Décolonisons nos espaces de lutte et de guérison

L’oppression patriarcale a deux cibles intimement liées et divisées : les femmes et les enfants, et parmi les enfants, incontestablement plus violemment, les filles.
Or on a beaucoup d’hommes dans nos milieux (féministe ou thérapeutique) qui font spécialité de cette domination :
> les hommes pro-féministes se spécialisent dans l’oppression des femmes
> les hommes thérapeutes sont experts de la domination sexuelle et psychologique sur les femmes et les enfants

Qu’ils soient de bonne volonté ou non, l’engagement de ces hommes consiste à se présenter comme sauveur ou gentil dans leur propre oppression.

Pour eux : double bénéfice narcissique.
Pour les opprimées : double effet Stockholm. Risque redoublé :
1) attachement traumatique au héros & plus globalement au groupe des hommes
- ce qui a deux conséquences concrètes sur noues : rejeter l’idée de groupes non-mixtes de travail, d’action ou d’intervention thérapeutique & croire, considérer, aider le héros plus que n’importe quelle femme
2) donc infiltration et paralysie des forces vives du féminisme

Qu’un dominant se rende expert des techniques de la domination par et pour laquelle il a été éduqué socialement, est dangereux.

Construction de la conscience masculine.

On le sait, l’éducation à la virilité est un conditionnement à la domination des femmes ; c’est un long apprentissage des techniques de mise au pas des femmes :
>il commence à persécuter les filles en leur soulevant la jupe ou leur imposant des baisers à la maternelle,
>puis il rigole à l’enlacer et la serrer de sa force d’adolescent jusqu’à ce qu’elle crie plusieurs fois sa reddition totale
>et enfin il applique méthodiquement les stratégies diffusées en continu par tous les médias gollecks (porno, revues, histoire de l’art, littérature, sciences [éthologie ou psychanalyse] ou apprises au contact des pairs (actions groupées d’occupation de l’espace public, cooptation fraternelle dans toutes les sphères, pratiques en meute d’agression sexuelle, etc.).

Durant ces agressions que les sociétés patriarcales nomment « jeux » ou « rites », les hommes apprennent à percevoir très finement les femmes, non pas en alter-ego mais en tant que proie et outil. Par essais/erreurs et phase préliminaire de tests pour chaque femme, ils apprennent les techniques qui noues font céder :
>dévalorisation incessante (mise en scène d’humiliations publiques ou privées) alternée avec quelques sucres pour avoir obéi
>menaces de viol incessantes (jeux de mots, intrusions physiques) mêlée de promesse de romance ou de plaisir
>bluff sur sa violence et démonstration d’une parfaite maîtrise de son corps et de sa force (ils font bouger pectoraux ou biceps quand ils tiennent la barre de métro, ils attaquent l’espace de leur interlocutrice, la font reculer et plus ou moins subtilement pour l’acculer au mur, se ventent d’avoir casser la gueule à un autre homme ou en font la démonstration devant leur copine)
>affirmation permanente de leur raison objective et omnisciente (les « mecsplications » comme disent les Québécoises, pour dire comment les hommes ne cessent d’expliquer aux femmes ce qu’elles doivent penser, percevoir, voir ou connaître … ils mecspliquent sur tout et surtout ils mecspliquent en se trompant bien souvent : le bruit entendu dans la rue, pourquoi le RER n’arrive pas, ce que je devrais écrire dans mon article, pourquoi j’ai des doutes sur lui, pourquoi je m’énerve si souvent, quel est mon fantasme profond …). Cette position « omnisciente » a pour base l’incroyable fatuité que les hommes déploient face aux femmes (ils sont les Elus, noues sommes leur brouillon, dans tous les patriarcats) et le fait que tous les savoirs dominants les prennent pour sujet et noues pour rebus, oubliées ou silenciées. A elle seule cette position explique leur égocentrisme face à noues : le monde est un chose mentale, les femmes sont des choses parmi les choses, et eux sont le sujet pensant qui les ordonne et les contrôle.
>victimisation, mise en scène de souffrance mêlée à des menaces de rétorsion si on se préfère à lui (bouder, accuser, prédire des conséquences sur autrui, voire menacer de retourner la violence contre lui)
>alternance de gentillesse et de brusque violence semblant hors de contrôle, souvent collective …

