droit de l’Homme (gay) à utiliser sans limite des femmes pour faire valoir ses « droits » (ici à reproduire leurs gènes … pur naturalisme familialiste) … la GPA est l’une des formes de colonisation et d’instrumentalisation déshumanisante les plus brutales, au même titre que la prostitution, le SM et la pornographie qui ne peuvent avoir un cachet de « liberté » et de « progrès » que pour des cerveaux déjà anesthésiés à la rapacité misogyne. La GPA est une prostitution utérine (prostitution au sens de viol légalisé par le pouvoir de l’argent) dont le poids sanitaire et psychique va peser sur les femmes les plus pauvres du monde, ou les plus pauvres dans chaque pays. Or les femmes sont déjà massivement forcées à la reproduction au plan mondial (40% des naissances dans le monde sont issues de viol, chiffre Amnesty).

=> L’enjeu profond de cette mobilisation est de blanchir le système familialiste existant, et d’utiliser, comme toujours, des femmes pour défendre un système qui les détruit. Elles sont utilisées comme alibi : les lesbiennes. Ou comme objet de haine : les femmes hétéro. Ce qui a pour double effet 1) d’aliéner les femmes proches des hommes qui se font passer pour victimes et alliés et 2) de recréer un mythe masculiniste de la femme jouissante et possédante dans le système qui l’opprime.

=> Les lesbiennes ne doivent pas se laisser guider dans leur politique par les prérogatives masculines, car les gays restent des hommes, et si leur libération doit passer par notre destruction, ils n’hésiteront pas. C’est ce qu’a prouvé leur politique de « libération sexuelle » qui s’adosse sur les industries du viol (pornographie, Sadisme sexuel nommé « SM » et prostitution), ou leur actuelle revendication de la prostitution utérine (GPA).

** Lire l’excellent article de Sheila Jeffreys

 ** Voici un apperçu des propos de E. Roudinesco, largement diffusée par les militants. Entretien avec Élisabeth Roudinesco, éléments de critique féministe

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11 réponses à Encore un hold-up gay contre les luttes des femmes.

  1. Roxane dit :

    Ca se résume à reprendre une de tes phrases:
    Selon moi, ces revendications sont encore** un HOLD-UP GAY sur la (possible) politique féministe des lesbiennes.
    La réponse est simple: tu es à côté de la plaque.
    Il faut que tu arrêtes de penser avec des schémas paranoïdes et réducteurs.

    Roxane,
    lesbienne, féministe et militante.

  2. Ash dit :

    Comme d’hab’ l’article le plus pertinent sur toute cette supercherie!! Clap clap clap

  3. binKa dit :

    le couple est un piège pour les femmes, car noues sommes trop détruites par et pour « l’autre » (cet autre universel qui a figure d’Homme) pour supporter la mise en couple, surtout la mise en couple avec le sujet légitime, viril, qui ne fera que noues absorber dans son être-là plénier. Cependant la contractualisation du couple (en particulier le mariage sous la communauté des biens) confère (conférait) un minimum de protection face à la rapacité masculine dans le couple (exploitation dans le travail ménager, exploitation dans le travail professionnel de Monsieur, spoliation des biens matériels et de l’argent …).

    Aujourd’hui, on voit que l’écrasante majorité des PACSé-e-s sont des hétérosexuels, et que ça a mis dans une merde sans nom les femmes qui s’y sont laissé abuser (le mariage garantit quelques droits minimes au regard du grand hold-up que c’était avant les mobilisations féministes de la première vague).

    On le voit avec le recul : le PACS n’est qu’une part du grand réajustement structurel qui balaie les droits (à peine acquis sur le papier) des femmes. Les lobbys des pères, la pression néolibérale sur le divorce, la pression à l’informalisation des contrats de mariage … avec la pauvreté relative des femmes par rapport aux hommes (qui explose), tout ça concoure à retransformer le couple en la prison qu’il est voué à être dans les patriarcats.

  4. binKa dit :

