Solidarité avec les enfants victimes des pères

La suprématie masculine au berceau.

Les sociétés où les hommes règnent brisent les filles avant de les construisent avec leurs débris, pour faire de leur identité un piège à vie.

Noues avalons le toxique avec la sève maternelle. Le ventre de la mère est intoxiqué par les hormones de stress que provoque le monde des hommes (depuis la culture de haine qui provoque une hypervigilance normative jusqu’à la violence psychologique du conjoint, en passant par le stress au travail, produit d’une société masculine capitaliste). Puis dès la naissance, la machine à broyer s’acharne contre la force même des femmes : la vie.

Face à la violence (économique, morale, physique et sexuelle) avec laquelle la mère est traitée par le père et par les hommes dans sa vie, les filles apprennent l’impuissance, le fatalisme, une exigence quasi nulle vis à vis des hommes mais intransigeante vis à vis d’elles-mêmes. Le pouvoir des pères & beaux-pères dans la famille mêlé à la perversité sexuelle des hommes est le cocktail le plus efficace pour créer des résignées, enchaînées par la honte. La peur devient l’atome premier de notre être, elle guide nos « choix » contraints et notre chemin obstiné vers le bonheur (le but chez les jeunes femmes est de trouver un homme avant que de se trouver elle-même, et le premier critère de choix est qu’il soit « protecteur », ce pourquoi elles le choisissent souvent plus grand qu’elles et plus sûr de lui … aucune femme ne pense que sa sécurité dépend d’elle-même ou d’autres femmes).

Notre mère a pour devoir de noues transmettre ses chaînes ; elle se fera un devoir de noues transmettre ce qui les allègera, selon elle : en fait, ses réflexes et stratégies de femme piégée (PLAZA, 1980).

Pour parachever cette œuvre de destruction, la culture virile pousse les filles à aimer les hommes, première cause de leur mortalité, et, si elles se réveillent de leur coma psychique, les savoirs dominants les poussent à accuser leur mère de les avoir dressées à la servilité, de leur avoir couper les ailes qu’elles voient fleurir sur le dos de leurs frères.

Ainsi la boucle est bouclée : la mère sert de fusible, la fille de cartouche … et réciproquement … à l’infini.

Les garçons: héritiers de la gloire sur fond de haine.

Dans un système d’oppression des mineur-e-s & de célébration du mâle qui les domine, les garçons sont bâtis en soldats sur fond de préjudice : cela crée les bourreaux les plus zélés.

En effet, rien de plus inflammable qu’un garçon humilié mais né dans une société où il est l’élu : désaffiliation brutale par la torture puis ré-affiliation au groupe des tyrans, c’est le mécanisme à double détente de la fabrique des bourreaux (SIRONI, 1999).

C’est ainsi, je pense, que l’on peut analyser le parcours de beaucoup de fils violents avec leur mère : dans un premier temps, l’enfant (garçon ou, plus souvent, fille) a agi pour protéger la mère face à un père terrorisant (en se mettant devant le père, parfois en parlant, ou en se jetant dans les bras de la mère pour la consoler, quand elles-ils sont tout petits; en s’agitant pour détourner l’attention, en hurlant d’arrêter, en appelant la police; et quand elles-ils sont plus grand-e-s, en essayant d’utiliser la légitime défense pour le stopper). Dans un deuxième temps, le père réussi à les instrumentaliser contre la mère : à la faveur d’un sentiment d’abandon par la mère (au quotidien, affolée par la persécution de son mari, elle est absorbée par les corvées et elle agit parfois auprès de l’enfant pour calmer le père;  désespérée, incapable de rassurer l’enfant sur ses intentions, elle est partie chez une amie quelques heures; exténuée, elle a été hospitalisée) que le père exploite avec férocité (au quotidien, au moindre prétexte ou à la faveur de ces moments de crises : « T’as vu, elle ne t’aime pas, elle ne s’occupe pas de toi »), il va lancer l’enfant comme un kamikaze contre la mère. Cet acte créera une brisure morale autant que psychique difficile à réparer : assister à la torture d’autrui puis être forcé-e d’y participer contre la personne qui voues protège, est de la torture. Et plus ces actes de torture se répètent, et plus la culpabilité, la honte, la rage d’être utilisé-e, la haine de soi, du bourreau et de la victime, la fascination morbide pour la toute-puissance du bourreau et le dégoût pour la faiblesse des victimes (soi et la mère) se mélangent en une bombe émotionnelle que le père pourra de plus en plus facilement déclencher. Le garçon ici est plus souvent utilisé car, pour le père, la construction de la virilité passe par la transmission des techniques de bourreau.

Il n’y a pas d’éducation patriarcale, y compris parmi les dominants absolus (fils de possédants capitalistes), qui se fasse sans violence, car pour forger un Homme, il faut tuer en lui l’empathie pour ses futurs subalternes, femmes et enfants, en un mot, les victimes. Une telle mutilation ne peut s’obtenir que par la violence.