En parallèle, ils apprennent à repérer chez noues les signes de la reddition :
>signes de soumission – sourire constant, silence, hébétude, sidération, lâcher prise,
>signes de peur – contournement physique, gestes réflexes, repli, tension physique, rire nerveux
>signes de leur ravage sur noues – absence de certitude profonde d’être, d’être aimée, d’être aimable, d’avoir raison, d’avoir raison d’être en colère contre un homme ou les hommes, absence à soi, incapacité à être seule, agressivité détournée sur d’autres femmes …

Les hommes comme caste sont éduqués à obtenir ces signes, et une fois obtenus, à les ignorer en tant que preuves de souffrance ou d’injustice.
Dans cette seconde phase de déni des souffrances, cette phase éthique après la phase tactique, la culture virile a déployé des trésors de cynisme et de sadisme :
>ils érotisent les cris ou les ridiculisent (« faire crier une femme » est le but de leur « sexualité » et une maladresse facile face à notre prétendue hystérie féminine)
>ils dénigrent et souvent jouissent de nos larmes ou de nos rages d’impuissance (comme face aux enfants)
>ils méprisent profondément nos appels au cessez le feu (ils dénigrent nos espoirs d’une sexualité d’amour, nos timides rejets de leur froideur instrumentale et de leurs refus d’intimité qu’ils argumentent plus ou moins – du silence à la thèse, en passant par l’onomatopée et le ronflement-, quand ce n’est pas carrément des mots de haine qu’ils profèrent pour s’exciter et jouir. Ils qualifient d’idéalisme et de naïveté enfantine nos oppositions à leur cynisme, leur perversité qui cloue la colombe sur la mitraillette pour l’envoyer chanter la paix, qui mêle l’amour à la haine et convoque des inventions anthropo-sexologiques pour se gargariser de sadisme … leurs Civilisations vénèrent et sèment la mort et la haine, mais selon eux, refuser cela, c’est ne pas comprendre ce qu’est la vie. Ils font mine d’ignorer nos refus, nos esquives et même nos manières polies de dire qu’ils leur faut se retirer maintenant. Ils répondent avec froideur à nos demandes de dialogue. Ils ricanent et pontifient face à nos révoltes contre les injustices quotidiennes)
>Enfin, les rictus inquiets ou nerveux, les sursauts ou les rejets (verbaux ou physiques, explicites ou somatiques), les tentatives de fuite (regards dissociés, absents, rêverie, départs fracassants suivis de retours contraints qui noues fracassent ou fugue de quelques heures au pas de porte de l’enfer) et tentatives de protection (amitiés féminines, masculinisation, blocage de la pensée, anesthésie, frigidité ou vaginisme …), tout cela ils l’érotisent (la belle évanouie, l’amazone bandante, l’androgyne à remettre à sa place ou l’effarouchée à instruire). Ils souillent notre âme, en dorant les chaînes qu’ils resserrent d’un tour de vice. En même temps, ils les caricaturent pour empêcher les femmes de s’y réfugier, ils transforment alors des héroïnes en insultes et en cibles (sorcière, mégère, casse-couille, mal-baisée, chieuse, puritaine, hystérique, lesbienne, peureuse, chouineuse, victime, mauvaise mère, mauvaise fille, enfant sauvage, débile, inadaptée, folle).

Conscience dominante et responsabilité des hommes.

Au sortir de cette éducation, la perte d’empathie est profonde, et proportionnelle à leur effort de devenir sujet. Pas seulement devenir un homme, avec les attributs de la virilité, mais aussi simplement un sujet, l’Homme (c’est pourquoi on retrouve de froids exécutants du patriarcat parmi les gays ou les trans).

