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	<title>Féministes radicales</title>
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	<description>Comme des poissons sans bicyclettes</description>
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		<title>Le pouvoir magique de l&#8217;argent des hommes en matière de viol.</title>
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		<pubDate>Sat, 26 May 2012 23:41:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>binKa</dc:creator>
				<category><![CDATA[crime contre l'humanité]]></category>
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		<description><![CDATA[Andrea Dworkin, &#171;&#160;Prostitution &#38; domination masculine&#160;&#187;, conférence donnée en 1992, à la Faculté de droit de l&#8217;Université de Michigan, sous le titre : Prostitution : from Academia to Activism. C’est un grand honneur pour moi que d’être ici aujourd’hui avec &#8230; <a href="http://www.feministes-radicales.org/2012/05/27/le-pouvoir-magique-de-largent-des-hommes-en-matiere-de-viol/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.andreadworkin.com/audio/" target="_blank"><img class="alignleft size-full wp-image-2411" title="Click to listen to Andrea Dorkin's conferences." src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/Pouvoir-Violence-sexiste-Copie.jpg" alt="" width="293" height="418" /></a><em>Andrea Dworkin, &laquo;&nbsp;Prostitution &amp; domination masculine&nbsp;&raquo;, conférence donnée en 1992, à la Faculté de droit de l&#8217;Université de Michigan, sous le titre : Prostitution : from Academia to Activism.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft  wp-image-2237" title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="27" height="23" />C’est un grand honneur pour moi que d’être ici aujourd’hui avec mes amies et mes paires, mes soeurs au sein de ce mouvement. Mais je ressens aussi d’énormes déchirements à être ici, parce qu’il est très difficile de penser à ce qu’on peut dire de la prostitution dans un cadre universitaire. Les <em>a priori </em>du monde universitaire arrivent à peine à imaginer la réalité de la vie des femmes en prostitution.</p>
<p style="text-align: justify;">La vie universitaire a pour prémisses la notion qu’il existe un demain et un surlendemain et une journée après cela ; ou que l’on peut se mettre à l’abri du froid et étudier ; ou qu’il existe un certain discours à propos des idées et qu’on dispose d’une année de liberté où exprimer des désaccords sans y risquer sa vie. Ces prémisses sont la réalité quotidienne des personnes qui étudient ou qui enseignent ici. Mais elles sont l’antithèse même de la vie des femmes qui sont en prostitution ou qui y ont été.</p>
<p style="text-align: justify;"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="27" height="23" />Si vous avez été en prostitution, vous n’avez pas demain à l’esprit parce que demain, c’est très très loin. Vous ne pouvez prendre pour acquis que vous serez encore vivante dans la minute qui vient. Vous ne le pouvez pas et vous ne le faites pas. Si vous le faites, vous êtes stupide, et être stupide dans le monde de la prostitution, c’est être blessée, c’est être morte. Aucune femme qui est prostituée ne peut se permettre d’être stupide au point de prendre demain pour acquis.</p>
<p style="text-align: justify;">Je ne peux réconcilier ces différentes prémisses. Je peux seulement vous dire que les prémisses de la femme prostituée sont les miennes. C’est sur leur base que j’agis. C’est sur elles que mon travail est basé depuis toutes ces années. Je ne peux accepter – parce que je ne peux croire – les prémisses du féminisme issu de l’université : le féminisme qui dit que nous allons écouter toutes les parties, année après année, et qu’ensuite, un jour, dans l’avenir, par quelque processus que nous n’avons pas encore trouvé, nous allons décider de ce qui est juste et de ce qui est vrai. Cela n’a aucun sens pour moi.</p>
<p style="text-align: justify;">On me dit que cela a du sens pour beaucoup d’entre vous. Je parle en travers du plus vaste fossé culturel de ma vie. Il y a vingt ans que j’essaie de parler en travers de ce fossé, avec un succès que je qualifierais de marginal. Je veux nous ramener aux éléments de base.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Qu’est-ce que la prostitution ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="27" height="23" />La prostitution : qu’est-ce que c’est ? C’est l’utilisation du corps d’une femme pour du sexe par un homme ; il donne de l’argent, il fait ce qu’il veut. Dès que vous vous éloignez de ce que c’est réellement, vous vous éloignez du monde de la prostitution pour passer au monde des idées. Vous vous sentirez mieux ; ce sera plus facile ; c’est plus divertissant : il y a plein de choses à discuter, mais vous discuterez d’idées, pas de prostitution. La prostitution n’est pas une idée.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est la bouche, le vagin, le rectum, pénétrés d’habitude par un pénis, parfois par des mains, parfois par des objets, pénétrés par un homme et un autre et encore un autre et encore un autre et encore un autre. Voilà ce que c’est.</p>
<p style="text-align: justify;">Je vous demande de penser à vos propres corps – si vous arrivez à vous abstraire du monde que les pornographes ont créé dans vos esprits, celui où flottent en aplat, sans vie, des bouches, des vagins et des anus de femmes. Je vous demande de penser concrètement à vos propres corps, utilisés de cette façon. Est-ce sexy ? Est-ce agréable ? Les gens qui défendent la prostitution et la pornographie veulent que vous ressentiez un petit frisson pervers à chaque fois que vous pensez au fait de plonger un objet dans une femme. Je veux que vous ressentiez ses tissus délicats que l’on maltraite ainsi. Je veux que vous ressentiez ce qu’on ressent quand cela se produit encore et encore et encore et encore et encore et encore et encore ; parce que c’est cela la prostitution. La répétition vous tuera si ce n’est pas l’homme qui le fait.</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà pourquoi – du point de vue d’une femme qui est en prostitution ou d’une femme qui a été en prostitution – les distinctions que font d’autres gens entre l’événement qui a lieu au Plaza Hotel et celui qui a lieu à un endroit moins élégant ne sont pas les distinctions qui comptent. Ces perceptions sont irréconciliables, leurs prémisses irréconciliables. Pourtant, dites-vous, les circonstances doivent bien avoir de l’importance.</p>
<p style="text-align: justify;">Non, elles n’en ont pas, parce que nous parlons de l’utilisation de la bouche, du vagin et du rectum. Les circonstances n’atténuent pas, ne modifient pas ce qu’est la prostitution. Alors, plusieurs d’entre nous disons que la prostitution est intrinsèquement violente. Je tiens à être claire : je vous parle de la prostitution en soi, sans autre violence, sans violence supplémentaire, sans qu’une femme soit frappée, sans qu’une femme soit bousculée. La prostitution à elle seule constitue de la violence contre le corps d’une femme. Celles d’entre nous qui disons cela sont accusées de simplisme.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais la prostitution est très simple. Et si vous ne la regardez pas simplement, vous ne la comprendrez jamais. Plus vous viserez une pensée complexe, plus vous prendrez vos distances de la réalité – plus vous serez en sécurité, plus vous serez heureuses, plus vous aurez de plaisir à discuter du thème de la prostitution.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans la prostitution, pas une femme ne demeure entière. Il est impossible d’utiliser un corps humain de la façon dont le corps des femmes est utilisé en prostitution et d’avoir encore un être humain entier au bout du compte, ou au milieu ou près du début. Et pas une femme ne redevient entière plus tard, après. Les femmes qui ont été violentées dans la prostitution ont des choix à faire. Vous avez vu ici des femmes très courageuses poser certains choix très importants : utiliser ce qu’elles savent, essayer de vous communiquer ce qu’elles savent.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais personne ne redevient entière parce qu’on vous en enlève trop quand l’invasion a lieu à l’intérieur de vous, quand la brutalité a lieu sous votre peau. Chacune d’entre nous essaie si fort de communiquer aux autres cette douleur. Nous plaidons, nous tentons des analogies. La seule analogie qui me vienne à l’esprit concernant la prostitution est que ça ressemble plus à un viol collectif qu’à quoi que ce soit d’autre.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La magie de l’argent</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="27" height="23" />Oh ! dites-vous, mais le viol collectif, c’est tout à fait autre chose ! Une femme innocente déambule dans la rue et elle est agrippée par surprise… Toutes les femmes sont cette femme innocente. Toutes les femmes sont agrippées par surprise. Une prostituée est, dans sa vie, agrippée par surprise encore et encore et encore et encore. Son viol collectif est ponctué par un échange d’argent, c’est tout. C’est la seule différence.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais l’argent a une qualité magique, n’est-ce pas ? Vous donnez de l’argent à une femme et soudain, quoi que vous lui ayez fait, elle l’a voulu, elle l’a mérité. Pourtant, nous comprenons la dynamique du travail masculin. Nous comprenons que les hommes font des choses qu’ils n’aiment pas en échange d’un salaire. Lorsque les hommes vivent un travail d’usine aliénant, nous ne disons pas que l’argent transforme l’expérience pour eux de sorte qu’ils ont aimé cela, qu’ils ont eu du plaisir et, en fait, qu’ils n’aspiraient à rien d’autre. Nous voyons la routine, l’absence d’horizon ; nous reconnaissons que la vie d’un homme devrait sûrement valoir mieux que cela.</p>
<p style="text-align: justify;">La fonction magique de l’argent est genrée, en ce sens que les femmes ne sont pas censées avoir de l’argent, parce que, quand les femmes ont de l’argent, on présume que les femmes peuvent faire des choix, et un des choix que peuvent faire les femmes est celui de ne pas être avec les hommes. Et si les femmes font le choix de ne pas être avec eux, alors les hommes seront privés du sexe auquel ils ont le sentiment d’avoir droit. Et s’il est nécessaire que toute une classe de personnes soit traitée avec cruauté, indignité et humiliation, placée en condition de servitude, pour que les hommes puissent avoir le sexe auquel ils pensent avoir droit, alors c’est ce qui arrivera. Voilà l’essence et le sens de la domination masculine. La domination masculine est un système politique.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est toujours extraordinaire, quand on regarde cet échange d’argent, de réaliser que dans l’esprit de la plupart des gens, l’argent vaut plus que la femme. Les dix dollars, les trente dollars, les cinquante dollars valent beaucoup plus que sa vie entière. L’argent est réel, plus réel qu’elle. L’argent permet à l’homme d’acheter une vie humaine et d’effacer son importance de tous les aspects de la reconnaissance civique et sociale, de la conscience et de la société, des protections de la loi, de tout droit de citoyenneté, de tout concept de dignité humaine et de souveraineté humaine. Cinquante maudits dollars permettent à n’importe quel homme de faire cela.</p>
<p style="text-align: justify;">Si vous deviez chercher une façon de punir les femmes d’être des femmes, la pauvreté suffirait. La pauvreté est dure. Elle fait mal. Ces salopes regretteraient d’être des femmes. C’est dur d’avoir faim. C’est dur de ne pas avoir un logis vivable. On se sent vraiment désespérée. La pauvreté est toute une punition. Mais la pauvreté ne suffit pas, parce que la pauvreté à elle seule ne fournit pas aux hommes un bassin de femmes à baiser sur demande. Si affamées que soient les femmes, la pauvreté ne suffit pas à créer ce bassin de femmes. Alors, dans différentes cultures, les sociétés s’organisent différemment pour obtenir le même résultat : non seulement les femmes sont-elles pauvres, mais la seule chose de valeur que possède une femme est ce qu’on appelle sa sexualité, qui, en même temps que son corps, a été transformée en produit marchand. Ce qu’on appelle sa sexualité devient la seule chose qui ait de l’importance ; son corps devient la seule chose que quiconque veuille acheter.</p>
<p style="text-align: justify;">On peut alors formuler un <em>a priori</em> : on peut tenir pour acquis que si elle est pauvre et a besoin d’argent, elle vendra du sexe. L’<em>a priori</em> peut être faux. L’<em>a priori</em> ne crée pas à lui seul le bassin de femmes prostituées. Il faut plus que cela. Dans notre société, par exemple, dans la population des femmes qui sont aujourd’hui prostituées, nous avons des femmes qui sont pauvres, issues de familles pauvres ; elles ont aussi été victimes d’agressions sexuelles dans l’enfance, d’inceste en particulier ; et elles sont maintenant sans abri.</p>
<p style="text-align: justify;">L’inceste est la filière de recrutement. C’est là qu’on envoie la fille pour lui apprendre comment faire. Donc, bien sûr, on n’a pas à l’envoyer nulle part, elle y est déjà et elle n’a nul autre endroit où aller. On l’entraîne. Et l’entraînement est spécifique et il est crucial : on l’entraîne à ne pas avoir de véritables frontières à son propre corps, à être bien consciente qu’elle n’est valorisée que pour le sexe, à apprendre au sujet des hommes ce que l’agresseur, l’agresseur sexuel, lui apprend. Mais même cela ne suffit pas puisque, après l’entraînement, elle s’enfuit et se retrouve dans la rue, sans abri, itinérante. L’une ou l’autre de ces formes de destitution doit avoir lieu pour la plupart des femmes en prostitution.</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai beaucoup réfléchi, ces dernières années, à ce que signifie l’itinérance pour les femmes. Je crois qu’il s’agit, littéralement, d’une condition préalable, comme l’inceste et la pauvreté aux États-Unis, servant à créer une population de femmes qui peuvent être prostituées. Mais être sans abri a un sens plus vaste. Demandez-vous où n’importe quelle femme dispose réellement d’un abri.</p>
<p style="text-align: justify;">Aucune enfant n’est à l’abri dans une société où une fillette sur trois va être agressée sexuellement avant d’atteindre dix-huit ans. Aucune épouse n’est à l’abri dans une société où des statistiques récentes semblent indiquer qu’une femme mariée sur deux est violentée ou l’a déjà été. Nous sommes les ménagères, nous aménageons et entretenons des abris, mais nous n’y avons pas droit nous-mêmes.</p>
<p style="text-align: justify;">Je crois que nous avons eu tort de dire que la prostitution était une métaphore de ce qui arrive à toutes les femmes. Je crois que c’est vraiment l’itinérance qui est cette métaphore. Je crois que chaque femme est dépossédée d’un lieu de vie qui soit sécuritaire, qui lui appartienne en propre, un lieu de souveraineté non seulement sur son propre corps mais sur sa vie sociale concrète, que ce soit en famille ou entre amies. Dans la prostitution, une femme demeure sans abri.</p>
<p>[...].<img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="27" height="23" /></p>
<p>____________________________</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/women-money-Copie.png"><img class="alignleft size-full wp-image-2428" title="women = men's money" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/women-money-Copie.png" alt="" width="235" height="599" /></a><em>Voici un autre extrait d&#8217;Andrea Dworkin, publié le 2 août 2002 dans le journal The Herald, de Glasgow (Écosse). Dans cette ville, des féministes ont réussi &#8211; après une longue lutte &#8211; à faire reconnaître comme dégradante pour les femmes la pratique prostitutionnelle de la &laquo;&nbsp;danse-contact&nbsp;&raquo; (lap-dance), qui se pratique dans des boîtes de nuit : elle consiste pour une femme à danser nue tout près d’un homme qui lui donne de l’argent. L’homme reste habillé et la femme se frotte contre lui, en une sorte de masturbation sans les mains et à travers les vêtements. </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le texte original a été <span style="color: #000080;"><a href="http://www.nostatusquo.com/ACLU/dworkin/lapdancing.html" target="_blank"><span style="color: #000080;">traduit en français</span></a>.</span></em></p>
<p style="text-align: justify;"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="27" height="23" />It is only when defending sexual objectification in prostitution and its sister phenomena (lap-dancing, stripping, pornography) that women get to be &laquo;&nbsp;consenting adults&nbsp;&raquo;. Giving up one&#8217;s body for money is the signature of a woman&#8217;s consent.</p>
<p style="text-align: justify;"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="27" height="23" />In California a man named Lawrence Singleton raped a teenage girl and cut off her arms. As a final gesture he threw a $10 bill at her nearly dead body. She had consented, he said, and he clearly expected his largesse to prove consent. Had he not cut off her arms, the $10 might have bought him an acquittal. When the Marquis de Sade assaulted and poisoned prostituted women, the exchange of money was (and still is) widely regarded as consent. When the Marquis was prosecuted for egregious violence by one of his non-prostitute victims, her willingness to accept a money settlement showed her bad character and that she deserved what she got. She did more than consent: he abused her because she wanted him to . . . so that she could get the money.</p>
<p style="text-align: justify;"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="27" height="23" />The same algebra occurs every day in contemporary US courts. Money for sex cleanses the man; the woman who takes the money is consenting to, or has invited whatever happens to her.</p>
<p style="text-align: justify;"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="27" height="23" />Glasgow City Council and the licensing board refused to accept this patriarchal axiom. Instead, the concern was the well-being of all women, including those who did lap-dancing: commercial sexual exploitation was seen as a gateway to violence against women.</p>
<p style="text-align: justify;">Men did not get to use money to justify exploiting the downtrodden. And though the people I consider to be exploitative will claim that middle-class women are racing to sex emporiums, the fact is that lap-dancing is for the poor, the abused, the hopeless. The work so-called is more deadening and boring than any assembly line in any factory, and then there is the question of vulnerability: the naked are vulnerable, the clothed waving pounds are not. And men are so big and strong.</p>
<p style="text-align: justify;"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="27" height="23" />The one argument for lap-dancing is the economic one. Even though women do not consent to poverty, women are poor, none the less. Lap-dancers are described as self-employed. They pay the boss £80 a night and 15% of the tips they make for the privilege of being sexual commodities. They are said to make a whopping £25,000 a year.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Every woman, said the women&#8217;s movement, is one man away from welfare.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="27" height="23" />Lap-dancers require considerably more than one man. Women working in the same jobs as men still get paid less than their male counterparts. But no-one would expect to see an epidemic of male lap-dancing. Some forms of degradation are female-only. As with most so-called sex work, the lap-dancers are closer to indentured servitude than to capitalist pigdom.</p>
<p style="text-align: justify;"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="27" height="23" />It is hard to imagine a time when men will run out of ways to exploit women&#8217;s bodies for sexual entertainment. Lap-dancing is the craze du jour, a hair-breadth away from prostitution, or conjoined with it. It might be better to bring back bear-baiting as a public spectacle than to make each man&#8217;s lap a kingdom on which the glamorous serfs will perform as dancing girls to bring him the pleasure of the pornographic nude in action . . . and for him, all for him. He is king of the world.</p>
<p style="text-align: justify;"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="27" height="23" />The sexual proletarian has to convince him that she is on his lap, of all the laps in the universe, because she wants to be. His lap is special, don&#8217;t you see, as each and every time she goes through the ordeal of making him twice his natural size. Virginia Woolf did not imagine that the man would have mirrors of this sort &#8230; live, naked, dancing lap-women &#8230; with which to enhance and enlarge himself.</p>
<p style="text-align: justify;"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="27" height="23" />He&#8217;s a greedy piece of work, this consumer of other live human beings. He thinks the females exist for him and the new game in town is that they come this close, so very close, to his erect penis without touching it and then he gives them money. In the game, as the rules are written, he flirts with the continsuum between impotence and masturbation. Of course the implicit logic is that the females do touch it if he wants and then the women get more money (at that moment) and cross a line; no longer dancers, they become prostituted women, the genuinely marginal women to whom anything can and will be done.</p>
<p style="text-align: justify;"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="27" height="23" />Lap-dancing is a rung above the bottom. Prostitution is the bottom. The fall is inevitable because lap-dancing is foreplay in lieu of the main event. The men are excited by the novelty of having female strangers so close, purely sexual, expecting nothing but a few bills. The men are excited by the rush of having naked, living pornography so close. The men are excited by their own agency, the domination of &laquo;&nbsp;the girls&nbsp;&raquo; by money that they have and &laquo;&nbsp;the girls&nbsp;&raquo; don&#8217;t. Each individual man is king of the world as he flashes cash.</p>
<p style="text-align: justify;"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="27" height="23" />In order to advocate or consume lap-dancing a man must think he is a fascinating sexual figure; thus it is plausible for him to argue that he is fulfilling the woman&#8217;s need to be naked and undulating for him. The arrogance of the assumption is staggering. The sheer boredom of man after man after man should be self-evident, but apparently, along with celebrating his own sexual charisma, the man thinks that women have no brains, no hearts, no lives worth living. He&#8217;s enough. He is reason enough to condemn her to a degraded life.</p>