    souvent l’argument (culpabilisé) des lesbiennes concernant la GPA, est le suivant « ah ben on peut réclamer la PMA si on revendique pas avec eux la GPA ».
    Ainsi, les gays ont réussi à noues faire croire que c’est symétrique. Mais je ne pense pas que l’on puisse mettre GPA et PMA sur un même plan. Les femmes ne doivent pas encore une fois pallier une asymétrie biologique : car en effet, les hommes ne peuvent pas se reproduire, sinon à travers les femmes. Dès lors, il faut que les gays inventent un autre mode de parentalité -que je souhaite aussi pour les lesbiennes – basée sur l’adoption et aussi sur la coéducation d’un enfant par trois, quatre, cinq adultes référents.
    Faire encore peser le poids des exigences masculines sur les femmes est une bien plus grande inégalité que de ne pas faire équivaloir (à tort) GPA et PMA. La grossesse n’est pas un phénomène mécanique. Elle est un phénomène hautement politique car les patriarcats en font la condition d’existence sociale des femmes, la rendent obligatoire pour elles, la transforment en prétexte et but de la persécution sexiste qu’organisent les hommes. Depuis quand une grossesse de 9 mois, avec ces conséquences psychologiques et physiques socialement déterminées, est-elle comparable aux processus de PMA pour les hommes ? Pour eux il ne s’agit même pas d’un acte médical (pourtant on pourrait soumettre les hommes aux mêmes tortures que subissent les femmes, souvent pendant des années, dans le processus de PMA, en leur prélevant leurs gamètes), c’est juste de la branlette (ce qui insécurise aussi les femmes qui travaillent dans les centres car ces messieurs ne ramassent pas derrière eux les traces de leurs exploits, et les soignantes se retrouvent dans un sex-shop à ramasser des kleenex et des revues violentes pour elles). Il n’y a pas de symétrie possible entre homme et femmes en matière de reproduction ; ce fantasme d’assimilation des femmes à ce à quoi les hommes peuvent accéder est typique de leur position dominante. Ils doivent construire autre chose (y compris de moins hétéronormé), qui ne passe pas par la destruction des femmes. Ce point est crucial.
    La grossesse dans un patriarcat est faite pour noues détruire (matériellement, les femmes ne sont pas soutenues, comme le sont par ex. les hommes quand ils font l’armée : deux ans qui comptent dans leur carrière, qui se cumulent à elle, alors que noues, nos années de grossesse sont des handicaps ; et psychiquement : noues sommes colonisées, du point de vue des hommes dans un patriarcat, le ventre gros prouvant l’occupation territoriale d’un homme sur noues, … cf. Intercourse d’Andre Dworkin). On ne peut pas la réduire à ce que les hommes expérimentent dans la PMA. C’est révoltant ce révisionnisme, imposé par les gays eux-mêmes, qui n’ont de perception de nos souffrances d’opprimées que les paillettes et les talons hauts.

  5. Hold up queer (allons y gaiement toutes les importations sont bonnes à prendre maintenant que le libre échange bat son plein)- Le gay est dépassé, vous n’êtes plus àla mode – Plus de revendication d’identité, non, tout comme les femmes, et plus même ! Non seulement au détriment des droits de la femme mais aussi au détriment des droits de la petite fille – Deux pères, le pied- Le Père n’était pas encore assez sacralisé ? Au moins un semblant de protection existait par le biais des mères qui protégeaient l’intimité des filles. Mais non, les patriarchies cristallisées avec sexapartheid, pas encore assez visibles, il faut que nos patriarchies phallocrites réinvestissent nos sociétés où les femmes respiraient un peu l’air libre. Père, père, paire, pair et perd ! Nous sommes faites et refaites
    http://susaufeminicides.blogspot.fr/2012/01/combien.html

  6. Zahia dit :

    « Aujourd’hui, on voit que l’écrasante majorité des PACSé-e-s sont des hétérosexuels, et que ça a mis dans une merde sans nom les femmes qui s’y sont laissé abuser (le mariage garantit quelques droits minimes au regard du grand hold-up que c’était avant les mobilisations féministes de la première vague). »
    Je ne comprend pas trop, qu’est-ce que tu entends par là ? A quel genre de « merde sans nom » tu penses ?
    (dsl c’est un peu hors sujet par rapport au post, mais j’ai pas trouvé comment te contacter autrement)

    • binKa dit :

      non, non, votre question est dans le sujet 😉
      la « merde sans nom » est le fait d’être dépossédée des rares contre-parties qu’assurait malgré tout le contrat de mariage (contre-parties imposées par les luttes féministes) : protection matérielle face au vol et en réparation du préjudice économique que constituent les années de vie auprès d’un homme + protection quant aux enfants et pour soi quand le conjoint est violent, en raison de l’attribution de logement que peut demander un avocat dans la procédure de divorce (l’Ordonnance de protection étant presque totalement inefficace).
      b.

  7. Meg dit :

    > Rétablissement du droit à l’appropriation marchande des enfants (adoption à l’international, PMA et GPA sont toutes des formes d’accaparement des enfants par des méthodes capitalistes … après on peste contre la dot, mais naître avec le poids du prix que des parents ont payé pour noues « avoir », c’est très lourd).