Cette éducation sexiste fabrique un « sujet »-soldat du patriarcat, caparaçonné de muscles ou de froide raison pour masquer le néant éthique et affectif qu’a provoqué la socialisation virile. Cette manière d’être est d’autant plus dangereuse pour noues que la promiscuité est grande : les cercles militants ou les lieux thérapeutiques sont des espaces de grande promiscuité, autant matérielle qu’affective. Dangereuse aussi car les dominants ont conscience de leur domination.

La question inlassable des victimes, féministes et patientes, est : « Est-ce qu’il sait ce qu’il fait ? Est-il conscient?« . Question entêtante à laquelle répond plus souvent l’espoir que la raison, car noues cherchons une lueur d’humanité dans les yeux aveugles qui tuent. La réponse n’est pas rassurante.

Certes ils ne préméditent pas tout. L’organisation sociale dans son entier leur tend à chaque minute des ficelles de violence : l’insulte incrustée comme un jeu de mot dans le langage, la publicité qui se superpose à l’inconnue dans le métro, l’action papa-grue qui apparaît au JT et décoche la dernière flèche de Monsieur dans la guerre d’usure qu’il fait à Madame, Balavoine (Mon fils ma bataille) ou Orelsan qui chante pour Monsieur dans la salle de bain, assez fort pour que Madame comprenne le message, le livre de Sade offert en à la première saint valentin, la revue bien placée sur la table basse du salon, le communiqué de Guéant qui frappe du poing sur la table au moment où Monsieur dit à Madame qu’il hésite à l’accompagner à la préfecture pour le renouvellement de papiers, la bibliothèque du thérapeute qui tend aux paroles de la victime un mur de noms d’agresseurs sexuels ou sexistes (Freud, Reich, Lacan, Krafft-Ebing, Havelock Ellis, Foucault, Malinowski – pour ne citer que les experts morts pour éviter toute réclamation ou plainte), etc.

Mais les hommes savent saisir ces ficelles, au vol, en rapace. Parfois, « pas méchants », ils savent rester passifs et muets, froids et désolés, mais toujours non loin du filet … oh pas vraiment pour y rabattre les femmes affolées par d’autres, non, juste pour être là au cas où. Et « Gentils », ils savent voir quand il étrangle une femme et attendre de pouvoir la ramasser pour la pendre avec l’ultime ficelle, celle du sauveur, du Prince Charmant.

golleck infiltré

Alors oui, il y a préméditation. La seule chose dont ils ne sont pas conscients, est qu’ils noues font du mal. Ou plutôt que c’est mal de noues faire ce mal. Mais ce n’est pas pour une raison sympathique : c’est simplement parce qu’ils ont désappris l’empathie pour les femmes, et plus globalement pour les victimes ; et ils ont appris à occulter les signaux d’alerte. Et puis, en bon soldats, ils ont appris à mettre chaque chose à sa place. Or dans une société sexiste, une femme a une place et un homme en a une autre. Et ces places ne sont pas opposées car « différentes et complémentaires », mais opposées car hiérarchisées : l’un est en haut, l’autre est en bas, l’un se hisse en haut en montant sur la tête de celle que lui et une société entière ont mise à terre. Et noues traiter en vertu de ce principe est à leurs yeux légitime. C’est pourquoi ils sont profondément convaincus que noues méritons la manière dont ils noues traitent. C’est même un truisme : noues méritons d’être traitées en femmes car noues sommes des femmes. Mieux, en vertu des principes libéraux (liberté individuelle), sexologiques et pornographiques (saloperie et masochisme féminins, répétition jouissive des traumatismes et sexualité inconsciente naturellement violente et sadique), ils sont convaincus que noues aimons la manière dont ils noues traitent. Et beaucoup blanchissent leur violence en se disant qu’ils sont bien gentils de ne pas noues détruire autant que noues le désirons au fond.

L’apprentissage par la violence infligée et socialement valorisée construit une conscience dominante de sa domination, faite de déni viscéral de sa violence mêlée à une connaissance intime et presque réflexe des moyens de l’appliquer. Ainsi, les hommes ne sont « pas conscients » de la violence de leur domination, de son caractère injuste et immotivée, mais ils savent utiliser au moins une femme, ils ont une parfaite connaissance du mode d’emploi de la domination (cf. Nicole Claude Mathieu, « Quand céder n’est pas consentir », 1985 & Léo Thiers-Vidal, De l’ennemi principal aux principaux ennemis). Ce qui les rend d’autant plus dangereux : un agresseur qui se croit dans son bon droit et ignore les signaux d’alerte est un récidiviste.