<p style="text-align: justify;"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="27" height="23" />To accept a woman as a sexual commodity means the man has no brain, no heart, no life worth living. Think about it: the average idiot (included in this category are the prominent men who use lap-dancers) has a right, which he and his cohort presume, to use up the life of a woman, to have her touch or not touch at his behest, to have her naked and gyrating, to appropriate her sexuality for money . . . but not only her sexuality, also her vitality, her energy, years of her life. It&#8217;s as if the bear has been let out of the cage because finally a bunch of bears has been taught to lick, not bite.</p>
<p style="text-align: justify;"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="27" height="23" />The women are throwaway women, and most do end up in outright prostitution, visited by these same men, now playing a harder, more forceful, more depraved game. In lap-dancing, as in prostitution, the male has the illusion of having bought the female body . . . it&#8217;s his for three minutes, or five, or 10. He has the illusion of having a right to buy that body.</p>
<p style="text-align: justify;"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="27" height="23" />He has no responsibility for what happens to that body after he is done with it. She is an &laquo;&nbsp;it&nbsp;&raquo;, her body standing in for her humanity. One has to ask: are men really this stupid? Then one grasps the sinister principle that has allowed all the banal boys to turn into nasty but gratified men: commodifying a human body is the base principle for all forms of systematised cruelty: trafficking in women, selling slaves in the Sudan, using violence against another group, identified by race or gender or national identity or class.</p>
<p style="text-align: justify;"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="27" height="23" />The big, brave men who want lap-dancing could use some lap-slicing in its place.</p>
<p style="text-align: justify;">_________</p>
<p style="text-align: justify;">NB : Pour ne pas oublier la force de nos ennemis &#8230;. je vous laisse un exemple de réplique masculiniste, parmi des milliers, venues de tous bords (universités, industriels, aussi bien que milieux militants &#8230;), qu&#8217;a endurées Andrea Dworkin à cause de son infatiguable combat contre les violences masculines.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000080;"><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/Anti-Feminist-Propaganda-masculinist-response-to-Andrea-Dworkins-article-about-Lap-Dancing..pdf"><span style="color: #000080;">Anti-Feminist Propaganda &#8211; masculinist response to Andrea Dworkin&#8217;s article about Lap Dancing.</span></a></span></p>
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		<title>Quand c&#8217;est pas OUI, c&#8217;est NON. Et si le OUI est vicié, c&#8217;est aussi du viol.</title>
		<link>http://www.feministes-radicales.org/2012/05/24/quand-cest-pas-oui-cest-non-et-si-le-oui-est-vicie-cest-aussi-du-viol/</link>
		<comments>http://www.feministes-radicales.org/2012/05/24/quand-cest-pas-oui-cest-non-et-si-le-oui-est-vicie-cest-aussi-du-viol/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 24 May 2012 15:49:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>binKa</dc:creator>
				<category><![CDATA[crime contre l'humanité]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[masculinité]]></category>
		<category><![CDATA[viol]]></category>
		<category><![CDATA[consentement]]></category>
		<category><![CDATA[conspiration des oreilles bouchées]]></category>
		<category><![CDATA[mariage]]></category>
		<category><![CDATA[stratégie de l'agresseur]]></category>

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		<description><![CDATA[Le présumé consentement n&#8217;existe pas ! Nous devons d&#8217;une même voix opposer cette vérité simple au droit patriarcal qui organise le viol (légiférant sur le mariage, le divorce, la garde alternée, la liberté d&#8217;expression des pornographes, la liberté sexuelle des prostitueurs, &#8230; <a href="http://www.feministes-radicales.org/2012/05/24/quand-cest-pas-oui-cest-non-et-si-le-oui-est-vicie-cest-aussi-du-viol/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://notherapedocumentary.org/" target="_blank"><img class="aligncenter size-full wp-image-2319" title="NO The Rape Documentary" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/NO-The-Rape-Documentary.png" alt="" width="598" height="518" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000080;"><a href="http://sandrine70.wordpress.com/2011/05/17/ce-qui-est-sur-cest-que-le-presume-consentement-nexiste-pas/" target="_blank"><span style="color: #000080;">Le présumé consentement n&#8217;existe pas !</span></a></span> Nous devons d&#8217;une même voix opposer cette vérité simple au droit patriarcal qui organise le viol (légiférant sur le mariage, le divorce, la garde alternée, la liberté d&#8217;expression des pornographes, la liberté sexuelle des prostitueurs, etc.) puis l&#8217;impunité des violeurs (principes juridiques à charge des victimes de violences politiques et à décharge des agresseurs, bureaucratie policière et judiciaire, etc.).</p>
<p style="text-align: justify;">Nous devons donc dénoncer deux scandales : ♦ alors que le consentement n&#8217;a rien à voir avec la qualification de viol dans le texte de loi, le consentement de la victime est l&#8217;argument unique et majeur dans toute l&#8217;enquête. A lui seul, il peut blanchir des brutalités sexuelles (jugés &laquo;&nbsp;torrides&nbsp;&raquo;) voire des actes de torture (jugés sadomaso). ♦ Deuxième scandale : les vices de consentement sont systématiquement ignorés en matière de violences sexuelles. Or au plan légal, le vice de consentement annule le consentement, même s&#8217;il est prononcé. → Ce double scandale explique qu&#8217;à peine 2% des procédures (entamées seulement par 8% des victimes) aboutissent à une condamantion pour viol.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce texte, reproduit sur <span style="color: #000080;"><a href="http://sandrine70.wordpress.com/2011/05/17/ce-qui-est-sur-cest-que-le-presume-consentement-nexiste-pas/" target="_blank"><span style="color: #000080;">A dire d&#8217;elles</span></a>,</span> reprend des vices majeurs de consentement :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Une femme qui dit non ne consent pas. Une femme qui ne dit rien ne consent pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Une femme qui est en situation quelconque d’infériorité (d’âge, de classe, de rapports de pouvoir) ne peut pas consentir.</p>
<p style="text-align: justify;">Une mineure (ou un mineur) ne consent pas à un rapport avec un-e adulte.</p>
<p style="text-align: justify;">Une femme à qui on veut extorquer du sexe contre de l’argent ne consent pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Une femme qui porte une mini jupe n’exprime pas par là son consentement.</p>
<p style="text-align: justify;">Une femme qui a bu ou est droguée ne consent pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Une femme violée alors qu’elle portait un jean serré n’a pas “forcément” consenti.</p>
<p style="text-align: justify;">Une femme mariée qui ne désire pas faire l’amour ne consent pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Une femme mariée de force ne consent pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Une femme ne consent pas parce qu’elle a accepté de monter dans la chambre ou dans la voiture d’un homme.</p>
<p style="text-align: justify;">Une femme qui a commencé à avoir un rapport avec un homme mais qui n’en est pas satisfaite et veut arrêter ne consent pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Une femme qui a déjà couché avec un homme mais ne désire pas recommencer ne consent pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Une femme qui couche avec beaucoup d’hommes n’exprime pas ainsi son consentement de coucher avec n’importe qui, n’importe quand.</p>
<p style="text-align: justify;">Et si des hommes, et en particulier des jeunes hommes, ont des doutes sur le consentement de leur partenaire, ça serait peut-être bien qu’on commence à leur expliquer que ce n’est pas très compliqué. Il suffit de s’en assurer. En demandant. Et si la réponse n’est pas claire, alors ça veut dire NON. Tout simplement.</p>
</blockquote>
<p style="text-align: center;">____<br />
______________________</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://sandrine70.wordpress.com/2012/05/24/pas-de-justice-pas-de-paix-sur-radio-libertaire/"><img title="PJP1" src="http://sandrine70.files.wordpress.com/2012/03/pjp1.jpg?w=473&amp;h=361" alt="" width="473" height="361" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">A écouter, la magnifique émission à deux voix, Dr Muriel Salmona et Sandrine Goldschmidt, sur Radio Libetaire, 23.05.2012.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><span style="color: #000080;"><a href="http://88.191.151.104/backup//mercredi/mercredi_1830/mercredi_1830.mp3" target="_blank"><span style="color: #000080;">PAS DE JUSTICE PAS DE PAIX &laquo;&nbsp;#je-n&#8217;ai-pas-porté-plainte</span></a>.</span></h2>
<h2 style="text-align: center;"><span style="color: #000080;">______________</span></h2>
<h2 style="text-align: center;"><span style="color: #000080;">_______</span></h2>
<p style="text-align: justify;">
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>DWL Dégage !</title>
		<link>http://www.feministes-radicales.org/2012/05/23/dwl-degage/</link>
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		<pubDate>Tue, 22 May 2012 23:50:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>binKa</dc:creator>
				<category><![CDATA[féminisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Une magnifique action du Collectif Ovaires et contre tous !** Le débat n&#8217;aura pas lieu _____________ ** une fois ne sera pas coutume, je parle d&#8217;une action organisée par des sex-positiv (elles emboîtent le pas à Butler, Preciado, Kosovski-Sedwig &#8230;).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Une magnifique action du<span style="color: #000080;"><span style="color: #333333;"> Collectif Ovaires et contre tous </span>!**</span></p>
<p style="text-align: center;"><iframe style="width: 560px; height: 315px;" src="http://www.wat.tv/embedframe/976860chuPP3r8183121" frameborder="0" width="320" height="240"></iframe></p>
<div class="watlinks" style="width: WIDTHpx; font-size: 11px; background: #CCCCCC; padding: 2px 0 4px 0; text-align: center;"><a class="waturl" title="Vidéo Le débat n'aura pas lieu sur wat.tv" href="http://www.wat.tv/video/debat-aura-pas-lieu-4ve4x_2imh9_.html" target="_blank"><strong>Le débat n&#8217;aura pas lieu</strong></a></div>
<p style="text-align: center;">_____________</p>
<p>** une fois ne sera pas coutume, je parle d&#8217;une action organisée par des sex-positiv (elles emboîtent le pas à Butler, Preciado, Kosovski-Sedwig &#8230;).</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Leur domination : pour eux, un sport comme un autre.</title>
		<link>http://www.feministes-radicales.org/2012/05/23/leur-domination-pour-eux-un-sport-comme-un-autre/</link>
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		<pubDate>Tue, 22 May 2012 23:09:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>binKa</dc:creator>
				<category><![CDATA[AFP]]></category>
		<category><![CDATA[crime contre l'humanité]]></category>
		<category><![CDATA[industries]]></category>
		<category><![CDATA[masculinité]]></category>
		<category><![CDATA[viol]]></category>
		<category><![CDATA[conspiration des oreilles bouchées]]></category>
		<category><![CDATA[liberté sexuelle]]></category>
		<category><![CDATA[pressions industrielles]]></category>
		<category><![CDATA[silence de mortes]]></category>
		<category><![CDATA[stratégie de l'agresseur]]></category>

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		<description><![CDATA[___________________ Voici un article mainstream, qui se veut dénonciateur mais, par son angle d&#8217;analyse (prostitution = travail) et ses euphémismes, révèle combien l&#8217;idéologie réglementariste a infiltré tous les discours sociaux (univeristé, médias, cinéma, militance). Quelques éléments d&#8217;analyse [j'ai surligné dans le &#8230; <a href="http://www.feministes-radicales.org/2012/05/23/leur-domination-pour-eux-un-sport-comme-un-autre/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/Ukraine-prostitution-lenvers-du-décor-de-lEuro-20121.pdf" target="_blank"><img class="aligncenter  wp-image-2335" title="RfI Euro 2012" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/RfI-Euro-20121.png" alt="" width="666" height="348" /></a></p>
<p style="text-align: center;">___________________</p>
<p style="text-align: justify;">Voici un article mainstream, qui se veut dénonciateur mais, par son angle d&#8217;analyse (prostitution = travail) et ses euphémismes, révèle combien l&#8217;idéologie réglementariste a infiltré tous les discours sociaux (univeristé, médias, cinéma, militance).</p>
<p style="text-align: justify;">Quelques éléments d&#8217;analyse [j'ai surligné dans le texte en jaune les éléments sexistes, en gris les faits réels].</p>
<p><span style="color: #000000;">Les faits réels :</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Cambria;"> </span><em><span style="color: #000000;">« <span style="color: #808080; font-family: Cambria;">Nous les testons</span></span><span style="color: #000000;"> une quinzaine de jours durant, nous devons être prêts pour l&#8217;Euro »,</span></em><span style="color: #000000;"> glisse Sacha. </span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">⤨ Rappelons que cette froideur instrumentale s’applique à l’organisation d’actes parmi les plus intrusifs qui existent pour un humain : le voyeurisme, la pénétration. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #000000;">« Travailler durant l&#8217;euro sera très difficile, <span style="color: #808080; font-family: Cambria;">les gens seront ivres, les supporters déçus ou tout excités.</span></span><span style="color: #000000;"> ».</span></em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">⤨ Rappelons qu’un homme déçu veut se venger, et qu’un homme excité ne tolère aucun refus.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Cambria;"> </span><em><span style="color: #000000;">« On va garder les filles qui présentent bien et <span style="color: #808080; font-family: Cambria;">virer celles qui ne passent pas le ‘face control’. Il faut recruter des filles plus jeunes</span></span><span style="color: #000000;">, plus belles ».</span></em><span style="color: #000000;"> […] Selon les statistiques de l&#8217;ONG Aids alliance, le pays compterait plus de 100 000 prostituées, <span style="color: #808080;">dont </span></span><span style="font-family: Cambria;"><span style="color: #808080;">50% de moins de 20 ans</span><span style="color: #000000;"><span style="color: #808080;">.</span><em></em></span></span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">⤨ Plus jeunes que moins de 20 ans, ça va jusqu’où ?<em></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Cambria;"> </span><em><span style="color: #000000;">« <span style="color: #808080; font-family: Cambria;">J&#8217;entrerai peut-être un jour ou l&#8217;autre à l&#8217;université, j&#8217;ai toujours voulu devenir juriste. </span></span><span style="font-family: Cambria;"><span style="color: #808080;">Mais depuis quelques temps, j&#8217;étudie aussi la possibilité d&#8217;ouvrir un établissement similaire à celui où je travaille</span><span style="color: #000000;"><span style="color: #808080;">.</span> Pour cela, il me faut des contacts, beaucoup de contacts&#8230; ». </span></span></em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">⤨ Avis aux adeptes du « libre choix de se prostituer » : on peut s’engager sur un chemin croyant qu’il mène à notre but mais être brisée par le chemin, au point de ne pouvoir le finir, au point de s’arrêter au milieu. La conscience, même éclairée, n’est pas toute puissante, ni sur soi ni sur le réel : aucun humain ne peut prédire tout ce qui le brisera ni esquiver les violences structurelles. <em></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Cambria;"> </span><em><span style="color: #000000;">« Autour de ce café, dans le centre de Kiev, je connais <span style="color: #808080; font-family: Cambria;">trois bordels qui fonctionnent depuis 5 ans. La police le sait</span></span><span style="color: #000000;"><span style="color: #808080;">, mais personne ne fait rien</span> »,</span></em><span style="color: #000000;"> explique Ina Shevchenko, membre de l&#8217;organisation féministe Femen. […] </span><em><span style="color: #000000;">« <span style="color: #808080; font-family: Cambria;">Nous donnons 20 ou 30 euros par mois</span></span><span style="color: #808080;"> pour le &#8216;service du toit&#8217;, </span><span style="font-family: Cambria;"><span style="color: #808080;">pour payer la police</span><span style="color: #000000;"> »</span></span></em><span style="color: #000000;">, explique Alyona, </span><em><span style="color: #000000;">« de cette façon, ils nous protègent et <span style="color: #808080; font-family: Cambria;">nous n&#8217;avons plus à coucher gratuitement avec les policiers le samedi</span></span><span style="color: #000000;">, comme c&#8217;était autrefois le cas ».</span></em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">⤨ Les policiers, de violeurs sont devenus proxénètes – sans garantie qu’ils ne violent pas …..</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #808080;"><em>« </em><em><span style="font-family: Cambria;">Les policiers nous ont séparé et nous ont tabassé, ils ont menacé de mettre de la drogue dans mon sac, ils voulaient me faire avouer que j&#8217;étais une maquerelle</span></em></span><em> </em><span style="color: #808080;"><em>»</em>, <span style="color: #333333;">raconte Natalia</span>, <em>« <span style="font-family: Cambria;">notre souteneur devait avoir des problèmes avec eux</span> »</em>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #000000;">« toutes les informations que nous obtenons confirment une <span style="font-family: Cambria;"><span style="color: #808080;">augmentation des violences policières dans les quatre villes qui accueilleront des match</span>s</span></span><span style="color: #000000;"> ».</span></em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">⤨ La violence masculine procède par rabattage : les uns matraquent pendant que les autres ramassent les fuyardes. Ces méthodes globales se repèrent au plan local : violence par conjoint, par inconnu, par connaissance, par policier, etc. organisent un véritable climat de terreur qui pousse les femmes vers n’importe quel homme qui présenterait un infime gage de non-agression (sourire, attention, voire indifférence ou conscience professionnelle). </span></p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #000000;">« <span style="color: #808080; font-family: Cambria;">Les prostituées viennent souvent de milieux défavorisées, elles n&#8217;ont pas fait d&#8217;étude et ne connaissent pas leurs droits, ni comment se défendre après des agressions</span></span><span style="color: #000000;"> », </span></em><span style="color: #000000;">continue Nataliya Kanarskaya, </span><em><span style="color: #000000;">« <span style="color: #808080; font-family: Cambria;">elles sont soumises au bon vouloir des souteneurs et des policiers</span></span><span style="color: #000000;"> ». </span></em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">⤨ ben oui.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">_____________ </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Les propos sexistes</span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #000000;">Euphémismes &amp; expressions réglementaristes. </span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><em>&laquo;&nbsp;tourisme <span style="color: #808080;">sexuel </span></em><em></em><strong><em>; </em></strong></span><span style="color: #000000;">les filles sont <span style="color: #808080; font-family: Cambria;">déjà au travail</span></span><span style="color: #000000;">. Sacha, </span><span style="font-family: Cambria;"><span style="color: #000000;">l&#8217;administratrice</span><span style="color: #000000;"> du club.</span></span><em><span style="color: #000000;"> Ce sera la <span style="color: #808080; font-family: Cambria;">débauche et le chaos</span></span><span style="color: #000000;">. </span></em><span style="color: #000000;">Sacha sert aujourd&#8217;hui </span><span style="font-family: Cambria;"><span style="color: #000000;">d’intermédiaire</span><span style="color: #000000;">.</span></span><em><span style="color: #000000;"> Des femmes vont venir de la campagne pour <span style="color: #808080; font-family: Cambria;">vendre leur corps </span></span><span style="color: #000000;">; </span></em><span style="color: #000000;">Alyona </span><span style="font-family: Cambria;"><span style="color: #808080;">travaille</span><span style="color: #000000;"> dans un appartement qu&#8217;elle partage avec cinq autres </span></span><span style="font-family: Cambria;"><span style="color: #000000;">filles </span><span style="color: #000000;">;</span></span><span style="font-family: Cambria;"><span style="color: #808080;"> maquerelle </span><span style="color: #000000;">; deux </span></span><span style="font-family: Cambria;"><span style="color: #808080;">clients</span><span style="color: #000000;"> par nuit ;</span></span><span style="font-family: Cambria;"><span style="color: #000000;"><span style="color: #808080;"> souteneurs </span>; <span style="color: #808080;">travaille </span>; les <span style="color: #808080;">négociations </span></span><span style="color: #000000;">avec les forces de l&#8217;ordre ; </span></span><span style="font-family: Cambria;"><span style="color: #000000;"><span style="color: #808080;">souteneuse </span>;<em> coucher <span style="color: #808080;">gratuitement</span></em></span></span><span style="color: #000000;"> ; Venus de province pour </span><span style="font-family: Cambria;"><span style="color: #808080;">vendre leurs corps</span><span style="color: #000000;"> ; l&#8217;appartement où elles </span></span><span style="font-family: Cambria;"><span style="color: #000000;">travaillaient ;<span style="color: #808080;"><em> souteneur</em></span></span></span><span style="color: #000000;">.&nbsp;&raquo;</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">⤨ « Intermédiaire », « souteneur » se dit proxénète dans le code pénal. Ces criminels (aucun n’a jamais violé) ne « soutiennent » rien ni personne, ils sont de purs parasites, ils ne « protègent » pas les femmes, ou alors comme le conjoint violent qui soustrait sa femme aux assauts des autres hommes autant pour la contrôler que pour se réserver le droit de la maltraiter. Les « négociations » avec des violeurs (ici les policiers) se nomment « contrainte » dans le code pénal et mènent, non à un « arrangement » ou une « transaction » mais … au viol. </span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">⤨ Tous les dérivés de « sexe » devraient être interdits pour décrire ce qu’est la prostitution. Parler de sexualité et de plaisir révèle une chose : le sujet de l’énonciation est l’homme, prostitueur ou proxénète, car lui seul expérimente l’acte prostitutionnel comme excitant, désirable et procurant du plaisir. Du point de vue de la femme, il s’agit d’invasions sexuelles non désirées, au mieux consentis. Certes ceci est une définition de la sexualité mais elle n’est réservée qu’aux femmes et témoigne du continuum de violence dans lequel s’inscrit la « sexualité » patriarcale.