Je ne dis pas cela pour que l’on substitue la compassion infantilisante à la colère contre nos bourreaux. Ceux qui noues persécutent ne sont pas de grands enfants. Ils sont des soldats dont les galons, l’armure de muscles et l’arme phallique sont rivés sur un enfant mort depuis trop longtemps pour qu’ils en souffrent encore.  C’est ce qui les rend si froids, capables de calcul ou de rejet là où la moindre empathie aurait stoppé un être humain (la majorité des viols conjugaux ou le viol en prostitution ne sont possibles qu’à la faveur de cette froideur morale et émotionnelle). La bascule psychique s’opère dès la préadolescence, quand leur corps va peu à peu incarner l’idéal du dominant. Souvent même, ils agitent le cadavre de cet enfant mort en eux, comme un bouclier ou un leurre, dans des scènes spectaculaires de jérémiades, de larmes ou de menaces au suicide, devant des femmes et des enfants terrorisées et pétrifiées par la pitié (Xavier Dolan s’est fait une spécialité de cette nouvelle figure virile: elle est la face « attachante » du mutant néolibéral patriarcal qu’est le pervers manipulateur, forme « démocratisée » de l’ancien Patriarche aux poings lourds des sociétés traditionnelles). Le but de ces considérations psychologiques est d’expliquer en partie pourquoi la violence des hommes n’est pas seulement un plan rationnel appliqué avec la méthode et le calme de ceux qui possèdent tous les moyens de la répression, mais est aussi un déchaînement de haine, parfois contre-productif à un certain niveau (violence conjugale menant à l’invalidité ou au meurtre, génocide en cours en Asie qui réduit la population esclave).

Fédérer la caste dominante par l’exercice de la terreur.

La transmission de père en fils de ce sentiment de préjudice est un lien très solide, fédérateur de la caste virile : c’est l’un des ressorts psychologiques de leur conscience de classe de possédants, prêts au combat pour dépouiller d’avantage encore l’opprimée qui ne sera pas assez servile (sur la conscience dominante, voir aussi MATHIEU, 1985; GUILLAUMIN, 1992; THIERS-VIDAL, 2010). Cette hargne avide d’un pouvoir déjà acquis mais jugé insuffisant est centrale dans la psychologie des conjoints les plus violents, ceux qui vont persécuter leur victime après la séparation, parfois pendant des années.

De plus, le fait que le dominant soit célébré à tous niveaux dans nos cultures, crée chez les garçons une tendance sadomasochiste : sadique car ils sont contaminés par le sadisme avec lequel les hommes triomphent des femmes et masochiste car, plus ils sont maltraités pour des raisons patriarcales (par un père macho, par une mère traumatisée sexuellement ou détruite par un mari), plus la virilité devient intouchable donc sacrée, et plus leur propre identité sociale (future ou actuelle) devient idéale.

La tendance des hommes à jouir de leur destruction individuelle, dès lors qu’elle sert l’ascension de leur caste, leur a donné l’idée la plus dévastatrice de ces 3 derniers siècles: projeter sur les femmes leur propre masochisme afin d’étendre l’empire du sadisme dans les sociétés de consensus démocratique; et, pour le leur prouver, ils ont inventé des sciences (sexologie, psychanalyse) et des industries multi-milliardaires dédiées à la production du stigmate de « s**** » (porno, pub, musique, littérordure) (voir là-dessus JEFFREYS, 1985; DWORKIN, 1987).

Détruire le lien social entre femmes et le lien aux mères.

La violence masculine dans la famille est l’arme de destruction massive du lien entre les femmes dont le modèle est le lien à la mère.

Les pères en France, surtout depuis la revanche paternaliste des années 90 (HARNE, 2002; PALMA, 2007), se mettent en concurrence avec la mère (la revendication masculiniste de la garde alternée, dans une société où les pères n’assument pas le travail parental auprès de l’enfant, ne poursuit que ce but narcissique), lui disputent jusqu’à sa capacité à créer la vie (les grossesses nerveuses de pères ou les exigences de GPA ne sont qu’un reflet moderne du délire traditionnel sur les Dieux-le-Père), et, par dépit, rongent et détruisent le lien entre mère et enfant.