Conscience dominante et expertise.

Revenons un instant sur la « mecsplication ». La perte d’empathie pour les femmes et l’égocentrisme propres à la virilité permet aux hommes de s’abstraire de la relation avec noues, de se positionner en tiers terme qui va juger et observer, de se retirer affectivement pour noues utiliser. Ils savent aussi être d’une présence absente, creuse, être « froid » comme on dit. Une position d’expert spontanée. C’est ainsi qu’ils pratiquent la chosification mentale. Les féministes focalisent sur la chosification sexuelle : à raison, elle mène au viol. Mais il y a aussi la chosification mentale : importante car elle mène au viol psychique. Et ce viol d’âme, cette colonisation profonde est dévastatrice. La mecsplication est la forme banale que prend le viol d’âme des femmes dans le pouvoir viril (ce processus est aussi au cœur de l’éducation des enfants, surtout des petites filles, dans le pouvoir patriarcal). Affirmer une toute-puissance de la pensée est très important dans leur pouvoir : en s’appuyant sur leur pouvoir de nommer (= purement inventer la vérité, cf. Andrea Dworkin, « Le pouvoir », in Pouvoir et violence sexiste), ils parviennent à contrôler jusqu’à notre esprit. Ils se posent en savants, face à celle qui n’a aucun pouvoir de nommer, pas même celui de se dire (nos plaintes sont tournés en jérémiades ou en de l’agression insupportable, nos thèses révolutionnaires en délires ou en attaques immotivées, etc.). Faire croire à la victime en l’existence d’une pensée puissante voire magique, c’est la contrôler même en dehors de sa propre présence. C’est le ressort de l’emprise qu’établissent les parents violents, les conjoints violents, les bourreaux dans les prisons politiques, les gourous, les dictateurs; et, de manière moins traumatique car plus culturellement tissée, le ressort de l’emprise dont rayonnent les hommes, les religieux, les scientifiques, bref tout représentant légitime (homme, capitaliste, colon) du discours légitime (patriarcal dans toutes ses phases, capitaliste, coloniale, etc.).

C’est ainsi que noues devenons transparentes aux yeux de celui qui prétend savoir et divulgue nos contenus mentaux. Outre l’effet d’effraction psychique constante que cela a, cette tactique a un autre effet aliénant : noues devenons opaques à nos propres yeux; alors nous devons noues en remettre à un homme pour savoir de manière sûre (or la sensation de spontanéité de la pensée, qui se traduit cognitivement par la certitude de pouvoir être certain-e, et la sensation d’une pensée à soi, qui se traduit affectivement pas un sentiment de continuité d’être, sont les noyaux fondamentaux de la pensée). Des années de ce traitement parviennent à créer chez noues un esprit friable à la parole des hommes (n’importe lequel, mais surtout les plus proches ou les plus légitimes), une forme normative de crédulité et de confiance.

Eprouver cet attachement traumatique pour le groupe qui, statistiquement, est notre première cause de mortalité est proprement fou. Mais c’est notre folie ordinaire, celle qu’ils noues gratifient d’avaler en noues répétant qu’ainsi noues sommes sur la bonne voie, plus raisonnables et tellement plus aimables, voire, Ô suprême reconnaissance, carrément bandantes.