</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">⤨ Le champ sémantique du « travail » devrait aussi être interdit : « <em><span style="font-family: Cambria;">administratrice, intermédiaire, client, travailler, négocier, vendre, patron</span></em></span><span style="color: #000000;">, etc. », purs mensonges. Aucun « métier » n’implique pour la « travailleuse » de tels risques : </span><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #000000;">« </span><em><span style="color: #000000;">70% des femmes dans la prostitution à San Francisco, Californie, ont été violées (Silbert &amp; Pines, 1982). Une étude à Portland, dans l’Oregon, a montré que les femmes prostituées étaient violée en moyenne une fois par semaine<strong> </strong></span><span style="color: #000000;">(Hunter, 1994). 85% des femmes à Minneapolis, Minnesota, ont été violée dans la prostitution (Parriott, 1994). 94% de celles qui exercent dans la prostitution de rue ont subi une agression sexuelle, 75% ont été violées par un ou plusieurs proxénètes (Miller, 1995). Aux Pays Bas, où la prostitution est légale, 60% des femmes prostituées ont subi des agressions physiques ; 70% ont subi des menaces verbales d’agressions ; 40% ont subi de la violence sexuelle »</span></em><span style="color: #000080;"> [<a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2011/05/NON-à-la-prostitution-tableau-darguments.pdf"><span style="color: #000080;">Melissa Farley &amp; alii., 2003</span></a></span><span style="color: #000000;"><span style="color: #000080;">]</span>. Dans quel métier oblige-t-on les travailleurs à revenir à un poste qui a causé la mort de l’employé précédent dans la journée ? C’est ce qui arrive aux femmes en prostitution : chacune sait que ça peut être leur tour, un viol, un meurtre, car c’est arrivé il y a quelques heures à une autre, ici-même. Quel employé est jeté dans un métier à risque vital (agression grave voire mortelle) sans être armé et sans être protégé par la loi si jamais il blesse ou tue son agresseur ? Personne. Même les CRS, pourtant surentraînés, sont armés jusqu’aux dents et ont le droit de tirer s’ils se sentent en danger. </span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Point de vue situé</strong> :</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&laquo;&nbsp;<span style="color: #808080;">Fin d&#8217;après-midi pluvieuse sur Kiev. Dans la cave d&#8217;un club de strip-tease du quartier de Podol, deux femmes s&#8217;enroulent autour d&#8217;une barre de métal</span>.&nbsp;&raquo;</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">⤨ On l’a dit, le champ sémantique de la sexualité trahit la vision dominante du préjudice subi par les femmes dans la prostitution. Ici, le trait est encore plus net : l’article est écrit du point de vue du prostitueur qui assiste à du Lap Dance. Il ne peut qu’être sexiste.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #000000;">Raisonnement réglementariste :</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&laquo;&nbsp;<span style="color: #808080;">Dans un pays où le salaire moyen ne dépasse pas 200 euros, et où le coût de la vie est relativement élevé, l&#8217;argument économique est souvent la raison principale qui pousse les femmes à se prostituer</span>. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&laquo;&nbsp;<span style="color: #808080;">L&#8217;argent</span>, c&#8217;est ce qui a décidé Alyona à faire le pas. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">« </span><em><span style="color: #000000;">J&#8217;ai vu que je pouvais <span style="color: #808080; font-family: Cambria;">gagner beaucoup d&#8217;argent</span></span><span style="color: #000000;"> ».</span></em><span style="color: #000000;"> </span><em><span style="color: #000000;">« Je fais cela pour pouvoir <span style="color: #808080; font-family: Cambria;">m&#8217;acheter un appartement</span></span><span style="color: #000000;"> »</span></em><span style="color: #000000;"> explique-t-elle.&nbsp;&raquo;</span></p>
<p style="padding-left: 30px;">⤨ Le mythe de la prostitution qui paie …. Pour les femmes !!</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">⤨ En aucun cas la pauvreté n’explique le recours à la prostitution pour les femmes. Sinon pourquoi les hommes ne se prostituent pas quand ils sont pauvres ? Certes ils ont des filets de sécurité que nous n’avons pas. En France, pas le bac ? Les filières du bâtiment et de l’automobile te tendent les bras. Juste le bac ? Ces mêmes filières t’assurent une ascension et un salaire en fin de carrière que peu de femmes, même diplômées BAC + 5, peuvent espérer. Ton CAP filière bonhomme vaut plus que tous les BAC + 3 féminins … Mais la raison n’est pas là. Car quand on voit quels hommes sont prostitués, on se rend compte qu’ils sont tous féminisés (gays « passifs » selon la terminologie viriliste, et transexuels féminisés) et que, en tant que tels, la majorité a subi des violences sexuelles (verbales ou physiques). </span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">En fait, les violences sexuelles sont au centre de la vie des femmes prostituées : </span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Wingdings;">Ø</span>  elles déterminent leur entrée dans la prostitution, parfois directement : <em><span style="font-family: Times New Roman;">«De 55% à 90% des personnes prostituées témoignent d’agression sexuelles dans leur enfance (James &amp; Meyerding, 1977; Silbert &amp; Pines, 1981; Harlan et al., 1981; Silbert &amp; Pines, 1983; Bagley &amp; Young, 1987; Simons &amp; Whitbeck, 1991; Belton, 1992; Farley &amp; Barkan, 1998). Silbert &amp; Pines (1981, 1983) soulignent que 70% de leur interviewées disent que les agressions sexuelles dans leur enfance ont eu une influence dans leur entrée dans la prostitution. </span></em></span><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #000000;">» <span style="color: #000080;">[</span></span><span style="color: #000080;"><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2011/05/NON-à-la-prostitution-tableau-darguments.pdf"><span style="color: #000080;">Melissa Farley &amp; alii., 2003</span></a>]).</span></span></p>
<p style="padding-left: 60px;"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Wingdings;">Ø</span>  <span style="font-family: Times New Roman;">Elles caractérisent la prostitution et empêchent d’en sortir.</span></span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Wingdings;">Ø</span>  <span style="font-family: Times New Roman;">Etant pandémiques en dehors de la prostitution, elles justifient aux yeux des femmes l’existence même de la prostitution : les mythes des « besoins sexuels des hommes » ou des « femmes coincées qui refusent certains actes » ou le fataliste « quitte à être un objet pour les hommes autant leur faire payer » n’existent qu’en raison du niveau vertigineux de violence qui caractérise la sexualité masculine.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&laquo;&nbsp;Sacha sert aujourd&#8217;hui <span style="color: #808080; font-family: Cambria;">d’intermédiaire</span></span><span style="color: #000000;"> si le </span><span style="font-family: Cambria;"><span style="color: #000000;">client</span><span style="color: #000000;"> le </span></span><span style="font-family: Cambria;"><span style="color: #808080;">demande</span><span style="color: #000000;">, si la fille </span></span><span style="font-family: Cambria;"><span style="color: #808080;">accepte</span><span style="color: #000000;">.</span></span><em><span style="color: #000000;"> Des femmes vont venir de la campagne pour <span style="color: #808080; font-family: Cambria;">vendre leur corps </span></span><span style="color: #000000;">; </span></em><span style="color: #000000;">les femmes qui </span><span style="font-family: Cambria;"><span style="color: #808080;">se</span><span style="color: #000000;"> prostituent.&nbsp;&raquo;</span></span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">⤨ Les réglementaristes analysent toute contrainte comme une question à choix multiples, et remplacent tout passif par un actif pour célébrer une magique « agency ». L’oppression n’est dès lors que la rencontre équitable entre une proposition et un consentement, une négociation entre volonté de dominer et acceptation de « <em><span style="font-family: Cambria;">se</span></em></span><span style="color: #000000;"> soumettre ». L’oppression sexiste c’est l’homme propose, la femme dispose.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><em>&laquo;&nbsp;coucher gratuitement&nbsp;&raquo;</em><em></em></span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">⤨ Voici la seule « faute » inacceptable qu’admettent les réglementaristes. </span><span style="color: #000000;">Pourquoi ? Car dans cet univers tout marchand, la prostitution établit cette équation : <em><span style="font-family: Cambria;">si c’est payé c’est légal</span></em></span><span style="color: #000000;">. Elle blanchit par l’argent toute violence jugée sexuelle par l’homme qui détient l’argent. Etablir à un plan aussi global qu&#8217;est celui de la prostitution l&#8217;équation : payer c&#8217;est pas violer, attaque directement la reconnaissance sociale du viol. Etablir que le viol est soluble dans l&#8217;argent, c&#8217;est démontrer qu&#8217;il n&#8217;est pas un crime car il est légal, mais c&#8217;est aussi démontrer qu&#8217;il n&#8217;est pas grave pour les femmes (ou qu&#8217;elles s&#8217;en accommodent très bien) puisqu&#8217;il suffit de les payer pour qu&#8217;elles l&#8217;accepte. Au delà de la haine que déclenche le stigmate de &laquo;&nbsp;vénale&nbsp;&raquo; et profiteuse qui se plaint à tort, c&#8217;est le sadisme qui est exacerbé, le sadisme pur envers celle qui par nature est faite pour l&#8217;abus et la violation. Enfin, le crime devient délit car la seule définition du viol est : « ne pas payer », un vol donc. Voilà <span style="color: #000080;"><a href="http://www.feministes-radicales.org/2012/05/27/le-pouvoir-magique-de-largent-des-hommes-en-matiere-de-viol/" target="_blank"><span style="color: #000080;">le pouvoir magique que la prostitution confère à l&#8217;argent</span></a>.</span></span></p>
<p style="text-align: center;"><em><span style="color: #000000;">__________________________________________________</span></em></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">⤨ Dire que les femmes en prostitution sont des marchandises, des objets consommables et jetables, ou dire qu’elles sont « testées », qu’elles « vendent des services sexuels » ou &laquo;&nbsp;vendent leur corps&nbsp;&raquo;, c’est user de métaphore anti-capitaliste, et occulter la gravité des faits. Cette métaphore est triplement mensongère. D’abord elle occulte totalement les violences sexuelles. « Tester » une femme ou « l’acheter » signifie lui imposer des actes sexuels non désirés : donc l’agresser ou la violer. Ensuite, cette métaphore envisage l’humain comme pouvant être séparé de son corps ; on parle du &laquo;&nbsp;corps des femmes&nbsp;&raquo;, vendu, acheté, utilisé. Pourquoi  une telle dissociation ? car une étape de la chosification n’est jamais critiquée : on prend pour acquis que <em>femme</em> est réductible à <em>corps</em>, et que l&#8217;être qu&#8217;est la femme existe loin d&#8217;elle-même, hors de son corps. Ce raisonnement est sexiste car seules les femmes sont désignées, pensées, perçues, traitées comme des « corps » ; notre statut d&#8217;être inanimé ou de cadavre à prendre est au centre de ce raisonnement. Enfin, avec cette métaphore, on fait comme si la marchandisation (violence extrême pour un humain, au cœur des systèmes d’esclavage, de dot et de filiation) avait sur l’humain le même impact qu’elle a sur un objet. Là encore un postulat sexiste indiscuté : <em>femme = objet</em>, à céder d&#8217;homme à homme ou à consommer. Or :</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Wingdings;">Ø</span>  </span><span style="color: #000000;">Ce qui caractérise la prostitution des femmes n’est pas leur <em><span style="font-family: Cambria;">marchandisation</span></em></span><span style="color: #000000;"> mais leur </span><span style="font-family: Cambria;"><em><span style="color: #000000;">déshumanisation</span></em><span style="color: #000000;">. Une déshumanisation spécifique : c’est parce qu’elle est </span></span><span style="font-family: Cambria;"><em><span style="color: #000000;">femme</span></em><span style="color: #000000;"> qu’elle est ravalée à un bout de corps (le sexe), et formatée pour correspondre aux usages dominants d’un autre (un homme). </span></span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Wingdings;">Ø</span>  Ce qui caractérise la « relation » prostitutionnelle n’est pas l’argent mais la violence sexuelle. Une violence sexuelle paradigmatique de notre oppression : un homme réduit notre désir au consentement, lequel est absolu (donné une fois, quoi qu’il arrive avant ou après) et n’admet aucun vice de forme (aucune pression ne vicie ce consentement magique, ni inégalité des parties ni vol ni mensonge ni contrainte ni surprise ni violence ni menace ni objet illicite [viol]). </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Voir la prostitution comme une violence sexiste permet de sortir des tautologies et euphémismes de la métaphore économique. Cela permet de comprendre combien la prostitution est au cœur de la vie de toutes les femmes : elle est le moteur matériel (physique, économique et idéologique) de notre déshumanisation, qui a pour conséquences la destruction sans limites, par l’exploitation et la violence sexuelle masculine.</span></p>
<p style="text-align: center;">____________________________________________</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/Malka-Marcovich-Tourisme-sportif-sexuel-et-marchandisation-du-corps-des-femmes-Réflexions-autour-de-lorganisation-de-lesclavage-sexuel-des-femmes.pdf" target="_blank"><img class="aligncenter  wp-image-2353" title="cliquer pour lire l'article" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/Malka-Marcovich.png" alt="" width="977" height="685" /></a></p>
<p style="text-align: center;">____________</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.endviolenceagainstwomen.org.uk/" target="_blank"><img class="aligncenter size-large wp-image-2328" title="End Violence Against Women - Sport &amp; Rape" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/End-Violence-Against-Women-Sport-Rape-1024x713.png" alt="" width="640" height="445" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.endviolenceagainstwomen.org.uk/" target="_blank"><img class="aligncenter size-large wp-image-2329" title="End Violence Against Women - Sport &amp; Rape2" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/End-Violence-Against-Women-Sport-Rape2-1024x725.png" alt="" width="640" height="453" /></a></p>
<p style="text-align: center;">_____________</p>
]]></content:encoded>
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		<title>A tyranny that is part of our everyday life.</title>
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		<pubDate>Sun, 20 May 2012 20:11:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>binKa</dc:creator>
				<category><![CDATA[couple]]></category>
		<category><![CDATA[crime contre l'humanité]]></category>
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		<description><![CDATA[We have to think very seriously about what it means to sustain a resistance against the tyranny that is part of everyday life for women. &#8211; Andrea Dworkin in Minneapolis, 1987. _____ Métro, boulot, dodo : cachots. Les constats des associations ou &#8230; <a href="http://www.feministes-radicales.org/2012/05/20/a-tyranny-that-is-part-of-our-everyday-life/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://andreadworkin.com/audio/montrealdworkin.mp3"><img class="aligncenter size-full wp-image-1875" title="A.D. Montreal Speech, 1991" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/A.D.1.jpg" alt="" width="319" height="404" /></a></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img class="size-full wp-image-2237" title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a><span style="color: #000000;"><strong>We have to think very seriously about what it means to sustain a resistance against the tyranny that is part of everyday life for women. </strong></span></em></p>
<p style="text-align: right; padding-left: 30px;"><em>&#8211; Andrea Dworkin in Minneapolis, 1987.</em></p>
<p style="text-align: center; padding-left: 30px;">_____</p>
<h1 style="text-align: justify;" align="LEFT"><span style="color: #000000;">Métro, boulot, dodo : cachots.</span></h1>
<p style="text-align: justify;" align="LEFT"><span style="color: #000000;">Les constats des <span style="color: #000080;"><a href="http://www.avft.org/rubrique.php?id_rubrique=86" target="_blank"><span style="color: #000080;">associations</span></a></span> ou des<span style="color: #000080;"> <a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/Enquête_Violences_Sexuelles_Femmes_Travail_Seine_Saint_Denis_2009.pdf" target="_blank"><span style="color: #000080;">rares enquêtes</span></a></span> menées sur les violences masculines au travail sont accablants. La moindre tentative de faire valoir nos droits rencontre au mieux les rires des agents de l&#8217;ordre patriarcal (médecin, gynécologue, policier, avocat, magistrat, patron) au pire une <span style="color: #000080;"><a href="http://www.avft.org/article.php?id_article=629" target="_blank"><span style="color: #000080;">réplique dévastatrice</span></a>. <span style="color: #333333;">Nos vies baignent dans</span> </span><span style="color: #000080;"><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2010/11/Patrizia-Romito-A-Deafening-Silence.-Hidden-Violence-Against-Women-and-Children.pdf" target="_blank"><span style="color: #000080;">un silence de mortes </span></a>.</span></span></p>
<h1 style="text-align: justify;" align="LEFT"><span style="color: #000000;"><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/Viol-conjugal-Viol-à-domicile-Carole-Roussopoulos-2003.pdf" target="_blank"><span style="color: #000000;">Haine par conjoint, haine à domicile</span></a>.</span></h1>
<p style="text-align: justify;" align="LEFT">L’enquête ENVEFF, estimation qu&#8217;il faudrait largement réévaluer, <span>a révélé l&#8217;ampleur pandémique de la violence masculine à domicile : une femme sur 10 est victime de </span>violences par conjoint, quel que soit son milieu social. Toutes les associations féministes alertent sur un autre phénomène : &laquo;&nbsp;<span style="color: #000080;"><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/CR-CFCV-Viols-par-conjoint.pdf" target="_blank"><span style="color: #000080;">Les pires violences s’exercent après les ruptures. </span></a><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/CR-CFCV-Viols-par-conjoint.pdf" target="_blank"><span style="color: #000080;">Des viols de colère et de vengeance surveniennent même après des années de séparation, pour « punir » une femme de s’être libérée de leur emprise</span></a>&laquo;&nbsp;.</span></p>
<h1 style="text-align: justify;" align="LEFT"><span style="color: #000000;">Haine virile aux quatre coins des rues, haine légale.</span></h1>
<p style="text-align: justify;" align="LEFT"><span style="color: #333333;">De <span style="color: #000080;"><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2010/11/Sheila-Jeffreys-Industrial-Vagina1.pdf" target="_blank"><span style="color: #000080;">Sheila Jeffreys</span></a>  à <a href="http://resistancesdefemmes.wordpress.com/tag/limposture/" target="_blank"><span style="color: #000080;">Eve Lamont</span></a>, <span style="color: #333333;">le constat est sans appel : les femmes et fillettes en prostitution sont les martyrs des politiques sexuelles des patriarcats. L&#8217;organisation de la prostitution garantit à tout homme le pouvoir d&#8217;assouvir son mépris de classe envers au moins une femme. Un pouvoir incontestable. Le silence de mortes est tel que même <span style="color: #000080;"><a href="http://www.prostitutionetsociete.fr/politiques-publiques/droits-des-personnes/in-memoriam?lang=fr" target="_blank"><span style="color: #000080;">les stèles en hommage à nos soeurs en prostitution</span></a> <span style="color: #333333;">sombrent dans le néant ; pour seule épitaphe, les insultes et les arguties des profiteurs qui, eux, sont bien en vie. </span></span></span></span></span><span style="color: #333333;"><span style="color: #000080;"><span style="color: #333333;"><span style="color: #000080;"><span style="color: #333333;">De fait, la moindre contestation de ce pouvoir provoque un déferlement sans limites d&#8217;accusations et de menaces. Les croisés de tout bord (anar, libertaires, militants gays, conservateurs, journalistes et politiques établis, etc.) se sentent investis de la Cause masculine actuelle : ils brandissent le Péril du &laquo;&nbsp;grand renfermement&nbsp;&raquo; sexuel pour imposer une libéralisation totale de l&#8217;accès sexuel des hommes à toutes les femmes. Nombreux sont les médias mainstream qui relaient en boucle leurs clichés masculinistes (glamourisation, esthétique des années 50, banalisation et promotion à force d&#8217;arguments néolibéraux du <em>self-made-man</em> ou sexistes de la <em>s*** et de la p*** qui s&#8217;assument</em>). </span></span></span></span></span></p>
<h1 style="text-align: justify;" align="LEFT"><span style="color: #333333;"><span style="color: #000080;"><span style="color: #333333;">Haine masculiniste pour les femmes qui grippent le système.</span></span></span></h1>
<p style="text-align: justify;" align="LEFT"><span style="color: #333333;"><span style="color: #000080;"><span style="color: #333333;">Féministes, nous endossons les responsabilités que nous impose le pouvoir : </span></span></span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;" align="LEFT"><span style="color: #333333;"><span style="color: #000080;"><span style="color: #333333;">- porter secours puis tenter de protéger les victimes </span></span></span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;" align="LEFT"><span style="color: #333333;"><span style="color: #000080;"><span style="color: #333333;">- dénoncer leurs agresseurs puis tenter de les neutraliser pour éviter la récidive </span></span></span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;" align="LEFT"><span style="color: #333333;"><span style="color: #000080;"><span style="color: #333333;">- à plus grande échelle, lutter contre leur impunité, pour faire cesser le servage et la terreur sexuelle qu&#8217;organisent les hommes comme caste dominante. </span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;" align="LEFT"><span style="color: #333333;"><span style="color: #000080;"><span style="color: #333333;">Face à cela, la réplique sexiste s&#8217;organise sans cesse. </span></span></span></p>