Les pères (ouvertement) violents poussent à leur extrême ces principes. Ils contrôlent la naissance, imposant l’avortement ou la grossesse, puis la nourriture ou le comportement de la mère durant la grossesse; ils connaissent leur pouvoir sur le bébé à naître, et nombreux sont ceux qui frappent sciemment le ventre en disant « C’est bâtard, je vais te le faire passer » / « Je vais le rendre débile, tu devras t’en occuper à vie »; ils connaissent aussi le pouvoir exorbitant que leur confère leur nom de père : ils vont reconnaître l’enfant le plus vite possible, y compris quand la mère a fui, pour la forcer à rester auprès d’eux, et dès lors, ils scellent avec les institutions sociales un pacte moral et matériel par quoi l’enfant devient une propriété absolue, à disposition pour servir de fusible ou de cartouche, et qui ne sera éloigné (provisoirement) de ce père par voie de justice que si ce dernier commet des crimes répétés contre elle-lui ; ensuite, ils transforment la maternité en esclavage, ou, pour certains, parmi les plus envahissants, ils accaparent littéralement l’enfant, interdisant à la mère de s’en occuper ou la disqualifiant tellement qu’ils la poussent à la dépression post-partum; certains apprennent ouvertement à leur fils à maltraiter : « Voilà comment tu peux te faire respecter » disent-ils en cassant un objet devant eux; ils organisent la jalousie dans la famille, prodiguant à l’un les miettes d’attention dont ils affament le reste de la famille; ils parlent à l’enfant voire ils la-le terrorisent selon les mêmes méthodes utilisées contre la mère pour assimiler l’enfant à sa mère, et lui faire comprendre qu’elle-il est aussi une cible : ils étranglent l’enfant entre leurs cuisses ou avec les mains en riant ou en proférant les mêmes paroles qu’ils assènent à la mère…
Les techniques de torture qu’utilisent les pères n’ont aucune limite de barbarie ni de perversité. Entendre les récits de ces faits voues plonge dans le mâle absolu le plus tu et le plus répandu sur terre.
Que les enfants survivent à cela, que les mères en réchappent, sans l’aide de personne, dans l’abandon social le plus total, est un véritable miracle. Un miracle qui démontre encore une fois la force de vie colossale que s’acharnent à étouffer les hommes.
Mais les séquelles sont à la hauteur de la terreur vécue.

Leur pouvoir le plus toxique est la terreur. Car des phrases prononcées dans ce contexte restent fichées dans l’esprit comme des injonctions post-hypnotiques qui résonneront à vie si la personne n’est pas traitée en victimologie. Cela explique que les accusations ou les délires que profère l’agresseur durant les violences s’impriment dans l’esprit comme la version la plus indéniable des faits, et l’explication la plus irrécusable de l’enchaînement des violences. Il est donc fréquent d’entendre les enfants « expliquer » la violence du père contre la mère ou contre elles-eux avec les mots de l’agresseur : « Parce que maman a fait une bêtise, parce qu’elle ne veut plus faire l’amour avec lui »… Cela est le noyau dur de représentations misogynes et misopédiques qui reviendront à l’enfant quand elle-il sera instrumentalisé contre sa mère, et à l’adolescent-e ou la-le jeune adulte quand elle subira / il utilisera la violence dans son couple.

Ce que les pères font dans le foyer, les sciences de contrôle des mères le font au plan global: via les médias, gynécologues, médecins, hygiénistes de tout poils, psychologues, politiciens, bombardent les femmes d’injonctions contradictoires, et d’appel au père, avec pour sous-titre : « T’es une mauvaise mère / tu as besoin d’un homme ». Il s’agit d’une mecsplication à grande échelle, héritière des délires par quoi les fils de Dieu-le-Père ont persécuté et exterminé les sages-femmes du XIIème au XVIIIème siècle pour faire de la gynéco-obstétrique un science mâle (EHRENREICH & ENGLISH, 1973). Cela a deux conséquences :
a) ils jettent les femmes dans la confusion, la culpabilité et la haine d’elles-mêmes;
b) ils médiatisent le lien à l’enfant, créant un véritable écran entre elle et son expérience de l’enfant (MATHIEU, 1985); ils objectivent, chosifient l’enfant aux yeux de la mère et brisent sa conscience intuitive née de son expérience (une conscience éclairée mais intégrée de manière plus profonde que la conscience objective; voir GUILLAUMIN, 1978a), et donc ils brisent la profondeur du lien entre mère et enfant.

Cette haine du lien mère-enfant est un des fondements de la culture patriarcale – avec la violence sexuelle contre les femmes et les fillettes désignées pour le viol par les « structures élémentaires de la parenté ».

En effet, l’enjeu idéologique principal d’un patriarcat est de substituer à la mère créatrice et nourricière l’image invraisemblable d’un père créateur et généreux.

Un autre enjeu moins avoué est d’insécuriser l’enfant, le rendre vulnérable, le terroriser en rompant le lien vital à une femme, et ainsi s’assurer une allégeance voulue indéfectible.

C’est pour cela que tout patriarcat produit sa théorie de la « séparation nécessaire d’avec la mère », d’une coupure nette qu’un homme ou un groupe d’hommes doit opérer pour civiliser l’enfant: les fraudiens et les laconnards vont agiter le spectre de la « dyade mère-enfant » source de toutes les psychoses et perversions, appelant au « tiers séparateur » et au « père garant de la Loi », ils publient sur le « ravage maternel » et la « relation toxique » entre mère et fille … les sexistes traditionnels  rapatrient violemment le jeune garçon dans la « maison ou la cité des hommes » à coups de « rituels de passage » et violent en public la jeune fille (voir MATHIEU, 1977).
En parallèle, les hommes inventent des religions du père (monothéismes) et du saint phallus (psychanalyse et pornographie) : d’un côté, ces doctrines brossent un portrait divin de l’homme, dont le modèle est le père colérique ou le matraqueur sexuel selon les sociétés; de l’autre, elles répandent sur terre une propagande brutalement haineuse des femmes, ou même se contentent d’effacer les femmes de la filiation (par la pratique du nom-du-père, ou par l’idéologie de la femme « couveuse » qui reçoit « la graine du père » ou « le souffle de l’esprit »).