    Je ne comprend pas que tu mette PMA et GPA sur le même plan. Pour moi ce sont deux techniques bien différentes. Le problème n’est pas de vouloir un enfant, personne n’est jamais consulté avant sa naissance par ses geniteurs, on est toujours plus ou moin accaparé par ses parents, que les parents soient homo ,bi, trans,hétéro ou que sais-je. Il me semble que la PMA et GPA ne sera pas interdite aux hétérosexuel, ce n’est pas une revendication des seuls gays. Le problème de la GPA c’est pas l’accaparement d’enfants, c’est la mise en prostitution des utérus des femmes pauvres. Par exemple si ma soeur est stérile et veut un enfant, je ne voie pas pourquoi on m’interdirait de lui rendre gatuitement ce service, dans ce cas de figure il n’y a pas de problème de domination. Pour moi la GPA doit être un don, comme le don d’organes, le don de gamètes ou le don de sexe, dès qu’il y a marchandisation de la gestation, vente d’organes ou prostitution on doit l’interdire. La GPA en sois n’est pas forcement mauvaise, c’est sa marchandisation qui l’est et qui crée de l’exploitation des dominés, tout comme le sexe en soi n’est pas mauvais c’est quant on paye pour du sexe qu’on deviens un exploiteur, un dominant, un prostitueur. Après je pense qu’une GPA gratuite n’est pas facil a mettre en place collectivement, mais c’est un autre problème.
    Pour la PMA elle est aussi réclamé par des femmes hétérosexuels qui veulent un enfant sans avoir l’obligation de vivre en couple ou de « faire un enfant dans le dos » au premier mec venu. Il n’y a pas que les lesbiennes qui réclament le droit à la PMA, un certain nombre de femmes hétérosexuels sont aussi intéressé par l’insémination artificielle, c’est dommage de les oublier encor une fois.

    Ensuite tu amalgame tous les gay à quelques propos sexistes dans ton texte. Certains gay sont sexistes, d’autres sont contre la GPA, d’autres sont pour… Je connaît des gay misogynes et des gay féministes, c’est regrettable que tu les amalgame. Oui les gays sont des hommes et il y a des hommes féministes même si ils sont loin d’être assez nombreux.
    Je suis bien d’accord avec toi pour dénoncer certaines revendications et certains slogans chez certains gays, mais la manière dont tu associe gays=hommes=misogynes (les gays restent des hommes…) est homophobe et sexiste (la misandrie est une forme de sexisme tout aussi condamnable que la misogynie). Tu pourrait parler des « gay pro GPA » ou « gay sexistes » ou « gay prostitueurs » au lieu de » gay tout court » ça éviterait ce désagréable arriére-goût que je n’apprécie pas dans ton texte et ce goût est particulièrement déplaisant pour moi car je suis globalement d’accord avec ce que tu dit sur les slogans, la GPA, la promotion du mariage …. Je suis féministe radicale comme toi et aussi contre l’homophobie, contre le racisme, contre le capitalisme…, et je refuse d’utiliser ces grandes catégories « les gays, les noirs, les arabes, les blondes, les vieux, les jeunes… »
    Je ne pense pas que tu sois homophobe je pense que tu es révolté contre la GPA marchandisé, comme je le suis aussi, mais ta manière de désigner « les gays » comme une catégorie est contreproductive car elle fait perdre de vue le fond de ce que tu veux exprimer.

    • binKa dit :

      merci pour cette contradiction argumentée.
      pas merci pour les insultes : je suis séparatiste d’avec les hommes, donc les accusations « d’homophobie », pas trop pour moi. Pas d’androcentrisme : rejeter les hommes n’est pas rejeter « les homos » …. Je suis misandre, peut-être un peu, mais pour des raisons aussi objective qu’un massacre planétaire. La misandrie n’est pas du sexisme. Ou alors allez traiter Malcom X ou les autres militant-e-s séparatistes de racistes.
      Je laisse le reste au jugement des lectrices …. 😉
      Seulement ceci :
      La GPA comme un don, le don d’organe … je suis heureuse de voir que le monde soit peuplé de dons pour voues. Moi je ne vois guère que des alibis de « dons » qui se transforment, sous l’effet des violences masculines et de leur pouvoir de l’argent, en boligation de procréer, obligation de soins, obligation d’entretien, obligation de sacrifice pour les femmes.
      b.

  8. Meg dit :

    Non je ne t’ai pas traité d’homophobe, relie mon dernier paragraphe.
    Ta réponse est très décevante. Tu ne répond que sur ton droit a haïr sans distinction les hommes. Je te laisse avec ton droit a la haine et ton joli monde séparatiste dans lequel le don et la solidarité n’existent pas. Je ne suis manifestement pas du même féminisme que le tien, la haine ne fait pas parti de mes revendications.

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