<h3 style="text-align: justify;" align="LEFT"><strong><span style="color: #333333;"><span style="color: #000080;"><span style="color: #333333;">Quelques exemples, concernant une lutte, celle contre les violences sexuelles. </span></span></span></strong></h3>
<p style="text-align: justify;">- <strong>1949</strong> : Le Deuxième sexe ;</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">=&gt; réponse ? 1954 : <em>Histoire d’O.</em></p>
<p style="text-align: justify;">- <strong>1953</strong> : The Second Sex by French feminist writer Simone De Beauvoir, was published in the United States. The phrase &laquo;&nbsp;women&#8217;s liberation&nbsp;&raquo; later adopted by the more radical wing of the feminist movement, was first used in this book.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">=&gt;  réponse ? 1953 : création de PlayBoy !</p>
<p style="text-align: justify;">- <strong>1963</strong>, Betty Friedan The Feminine Mystique ; <strong>1970</strong> : Kate Millett : <em>Sexual Politics</em>; 1970  :  MLF ; <strong>1972</strong>, en mai, plus de 500 000 femmes se retrouvent à la Mutualité pour organiser des journées de dénonciation de crimes contre les femmes :  l&#8217;impunité des violeurs ; les violences conjugales ; le harcèlement sexuel ; la dégradation de l&#8217;image de la femme à travers la pornographie et la publicité sexiste ; la maternité (légale ou honteuse) ; le travail salarié et ménager ; la répression de l&#8217;homosexualité ; <strong>1976/1979</strong> : premières marches de nuit, en Belgique, en Italie, en Allemagne, en Angleterre, US, France ; <strong>1977</strong> : Création du Collectif Femmes contre le viol.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">=&gt; réponses ? 1972 : « Gorge profonde » ; 1972 : Dernier Tango à Paris, de Bernardo Bertolucci ; 1974 : Portier de Nuit, avec CharlotteRampling ; 1976 : L’Empire des sens  [titre original : littéralement« La Corrida de l'amour »], de Nagisa Oshima.</p>
<p style="text-align: justify;">- <strong>1978</strong> : Take Back the Night, au US ; <strong>1979 </strong>: The Night and Danger, allocution de Andrea Dworkin à la TBTN ; 1983 : à Minneapolis,  <span style="color: #000080;"><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/Catharine-A.-MacKinnon-Andrea-Dworkin-Pornography-and-Civil-Rights-A-New-Day-for-Women’s-Equality-1988.pdf" target="_blank"><span style="color: #000080;">The Antipornography Civil Rights Ordinance</span></a> .</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><span style="color: #333333;">=&gt; 2011 : <span style="color: #000080;"><a href="http://www.feministes-radicales.org/2011/10/02/ne-laissons-pas-les-industries-sexistes-saloper-notre-lutte-contre-le-viol/" target="_blank"><span style="color: #000080;">S***Walk,</span></a></span> de Minneapolis à Strasbourg.</span></p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #333333;">- Une campagne actuelle d&#8217;intimidation des féministes.</span></strong></h3>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;">Un magnifique événement est prévu en juillet 2012 :</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #333333;"><a href="http://gendertrender.wordpress.com/2012/05/18/radfem-2012-first-speakers-announced/" target="_blank"><img class="aligncenter  wp-image-2174" title="RadFem 2012" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/RadFem-2012.png" alt="" width="887" height="600" /></a></span></p>
<p style="text-align: center;">_________</p>
<p style="text-align: justify;">Mais à peine quelques jours après la publication de cette nouvelle, des activists s&#8217;organisent pour faire annuler l&#8217;événement.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /><em>Anti-female activists are already organizing against the <strong>rights of females to hold a conference for females</strong>. Besides the usual conservative MRA types, some of the anti-female forces against this conference include transgender activists and pro-prostitution pro-trafficking activists who claim that females must be prevented from organizing and meeting together in female-only spaces</em>. <span style="color: #000080;"><a href="http://gendertrender.wordpress.com/2012/05/18/radfem-2012-first-speakers-announced/" target="_blank"><span style="color: #000080;">Lire la suite ici</span></a>.</span></span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://radicalhub.com/2012/03/08/the-pomo-backlash-looking-at-feminism-in-the-aftermath-of-postmodernism-part-1/" target="_blank"><img class="aligncenter size-full wp-image-2293" title="Postmodernism : lies &amp; death - click to read the article" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/radfemfightback1.jpg" alt="" width="470" height="648" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;">Voici ce que ces activistes font circuler sur facebook.</span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://gendertrender.wordpress.com/2012/05/20/trans-activist-response-to-upcoming-radfem-2012-conference/" target="_blank"><img class="aligncenter  wp-image-2235" title="Menace de mort contre des féministes par des activistes pro-homme" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/Menace-de-mort-contre-des-féministes-par-des-activistes-pro-homme.png" alt="" width="137" height="591" /></a></p>
<p style="text-align: center;">___________</p>
<p style="text-align: justify;">Parasite à éradiquer : la thématique est génocidaire. Elle n&#8217;est pas un &laquo;&nbsp;dérapage&nbsp;&raquo; incohérent, un propos isolé qui claque dans un ciel clément. <span style="color: #000080;"><a href="http://www.feministes-radicales.org/2012/04/15/are-women-human-2-2/" target="_blank"><span style="color: #000080;">Nous exterminer psychiquement, socialement, et pour part (assez pour nous terroriser) physiquement, est au coeur de la politique patriarcale</span></a>. - <span style="color: #000000;">à lire aussi Barbara Ehrenreich and Deirdre English</span>, </span><span style="color: #000080;"><a href="http://tmh.floonet.net/articles/witches.html" target="_blank"><span style="color: #000080;">ici </span></a>ou <a href="http://books.google.fr/books?id=BEAYtQVOE38C&amp;printsec=frontcover&amp;hl=fr&amp;source=gbs_ge_summary_r&amp;cad=0#v=onepage&amp;q&amp;f=true" target="_blank"><span style="color: #000080;">ici</span></a>. </span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">ajout du 27.05.2012 : <span style="color: #333399;"><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/Anti-Feminist-Propaganda-masculinist-response-to-RadFem-2012.pdf"><span style="color: #333399;">Anti-Feminist Propaganda &#8211; masculinist response to RadFem 2012</span></a></span></p>
<p style="text-align: justify;">Face à leur haine, face à leurs actes de mort permanents, sortons de la sidération.</p>
<h1 style="text-align: justify;"><span style="color: #800080;">Fight Back !</span></h1>
<p style="text-align: justify;"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /><em>Remember all Men would be tyrants if they could. If particuliar care and attention is not paid to the Ladies we are determined to foment a Rebellion, and will not hold ourselves bound by any Laws in which we have no voice or Representation</em>.</p>
<p style="text-align: right;">Abigail Adams, 1776.</p>
<p style="text-align: justify;"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /><em>Souvenez-vous que tout homme serait un tyran s&#8217;il le pouvait. Si une attention particulière n&#8217;est pas accordée aux femmes, nous sommes déterminées à fomenter une rébellion et nous ne nous sentirons liées par aucune loi à laquelle nous n&#8217;ayons eu ni voix ni représentation</em>.</p>
<p style="text-align: center;">_________</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;AVFT &amp; la mobilisation féministe concernant le Harcèlement sexuel commence à faire bouger le rapport de force.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.avft.org/rubrique.php?id_rubrique=4" target="_blank"><img class="aligncenter size-large wp-image-2288" title="AVFT" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/AVFT1-766x1024.png" alt="" width="540" height="755" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Demain, un rendez-vous important avec des décideurs. A notre niveau, nous pouvons apporter notre soutien à la Maison des Femmes, Réseau Ruptures &amp; Coordination Lesbienne de France pour porter plainte a commissariat du 75012.</p>
<p style="text-align: center;">_____ ♦ _____</p>
<p style="text-align: justify;">En attaquant les RadFem de Londres, les masculinistes refusent à toutes les féministes leur légitimité à s&#8217;auto-organiser. Ils nous dénient notre seul moyen de nous protéger en tant que féministes, de nous sauver de leurs violences au moment même où nous tentons d&#8217;organiser la solidarité avec d&#8217;autres femmes.</p>
<p style="text-align: justify;"> Rappelons-le : la non-mixité est plus qu&#8217;une liberté, c&#8217;est une nécessité, politique et vitale.</p>
<p style="text-align: center;">Christine Delphy, 2004 :</p>
<p style="text-align: center;"><iframe src="http://www.youtube.com/embed/Fok4DoVgwpA" frameborder="0" width="420" height="315"></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">La tyrannie sexiste a un levier ultra-efficace : l&#8217;accaparement au une par une par la caste dominante. Ils sont partout où nous sommes, et leur présence est aussi possessive que la notre est niée. Nous imposer la promiscuité est un des deux moyens (avec l&#8217;exclusion, le bannissement) qu&#8217;ont les hommes pour nous garder sous leur contrôle. Les laisser gagner encore et encore sur ce terrain de la non-mixité est dangereux : cela nous réduira à accepter, maintenant dans nos luttes, leur continuelle présence, avec les risques de violences verbales et sexuelles qu&#8217;ils nous font sans cesse encourir. Sans compter que plus ils sont proches de nous, plus leurs rétorsions sont immédiates, faciles et efficaces. Etablir un rapport de force avec l&#8217;ennemi principal suppose que ses bénéficiaires n&#8217;aient pas accès aux lieux où s&#8217;organisent nos résistances collectives.</p>
<p style="text-align: justify;">Notre première responsabilité est de faire cesser les hostilités envers toutes les femmes. Obtenir une trève, pour que nous puissions au moins penser ce qui nous arrive et ce que nous refusons dorénavant. Il est donc évident que nous ne pouvons accepter dans nos rangs des individus qui déchaînent la violence et les menaces dès qu&#8217;ils n&#8217;obtiennent pas ce qu&#8217;ils veulent &#8211; en l&#8217;occurence, c&#8217;est caricatural, ils exigent un accès physique à des femmes. Ce comportement rappelle trop l&#8217;arrogance virile. Si nous cédions à cette mixité, nous nous retrouverions dans la situation paradigmatique de notre oppression : la femme victime de violences qui, pour survivre malgré la promiscuité imposée avec son agresseur, baisse le ton, choisit ses mots, ajuste son regard, contrôle tous les signes qui émanent d&#8217;elle. Elle ne vit plus, elle esquive un danger aussi flou qu&#8217;irrécusable ; elle ne contrôle rien, elle négocie le degré de violence dont se contentera pour l&#8217;instant son agresseur et pense ainsi éviter l&#8217;escalade de la violence. Nous savons toutes que cette stratégie mène directement à une surenchère dans notre destruction, car elle n&#8217;est qu&#8217;une conséquence de la violence masculine.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec des agresseurs, on ne discute pas, on agit pour les stopper. Contactez-nous via le blog pour obtenir les contacts afin de soutenir nos camarades RadFem.</p>
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		<title>The Need for Revolutionary Feminism</title>
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		<pubDate>Sat, 19 May 2012 22:05:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>binKa</dc:creator>
				<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[utopie]]></category>

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		<description><![CDATA[The Need for Revolutionary Feminism, by Sheila JEFFREYS. [Paper presented at the 1977 national Women’s Liberation Movement Conference in London by Sheila Jeffreys and re-printed in the Socialist Feminist journal ‘Scarlet Woman’, Issue 5. The 1977 national WLM Conference was &#8230; <a href="http://www.feministes-radicales.org/2012/05/20/the-need-for-revolutionary-feminism/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h1 style="text-align: justify;"><span style="color: #000080;"><a href="http://finnmackay.wordpress.com/articles-i-like/the-need-for-revolutionary-feminism-by-sheila-jeffreys-1977/" target="_blank"><span style="color: #000080;">The Need for Revolutionary Feminism</span></a>,</span> by Sheila JEFFREYS.</h1>
<p id="post-169" style="text-align: justify;"><em>[Paper presented at the 1977 national Women’s Liberation Movement Conference in London by Sheila Jeffreys and re-printed in the Socialist Feminist journal ‘Scarlet Woman’, Issue 5. The 1977 national WLM Conference was attended by approx 2500 – 3000 women. It was held in Islington in April 1977 and was followed by the (as yet) last national WLM Conference the following year in Birmingham in 1978.The national conferences are seen to have begun with Ruskin in 1970 and formulated the Seven Demands].</em></p>
<div style="text-align: justify;">
<h2 style="text-align: center;">“The Need for Revolutionary Feminism</h2>
<p>There is a need for revolutionary feminism for two very important reasons – one is the liberal takeover of the women’s liberation movement, and the other is the grave lack of theory in the movement.</p>
<h2>The Liberal Takeover of the Women’s Liberation Movement</h2>
<p>There is a widespread hesitation to use the word ‘liberation’ and the reason given is that ‘lib’ is used pejoratively in the media and as a result the word has committed verbicide and now can only serve to provoke amusement and distaste. I believe that this tendency fits in well with other developments within the movement over the last few years towards a playing down and restricting of our revolutionary potential. There is a growing trend towards seeing the transformation of sex-roles as the desirable end of women’s liberation. Sex-roles can be transformed without any real change in power. Men can do housework and run crèches but this change of roles, which even the revolutionary left sees as desirable, can serve the interests of a state which seeks to have women at work without too much dissent and commotion. Will this change in sex-roles lead to women raping men and sticking jagged objects up them on waste ground? I think not, since the way male sexuality is used to control women on the streets, eg. flashing and rape, will continue while men are the ruling class and changing sex-roles does not seriously threaten their power.</p>
<p>Another development is the ‘educational’ role of the women’s liberation. Quite a few women’s groups have taken it upon themselves to talk to Women’s Institutes, church groups, etc. and have deliberately played down the meaning and the frightening aspects of women’s liberation, eg. by concealing or even lying about the fact that they are lesbians. The women’s liberation movement is, and should be seen to be, a threat, and I cannot see that it serves a useful purpose to represent it as mixed Tupperware party with men doing the coffee.</p>
<p>Another development is towards life-stylism. It is possible to live with women, be in a women’s food co-op, attend classes at the Women’s Free Arts Alliance and go to women’s discos. Meanwhile the need for political feminism, the development of theory and strategy to wrest power from the hands of men is ignored. What will happen is that the women’s liberation movement will be transformed into a socially acceptable alternative to the Townswomen’s Guild under their noses, and then it will be too late.</p>
<p>Another problem is ‘Spare Rib’. The ethos of the Spare Rib Collective is, apparently, to eschew theory or indeed ‘radicalism’ since the paper is aimed at a wide spectrum of women and at encouraging women into the movement. Therefore Spare Rib becomes bland and platitudinous and anger and hate towards men – on which all energy of the movement was originally based – are completely left out.</p>
<h2>The Need for Theory</h2>
<p>My second reason for the need for revolutionary feminism is the lack of theory in the women’s liberation movement. There is enormous suspicion of theory as being a male invention and writing about the personal, lifestyles and sex-roles purports to be theory in itself. Meanwhile, socialist feminists produce theory which is an adaptation of Marxism, and indeed they are doing this with such prolific strength that they are seen to have fulfilled the gap which was the lack of theory and strategy for feminists. I do not accept they have. There used to be ‘radical feminists’ who produced theory of the reasons – historical, psychoanalytical, etc – for women’s oppression, and tried to suggest on the basis of their analysis what strategy women should adopt to end it. Perhaps they still exist, but they are not making themselves felt and seem to have gone into hibernation. It is exciting to read about radical feminism when entering the WLM but it is difficult to find any women who actually espouse and expound radical feminist theory.</p>
<p>In fact, the term ‘radical feminist’ is now used to cover such a broad spectrum of positions that I do not consider it a very useful term to describe a revolutionary feminist position. Revolutionary politics is about power. It involves the concept of power being the hands of a particular group in society and being used to exploit and control another group or groups. It involves the determination to wrest power from the ruling group and to end their domination. It requires the identification of the ruling group, its power base, its methods of control, its interests, its historical development, its weaknesses and the best methods to destroy its power.</p>
<p>We need theory so that we can work out what are constructive and potentially revolutionary demands for women. We need it so that we do not just lump together the spectrum of apparently feminist demands at present being made, as equally desirable. We need to know where to put our weight so as to expose and embarrass men’s interests and weaknesses, to force them to take a stand and reveal their colours. Such an issue could well be fatherhood, or total female control over childbirth.</p>
<h2>The Basis of Revolutionary Feminist Theory</h2>
<p>Becoming a revolutionary feminist does not require the abandonment of socialism. As a revolutionary feminist, I see in existence two class systems, one is the economic class system based on the relationship of people to production, the second is the sex-class system, based on the relationship of people to reproduction. As a woman, it is the second class system which oppresses me most and which dominates and pollutes my day to day existence, through my fear on the streets at night, the eyes, gestures and comments of males in every contact with them, etc. to be a socialist feminist, I would have to accept a unity of interests between myself and a group of men and to accept that my fear and humiliation come from capitalism and not men, and that I cannot do.</p>
<p>To construct revolutionary feminist theory, concentration on reproduction is crucial. It is in no way enough for revolutionary left groups to hold workshops on ‘sexuality’ or the ‘family’. They must talk about that frightening and difficult subject, ‘reproduction’. Economic class could be eliminated in the socialist society of the future. The son of an ICI director brought up on a Lambeth council estate would resemble anyone else brought up on that estate. Colour would be eliminated as a division by turning the world into a ‘great big melting pot’. But the differences between men and women cannot be eliminated. Women’s bodies are the factories in which children are produced and who controls these factories controls the reproduction of life and the future of the human race itself.</p>
<p>Patriarchy, the rule of men, has existed from as far back in human history as we have evidence for (before economic class society). It is based not only on the exploitation of women as a class, but upon the ownership and control of their reproductive powers. No matter how much we ‘socialise’ childcare and how much toilet cleaning men are constrained to do, reproduction will still be a female function. I was disturbed to hear, at a socialist feminist workshop, of the desirability of the socialisation of our bodies. For whose benefit? Men already control our bodies and could cheerfully do so in the future in the name of ‘socialisation’ of our bodies and the collective ownership of children.</p>
<p>The above ideas are a fraction of the debate around the idea of sex-class and are meant to promote discussion. If I have trodden on any toes, it is in the hope of provoking a response. It is my aim that a strongly political feminism can develop around revolutionary theory so that the WLM can remain a LIBERATION movement, I would also like to see a network of women develop who are interested in discussing these ideas because it can be very lonely and frustrating to be a revolutionary feminist even within the WLM.”</p>
<p style="text-align: right;">Sheila Jeffreys. 1977</p>
<p style="text-align: center;">____________</p>
<h1><span style="color: #000080;"><a href="https://rancom.wordpress.com/2012/05/06/gender-matters/" target="_blank"><span style="color: #000080;">Gender Matters </span></a>!</span></h1>
<p>“A frequent criticism of radical feminism is that it supports a biologically based “essential” division of the world into male and female. In particular this accusation is charged against radical feminists working in the area of violence against women who name men as a social group, as well as individual men where relevant, as oppressors of women.</p>
<p>The facts are that men brutally oppress women as radical feminists have empirically shown. But why do men do this? Can it be changed? Kathleen Barry has addressed these issues in her analysis of sexual slavery which we discussed earlier. She states that men do these things to women because “there is nothing to stop them” (1979, p. 254). Her analysis of the <em>values of patriarchy</em> and theories which supposedly account for male violence is too detailed to discuss here. The important point to stress is that radical feminism cannot be reduced to a simplistic biological determinist argument. That its critics often <em>do</em> thus reduce it is a political ploy which takes place in order to limit the effectiveness of its analysis. Women have good reasons for being frightened to name men as the enemy, particularly when they live in hetero-relationships: punishment is often meted out for exposing patriarchy and its mechanisms (see Sally Cline &amp; Dale Spender: 1987).</p>