De la haine des femmes à l’amour pour les hommes : histoire d’un abandon sur fond de terreur.

Par l’énergie, le temps et l’estime de soi que les hommes pompent aux femmes de la famille, ils détournent la mère de l’enfant. La fille ressent cruellement un abandon, variable selon la violence avec laquelle le père (ou le monde capitaliste des hommes qui impose la triple journée de travail aux femmes) arrache la mère à elle-même et à l’enfant.

Cet abandon organisé par les hommes (et par le père en tant que représentant et bénéficiaire de la classe des hommes) est le pire possible, puisque l’enfant est dans une dépendance totale à l’adulte protecteur; or dans un patriarcat, la sécurité sinon l’amour ne viennent que de femmes. Cet abandon est d’autant plus violent qu’il se répète dans toute interaction sociale, où les garçons sont plus écoutés, entourés, secourus, crus. En effet, dans un patriarcat, les garçons sont beaucoup plus entourés et satisfaits dans leurs désirs, car le garçon est plus sujet que la fille, donc ses ressentis comptent plus, alors que la fille est plus facilement une page blanche, une poupée, surface de projection des adultes … de plus, le comportement des garçons, en raison de leur appartenance à la caste dominante, renvoie tout de suite à l’agressivité et donc inquiète la mère (voir sur ce dernier point l’intervention de Françoise Héritier [45min.] durant l’excellent documentaire : « Pourquoi les femmes sont-elles plus petites que les hommes ? » où interviennent Paola TABET & Priscille TOURAILLE : https://www.youtube.com/watch?v=ZU_ortjatyc).

Cet abandon est d’autant plus brutal que la violence du père est forte : or, elle est plus forte contre les filles que contre les garçons – contrairement à l’idée reçue. D’abord parce que c’est une fille, elle est donc née du côté des parias ; ensuite, parce que les filles défendent la mère victime plus souvent que les garçons, de manière plus continue et plus ferme (tout comme les femmes victimes de violences masculines, dans l’espace public ou à domicile, sont bien plus souvent secourues par des femmes que par des hommes). Cette violence paternelle spécifique envers les filles consiste en un dressage à la subordination, au silence, à l’écrasement, à l’effacement d’une subjectivité autonome et personnelle. Cela passera essentiellement par le modèle parental (la manière dont il se sert de la mère et dont il étouffe ses aspirations et sa parole), et par le désintérêt, l’intérêt intéressé (utilisation de la fille comme trophée ou faire-valoir, comme substitut de la mère dans les corvées ou pour flatter son ego) et l’abandon (par exemple, il prétend « trop travailler », puis être « trop fatigué » pour s’occuper des enfants).

Enfin, les hommes adultes déploient contre les filles une autre violence spécifique, le pouvoir de leur caste (dont les garçons se saisissent très vite, dès la maternelle) : la violence sexuelle.
On pense tout de suite aux viols et agressions physiques à caractère sexuel, avec violence ou surprise. Mais les pères et beaux-pères ont le temps pour eux, ils n’ont pas besoin d’agir par le piège ou avec violence. Ils préfèrent bien souvent instaurer un climat qui va finir par troubler la confiance et les rôles de chacun-e dans la famille, et leur offrir un boulevard pour agresser encore plus, en toute impunité. Ce sont des regards qu’ils posent, des insinuations, des jeux de mots, des allusions sur les femmes, des commentaires sur les comportements ou vêtements de la mère en présence de la fille; ce sont aussi des insultes à caractère sexiste et sexuel; ce sont des interprétations sur les vêtements ou les fréquentations de l’enfant; c’est le geste prétendu paternel ou éducatif, vu comme tel par l’entourage, mais qui met mal à l’aise l’enfant, intrusif corporellement ou associé à un regard ou à une excitation malsaine … c’est un climat de menace sexuelle. Simplement traiter sa fille « en fille » (la commenter sur son physique, lui mettre des vêtements qui offrent un accès direct à ses parties intimes, lui interdire des mouvements ou des jeux qui donnent une mauvaise image ou impliquent un dépassement de soi et de l’audace, lui parler d’un « amoureux » du bac à sable) est déjà la chosifier; cela a déjà un sens sexuel dans notre société ségrégationniste: c’est déjà une violence sexuelle sexiste.

