Mes rimes féminines.

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Par Catherine Ribeiro, militante intransigeante.

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Autre interprétation, dans le bon film de Léo Pool, Anne Trister.

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Violeta Parra, 5 février 1967

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Dans cette Chanson, Linda Lemay oscille entre la perception de la victime (culpabilité – elle dit : « pardon mon amour » + intériorisation de l’intention coupable de l’agresseur, à savoir sa volonté d’imprimer dans l’être de l’autre sa volonté d’anéantissement – elle dit : « est-ce que je pue la haine » « pour rien : pour moi » ?) et une analyse objective, on dirait féministe, des faits (« on m’a fait la haine » « est-ce qu’on t’a appris à bander comme ça ? pour rien ? » [= sans que l’autre désire. Analyse très juste car, en fait, les hommes apprennent à bander sans empathie, sans attendre ni percevoir rien de l’autre, surtout pas son désir, avant même que d’apprendre par la pornographie à bander par haine des femmes]).

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L’artiste ici, grâce et malgré son art, témoigne point par point des conséquences de la violence par conjoint, surtout la manipulation mentale : on ne se reconnaît plus dans nos actes ou notre manière d’être, on devient monstrueuse à ses yeux (au minimum de ne pas se reconnaître, au maximum de croire incarner ce que l’agresseur dit de nous), on se hait, on a honte, on a peur de devenir folle (par perte de contact avec soi, ses envies, ses protections vitales, etc.)…

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Nos vies flottent, encore attachée par quelque espoir ou illusion, au dessus de nos corps. Nous ne nous connaissons que d’assister à nous-mêmes. Nous nous méprisons de nous endurer au travers du regard de l’ennemi. Nous ne nous attendons, nous voulons, aspirons à nous-mêmes, que mortes : achevée au dard de son désir haineux. La réalité où l’occupant nous a cloîtrées est un enfer, dont seule la folie peut prendre la pleine conscience. Amies, Âmes-Soeurs, nous gisons dans l’Ombilic des Limbes.

Je suis tantôt dans la vie tantôt au-dessus de la vie. Je suis comme un personnage de théâtre qui aurait le pouvoir de se considérer elle-même et tantôt d’être une abstraction pure et simple création de l’esprit, et tantôt d’inventer et animer cette création de l’esprit. Créatrice, dans une vie intermittente … mais créatrice muselée d’une chimère méprisable, dont nul humain ne souhaite incarner, endurer, le rôle. Créatrice enferrée dans une créature, comme une voix raillée dans un pantin ventriloque.

Chères Amies. Ce que vous avez pris pour mon être n’était que déchets de moi-même, ces raclures de l’âme que les hommes n’accueillent pas. Que mon mal depuis lors ait reculé ou avancé, la question pour moi n’est pas là : elle est dans la douleur et la sidération persistante de mon esprit. Je me suis pressentie dans leur néant, entendue dans leur langue morte, scrutée dans leur regard de marbre, oubliée dans leurs histoires caviardées, abandonnée à leur raison absurde, désirée dans leurs griffes. J’ai plongé dans leur folie, traquant dans leurs yeux, leurs écrits ou leurs vagissements, les traces de mon passage sur terre, j’aspirais compulsivement à exister, j’effaçais obsessivement toute trace de mon inexistence, dans leurs yeux, leurs écrits ou leurs vagissements. Je semblais errer d’un mot à l’autre de leur allali sans fin. Epuisée dans le tombeau de l’âme qu’est mon corps fait « femme ». Raidie par le tétanos de l’âme qu’ils m’ont injecté à la naissance.

Chères Amies, ce que j’avais pris pour mon être n’était que déchet de leur vision totalitaire, les frissons que j’avais pressenti comme une existence n’étaient que spasmes maladifs de leur peau engluée en moi. Ma question persiste, seule, vivante depuis des années : pourquoi endurer la douleur et la sidération de mon esprit ? Vers quelle fin, vers quel tombeau, où ils ne m’attendraient pas ?

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Aujourd’hui, je vous parle coeur et âme.

Parce que trop de coeurs se sont déchirés, ont été trop battus en brèche, niés, effacés, dépecés. Ne nous battons pas contre nos coeurs…ils sont déjà suffisamment malmenés. Joignons-nous de coeur -à-coeur. Dans un corps-à-corps d’humanité.
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Mais vous, qui n’avez de cesse de nous arracher le coeur entendez ceci :
Cessez de nous voler nos âmes et de les condamner à s’envoler vers le vide.
Cessez de nous faire rendre les âmes et de les condamner à errer aux confins de votre inhumanité.
Rendez les armes, et jetez-les à nos pieds.
Rendez-nous nos âmes que vous étouffez.
Alors elles ne rendront plus l’âme mais pourront ressusciter et s’envoler.
Nous prendrons nos âmes armées pour la vie, l’envol et la beauté…

Melanie Reh, 28 avril 2012.

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The Prophetess, by Allecto.

In the night the prophetess told me of my fate. Beneath the sea, she said, beneath the sea. And so I searched and I searched.

But how does one get beneath an ocean?

And so I looked for the metaphor, perhaps a blue-green equivalent and the notion of the ocean. Beneath a wave or a crest.

It was here that she found me. Lost within a crest. Riding a gigantic wave. I had been swallowed whole.

My fate. It was a good one. Worthy indeed of being trapped forever, mangled in a dusty tome. But vanity always has been one of my strong points, that and an uncanny ability to appear beautiful although I’m not. Still there was this ocean thing that I had to settle. I must confess that having wet hair and pruny fingers was not my idea of lifetime.

And then she came. At first I thought she was made of water. But then I realised that she had no substance. It was all optical illusion her liquidity, her fluidity, her motion or e-motion. So now I wonder.

She said her life was on a timer. I think she set herself to time. Like a masterpiece, or a nymph in the wilderness dancing.

I’m not one for poetry but she had an inescapable rhythm. And it caught and I caught.

Like an old sea pirate I was tossed to the wind and I emerged back into my life soaking. And dripping with earnt ire, burnt through with her timing.

Before a tune was sent me and I was swept within its waves to another shore.

Life is verily like the ocean. I am once again lost within her depths. She draws me in and she draws me on.

It was then that I realised that the prophetess was right. I was already in the sea.

For a while I lived a subjective truth, believing as I did in morality. But all the codes have a propensity for change. Tidal. The way her world was slowly sinking beneath the sea.

And still I persisted in the belief that I change myself. A radical new faith deception. The truth was in the water.

And water it was. Like the glimpse of a floating note lost into the memory of sound. Play me again.

Though she was only water I can still remember the scent of her skin. Salt and sand. Hours wasted into her embrace. Captive in the smoothest of bars.

I loved her. As much as one can love like liquid. She came in with the sun and left by the moon.

Entrancing, disappearing into vapours and almosts and into the taste of silence. Until she comes again. Rising like a tempest. Rising like the wind.

Off the shore, pulling my soul into her eddies, sweeping across as many realities. Beyond the heat of fire. Beyond elemental ice. Unbecoming in intensity. Carefully chosen passion.

Who is she? This water sprite that haunts me. This untamed one that never lets me keep still. Shall I call her freedom?

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Des artistes magiques

Ana Vidovic

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Valentina Lisitsa

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Martha Argerich

une autre version de la sonate de Scarlatti (Sonata in D minor K141) :

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Valentina Igoshina

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Maestra Uchida
Concerto No 20 in D minor KV 466 Allegro, Mozart

& la magnifique Sonata en La majeurr (Andantino) D959, de Schubert.

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