<p>Christine Delphy argues that the concept of gender—that is the respective social positions of women and men—is a construction of patriarchal ideology and that <strong>“sex has become a pertinent fact, hence a perceived category, because of the existence of gender”</strong> (1984, p. 144). Therefore, she argues, the oppression creates gender, and in the end, <strong>gender creates anatomical sex</strong> (p. 144), “…in a sense that the hierarchical division of humanity into two transforms an anatomical difference (which is in itself devoid of social implications) into a relevant distinction for social practice”.</p>
<p>Radical Feminists are well aware of the dangers of basing analysis in biology. If men and women are represented as having “aggressive” and “nurturing” characteristics because of their biology, the situation will remain immutable and the continuation of male violence against women can be justified. But this is not to say that there are not differences between the sexes. This is patently so. These differences, however, do not need to be rooted in biology nor do they need to be equated with determinism. As the editors of Questions Feministes put it (1980, p. 14): “…we acknowledge a biological difference between men and women, but it does not in itself imply a relationship of oppression between the sexes. The struggle between the sexes is not the result of biology”.</p>
<p>Men are the powerful group. But men need women, for sexual and emotional labour, for domestic labour, for admiration, for love, and for a justification of the existing power imbalance (see Cline and Spender: 1987). In order to maintain the more powerful position and so feed on their need of women without being consumed by it, men as a powerful group institutionalise their position of power. This involves the need to structure institutions to maintain that power, the development of an ideology to justify it, and the use of force and violence to impose it when resistance emerges (see also Rowland: 1988).</p>
<p>It is possible that differences between women and men arise out of a biological base but in a different way to that proposed by a reductivist determinism. The fact that women belong to the <strong>social </strong>group which has the capacity for procreation and mothering, and the fact that men belong to the <strong>social </strong>group which has the capacity to, and does carry out, acts of rape and violence against women, must intrude into the consciousness of being female and male. But this analysis allows for change in the sense that men themselves could change that consciousness and therefore their actions. It also allows women to recognise that we can and must develop our own theories and practices and need not accept male domination as unchangeable.</p>
<p>Existing differences between women and men may have been generated out of the different worlds we inhabit as social groups, including our experience of power and powerlessness. Again this is not to say that these differences are immutable. The history of women’s resistance is evidence of resistance to deterministic thinking, as is the history of the betrayal of patriarchy by some men who support feminism.”</p>
<p><em>-Klein, Renate; Bell, Diane (1996-05-01). Radically Speaking: Feminism Reclaimed p.33-34</em></p>
<p>“One of the most common misreadings of radical feminist thinking is that it is essentialist; that it locates the source of women’s subordination in female biology and/or male biology. For example, although they state that not all radical feminists accept “biological theories”, british sociologists Pamela Abbot and Claire Wallace nonetheless feed this caricature of radical feminism as biologically determinist when they claim in their introduction to feminist perspectives in sociology that:</p>
<blockquote><p>Women’s oppression is seen as rooted in women’s biological capacity for motherhood or in the innate, biologically determined aggression of the male, as manifested in rape (1990, p. 12)</p></blockquote>
<p>The supposed essentialism of radical feminist perspectives can be seen, in part, as the outcome of a tendency, which in some cases would seem to be deliberate, to reduce the diverse strands of radical feminst thought to a relatively few sources. For instance, Shulamith Firestone’s <em>The Dialectic of Sex</em>, first published in 1970, is still frequently cited twenty-five years later as if it were representative of what is termed the radical feminist “position”. Although issues of sexuality and reproduction remain central to radical feminist theorizing in the nineties, <strong>few radical feminists nowadays would agree with Firestone’s view that gender divisions are the outcome of natural biological differences between the sexes.”</strong></p>
<p><em>-Diane Richardson, in Radically Speaking: Feminism Reclaimed p.143-44 Klein, Renate; Bell, Diane (1996-05-01).</em></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://books.google.fr/books?id=K22CrjaKYsYC&amp;printsec=frontcover&amp;hl=fr&amp;source=gbs_vpt_buy#v=onepage&amp;q&amp;f=false" target="_blank"><img class="aligncenter size-full wp-image-2226" title="Radically Speaking : Feminism Reclaimed ! co-authors : MacKinnon, Barry, Dworkin, Bell, Klein, " src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/Radically-Speaking0.png" alt="" width="361" height="500" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
</div>
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		<title>Postmodernism : lies &amp; death of our movement</title>
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		<pubDate>Sat, 19 May 2012 02:28:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>binKa</dc:creator>
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		<description><![CDATA[__________ The ‘Pomo’ Backlash: Looking at Feminism in the Aftermath of Postmodernism (Part 1) Guest post by Maggie H. Poststructuralism, also referred to as postmodernism (1), has been majorly influential on recent feminist theory, especially within the context of Academia. &#8230; <a href="http://www.feministes-radicales.org/2012/05/19/postmodernism-lies-death-of-our-movement/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #000000;"><span style="color: #000080;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2293" title="" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/radfemfightback1.jpg" alt="" width="470" height="648" /></span></span></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="color: #000000;"><span style="color: #000080;">__________</span></span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #000000;"><span style="color: #000080;"><a href="http://radicalhub.com/2012/03/08/the-pomo-backlash-looking-at-feminism-in-the-aftermath-of-postmodernism-part-1/" target="_blank"><span style="color: #000080;">The ‘Pomo’ Backlash: Looking at Feminism in the Aftermath of Postmodernism</span></a></span> (Part 1)</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Guest post by Maggie H.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Poststructuralism, also referred to as postmodernism <span style="font-family: Times New Roman;"><strong>(1)</strong>, has been majorly influential on recent feminist theory, especially within the context of Academia. This is an analysis and a critical assessment of postmodern ‘feminism’ from my own radical lesbian feminist standpoint. I will first highlight some key issues coming from the Women’s Liberation Movement of the 1970’s (i.e. background on feminism, as it looked like before postmodernism). I will then look at the academic feminist theoretical postmodernist turn of recent years, and later point out to Queer culture as an offshoot of postmodernism. I will also explain why postmodernism is seriously antithetical to the goal to eradicate the oppression of women, and conclude with hope for resistance. This essay is also the result of a research into postmodern feminism that I had been doing for University. Here, I analyse some postmodern ‘feminist’ works.</span></p>
<p style="text-align: justify;">The 1970’s Women’s Liberation Movement grew out of grassroots female-only organising against patriarchal oppression, feminist consciousness-raising groups, other inspiring liberation movements and the struggle against the male-identified sexual revolution of the 1960’s ( as explained in D. Bell and R. Klein eds., <span style="color: #000000;"><em><span style="font-family: Times New Roman;">Radically Speaking: Feminism Reclaimed</span></em>, 1996; and in A. Dworkin, </span><span style="color: #000000;"><em><span style="font-family: Times New Roman;">Right-Wing Women</span></em>, 1983). The women’s movement was built upon gathering many women’s accounts of their experiences of the reality of male domination (see C. MacKinnon, </span><span style="color: #000000;"><em><span style="font-family: Times New Roman;">Are Women Human? And Other International Dialogues</span></em>, 2006).</span></p>
<p style="text-align: justify;">Consequently, a political radical feminist analysis emerged –identifying women as a sex class, oppressed because of their sex in a patriarchal society (see A. Koedt, E. Levine and A. Rapone eds., <span style="color: #000000;"><em><span style="font-family: Times New Roman;">Radical Feminism</span></em>; 1973). This theory was predicated upon real, experienced issues that were affecting women’s lives. As one of the manifestos of that time declared:</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">“<em>Women are an oppressed class. Our oppression is total, affecting every facet of our lives. We are exploited as sex objects, breeders, domestic servants, and cheap labor. We are considered inferior beings whose only purpose is to enhance men’s lives. Our humanity is denied. Our prescribed behavior is enforced by the threat of physical violence.”</em> (<span style="color: #000000;"><em><span style="font-family: Times New Roman;">Redstockings Manifesto</span></em>, in R. Morgan ed., </span><span style="color: #000000;"><em><span style="font-family: Times New Roman;">Sisterhood is Powerful</span></em>; 1970: p. 533)</span></p>
<p style="text-align: justify;">A sex class system was thus recognised (see K. Millett, <span style="color: #000000;"><em><span style="font-family: Times New Roman;">Sexual Politics</span></em>; 1970), and the primary goal of Women’s Liberation Movement was for all women (across race, class, ethnicity, etc) to unite together in political sisterhood and work towards the eradication of this system (Koedt </span><span style="color: #000000;"><em><span style="font-family: Times New Roman;">et al</span></em>, 1973; Morgan, 1970).</span></p>
<p style="text-align: justify;">A central emphasis of Second-Wave Feminism (which is still very much present in radical feminist politics today) was placed upon the <span style="color: #000000;"><em><span style="font-family: Times New Roman;">liberation</span></em> of women from patriarchal oppression, rather than ‘equality’ (Greer, The Whole Woman; 2000; Koedt </span><span style="color: #000000;"><em><span style="font-family: Times New Roman;">et al</span></em>, 1973; Morgan, 1970). Radical feminism sees liberation as being the ultimate goal for all women. We argue that what is most politically important is to liberate all women from all different sites of oppression and shapes that patriarchy takes. Various sites of male oppression of women include, for instance (though not limited to), traditional </span><span style="color: #000080;"><span style="font-family: Times New Roman;"><a href="http://www.marxists.org/subject/women/authors/millett-kate/theory.htm" target="_blank"><span style="color: #000080;">sex/gender roles</span></a></span>, <a href="http://www.terry.uga.edu/~dawndba/4500compulsoryhet.htm" target="_blank"><span style="color: #000080; font-family: Times New Roman;">compulsory heterosexuality</span></a>, culturally enforced <a href="http://www.feminist-reprise.org/docs/jeffreys.htm" target="_blank"><span style="color: #000080; font-family: Times New Roman;">‘feminine’ beauty practices</span></a>, the <a href="http://gaildines.com/pornland/pornland-about-the-book/" target="_blank"><span style="color: #000080; font-family: Times New Roman;">pornography </span></a></span>and <span style="color: #000080;"><a href="http://www.prostitutionresearch.com/"><span style="color: #000080; font-family: Times New Roman;">prostitution</span></a></span> industries, and <span style="color: #000080;"><a href="http://www.readinglists.manchester.ac.uk/items/64BD182D-D47A-38BC-BE26-97F79CB11704.html" target="_blank"><span style="color: #000080; font-family: Times New Roman;">reproductive technologies</span></a>.</span></p>
<p style="text-align: justify;">In the 1980’s-1990’s, there came a well-documented backlash against radical feminism, the Women’s Liberation Movement and against a strongly women-centred Women’s Studies in the Academia. Academic feminist theory increasingly distanced itself from politics and became more deconstructionist (as explained in Bell and Klein eds., 1996), and postmodernism gradually took over academic feminism (source: Marysia Zalewski, <span style="color: #000000;"><em><span style="font-family: Times New Roman;">Feminism After Postmodernism</span></em>; 2000).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2226" title="Radically Speaking : Feminism Reclaimed ! co-authors : MacKinnon, Barry, Dworkin, Bell, Klein, " src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/Radically-Speaking0.png" alt="" width="361" height="500" /></span></p>
<p style="text-align: justify;">In Bell &amp; Klein eds’ <span style="color: #000080;"><a href="http://www.amazon.com/Radically-Speaking-Diane-Bell/dp/1875559388/ref=sr_1_1?s=books&amp;ie=UTF8&amp;qid=1330896986&amp;sr=1-1"><span style="color: #000080;"><em><span style="font-family: Times New Roman;">Radically </span></em></span></a><a href="http://www.amazon.com/Radically-Speaking-Diane-Bell/dp/1875559388/ref=sr_1_1?s=books&amp;ie=UTF8&amp;qid=1330896986&amp;sr=1-1"><span style="color: #000080;"><em><span style="font-family: Times New Roman;">Speaking</span></em></span></a>,</span> Kristin Waters explained that feminism provides theoretical and analytical tool for gender-based analyses for many academic fields, but postmodernism started co-opting feminism. A plethora of predominantly male writers (such as Foucault, Derrida, Freud, Nietzche, Lacan or Lyotard, etc) colonised the bibliographies of the earliest postmodern ‘feminist’ writers, suggesting that this new type of supposedly smarter and more intellectual kind of feminism was principally influenced by male institutions and scholarship –as further explained by Renate Klein and Joan Hoff in the same (<em><span style="font-family: Times New Roman;">Radically Speaking</span></em>) book.</p>
<p style="text-align: justify;">In the process of what Hoff called the ‘phallic drift’ that poststructuralism is, intellectual academic women <span style="color: #000000;"><em><span style="font-family: Times New Roman;">unintentionally</span></em> forgot to form great communication with other women. Post-structuralism also emerged at a crucial moment in women’s herstory, just as second-wave feminists were being able to communicate with women across classes, races, etc and trying to create a newly unifying language. Waters agrees that postmodernism appeared as oppressed people were “gaining a voice and political momentum” (p. 285). Then, a newer generation of academic women came along. They revered male philosophical thinkers and were claiming that they could use male-centred theories to transform women’s history.</span></p>
<p style="text-align: justify;">In her boundary article ‘Feminism and the Politics of Postmodernism’ (1992). Linda Nicholson (a postmodern feminist) names the work of several male thinkers at the start of her article, but she is a philosopher and her background is unlikely to be previous feminist movements. In <span style="color: #000000;"><em><span style="font-family: Times New Roman;">The Lesbian Heresy</span></em> (1993), Sheila Jeffreys remarked that postmodernist writers like e.g. Diana Fuss tend to analyse things like gender and sexuality in Foucaultian terms, and male authorities may shape those theorists’ worldviews. Fuss had included nineteen works by Derrida in her bibliography, and her starting point was not 1970’s feminism.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;">In her book <em><span style="font-family: Times New Roman;">Unbearable Weight: Feminism, Western Culture and the Body</span></em> (2003), Susan Bordo suggests that “Developing… [postmodern] discourse requires reconstructing the feminist paradigm of the… 1970’s, with its political categories of oppressors and oppressed… a feminist appropriation of some Foucault’s later concept can prove useful.” (p. 167). She wants feminists to listen to men and appropriate their works, thereby implying men supposedly ‘know better’ than those feminists of the 1970’s. Suggesting that men know better than women about female experience is so reminiscent of some old-fashioned misogynistic ideology. Furthermore, why would women, including lesbian and feminists, use the work of a gay man who barely noticed women in his theory and whose insights on the social construction of sexuality were preceded by lesbian feminists’? (see Jeffreys, 1993)</span></p>
<p style="text-align: justify;">Elisabeth Grosz, in <span style="color: #000000;"><em><span style="font-family: Times New Roman;">Space, Time and Perversion: Essays on the Politics of Bodies</span></em> (1995), admitted that there was apparently an intellectual constraint on developing a women-centred theory in the academia, and reluctantly suggested that male-supremacist models of theorising were preferred for academic acceptance (as Klein,1996, also pointed out).</span></p>
<p style="text-align: justify;">As Canadian radical feminist Somer Brodribb was analysing the works of prominent postmodern male academic thinkers, she courageously declared:</p>
<p style="text-align: justify;">“The rule is that only man may appear as woman… This is his narcissistic solution to his problem of the Other. But… to create her in his image, he must be able to take her image, educating her to sameness and deference… And I have to make arguments that sound extravagant to my ears, that women exist, that women are sensible… And… to speak against masculine culture is so uncultured.” (in <span style="color: #000000;"><em><span style="font-family: Times New Roman;">Nothing Mat(t)ers: A Feminist Critique of Postmodernism</span></em>, 1992; pp. xvi-xviii)</span></p>
<p style="text-align: justify;">With its obsession with deconstruction, postmodernism presents no threat to structures of male dominance. After radical feminist theory arose from grassroots accounts of male violence against women, experiences of violations of bodily integrity, etc and a commitment for women to unite against patriarchy, postmodernism has been working on undoing our theory. It opposes ‘metanarratives’, rejects a universalised ‘women’ category (e.g. Judith Butler, <span style="color: #000000;"><em><span style="font-family: Times New Roman;">Gender Trouble</span></em>; 1990), and tries to undermine the sex-based class analysis of the Women’s Liberation Movement. However, there must be a concrete political subject to speak for in feminist politics as women are defined in the context of their sex within society.</span></p>
<p style="text-align: justify;">Oppressed groups need a basis for political action in order to defend themselves. Women need to be visible if we are to further our interests. We have historically been invisiblised. Even bell hooks (in <span style="color: #000000;"><em><span style="font-family: Times New Roman;">Yearning, Race, Gender and Cultural Politics</span></em>; 1990, p. 24) argues for postmodernism to recognise the existence and involvement of women of colour in theory-writing and art production.</span></p>
<p style="text-align: justify;">To radical feminists, women must work together towards the elimination of all social divisions amongst women, not by rhetorics of intersectionality (e.g. like in Lena Gunnarsson’s journal article, ‘A Defence of the Category Women;’ 2011). Rhetorics of intersectionality do not recognise sexism as underlying all forms of oppression. Contrary to popular myths, radical feminism has always included writings from women of colour (and sometimes non-Western women) in its anthologies (e.g. Bell and Klein, 1996; Koedt <span style="color: #000000;"><em><span style="font-family: Times New Roman;">et al</span></em>, 1973; Morgan, 1970). When feminists sincerely identify patriarchy as the main enemy, they will not be tempted to support detestable hierarchies among women (as explained by Denise Thompson in </span><span style="color: #000000;"><em><span style="font-family: Times New Roman;">Radically Speaking</span></em>). I thus disagree with Linda Nicholson (1992) when she suggests that opposing ‘totalizing perspectives’ (p. 59) can be a politically useful. What about a unifying analysis of male violence against women, for instance?</span></p>
<p style="text-align: justify;">Katja Mikhailovich (in <span style="color: #000000;"><em><span style="font-family: Times New Roman;">Radically Speaking</span></em>, 1996), a PhD student who was working in a rape crisis centre, tried to find a new political contribution to dealing with violence against women in studying postmodern feminist works. She could find none to share with her colleagues in women’s services. She described the postmodern fragmentation of women into differences and deconstructional analyses as unable to provide a framework for examining gender-based violence or validating women’s experience of it. Deconstruction of truth about women’s embodied experience of violence is precisely what happens in courts of law, where many victims get blamed and shamed.</span></p>
<p style="text-align: justify;">Postmodernism, as established by Foucault and Derrida, rejects the notion of universal truth, objects totalitarian concepts of truth and sees oppression in terms of multiplicity. I see this as a mechanism by some academic elites for preventing a positioning of sex-class consciousness amongst women. Mikhailovich (1996) agrees that there are many differences between women, but she rightfully says that difference is simply a part of various life experiences and that should not stop it from being used as a way of connecting and uniting for women.</p>
<p style="text-align: justify;">Waters (1996) explains that radical feminists have a rather pragmatic approach to identity politics. All women are recognised as oppressed on the basis of sex and encouraged to unite against this, but there are also male-created differences between women (e.g. race, class, education, etc) that are very real (Koedt <span style="color: #000000;"><em><span style="font-family: Times New Roman;">et al</span></em>, 1973, p. 309).</span></p>