Ce climat sexualisé est très destructeur pour la fille, car la violence est toute là, mais la fille ne peut désigner un seul acte pour expliquer son malaise, soit parce que les actes du père sont très calculés soit parce qu’ils correspondent au climat social de persécution sexuelle (par exemple, les personnages Monster High, avec leur corps d’adolescente anorexique [la tête est disproportionnée par rapport à l'ossature du corps, signe d'une dénutrition en période de croissance], leurs habits issus du monde proxénète, leur visage refait à la chirurgie plastique et aux produits toxiques, leurs poses infantiles et suggestives, ont une esthétique de star de porno pour pédocriminel; voir DINES, 2015; POULIN, 2009). De fait, si jamais elle prend le courage d’exprimer son malaise ou d’agir en conséquence (refuser le bisou « paternel » du soir), elle sera traitée de mauvaise fille.
La honte que provoque ce comportement paternel construit peu à peu la prison de secret qui assurera le silence de la victime si l’agresseur augmente sa violence.
En parallèle, le père ou beau-père va utiliser les doutes, refus mal assurés, crises de colère, attachement traumatique, agitation anxieuse de l’enfant contre elle pour la discréditer aux yeux de la mère, et discréditer la mère dans son rôle de mère. Il peut ainsi dire : « Ah t’as vu comment tu l’as élevée, elle est vraiment une peste » / « T’as vu comme elle me colle, elle est vraiment comme toi, à pas se tenir ».

La violence sexuelle est le pire rejet hors du monde que peuvent infliger les hommes; cette violence désaffilie comme nulle autre.

En outre, en raison de la solitude absolue que cela provoque, cette violence peut créer le rattachement le plus désespéré au bourreau. Ainsi, quand on observe qu’une adolescente est violente envers sa mère et attachée au père, ou quand on entend une femme adulte accuser sans cesse la mère ou les femmes de la famille en parlant peu du père sinon comme d’un être passif ou influençable, on peut bien souvent poser l’hypothèse de violence sexuelle par inceste.

Ainsi, les hommes inculquent aux filles l’absence d’espoir et même la déception envers les femmes, et en premier la mère.

Si, en plus, le père ou beau-père est un conjoint (ouvertement) violent, ou s’il viole la mère, il provoque des souffrances psychotraumatiques (les plus graves possibles : voir les sites Mémoire Traumatique & STOP au déni) qui peuvent compromettre gravement la capacité de la femme à « porter au monde » psychiquement l’enfant (SADLIER, 2001).

De même, si le père ou beau-père viole ou sexualise la relation à la fillette, les psychotraumatismes provoqués à un âge de construction psychique endommagent très gravement la personnalité de l’enfant, et la poussent à bâtir des défenses très coûteuses: Judith Lewis HERMAN (1992) parle de « stress posttraumatique complexe » (« complex post-traumatic stress disorder »), ce que je décrirais comme une forme chronicisée (intégrée à la personnalité) du syndrome de Stockholm. Or la violence sexuelle contre les enfants, et surtout les filles est plus une norme qu’un « tabou » comme se plaisent à le dire les tenanciers de la science patriarcale (voir DEMAUSE, 1993).

Ce climat de terreur et d’amour forcé pour les bourreaux crée, au plan psychologique, des « attachements désorientés-désorganisés » (rapprochement des sources de danger / rejet des sources de sécurité) extrêmement préjudiciables aux relations ultérieures de l’enfant et à l’estime de soi. DEE GRAHAM (1994) a analysé cette catastrophe sanitaire et sociologique à un plan global, en parlant de syndrome de Stockholm sociétal.

Un jeu de miroirs pervers.

Je l’ai illustré à plusieurs reprises : le conjoint violent agit comme un micro-patriarcat, avec les mêmes méthodes et les mêmes effets sur ses victimes. Pour terminer cet inventaire de techniques, j’évoquerai succinctement ce que Virginia WOOLF (1928) a décrit avec sont talent magistral : la manière dont les hommes noues utilisent comme miroir pour se grandir et se voir avec l’amour dont sont capables les femmes et les enfants. Ils utilisent de même leur enfant, je pense que c’est l’une des raisons essentielles pour lesquelles les hommes violents veulent un enfant (outre la volonté de piéger leur femme). L’enfant, sa confiance et sa capacité à croire et à comprendre l’autre, son envie d’être pour l’autre, son désir d’offrir au parent une joie, tout chez l’enfant peut servir l’égocentrisme narcissique de l’homme qui veut se hisser au rang de Dieu-le-père. Il va donc dresser son enfant comme on le fait d’un miroir : il va l’élever pour qu’elle-il soit juste à la hauteur qui lui convient pour se voir tel qu’il se veut (la poupée, le petit guerrier, l’enfant modèle, l’enfant terrible) et si l’enfant, en s’autonomisant, trouble l’image de Narcisse, il brisera le miroir d’un coup de patte. On retrouve là le processus par lequel il a « aimé » sa femme : il s’est intéressé à elle dans la mesure où elle lui renvoyait l’image qu’il veut se donner. Quand elle commence à fissurer l’image idéale en dénonçant ce qu’il lui fait, là encore, il brise le miroir.

Cette capacité des hommes à transformer une femme ou un enfant en surface réfléchissante est un acquis de classe. Ce n’est que parce que les hommes dominent qu’ils peuvent noues traiter en « filles de vitrières » (GUILLAUMIN : 1978b) ou traiter les enfants en « bouts d’eux-mêmes ».