Mécaniquement, qu’ils le veuillent ou non, l’engagement des hommes « experts » de leur domination, pro-féministes ou thérapeutes, ressemble fort à un cumul de pouvoirs : il consiste à ajouter du savoir (divulgué par les femmes elles-mêmes, militantes ou victimes) à leur propre connaissance du mode d’emploi de la domination. Il consiste aussi à consolider la position chosifiante, le regard « mecsplicatif » posé sur les sans-voix, les femmes et les filles. Et ce sur un objet fondamental : la souffrance de l’opprimée, femme ou victime, femme parce que victime en série et victime parce que femme et fillette. Dans la recherche de savoir sur notre passé et notre présent de violences vécues, noues jouons notre peau, féministes et victimes, noues engageons notre restant d’espoir dans ce qui n’est ni plus ni moins que le dernier recours dans le procès que les hommes intentent à notre âme. Et comble de l’expertise, les thérapeutes et autres experts en manipulation connaissent tous les rouages de l’emprise. Or ces hommes sont les seuls maîtres et juges de ce qu’ils peuvent en faire. Il s’agit donc de pouvoir : pouvoir de frapper ou pouvoir de gracier, de créer la panique ou d’insuffler la gratitude, la crédulité et l’attachement traumatique, pouvoir de pulvériser d’un coup ou de briser la fuite ou l’autonomie et pulvériser le mouvement collectif. Pouvoir terrorisant de barbe bleue ou pouvoir hypnotisant du prince charmant.

C’est pourquoi, un homme qui se fait une spécialité de sa domination ne doit pas susciter une gratitude aveugle et précipitée chez noues mais plutôt une analyse méfiante et critique de ses attitudes, ses paroles et ses actes. Il a dans ses mains tous les moyens les plus aiguisés pour noues mettre à genoux. Emprise thérapeutique ou main mise sur le réseau militant … pour ne prendre qu’un exemple.

Principes de précaution

Les hommes dans nos combats sont donc a priori suspects jusqu’à preuve du contraire.
Et les preuves doivent être cumulées et irréfutables, témoignant de vrais engagements pour les victimes sans aucune ambigüité ni politicienne ni perverse. Ainsi par exemple
>y mettre vraiment de l’argent, du temps, bref quelque chose qui leur coûte,
>mais sans capitaliser ni une aura politique ni une carrière
>rester dans l’ombre et ne jamais se poser en avant-garde
>ne pas se présenter comme tout puissant [en sauveur de dernière minute ou en héros tranquille qui va occulter les privilèges de caste qui lui ont permis de fournir la salle de meeting clefs en main, de réaliser mille projets en pompant des femmes ou de devenir un chef de clinique écouté par les ministères sexistes ou, pour répliquer aux papa-grue qui assiègent l'antenne, accaparer les médias sexistes l'autre moitié du temps, plutôt que céder la parole publique aux femmes et aller dans l'ombre harceler juridiquement et physiquement les masculinistes qui noues menacent et noues harcèlent dans cette même ombre]
>ne jamais diffuser de messages paradoxaux et sidérants [par exemple critiquer une femme au nom du féminisme que l’on prétend défendre ou écrire un article et le larder de mots d’agresseur pour décrire les violences sexuelles],
>ne jamais insécuriser des femmes pour les isoler ou les contrôler [par exemple en harcelant sa collègue thérapeute ou en menaçant de rétorsion une militante qui dénoncerait son sexisme]
>ne jamais diviser les femmes en dévalorisant ou en agitant des menaces [par exemple caricaturer des femmes, ressortir les pires clichés pour interdire aux autres de s'y identifier ou de s'en solidariser, telles "les radicales" traitées d'anti-hommes ou "les bourgeoises" assimilées au bourgeois ou "les féministes blanches" assimilées aux politiques de l'ONU]
>ne jamais retourner la culpabilité [ignorer ou répliquer à la critique féministe, questionner le soupçon ou la plainte de la victime en la renvoyant à sa propre projection ou répétition ou à un ailleurs, vers d'autres agresseurs]
etc.
etc.

Je me limiterai donc à donner 2 principes de précaution :

>La non-mixité doit être notre mode de fonctionnement par défaut et optimal. Non-mixité pour l’organisation, la réflexion, l’échange de savoirs et le secours aux victimes. Puis (éventuellement) ouverture aux hommes pour récupérer des ressources (lieux thérapeutiques, postes qu’ils cèderaient au lieu de les accaparer) ou des moyens d’action, et pour certaines actions militantes ciblées où noues leur communiquons les conclusions pratiques et leur disons quoi faire.

>suspicion préliminaire, vigilance continue.

*

Andrea Dworkin

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