<p style="text-align: justify;">There are some exceptions to rejection of the category ‘women’ by feminist academics. Some encourage at least a moderate use of the category ‘women’. For instance, Gunnarson (2011) at least admits that:</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><em>“… there was something quite disadvantageous about all women’s lives and that this something had to do with their being women. […] Thus, stating that women share a common position as women is not the same as maintaining that women are the same.” (pp. 32, 33)</em></p>
<p style="text-align: justify;">Nonetheless, Gunnarson (2011) still maintains the use of what she calls ‘strategic essentialism’ (p. 30), leaving the existence of women as a sex class divided and questioned. Clearly, there are many forms of oppression in a capitalist, patriarchal society; however, postmodernism claims relativism. Postmodern feminism tells us “it is not quite like that”; that women’s reality is multiple, that things can happen by chance, that there are different points of view (Gunnarsson, 2011), that oppression is “semiotic” (Brodribb, 1992), and so on. Postmodern theorists write to confuse readers into not perceiving their own material oppression.</p>
<p style="text-align: justify;">Radical feminists engage in materialist critiques, denouncing existing oppressions –to be perceived and abolished. We are women who talk about real, material oppressions of women (e.g. Mary Daly, <span style="color: #000000;"><em><span style="font-family: Times New Roman;">Gyn/Ecology</span></em>, 1979). Postmodern ‘feminist’ authors ignore such concepts, stating that history is discourse, and interpersonal relations are ‘performance’ (as in Butler, 1990). </span></p>
<p style="text-align: justify;">The postmodern project contributes to the erasure of the female biology (as written about by Charlene Spretnak, in <span style="color: #000000;"><em><span style="font-family: Times New Roman;">States of Grace: The Recovery of Meaning in the Postmodern Age</span></em>; 1991). At least postmodern feminist Jane Flax (in a </span><span style="color: #000000;"><em><span style="font-family: Times New Roman;">Signs</span></em> article, ‘Postmodernism and Gender Relations in Feminist Theory;’ 1987) still admitted “…there are anatomical differences between men and women” (p. 636). However, Judith Butler (in </span><span style="color: #000000;"><em><span style="font-family: Times New Roman;">Gender Trouble</span></em>, 1990) denied that there was such a thing as the female sex or biology, and claims that it is ‘essentialist’ to say so. Yet women’s bodies are a central target for patriarchal oppression (Rowland and Klein, 1996, in </span><span style="color: #000000;"><em><span style="font-family: Times New Roman;">Radically Speaking</span></em>). The atrocities done to women in the real world damage their bodily integrity.</span></p>
<p style="text-align: justify;">In her book <span style="color: #000000;"><em><span style="font-family: Times New Roman;">Of Woman Born</span></em> (1977), Adrienne Rich had warned that female biology tends to be denigrated and ignored by patriarchal thinking, as this is not something that can be experienced by men. Rich argued that female biology had to be reclaimed, outside of the realm of gender roles, and had to become viewed in a more positive light. Janice Raymond (in </span><span style="color: #000000;"><em><span style="font-family: Times New Roman;">A Passion for Friends</span></em>; 1986) had repeatedly denied that radical feminists are ‘biological determinists.’ Women are not ‘naturally’ nurturing, etc but there are certain reproductive capacities in the majority of female bodies (Daly, 1979), hence women are defined and oppressed as a sex class by our ability to bear children. Menstruation, pregnancies and lactations are a core reality to many women’s embodied experience (Spretnak, 1991). Yet within the realm of patriarchal postmodernist scholarship– these bodily phenomena –because they exist outside the male embodied experience, just disappear into ‘texts’. Women’s experience no longer matters.</span></p>
<p style="text-align: justify;">The fact that women’s bodies are being dehumanised through their interpretation as ‘texts’ (i.e. the pomo ‘body-as-text’ ideology) in postmodern feminist thinking shows that this theory is so far removed from the reality of women’s lives. According to Renate Klein (1996), postmodern feminism invisiblises and symbolically ‘dismembers’ women through theories of disconnection and dissociation.</p>
<p style="text-align: justify;">This is particularly visible in the work of the pro-prostitution postmodern writer. Shannon Bell (in <span style="color: #000000;"><em><span style="font-family: Times New Roman;">Reading, Writing, and Rewriting the Prostitute Body</span></em>; 1994) conceptualises the flesh-and-blood human female body as an object –‘referent’. The rewriting of the ‘prostitute body’ entails a positive framing of prostitution through discussing how prostituted women “inscribe their own bodies in diverse and contradictory ways…” (p. 4). The ‘prostitute body’ no longer has any inherent meaning. Prostitution is not seen as exploitation or sexual violence against women by johns and pimps here. Those forms of abuse do not inscribe themselves onto her body or experience. Instead, the prostituted woman is portrayed as ‘choosing’ to feel empowered by her role. Once again here, the subordination and abuse of women in prostitution becomes invisible.</span></p>
<p style="text-align: justify;">This is reminiscent of the fragmentation of prostituted women’s minds that Melissa Farley described (<span style="color: #000000;"><em><span style="font-family: Times New Roman;">Prostitution, Trafficking and Traumatic Stress</span></em>; 2003), after doing </span><a href="http://www.prostitutionresearch.com/pdf/Prostitutionin9Countries.pdf" target="_blank"><span style="font-family: Times New Roman;">a large-scale and cross-country research on prostituted women</span></a>. Farley explained that the abuse the majority of women experience in prostitution and pornography is so unbearable that prostituted women have to compartmentalise mentally, fragment their minds from their bodies to be able to survive the brutal commodification and violation of their flesh by the sex industry. Postmodernism, as a form of academic dissociation from reality with a ‘body as text’ analysis, feeds into similar mental fragmentation.</p>
<p style="text-align: justify;">In the name of postmodern writing, women’s bodies are reduced to ‘texts’, body parts and denied real humanity. This shows a split between academic feminism and political feminism. Even Marysia Zalewski (2000) could not come up with a concrete explanation of the postmodernist approach to reproductive technologies. By denying the reproductive capacity of women as a sex class, by denying that women’s bodies are real –physical flesh and blood (not ‘texts’) that can be harmed– postmodern feminists are unlikely to recognise reproductive technologies as invasive procedures and escalation of violence against women (as documented by Gena Corea, in 1988). Nor are they likely to recognise pornography as male hatred of women (as documented by Dines’ <span style="color: #000000;"><em><span style="font-family: Times New Roman;">Pornland</span></em>, 2010; Dworkin’s </span><span style="color: #000000;"><em><span style="font-family: Times New Roman;">Pornography: Men Possessing Women</span></em>, 1979; and Jeffreys’ </span><span style="color: #000000;"><em><span style="font-family: Times New Roman;">Industrial Vagina</span></em>, 2009) or feminine beauty practices as harmful, patriarchally institutionalised practices (Jeffreys, 2006). I seriously wonder how postmodern ‘feminists’ would conceptualise women’s experiences of female genital mutilation in the so-called ‘third world’?</span></p>
<p style="text-align: justify;">The constant postmodern prioritising of style over substance is another attempt to ‘feminise’ feminism, i.e. tame it with vague and obscure texts wrapped up in a seductive style, creating a diversion from the lack of concrete substance. When feminism becomes too femininely ‘polite’ to address real issues, and too ‘stylish’ to reach women who are outside of complex academic readership, it is unlikely that it will stir up women to passionate political anger and rebellion. Instead, what remains is a form of academic dissociation that attempts to irrationalise feminism. Let me examine central tenets of postmodern ‘feminism’. As Kristin Waters pointed out:</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">“<em><span style="color: #800000; font-family: Times New Roman;">In a post-modern world, theories become discourses, words become signifiers; both books and bodies become texts to be read, studied, and dissected, criticisms become deconstructions; and people and groups become fragmented selves, reason becomes desire, and substance becomes style.” </span></em>(Waters, in <span style="color: #000000;"><em><span style="font-family: Times New Roman;">Radically Speaking</span></em>, 1996, p. 285; italics in original)</span></p>
<p style="text-align: justify;">There is a rational goal in identifying common interests and shared experiences between women, but since postmodern ‘feminism’ favours desire over reason and denies there is such a thing as truth, its analyses stick to the sphere of the theoretical and never moves beyond this.</p>
<p style="text-align: justify;">[This is part one of a two part post. Part two will be appearing shortly.]</p>
<p style="text-align: justify;">____________</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Maggie H. is a lesbian feminist and a separatist. She frequently reads the Radical Hub, and has commented here before. She is a sociology student in the School of Social and Political Sciences at University in the UK. She has taken a temporary break from radical feminist blogging (during her studies), and plans to come back to the radfem blogosphere under a different screen-name after graduating.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Note:</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;">1. I use the term ‘postmodernism’ more frequently than ‘poststructuralism’ in this essay because, although some poststructuralists do not like being called ‘postmodern’, postmodernism is the broader term that encompasses both the postmodern arts &amp; culture and postmodern theory (or poststructuralism). Therefore, to me, poststructuralism basically is another name for postmodernism as a theory. According to Linda Nicholson (1992), ‘poststructuralism’ is more often used in the context of literary analyses while ‘postmodernism’ is preferred in the realm of social and philosophical theory.</p>
<p style="text-align: justify;">______________</p>
<h2 style="text-align: justify;"><span style="color: #000080;"><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/03/Nancy-Hartsock-Postmodernism-and-Political-Change-Issues-for-Feminist-Theory-Copie.pdf"><span style="color: #000080;">Nancy Hartsock Postmodernism and Political Change Issues for Feminist Theory</span></a></span></h2>
<h2 style="text-align: justify;"><span style="color: #000080;"><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/03/Catharine-MacKinnon-Points-Against-Postmodernism-Copie.pdf"><span style="color: #000080;">Catharine MacKinnon Points Against Postmodernism</span></a></span></h2>
<h2 style="text-align: justify;"><span style="color: #000080;"><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2010/11/Somer-Brodribb-Nothing-Matters.-A-Feminist-Critique-of-Postmodernism.pdf"><span style="color: #000080;">Somer Brodribb Nothing Matters. A Feminist Critique of Postmodernism</span></a> </span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Calibri;"> </span></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Postmodernism : lies &amp; death of our movement (2)</title>
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		<pubDate>Sat, 19 May 2012 00:52:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>binKa</dc:creator>
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		<description><![CDATA[The ‘Pomo’ Backlash: Looking at Feminism in the Aftermath of Postmodernism (Part 2) Guest post by Maggie H. There is an over-emphasis on discourse and domination of ‘language’ in postmodern feminist works; this frequently fails to address the central issue &#8230; <a href="http://www.feministes-radicales.org/2012/05/19/postmodernism-lies-death-of-our-movement-2/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.feministes-radicales.org/2012/03/29/leur-haine-n-a-rien-de-personnel-disent-ils/"><img class="aligncenter size-full wp-image-1132" title="D'après Magritte, La trahison de la réalité" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/03/Daprès-Magritte-La-trahison-de-la-réalité-e1333069637899.png" alt="" width="500" height="391" /></a></p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #000080; font-family: Times New Roman;"><a href="http://radicalhub.com/2012/03/18/the-pomo-backlash-looking-at-feminism-in-the-aftermath-of-postmodernism-part-2/" target="_blank"><span style="color: #000080;">The ‘Pomo’ Backlash: Looking at Feminism in the Aftermath of Postmodernism </span></a><span style="color: #333333;">(Part 2)</span></span></strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #000080; font-family: Times New Roman;"><span style="color: #333333;"><strong>Guest post by Maggie H.</strong></span></span></strong><strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333; font-family: Times New Roman;">There is an over-emphasis on discourse and domination of ‘language’ in postmodern feminist works; this frequently fails to address the central issue of structural male domination over women. There is validity in linking language with power. However, radical feminists have explained where the ‘master narrative’ lies; it is not in women’s accounts of their life experiences. The voices of the oppressed ought <em>not </em>to be deconstructed. It is men who have privilege and the power of naming in a patriarchy (Daly, 1979; Dworkin, 1979), and men like Foucault or Derrida are no exception.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333; font-family: Times New Roman;">Structural male dominance should adequately be addressed; but Jane Flax (in <em>Thinking Fragments</em>; 1990), for example, would rather use the terms ‘gender’ and ‘gender relations’ than male dominance. She makes the absurd claim that there is a need to find what gender relations ‘really are’, while gender continues to be constructed and enforced by a male-supremacist context. She remains obscure on the reality of sex hierarchy in a gendered society where men dominate women. There is notable reluctance, in Flax’s work, to seriously <em>name the agent</em> for women’s oppression, i.e. men.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333; font-family: Times New Roman;">Another postmodern feminist, Chris Weedon (<em>Feminist Practice and Poststructuralist Theory</em>; 1987) cannot distinguish radical feminists’ theoretical contrast between sex and gender when she accuses us of believing in a “true essential non-patriarchal femininity” rather than femaleness. Rich (1977) rejected essentialism when she explained that women are socialised to become nurturing. Radical feminists have always made a crucial distinction between femininity and actual biological femaleness, in other words gender vs. sex.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333; font-family: Times New Roman;">Weedon (1987) also remains undecided on where exactly power relations lie, and eschews naming male dominance and properly identifying whose interests are being served by the status quo. Nicholson (1992) repeatedly use the term ‘sexism’ rather than ‘misogyny’ –which would be more politically powerful. There is some self-policing of language in her work that can be observed in her cautious attitude to the terms ‘mothering’ and ‘reproduction’. The reader can feel that the postmodern ‘feminist’ much more concerned with avoiding ‘risk of essentialism’ <em>at all cost</em> and with intersections of race and class, rather than being concerned with women’s shared experience of patriarchal oppression. In Nicholson’s over-emphasis on language and “the epistemic is political” (p.69), any chance for genuine political feminist analysis gets lost.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333; font-family: Times New Roman;">Judith Butler’s (<em>Gender Trouble</em>, 1990) analysis of heterosexuality is far removed from Rich’s (‘Compulsory Heterosexuality and Lesbian Existence,’ 1980). Adrienne Rich identified heterosexuality as a patriarchal institution and a primary site for women’s oppression. Similarly to her, Jeffreys (1993) argues that a proper lesbian feminist analysis would constantly address male interests as being served and maintained by heterosexuality. It is therefore true that Butler is not being fair in purporting that:</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #333333; font-family: Times New Roman;">“<em>Lesbianism that defines itself in radical exclusion from heterosexuality deprives itself of the capacity to resignify the very heterosexual constructs by which it is partially and inevitably constituted</em>.”(<em>Gender Trouble</em>, 1990, p. 128; emphasis mine)</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333; font-family: Times New Roman;">In her focus on ‘gender as performance’, Butler also supports butch/femme roles as ‘transgressive’. In <em>Bodies that Matter</em> (1993), she drew on Lacan and Freud (male thinkers who had been explicitly criticised by modernist feminist) to argue that the phallus is ‘transferrable’ from a post-structural ‘body as text’ perspective. She then devoted thirty-four pages on the “lesbian phallus” and did not offer much hope for us lesbians when she claimed we need “the critical release of alternative imaginary schemas for constituting site of erotogenic pleasure” (Butler, 1993, p. 91).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333; font-family: Times New Roman;">Surely there is a better alternative to Butler’s phallic recommendations for lesbians; but she cannot envision it since her goal is rather to promote alternatives to traditional ‘rigid’ gendered norms rather than eradicating gender altogether. Butch/femme roles offer nothing revolutionary and what Butler seems to recommend looks very much like a mere ‘copying and pasting’ heterosexual gender norms onto lesbianism. One of the most powerful critics of Judith Butler, Sheila Jeffreys (<em>The Lesbian Heresy</em>, 1993; and <em>Unpacking Queer Politics</em>, 2003) described butch/femme roles as oppressively gendered and suggested that there is a genuine form of lesbian sexuality that exists independently from phallocentric and heteronormative / heteropatriarchal influences –despite a patriarchal gendered culture that continually attempts to chip away at it.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333; font-family: Times New Roman;">Jeffreys (1993) explained that Butler’s (1990) concept of gender as being socially constructed is not a new one within feminism, as it was crucial to earlier feminist understandings of patriarchal oppression of women. Gender is a social construct that benefits men, and helps them preserve structural power over women. It perpetuates culturally and patriarchally enforced oppressive ‘feminine’ conventions on women. I read <em>Gender Trouble </em>and saw no reference in it to the gendered beauty practices affecting women’s bodies and everyday realities (see e.g. Jeffreys, 2006).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333; font-family: Times New Roman;">In Susan Bordo’s (2003) attempt to supposedly change women’s realities through text, she chooses to overcome her reason with desires and playful styles, showing how “conditions that are objectively… constraining, enslaving, and even murderous, come to be experienced as liberating, transforming, and life-giving.” (p. 168) In a magic intellectual <em>tour de force</em>, experiences of eating disorders come to be expressed as ‘empowering’. The irrational doublethink and over-emphasis on texts and meaning is rather troubling here. Postmodernism wants women’s desire to trump their reason.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman;">Women, including women of colour, have historically been perceived by those in power as ‘creatures lacking reason’, and postmodern feminism’s abandonment of reason in favour of desire, as Waters (1996) pointed out, may well throw women squarely back in a reification of misogynistic Freudian analysis. Feminist theory that allows desire to substitute reason –and objects to concrete, rational thinking– becomes incoherent. Men and male-identified women have historically been using doublethink and language that distances itself from women’s oppression to belittle or minimise facts about women’s lives around the world (Daly, 1979).</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman;">Bordo (2003) appears to be trying to change women’s world through ‘text’, while ignoring the material reality of eating disorders. According to her, female bodies can “now speak of their necessity in their slender spare shape and the currently fashionable men’s-wear look.” (p. 171) The anorectic teenage girl can now use her body to show the ‘strength’ and ‘self-control’. She can empower herself with an ‘androgynous’ slender look that can ‘subvert’ internal contradictions of gender. I remain sceptical that this gender analysis can possibly help change the reality of eating disorders.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333; font-family: Times New Roman;">Earlier feminist theories of gender as socially constructed (and separate from biological sex), argued it had to be transcended for women to be free (e.g. Ann Oakley, <em>Sex, Gender and Society</em>; 1972). The new postmodern ‘feminist’ understanding of gender is quite different. Now, the biological sex disappears as being itself ‘socially constructed’ <strong>(2)</strong> and gender has to be ‘explored’ in all its ‘multiplicity’ (Jeffreys, 2003).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman;">Jeffreys (1993; 2006) explained that Butler’s idea that gender is simply a ‘performance’ is completely removed from the context of women’s oppression (Jeffreys, 1993). Gender was constructed as a way for men to maintain power over women. Painful and time-consuming gendered beauty practices affect women’s bodies and realities (Jeffreys, 2006).</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333; font-family: Times New Roman;">Butler’s (1990) gender protection racket lies in implications that gender ‘performances’ which switch gender roles are ‘subversive’ within a supposedly ‘right’ context. Butler’s suggestion that ‘performing’ gender in ways that swap some gender roles for others can be ‘subversive’ in certain contexts shows that she wants to preserve gender rather than getting rid of it. Butler’s vision is short-sighted and offers no real feminist solution to gender. The ‘rigidity’ of gender is not the problem. Butler’s ‘gender-as-performance’ ideology led to a conceptualisation of gender as ‘multiple’ by later queer theorists who purported the existence of many ‘genders’ (Jeffreys, 2003; Wilkinson and Kitzinger, in <em>Radically Speaking</em>, 1996). Bordo (2003) abandons a second-wave analysis of gender to be able to discuss a way to ‘subvert’ traditional norms of femininity simply with alternative ones. Such approaches separate gender from its material foundation in the oppression of women.