Les vitres, ça dépend de l’inclinaison, on voit à travers ou elles reflètent celui qui les manipule : les hommes utilisent les subalternes selon ces deux modalités de négation de l’autre.
Le conjoint, le père noues utilise comme une vitre quand il noues parle ou parle à un autre comme si noues n’étions pas là, récupère nos bonnes idées comme si elles étaient les siennes, projette sur noues ses propres démons ou perversions, noues accuse de tout et n’importe quoi et n’écoute rien, uniquement pour se soulager ou se faire plaisir en harcelant, ne noues parlent pas pendant des jours, noues traite comme un meuble, agit comme si noues n’étions pas dans la pièce (éteint la lumière ou ferme la maison à clé en partant) …
Le conjoint, le père noues réduit au miroir quand il noues encense pour incarner un cliché sexiste ou misopédique qui flatte son ego et son image sociale (La Femme idéale, la femme soumise, ou L’Enfant modèle, l’enfant crédule, l’enfant terrible), provoque en noues des réactions fortes (surprise, effroi, terreur, attachement traumatique, espoir posttraumatique, rire nerveux à force de guilis ou réaction génitale liée au stress à force de harcèlement sexuel…), noues assimile à lui (par des phrases comme : « T’es bien mon fils, hein ! », « T’es aussi violente que moi », « Tu me ressembles, t’es comme moi, t’es aussi pourri que moi »).
Une forme de miroir est le miroir inversé, grande technique des pervers : ils accusent leur victime de ce qu’ils font eux, comme les hommes, à une échelle mondiale, accusent les femmes d’être des vénales entretenues, masochistes, manipulatrices alors qu’ils sont des parasites, taillés pour la prédation sexuelle et fascinés par la violence de leur alter-ego qui organisent depuis des millénaires des mensonges aussi gros qu’une civilisation.

Les hommes utilisent ces deux fonctions miroir & vitre pour diviser les femmes entre elles : en postant des femmes-écran à des endroits stratégiques, ils falsifient la perception que les victimes ont de leurs agresseurs et de leur soutien. Par exemple, au plan global, ils postent aux quatre coins de l’Histoire une figure de « sorcière », de « tueuse d’enfants », de « courtisane » et de « traitre », et noues voilà plongées dans le beau conte des Grands Hommes et des femmes invisibles ou détestables.

La situation de violence conjugale est exemplaire de ce mécanisme. Entre ses coups et la mère, l’homme va interposer l’enfant-vitre en disant : « Tu ne sais même pas élever notre fille ! elle hurle depuis une heure, combien de fois va-t-il falloir que je te dise de la calmer, tu n’as aucune autorité ! ». Entre son viol et l’enfant victime, l’homme va interposer la mère-vitre en disant « Tu sais, papa il est malheureux, maman elle ne l’aime plus, toi tu m’aimes, au moins ? ». De même, quand la mère posera un acte éducatif, le père sortira le miroir inversé de la mère violente et du père protecteur : « Oh, comment tu peux parler comme ça à notre fille, laisse là encore regarder la télé, t’es toujours à casser les joies de ton enfant ». Ou le miroir inversé de la mère coupable et du père protecteur : « Tais-toi et je te frapperai plus ! Pourquoi tu fais toujours des histoires ? En plus, tu vas réveiller notre fille avec toutes tes pleurnicheries ! ». Ou il sortira le miroir pour assimiler la mère à sa violence à lui : « Bon, t’écoutes ta mère, elle a raison, tu vois pourquoi je cris parfois ?? Maman aussi est en colère ! ». « Je frappe ta mère parce qu’elle est méchante ! elle m’a trompé ! Elle est violente avec moi! ». Quand l’enfant manifeste une souffrance symptomatique (agitation, suivisme, crise de colère), le père va sortir le miroir inversé de l’enfant tyran et du père victime ou protecteur : « Mais c’est une vraie peste, ça me retourne l’estomac, je peux plus manger / t’as vu comment elle te flique, elle te demande sans cesse où tu vas, elle ne te laisse pas une minute de libre ! ».

On peut multiplier les exemples, mais le message est toujours le même : lui, monsieur, n’est jamais coupable de la violence qu’il commet, c’est toujours une femme ou un enfant. Et cette falsification des faits, cet effacement de l’intention coupable et de ses traces, n’est possible que par un mécanisme propre à la domination masculine qui est ce système de pouvoir où des sujets légitimes peuvent utiliser d’autres êtres humains en ventriloques ou miroirs.

Ce mécanisme au cœur de la violence masculine explique presque à lui tout seul pourquoi les femmes vont souvent plus en vouloir à une femme qu’à un homme pour une violence pourtant masculine : violence par inceste, violence conjugale, harcèlement sexuel au travail.

Ce jeu pervers de dupes, par quoi l’agresseur oriente la perception que ses victimes ont de la dynamique familiale, explique un phénomène qui m’a souvent interpellée voire blessée : la tendance des mères à voir en leur fille le conjoint agresseur, même si l’enfant n’a que 4 ans, et la tendance des filles à voir en leur mère se refléter la malveillance du père, même si la mère a été ultra-présente et protectrice pendant des années; elles se sentent persécutées par la co-victime de la même manière qu’elles le sont réellement par l’agresseur. Les mères, si elles émettent le même doute vis à vis de leur fils, ce sera justement un doute, et très rapidement, elles ajouteront « mais je sais qu’il est manipulé ». Les filles, dans cas, accusent leur mère avec une violence que jamais je n’ai entendue vis-à-vis d’un père maltraitant.