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman;">Rather than politically attempting to create numerous ways of ‘performing’ femininity and masculinity, radical feminists want gender and its socialisation to be discarded altogether. If gender were to be reconceptualised in terms of conforming to male dominance and female subordination, a better analysis of it would emerge. There are merely various ways in which feminine and masculine behaviours can play out (and these are not always expressed by the usual female or male actors), but only two genders exist. Gender roles are learned and should be eliminated –not just switched or played.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Times New Roman;">Butler’s perception of drag and unconventional gender role-playing as ‘subversive’ indicate no revolutionary strategy, no matter how many times she argues that such a ‘performance’ (because not acted out by an usual actor according to societal gendered expectations) would apparently reveal the fact that there is no core to gender. Male supremacy is perpetuated not just because people are unaware of the social construction of gender. It is maintained because men benefit from structural power over women (Jeffreys, 1993).</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333; font-family: Times New Roman;">There is no way men would relinquish the sexual, economic, etc that patriarchy confers them once they see men wearing feminine clothes. Similarly, women’s oppression goes beyond having to wear makeup and noticing that drag queens or kings exist is unlikely to help women overcome their socially subordinate status. Moreover, modernist feminist theorists have criticised drag and cross-dressing as merely swapping a gender role for another and stereotypically caricaturing women (e.g. Janice Raymond’s 1994 edition of <em>The Transsexual Empire</em>).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333; font-family: Times New Roman;">Postmodernism and Butlerian ‘gender-as-performance’ ideology unfortunately spawned what Sue Wilkinson and Celia Kitzinger (in <em>Radically Speaking</em>, 1996) called the ‘queer backlash’ against feminism in contemporary culture. Queer culture (and the LGBTQWTF movement) is beyond caring about the sex a person was assigned at birth (either male or female). The only preoccupations of this ‘multiple genders’ Queer culture is the ‘performance’ of various Butlerian ‘subversions’, parodies, gender-bending or mimicries that a purported diversity gender gives them. In Queer culture, celebrities like Madonna or Lady gaga are perceived as ‘undermining’ the supposed rigidity of gender through the display of exaggerated femininity. Performers employ exaggerated use of high heels, makeup and submissive conduct as a form of ‘empowerment’ that is expected by Queer admirers to show casual observers the apparent reality of gender as a ‘performance’ and support Butler’s assertions from <em>Gender Trouble</em> (1990).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333; font-family: Times New Roman;">Among people who laud Queer theory and cultural practice, as well as Butlerian concepts, Cherry Smyth (<em>Lesbians Talk: Queer Notions</em>; 1992) claimed that Madonna is “…one of the most famous example of queer transgression” (p. 44). Whereas 1960’s-1970’s generation of women viewed patriarchally enforced feminine beauty practices like makeup or leg-shaving as agonizing and time-consuming after earlier feminist analyses of gender emerged, younger women now delusion themselves with perceptions of Queer femininity as ‘transgressive’. At the same time, the socially constructed institution of gender, which maintains structural male domination over women, remains unchallenged (Jeffreys, 1993). There is no doubt that ‘alternatives’ of femininity have been made available to women. However, gender gets reinforced by Queer culture, and it has no interest in promoting an authentic liberation for women from the institutionalised patriarchal bondage of feminine roles.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Times New Roman;">On a </span><span style="color: #000080; font-family: Times New Roman;"><a href="http://bullybloggers.wordpress.com/2010/03/17/you-cannot-gaga-gaga-by-jack-halberstam/" target="_blank"><span style="color: #000080;">Bully Bloggers’ (2010) post</span></a></span><span style="color: #000000; font-family: Times New Roman;"><span style="color: #000080;">,</span> Jack Halberstam says that Lady Gaga’s sister’s ‘prison yard kiss’ with a female body artist apparently “…reminds the viewer that this is a queer sisterhood, a strange sisterhood and one which is not afraid to flirt with some heavy-duty butch-femme, S/M dynamics.” This is a very bizarre type of patriarchally twisted ‘sisterhood’ being shown here –and it is being displayed on an Internet page that contains ‘softcore’ pornographic portrayals of women as sex objects. Freedom for women has to start with a </span><span style="color: #000080; font-family: Times New Roman;"><a href="http://www.nostatusquo.com/ACLU/dworkin/OurBloodIII.html" target="_blank"><span style="color: #000080;">personal and political rejection of masochism</span></a></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #000080;">,</span> and of bondage and sadomasochism (Jeffreys, 1993). Furthermore, as I mentioned earlier, the butch/femme roles that Butler frequently defended in her works (1990; 1993) are a replica of heterosexual gendered norms. Those roles do nothing to destabilize gender; they only perpetuate it.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;"><span style="font-family: Times New Roman;">Wilkinson and Kitzinger (1996) see Queer theory and practice as gay male-centred primarily concerned with the needs of gay males (and transgendered “male-to-female” individuals) rather than lesbians’. Despite its supposed ‘transgression’, Queer theory is deeply conservative. Gender roles are not discarded; they are merely swapped and ‘played around’ with. Queer politics view transgenderism as ‘progressive’. The vast majority of women-only spaces have now been invaded by people who were assigned male at birth (and thus </span><span style="color: #000080; font-family: Times New Roman;"><a href="http://factcheckme.wordpress.com/2011/02/12/decoding-faabmaab/" target="_blank"><span style="color: #000080;">do not share the same life experience as those who were oppressed as female since birth</span></a></span><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #000080;">).</span> This undermined the potential of feminist consciousness-raising spaces for feminists and women (Jeffreys, 2003). Radical feminists have long denounced the medical establishment for institutionalising and reinforcing gender conformity through the promotion of transsexual surgery, or transgenderism, which merely swaps one gender role for the other (Raymond, <em>Transsexual Empire</em>, 1979/1994a).</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman;">In the aftermath of postmodernism and Queer theory, gender (which feminists have long sought to eradicate) could well become enshrined in law. The conservative role of queer politics clearly shows itself in the politics of US organisation called GenderPAC, which attempt to legally protect gender roles and identities (Jeffreys, 2003).</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman;">Postmodernism (or poststructuralism) along with its offshoot, Queer politics, are antithetical to the liberation of women from male oppression, and there is no adequate feminist goal to be gained in seeking ‘equality’ politics, as Greer (2000) has shown. In her book on feminism after postmodernism, Zalewski (2000) presented a mostly neutral standpoint on postmodernism when comparing it to radical feminism, arguing that there can be qualities in both –that while radical feminism presents interesting perspectives on women’s bodily realities, postmodernism apparently presents some intellectual ‘qualities’ in the academia. I disagree. Postmodernism is a product of male-institutionalised scholarship that does nothing to help women as a sex class.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333; font-family: Times New Roman;">The academia, with its purported open-mindedness to feminist theory, would have been a good point of departure for feminist consciousness-raising and action, but what happened instead is deeply heartbreaking and disappointing. Mary Daly (in <em>Quintessence</em>, 1998) warned that there had been an unfortunate ‘taming’ of feminist genius in academia. This has partly encouraged radical feminists to choose alternative networks of communication to reach all kinds of women, e.g. online resistance has been a powerful way to bypass academia (like the creation of this RadFem Hub here, for instance). As Carol Anne Douglas said regarding academic ‘feminism’:</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Times New Roman;">“Foucault is “high” theory… Apparently, the works of …Rich, …Daly, …Lorde, …Dworkin, and virtually everybody else who has ever moved women are “low theory”… If that’s the case, then you take the high road, baby, and I’ll take the low road, and I’ll be in Scotland, Peoria, Bangladesh, or any actual place before you.” (Douglas, ‘I’ll Take the Low Road: A Look at Contemporary Feminist Theory’, in <em>Off Our Backs</em>, XXIII (2), 16-17p. 16).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333; font-family: Times New Roman;">Wild Women<strong>(3) </strong>will not care whether or not genuine feminist truth-telling pleases men or not. They will tell it as it is, without obfuscating it within complex academic language. Hopefully, the importance of the ‘women-as-a-sex-class’ analysis will soon re-emerge in the next wave of feminism.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman;">———————</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman;"><em>Maggie H. is a lesbian feminist and a separatist. She frequently reads the Radical Hub, and has commented here before. She is a sociology student in the School of Social and Political Sciences at University in the UK. She has taken a temporary break from radical feminist blogging (during her studies), and plans to come back to the radfem blogosphere under a different screen-name after graduating.</em></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Notes:</span></strong></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Times New Roman;">2. I understand that intersexed people exist, and they should not be forced to fit in a category if they do not want to. However, there is a certain reality commonly shared from birth onwards for people who were assigned female at birth (FAAB, see </span><a href="http://factcheckme.wordpress.com/2011/02/12/decoding-faabmaab/"><span style="color: #0000ff; font-family: Times New Roman;">Femonade, 2011</span></a><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="color: #000000;">), including some intersexed people who were assigned as such. Moreover, Martha Nussbaum (in ‘The Professor of Parody,’ </span><em><span style="color: #000000;">New Republic</span></em><span style="color: #000000;">; 1999) noted that “[c]ulture can shape and reshape some aspects of our bodily existence but it does not shape all aspects of it… This is an important fact… for feminism, since women’s nutritional needs (and their special needs when pregnant or lactating) are an important feminist topic.” (p. 42)</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Times New Roman;">3. Mary Daly (1998) used the term Wild Women to describe any female who have not been domesticated by patriarchal ideologies, or who are at least eager to break away from them –unlike Dworkin’s (1983) right-wing women, for instance, who attempted to make compromises with patriarchy</span></span></p>
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		<title>Forcer le siège ou continuer à mourir</title>
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		<pubDate>Fri, 18 May 2012 01:59:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>binKa</dc:creator>
				<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[utopie]]></category>

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		<description><![CDATA[Il s’agit de forcer le siège… ou de lentement, continuellement, mourir. Premier texte du QF n°1. Ce projet est né du constat que le nouveau féminisme ne dispose pas d’un lieu de débat théorique, alors qu’il en ressent plus que &#8230; <a href="http://www.feministes-radicales.org/2012/05/18/forcer-le-siege-ou-continuer-a-mourir/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h1 style="text-align: justify;">Il s’agit de forcer le siège… ou de lentement, continuellement, mourir.</h1>
<p style="text-align: center;"><a href="http://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2011/11/17/questions-feministes-une-revue-theorique-feministe-radicale/" target="_blank"><img class="aligncenter  wp-image-2017" title="QF" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/QF1.png" alt="" width="1110" height="801" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Premier texte du QF n°1.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>Ce projet est né du constat que le nouveau féminisme ne dispose pas d’un lieu de débat théorique, alors qu’il en ressent plus que jamais la nécessité. La presse féministe est dans ce pays pratiquement inexistante, et c’est non seulement de revues théoriques dont nous avons besoin, mais encore de mensuels de grande diffusion (comme <em>Sparerib</em> en Angleterre, <em>Emma </em>en Allemagne, <em>Effe </em>en Italie). Il nous faudrait non pas un mais plusieurs journaux militants (comme l’étaient <em>Le Torchon brûle</em>, <em>Les Femmes s’entêtent,</em><em>Les Pétroleuses, </em>comme l’est <em>Histoires d’Elle</em>s). Il serait souhaitable que la presse d’information pure (comme <em>L’Information des femmes</em>) soit développée et multipliée. Si nous avons choisi de nous consacrer au lancement d’une revue « théorique », c’est parce que cette formule nous semble également nécessaire, et non parce que nous la jugeons prioritaire.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="LEFT"><strong>Quel sens donnons-nous à « théorique » ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>Les femmes ont fréquemment une réaction ambivalente à l’égard de ce terme  : nous éprouvons certes la nécessité d’une analyse en profondeur de l’oppression des femmes, mais dans le même temps « théorique » désigne trop souvent des textes inaccessibles, apanage d’une élite sociale. Théorique équivaut alors à hermétisme – comme si le caractère incompréhensible d’un texte était la preuve de sa « scientificité », de son « sérieux ». Cette équation, nous voulons la briser. Notre but est de restituer son vrai sens à la théorie et, du même coup, qu’elle soit l’affaire de tout le monde, que chacune puisse non seulement la consommer mais aussi la produire. Car est théorique <em>tout discours, quel que soit son langage</em>, qui tente <em>d’expliquer les causes et le fonctionnement, </em>le <em>pourquoi </em>et le <em>comment</em> de l’oppression des femmes en général ou d’un de ses aspects particuliers ; c’est tout discours qui tente de tirer des conclusions politiques, qui propose une stratégie ou une tactique au mouvement féministe.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>Privilégiant cette définition politique du « théorique », notre revue s’efforcera d’intégrer des textes théorisant l’oppression des femmes à travers des langages divers et sur des registres différents, et considérera qu’un tract, une œuvre littéraire, un pamphlet, un article abstrait peuvent être mis sur le même plan quant à l’élaboration d’une science féministe. Mais nous savons que la simplicité de l’écriture n’est pas toujours possible : certains concepts n’existent pas dans la langue de tous les jours et ne peuvent être traduits. La possibilité de reformulation dépend du niveau d’abstraction ou de spécialisation du discours.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>La théorie, ce n’est pas seulement l’explication des faits, c’est en même temps la description de la réalité  : nous publierons donc des textes qui offrent des informations sur l’existence des femmes en France et dans les autres pays, sur leur situation présente et passée.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>Cette diversité que nous espérons pouvoir pratiquer permettra de faire entrer dans les archives du discours et de l’histoire des écrits d’ordinaire interdits de séjour, de proposer à la discussion élargie des thèmes qui actuellement ne peuvent être débattus qu’isolément dans les groupes féministes.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="LEFT"><strong>Une « science féministe » : comment et pourquoi ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>Quand on analyse l’oppression des femmes, on étudie nécessairement et leur oppression matérielle, réelle, et l’idéologie qui la justifie, idéologie intériorisée par les femmes et dont le pouvoir coercitif permet l’exploitation. Or l’un des lieux privilégiés d’expression de cette idéologie – et de son développement car elle n’est pas produite une fois pour toutes – reste « la science », et en particulier les sciences dites humaines. Une démarche féministe inclut nécessairement une critique du discours scientifique, le discours sur les femmes mais aussi le discours prétendu « général » : car quoi de plus révélateur que les omissions ? Les théories générales de la société et du psychisme, quand elles considèrent les catégories de sexe comme naturelles sans s’interroger sur leur genèse et leur nature sociale, et qu’elles ne prennent pas <em>en compte</em> l’oppression des femmes, reprennent du coup celle-ci <em>à leur compte,</em> restant dans l’idéologie sexiste la plus sommaire. De ce fait, elles contribuent à perpétuer l’oppression des femmes dans le même temps qu’elles construisent une théorie fausse de leur objet d’étude.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>Nous souhaitons qu’une science féministe puisse advenir, qui rende compte de la formation patriarcale hiérarchique (et de son impact sur les individus), et par là même modifie l’analyse globale de la société. L’intérêt de cette science féministe est très quotidien : l’émergence des discours féministes subversifs nous a permis et nous permet de modifier le cours de nos existences. Mais aussi, la question se pose de savoir comment un point de vue féministe peut intervenir dans les champs où s’exerce une série de pouvoirs directs visant à la reproduction de la structure patriarcale. Dans certains domaines professionnels (médecine, gynécologie, psychologie, psychanalyse, assistance sociale), la question de l’oppression des femmes se pose de façon aiguë car le problème de l’« anormal » y apparaît sans cesse, entraînant l’intervention normalisante, réadaptatrice…</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="LEFT"><strong>Féminisme radical</strong></p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>C’est en ces termes que nous identifions notre perspective politique. La notion de radicalisme part du constat de (et d’une lutte politique contre) une oppression des femmes par le système social patriarcal. Pour décrire et démasquer cette oppression, il faut briser les évidences naturalistes – entreprise que les féministes ont amorcée depuis plusieurs années, et qui devrait constituer un de nos plus solides acquis. Il n’en est rien  : l’évidence naturaliste, pour avoir été démasquée, n’en continue pas moins à s’imposer sournoisement et pernicieusement au sein même du mouvement des femmes (dont certaines tendances laissent curieusement tomber, entre mouvement et femmes, le mot « libération »). Le courant actuel de la « néo-féminité », qui attire beaucoup de femmes par son apparence constructive, peut s’interpréter comme un retour au classicisme antiféministe, comme renfermement dans un des pièges que le patriarcat nous tend. Car notre oppression ne réside pas dans le fait de « n’être pas assez femme », mais bien au contraire dans celui de l’être trop : nous sommes empêchées de mener une existence d’individus à part entière, sous le prétexte que nous sommes « femme », « différente ». C’est le système patriarcal qui nous pose « différentes » pour justifier notre exploitation, la masquer. C’est lui qui nous impose l’idée d’une « nature », d’une « essence » féminine.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>Le féminisme radical se donne comme préalable de rester dans le terrain que les premières féministes ont conquis <em>contre l’idéologie naturaliste</em>. Ce qui exige :</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"> De refuser résolument d’interroger, de construire, de projeter une idée de « La Femme » en dehors de la société.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"> Le corollaire étant de déstructurer la notion de « différence des sexes » qui ordonne et sous-tend cette idée de « la femme », partie intégrante de l’idéologie naturaliste. <em>L’existence sociale des hommes et des femmes ne dépend nullement de leur nature de mâle et de femelle, de la forme de leur sexe anatomique.</em></p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>Dans une société non patriarcale, la question d’être homme ou femme n’aura pas à se poser dans les termes où elle se pose aujourd’hui pour nous. Tous les travaux, toutes les tâches seront assurés par hommes et femmes. Au plan des pratiques sexuelles, la distinction entre homo – et hétéro-sexualité n’aura plus de sens puisque les individus se rencontreront sur le fondement de leur singularité (individu spécifique avec telle histoire) et non sur celui de leur identité de sexe.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>Détruire la différence des sexes c’est <em>supprimer la hiérarchie </em>qui existe actuellement entre deux termes dont l’un est référé à l’autre, et infériorisé dans cette comparaison. On ne peut revendiquer le « droit à la différence », car cela signifie dans le contexte actuel le droit à l’oppression. C’est le droit à l’autonomie que nous visons en premier lieu (ne plus être objets de, appropriées par) ; à la singularité en dehors de toute référence à l’identité sexuelle en second lieu. Cela ne signifie pas que « nous voulons devenir des hommes », car dans le même temps que nous détruisons l’idée de « La Femme », nous détruisons aussi l’idée d’« Homme ».