Le statut de surface de projection et de stigmate ambulant qu’ont les femmes explique un double phénomène, local & mondial : d’une part, il est très facile de diffamer une fille ou une femme, en dehors de toute vraisemblance et de toute preuve, d’y croire aussi fermement que l’on adhère à un préjugé; d’autre part, il est risqué d’accuser un homme pour la violence qu’il commet contre ses subalternes, et il est totalement tabou de le détester pour cela.

Une méthode efficace.

La violence masculine dans le couple est la plus dense et la plus solide des méthodes d’apprentissage de la domination. Chaque jour, de chaque mois, de chaque année, ce sont des dizaines d’actes de domination d’un homme sur une femme et un enfant, des mises en scène d’humiliation et d’impuissance, des mots, parfois un discours méprisant, justifiant la domination.

Plus la violence du père est humiliante, faite de froideur, de rejet voire de sadisme, plus le garçon nourrit le goût de la revanche. Sachant que la société désigne les femmes comme étant la cause du mal et le remède, cette revanche passionnelle (haineuse) se dirigera naturellement vers toute femme, surtout celle qui ressemblera aux femmes qu’a détruites le père (épouse, mère de ses enfants, maîtresse, mère et sœur de la mère). En retour, quand on lui demandera pourquoi il est comme ça, il accusera une femme (sa victime ou sa mère).

Ce dressage familial est le plus efficace car il est continu, et en continuité avec la totalité de la société. Le père violent n’est qu’un haut-parleur et un exécutant d’une culture de haine et de suprématie sexiste et misopédique que femmes et enfants retrouvent partout. La moindre chanson dans les supermarchés (Eminem, Black M, Gainsbourg, Orelsan, Stromae diffusent la version du conjoint et père violent, parfois avec une violence inouïe), la moindre pub, le moindre livre d’histoire (pur monument du négationnisme patriarcal, où pas une seule ligne réaliste n’existe sur les différents génocides qu’ont perpétrés les hommes contre les femmes et les fillettes), le moindre livre de fiction (le genre « romantique » apprend aux femmes à aimer ce qui les rebute ou les dégoûte de prime abord; le genre « action » apprend aux hommes à traiter les femmes en trophée ou butin), le moindre film ou clip (ces industries sont aujourd’hui dépendantes de l’industrie proxo-pornographique), les savoirs en sciences humaines (psy, ethno, anthropo, socio, économie, politique, démographie, sont autant de sciences patriarcales qui justifient la violence masculines avec des concepts comme l’Œdipe, la sexualité infantile, la castration, la complémentarité des tâches, les rituels de passage, les structures de la parenté, le ménage, les rôles sociaux, l’inactivité, l’articulation des temps sociaux, les lois du marché, équilibre naturel et déséquilibre du sex ratio, risques naturels de mortalité telles la grossesse ou la contamination sexuelle, etc.) répètent inlassablement que la violence fait le monde et que c’est bien car nécessaire.

Le féminisme n’est donc pas une lutte contre les mentalités rétrogrades

Dans ce contexte de guerre totale, noues ne pourrons déraciner la suprématie masculine en luttant contre les « stéréotypes de genre » et « pour l’égalité » – égalité ici veut dire : offrir aux filles la possibilité d’accéder aux prestigieuses activités viriles, sport de combat, postes à responsabilité dans le système industriel mondial, sexualité offensive sans amour.

« Eduquer les enfants à l’égalité » sans rien savoir de la sécurité de cette enfant est absurde et même dangereux : est-elle victime de violences sexuelles par son camarade de classe ? oui, ce petit garçon de 3 ans qui soulève les jupes, celui-là, 5 ans, qui poursuit les filles pour leur faire des bisous, et l’autre de 7 ans qui a violé sa voisine de 2 ans et demi avec un doigt et qui se défend avec les mots de son père : « C’est juste un jeu, elle se balade toute nue » ? Et le prof qui a fait venir l’équipe d’intervention pour se blanchir de tout soupçon et pouvoir continuer sa traque pédocriminelle ? Et ce garçon de 5 ans joue à étrangler les autres ? Qui va utiliser la séance « d’éducation à l’égalité » pour aborder les violences conjugales auxquelles sont exposé-e-s plus d’un enfant sur 5 ?

Noues ne pouvons « travailler sur les représentations » dès lors que l’enfant est assaillie par les émotions de la survie (peur, rage, espoir désespéré, solitude absolue, haine de soi, honte, culpabilité). De plus, ces « représentations » sont l’explication la plus simple et disponible pour expliquer la domination qui, elle, est aux yeux de l’enfant bien matérielle et tangible.

Travailler les représentations sans transformer la vie concrète de l’enfant (son statut de subalterne, soumis aux volontés d’adultes pas toujours bien intentionnés) est pousser l’enfant vers la dissonance cognitive, donc vers la panique ou la dissociation.

Loin de l’idéalisme auquel noues poussent les politiques libérales, il noues faut, en tant que féministes, lutter pour abolir en tout point et définitivement l’oppression des enfants, enlever aux hommes leur pouvoir économique et sexuel sur les mères et les enfants.

Hors période de révolution, noues sommes contraintes à pétitionner (je voues invite à suivre l’actualité de Dre Muriel SALMONA: http://stopauxviolences.blogspot.fr/ ) et à soigner les blessées sur le champ de batille, au risque des balles pour elles et pour noues … voir sur cette page des outils pour accompagner les enfants ou les mères victimes de violence masculine:

Outils pour accompagner femmes et enfants victimes de violence masculine:

http://www.feministes-radicales.org/solidarites/solidarite-avec-les-enfants-victimes-des-peres/outils-pour-accompagner-femmes-enfants-victimes-de-violence-masculine/

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bibliographie chronologique :

Monique PLAZA: « La même mère », 1980, Questions Féministes N°7.  http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2011/09/Monique-Plaza-La-M%C3%AAme-M%C3%A8re-Copie.pdf

Lynne HARNE : « Nouveaux pères, violence et garde des enfants », 2002, NQF;

Hélène PALMA : « La percée de la mouvance masculiniste en Occident », 2007; http://sisyphe.org/spip.php?article2941 

Françoise SIRONI: Bourreaux et victimes : Psychologie de la torture, 1999;

site créé par l’association présidée par Dre Muriel SALMONA: Mémoire Traumatique http://memoiretraumatique.org/psychotraumatismes/generalites.html 

site dédié à la lutte contre les violences sexuelles : http://stopaudeni.com/rapport 

Edna DEE L. R. GRAHAM, Roberta I. RAWLINGS, K. RIGSBY : Loving to survive: sexual terror, men’s violence, and women’s lives. 1994;

Judith Lewis HERMAN. Trauma and recovery: The aftermath of violence from domestic abuse to political terror. 1992

Janice G. RAYMOND: A Passion For Friends Toward a Philosophy of Female Affection, 1986;

Andrea DWORKIN: Intercourse. 1987.

Sheila JEFFREYS: The Spinster And Her Enemies, Feminism and Sexuality. 1880-1930. 1985.

EHRENREICH, Barbara & ENGLISH, Deirdre. Sorcières, sages-femmes et infirmières. Une histoirE des femmes soignantes. 2015 [1973]

Colette GUILLAUMIN: « Pratique du pouvoir et idée de nature (2) ». 1978a;

Colette GUILLAUMIN: « De la transparence des femmes … Noues sommes toutes filles de vitrières », 1978b.  http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2010/11/Colette-Guillaumin-De-la-transparence-des-femmes-nous-sommes-toutes-des-filles-de-vitri%C3%A8res-1978.pdf

Nicole Claude MATHIEU: « Quand céder n’est pas consentir. Des déterminants matériels et psychiques de la conscience dominée des femmes, et de quelques unes de leurs interprétations en ethnologie », 1985. in L’anatomie Politique, 1991.

Nicole Claude MATHIEU: « Paternité biologique, maternité sociale : de l’avortement et de l’infanticide comme signes non reconnus du caractère culturel de la maternité », 1977.

« Pourquoi les femmes sont-elles plus petites que les hommes ? », Françoise Héritier, Paola TABET & Priscille TOURAILLE :

Gail DINES, TEDx conférence : « Growing Up in a Pornified Culture : Exploring ‘Pornland’ with Gail DINES »

http://tedxnavesink.com/2015/02/exploring-pornland-with-dr-gail-dines/

Virginia WOOLF : « Les femmes ont, pendant des siècles, servi aux hommes de miroirs, elles possédaient le pouvoir magique et délicieux de réfléchir une image de l’homme deux fois plus grande que nature. […] Les miroirs peuvent avoir de multiples visages dans les sociétés civilisées ; ils sont en tout cas indispensables à qui veut agir avec violence ou héroïsme. C’est pourquoi Napoléon et Mussolini insistent tous deux avec tant de force sur l’infériorité des femmes ; car si elles n’étaient pas inférieures, elles cesseraient d’être des miroirs grossissants. […] Si une femme se met à dire la vérité, la forme dans le miroir se rétrécit, l’aptitude [de l’homme] à la vie s’en trouve diminuée. Comment un homme continuerait-il de dicter des sentences, de civiliser des indigènes, de faire des lois, d’écrire des livres, de se parer, de pérorer dans les banquets, s’il ne pouvait se voir pendant ses deux repas principaux d’une taille au moins double de ce qu’elle est en vérité. », Une chambre à soi, 1928.

Léo THIERS-VIDAL. De l’ennemi principal aux principaux ennemis, Position vécue, subjectivité et conscience masculines de domination. 2010;

Lloyd DEMAUSE. « L’universalité de l’inceste », 1993. Disponible sur le site de Marie Victoire LOUIS : http://www.marievictoirelouis.net/index.php

Richard POULIN: Sexualisation précoce et pornographie. 2009.

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