</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"> La destruction de l’idée d’« Homme » : cette notion constitue un autre piège patriarcal. Démasquer l’idéologie naturaliste nous a permis de démontrer en quoi la science, les théories étaient sexistes. De là à affirmer que la pensée, le langage, le discours, sont hermétiques aux femmes parce qu’ils sont « masculins », il n’y avait qu’un pas. Celles d’entre nous qui l’ont franchi s’enfoncent dans une position d’échec qui nous dessert. Nouvelle spire de l’oppression que nous devons dénoncer : d’une part, en rappelant que quand nous nous reconnaissons opprimées, nous ne résumons pas notre « être »  : le système social est contradictoire puisqu’il nous permet, en dépit de l’oppression qu’il exerce, d’être féministes, de décrypter les mécanismes de l’oppression, notamment de traquer les « évidences » idéologiques dans les discours, et ce, en <em>nous servant du langage</em>  ; d’autre part, en affirmant qu’il n’y a rien dans le système social qui soit « masculin ». Certains discours de la science, certains concepts sont tronqués et falsifiés <em>parce qu’ils sont fondés sur des rapports de pouvoir, et non parce qu’ils sont élaborés par des « hommes »</em>. L’« ennemi principal » est un type hiérarchique de rapports sociaux, où les hommes sont impliqués en tant qu’agents et non en tant qu’êtres biologiques.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>Le féminisme radical s’exprime aussi en référence aux courants politiques contestataires, révolutionnaires, actuels. Il refuse toute ingérence des groupes politiques en place dans sa problématique, et considère certaines notions, certains mots d’ordre comme fondamentalement falsifiés (idée de « lutte principale » et « luttes secondaires »  ; terrorisme de l’explication unique par le capitalisme). Il se propose de retrouver une démarche matérialiste en utilisant politiquement certains concepts. Ainsi, si l’on fonde la notion de classe sociale correctement, dialectiquement – c’est-à-dire sur l’existence d’une dynamique oppressive, et non sur un contenu statique –, on peut poser les femmes comme appartenant à une même classe sociale de genre. Cette analyse de <em>l’appartenance de toutes les femmes à une même classe sociale</em> – au même titre que la rupture avec l’idéologie naturaliste – est le préalable de toute lutte féministe : la constitution du mouvement de libération des femmes en France, par exemple, a reposé sur l’affirmation de ce concept, qui rompait avec les dogmes marxistes en vigueur.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>Actuellement le courant féministe radical, fondé sur ces questionnements subversifs, semble étouffé tant dans les pratiques que dans les discours. À peine né, ou plutôt re-né, le nouveau féminisme est menacé <em>dans son sein même</em> par une double droite : la récupération « gauchiste », d’un côté, la récupération par l’idéologie de la néo-féminité, de l’autre. Ces deux courants, qui chacun à sa façon, plus ou moins déguisée, représentent les intérêts du patriarcat, sont ceux qui ont droit de cité dans les médias…</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>Pourtant le courant féministe radical existe : il a impulsé toutes les grandes campagnes féministes ; c’est lui qui est fondamentalement subversif de l’oppression des femmes, de toute l’organisation sociale hiérarchique. Enfin, en lui se reconnaissent nombre de groupes dispersés et isolés dans tout le pays. Il est temps qu’il puisse prendre la parole, qu’il dispose d’un lieu de réunion théorique et politique pour mettre en commun ses expériences et ses analyses, et pour que son acquis puisse être diffusé et discuté.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>C’est à cela que nous nous proposons de contribuer, dans les limites permises par une revue trimestrielle. Nous espérons que cette entreprise permettra aux textes qui sont tristement dans les tiroirs, d’en sortir, et aussi aux textes qui n’ont même pas été écrits, faute d’espoir d’être publiés, de l’être enfin.</p>
<p style="text-align: center;" lang="fr-FR" align="CENTER"><strong>***</strong></p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>Depuis le temps où l’on se plaisait à répéter dans le mouvement féministe que la théorie de l’oppression des femmes « restait à faire », il s’est écrit et dit beaucoup de choses, en France comme à l’étranger, contribuant à une ou des analyses de cette oppression et aboutissant à des prises de position tactiques.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="LEFT"><strong>L’achoppement marxiste</strong></p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>Dès le début du mouvement, deux courants d’analyse de l’oppression des femmes ont émergé, l’un qui s’est appelé « féminisme révolutionnaire » (aux États-Unis, « féminisme radical ») – auquel nous appartenons – et l’autre dit « tendance lutte de classes ». Ce dernier a tenté de trouver une « articulation », comme on dit, entre la lutte des femmes et la lutte de classes, à partir de la théorie marxiste, mais sans la contester dans ce qui nous semble non seulement ses lacunes mais ses incohérences quand il s’agit de « situer » l’oppression des femmes. Pour cette tendance, il ne s’agissait que d’<em>ajouter</em> diverses considérations sur les femmes, sans remettre en question le principe du monopole de la classe ouvrière, censée contenir dans sa lutte la subversion <em>totale</em> du système oppressif : le capitalisme. Contester sur le seul plan idéologique les mentalités et les institutions sexistes, sans fonder cette lutte sur une analyse matérialiste de l’oppression des femmes, est insuffisant. Il faut relier les mentalités, les institutions, les lois sexistes aux structures socio-économiques qui les soutiennent. Ces structures forment un système spécifique par rapport au système capitaliste, et nous le nommons : patriarcat. L’analyse de base du système patriarcal (comme système de production, comportant des rapports de production particuliers entre les sexes) a déjà été faite au sein du MLF et nous voulons dans cette revue contribuer à sa compréhension et à son approfondissement. Rappelons très brièvement cette analyse :</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>Si les hommes salariés et une partie des femmes (les femmes salariées, environ 45 %) subissent une exploitation économique commune dans les rapports de production capitalistes, l’ensemble des femmes (celles qui font la « double journée » et les femmes au foyer) subissent une exploitation économique commune que ne subissent pas les hommes (au contraire, ils en retirent des bénéfices), dans des rapports de production autres que capitalistes : la production des services domestiques : sur le mode <em>gratuit</em>. C’est la gratuité de ce travail qui le situe, dans l’analyse, hors du système capitaliste dont un des caractères est le salariat. Les femmes au foyer ne sont pas rémunérées en fonction de leur travail, elles sont par contrat de mariage (théoriquement à vie), économiquement <em>dépendantes</em> de leur mari, qui retire de cette dépendance un pouvoir matériel et psychologique. Cette institution de la dépendance économique des femmes se répercute sur leur situation dans le travail rémunéré : le salaire « d’appoint », le travail à mi-temps, le chômage supérieur chez les femmes, etc., cela veut encore dire dépendance économique, obligation du travail domestique, renvoi au foyer.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>Cette analyse nous permet de définir les hommes et les femmes comme deux groupes d’intérêts opposés, cette opposition d’intérêts n’ayant pas seulement lieu dans la famille. L’infériorité économique des femmes dans le travail comme leur non-accès aux postes de pouvoir, y compris politiques, et leur moindre accès au savoir est à relier à la division du travail entre les sexes, reposant sur l’institution de la famille. Il en résulte un pouvoir général des hommes sur les femmes, dont la dévalorisation psychologique des femmes (outre leur exploitation matérielle), l’oppression sexuelle et les violences physiques exercées contre les femmes sont des conséquences autant qu’un moyen de renforcer ce pouvoir.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="LEFT"><strong>Le retour à l’essentialisme</strong></p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>Après nous être garées de la gauche orthodoxe, qui est à notre droite puisqu’elle évacue la lutte des sexes, il nous faut encore parer une autre droite : un nouvel assaut du bon vieux discours sur la différence des sexes, par voix de femmes cette fois, qui évacue matérialisme historique et dialectique pour laisser parler la vérité nue du corps éternel des femmes.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>Tout ce qui s’exprime dans le mouvement des femmes n’a pas toujours une forme théorique. Cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas derrière ce discours des théories sous-jacentes. Il est important de les mettre à jour pour dissiper les ambiguïtés quand ces théories implicites, pas forcément conscientes, nous semblent aller à rencontre du propos apparent qui se veut féministe.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>Il existe actuellement un courant de « paroles de femmes » centré sur la recherche de l’identité féminine. Ces « nous sommes ceci et nous sommes cela, et surtout pas comme vous » seraient une façon de « leur » dire : merde. Bien. Mais ce discours exprime-t-il vraiment un refus, une contestation de l’idéologie masculine et du système qui la produit ?</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="LEFT"><em><strong>L’Altérité et le Corps-Identité</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>Des femmes proclament un « éclatement du langage », c’est-à-dire éclatement d’un langage qualifié de masculin parce qu’il véhicule, entre autres, le phallocratisme. Elles revendiquent une parole « autre », qui serait plus près dans sa forme du vécu féminin, vécu au centre duquel est souvent mis le Corps. Ainsi les mots d’ordre : libérer-le-corps et parler-le-corps. S’il est juste de dénoncer l’oppression, les mutilations, la fonctionnalisation, l’objectivation que subit le corps féminin, il est dangereux de se centrer sur le corps dans une recherche de l’identité féminine. D’ailleurs les thèmes de l’Altérité et du Corps se rejoignent, car la différence la plus visible entre hommes et femmes, et la seule dont on est sûr qu’elle soit permanente (à moins d’une mutation), est bien la différence des corps. Cette différence a été le prétexte utilisé pour « justifier » la prise de pouvoir d’un sexe sur l’autre.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>Lorsqu’un groupe est au pouvoir, c’est lui qui répand l’idéologie, qui dicte ses catégories. Le groupe au pouvoir, qui a besoin de justifier sa domination, rejette dans la différence ceux qu’il opprime : ils ou elles ne peuvent être traités en égaux puisque… Ainsi les colonisés étaient généralement « paresseux », « incapables » de faire fructifier eux-mêmes leurs terres, etc. Ces « différences », on ne les attribue pas à une histoire spécifique, car l’histoire évolue, elle peut amener des révolutions. Il est plus sûr pour l’oppresseur de parler de différences naturelles, invariables par définition. D’où les idéologies raciste et sexiste. Ainsi le statut d’infériorité devient inextricablement lié au statut de différence.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>Or, après que les hommes n’aient cessé de nous répéter que <em>nous</em> étions différentes, voilà des femmes qui hurlent, comme si elles craignaient de ne pas se faire entendre et comme si c’était une trouvaille : nous sommes différentes ! Tu vas à la pêche ? Non, je vais à la pêche.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>Le thème de la différence en lui-même, quel que soit le contenu donné aux différences, sert le groupe oppresseur : tant qu’il détient les armes du pouvoir, toute différence établie entre lui et les autres le confirme dans la seule différence qui lui importe : celle de détenir le pouvoir. Que les noirs aient « le rythme dans le sang » et pas les blancs, qu’importe, cela ne change pas les rapports de force, au contraire : tout attribut soi-disant naturel conféré au groupe opprimé sert à l’enfermer dans une Nature qui, étant donné son statut d’opprimé, se confond idéologiquement avec une « nature d’opprimé ». Dans le contexte actuel, l’oppression n’ayant pas cessé, revendiquer la Différence (sans en analyser le caractère social), c’est redonner à l’ennemi une arme qui a fait ses preuves.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>Revendiquer un « parler-Femme », des formes d’expression qui seraient spécifiques des femmes, nous paraît tout aussi illusoire. D’une part, le langage dit « éclaté » prôné par certaines écrivaines, semble s’inscrire dans un courant, sinon de pensée, du moins de style littéraire répandu par des écoles où règnent des maîtres-mâles. Il est donc tout aussi académique que d’autres langages et tout aussi « masculin ». D’autre part, ce parler-femme est parfois dit plus proche du corps, de la jouissance, des sensations directes, etc. – ce qui veut dire qu’il existerait une expression du corps non médiatisée par le social et qu’en plus cette proximité au corps et à la nature serait subversive. À notre point de vue, il n’existe pas de rapport direct au corps ; le prôner n’est donc pas subversif car c’est nier l’existence et la force des médiations sociales, celles-là mêmes qui nous oppriment dans notre corps. Tout au plus peut-on revendiquer une autre socialisation du corps, mais sans rechercher une nature vraie et éternelle, recherche qui nous détourne de la lutte plus efficace contre les contextes socio-historiques dans lesquels l’être humain est et sera toujours pris. S’il existe une nature de l’humain, c’est bien celle d’être social.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="LEFT"><em><strong>La Femme-Sorcière et l’Homme-Cartésien</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>On pourrait résumer la démarche de certaines femmes dans leur quête d’identité en une opposition entre la Femme-Sorcière et l’Homme-Cartésien. Dans le recours à la sorcière comme image positive de femme, il y a plusieurs aspects : leurs activités subversives, en référence à leur histoire ; et les attributs que certaines leur prêtent comme symboles de libération :</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"> contact « direct » avec la nature, avec leur corps et celui des autres ;</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"> un faire, une pensée, un langage présentés comme modèle positif de culture spécifiquement féminine, opposée à la culture masculine-oppressive ;</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"> et avec tout cela, une auréole de mystère et de secret évoquant l’idée d’une chasse gardée des femmes, un royaume où elles sont reines.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY">La subversion de la sorcière, c’était : l’alliance avec le démon ; ses pratiques médicales ; et ses activités sexuelles, supposées ou non, notamment dans les « orgies » sabbatiques.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>L’alliance avec le démon, c’était sûrement pour les femmes, pour le peuple misérable, une revanche contre l’Église ; mais pas un moyen de lutte contre elle : croire au Diable, ou faire semblant, c’est confirmer l’Église dans son dogme Diable-Dieu. Et mettre en équation, même sous forme victorieuse, la Femme avec les Forces du Mal, c’est encore rentrer dans l’idéologie de l’Église.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>Les sorcières comme guérisseuses, empoisonneuses, avorteuses, sages-femmes, connaissaient les plantes et les corps non par osmose mais pour les avoir étudiés dans la pratique. Si la sorcière utilisait efficacement les plantes, c’est parce qu’elle les expérimentait, les classifiait : démarche qu’on nomme « scientifique ». Ce n’est pas mieux parce que cela s’appelle scientifique, mais cela veut dire que les sorcières utilisaient leur cerveau de la même façon que les hommes qui ont monopolisé plus tard la médecine.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>Les sorcières dansaient dans la lande, oui, elles s’y cachaient aussi. La nature sauvage était pour les femmes les plus misérables le seul domaine de survie qui leur était laissé par la société. La sorcière reine des forêts, c’est comme la femme domestiquée reine du foyer. Reine d’un domaine parce qu’exclue des autres. Le mystère, la nuit, la forêt : c’est la clandestinité des parias, des hérétiques. Maquis d’où l’on peut se battre, certes, mais qui n’est pas en lui-même la liberté.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>La sexualité des sorcières ? Un aspect très intéressant du sabbat, d’après ce que rapporte Michelet, c’est la contraception. « Nulle femme n’en revient enceinte », disait-on. Il semble qu’il y ait souvent simulation/mise en spectacle d’actes sexuels, et aussi pratiques dites « contre-nature » (parce qu’elles n’aboutissaient pas à la conception, bien sûr !). Il s’agit là d’un défoulement sexuel très rationnellement réglementé. Maîtrise de la procréation, donc, mais pour ce qui est de la libération sexuelle des femmes… Michelet décrit dans le sabbat « La Femme » qui « se prosterne », « s’humilie », « s’offre », « se donne à manger à la foule », etc. Si la sorcière avait certains pouvoirs, pour lesquels elle était crainte et respectée dans les milieux populaires, cela ne l’empêchait pas, apparemment, de rester objet sexuel. La conclusion, c’est qu’il faut se méfier de ces Trônes de « La Femme » qui la font Autel («… sur ses reins, un démon officiait »).</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>Quant au langage « autre » de la sorcière, revendiqué par certaines femmes – langage du corps, psalmodie, cri des viscères, etc. (voire son silence qui paraît-il s’entend, bien la peine de réclamer la parole, alors…) –, ce langage du corps, ce langage-cri, est-il suffisant pour combattre l’oppression ? S’il ne faut pas hésiter à hurler avec ses tripes face à un discours qui vous laisse à la porte, il n’y a pas de raison, en rejetant comme « masculin-oppresseur » un certain discours conceptuel, d’en laisser le monopole aux hommes. L’oppression, il faut pouvoir la <em>nommer</em>, l’analyser (mettre à jour ses mécanismes), pour la combattre. Les hommes nous laissent trop volontiers le monopole du cri viscéral et de l’intuition ; là encore la ségrégation entre masculin et féminin a fait ses preuves. C’est faire le jeu de l’oppresseur que de s’interdire un savoir et des outils conceptuels sous prétexte qu’il les a utilisés contre nous ; de même, par exemple, que de rejeter le travail sous prétexte qu’il est « aliénant », inscrit dans le monde « compétitif masculin », alors que l’exclusion des femmes du travail (c’est-à-dire l’interdiction de l’autonomie économique) est une « aliénation » encore plus grande, au centre même de notre oppression.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>C’est en nous revendiquant différentes, étrangères au monde des hommes, que nous nous faisons leurs perroquets :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Femme-Nature : consécration de l’Homme-Culture.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Femme-Démon : consécration de l’Homme-Dieu.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Femme-Mystère : gouffre remplissable par l’idéologie régnante.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Femme-Matrice : auberge espagnole des idées reçues.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Femme-Sphinx : le sourire de l’impuissance à dire. La femme détiendrait un grand secret, celui des origines sans doute, sous prétexte que la gestation a lieu dans son corps : du coup elle peut rester analphabète, elle en sait trop ! Mais elle ne sait pas ce qu’elle sait (ses ovaires savent ?), c’est informulable… On la dit au-delà de la formulation, du raisonnement, des sciences : pour la laisser en-deçà.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Femme-Jouissance : avatar de la femme-corps, de la femme-sexe, sexe avide, sexe frigide, sexe n’importe quoi. Le rapport spécial à la nature et les capacités particulières de jouissance prêtées aux femmes, cela nous rappelle fort le langage tenu sur les « nègres », voire sur les ouvriers (en Mai 68, ce graffiti : « Les ouvriers baisent mieux ») – bref, le langage de l’idéologie sur les opprimés. Un siècle, les hommes nous renvoient à la frigidité ou à la « pureté » pour mieux utiliser notre corps. Le siècle suivant, à la jouissance « totale » pour nous faire croire que dans le ghetto de la « nature » nous disposons d’une liberté que n’auraient pas ceux qui, « aliénés » dans le social, disposent en fait des moyens de contrôle sur nous.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>Dans tout ce qui est censé caractériser les femmes, on retrouve toujours l’oppression. Nous avons l’esprit de sacrifice ? Non, « on » nous a sacrifiées. Instinct maternel ? Non, obligation pour les femmes de remplir un certain rôle. Nous sommes proches de la nature ? Non, on nous défend l’accès aux outils sociaux de la maîtrise, de la connaissance de notre propre corps, de la création. De la création on nous laisse, par un jeu de mots ambigu, la « création » d’enfants : à condition bien sûr qu’elle soit involontaire, codifiée et « inspirée » par d’autres esprits que le nôtre.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="LEFT"><strong>Le sexe n’est pas notre destinée</strong></p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>Nous devons revendiquer comme nôtres toutes les potentialités humaines, dont celles indûment décrétées masculines, c’est-à-dire monopolisées par les hommes pour nous avoir plus sûrement à leur botte. Par exemple, le discours rationnel : à nous de le modifier, à nous d’en choisir le contenu. Par exemple, la violence : à nous d’en choisir les formes et les buts. Mais elle est nécessaire contre la violence de l’oppression. Nous voulons l’accès au choix, sortir de l’équation femmes = opprimées.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>Plus que femmes, nous sommes des individus. Jusqu’à présent, seul le masculin a droit au neutre (à la définition non sexuée), au général. Nous voulons l’accès j au neutre, au général. Le sexe n’est pas notre destinée. Un homme, Sacha Guitry, a dit : « Je conviendrais bien volontiers que les femmes nous sont supérieures si cela pouvait les dissuader d’être nos égales. » C’est la tactique du Piédestal-Paillasson, ou encore celle qui consiste à muter à un poste « honorifique » quelqu’un dont on veut se débarrasser. Ce qu’« ils » veulent, c’est que nous ne marchions pas sur leurs plates-bandes, c’est que nous servions leurs buts en restant à notre place. L’égalité est une menace pour les hommes : menace de la disparition de leurs privilèges.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Celles dont la démarche qui se veut féministe consiste à revendiquer avant tout (et peut-être exclusivement ?) la Différence, s’érigent contre la notion d’égalité : Quoi ? revendiquer l’égalité avec l’oppresseur ?</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>Mais égalité-avec-l’oppresseur est une contradiction dans les termes. S’il y a égalité entre deux êtres, il n’y a plus ni oppresseur ni opprimé. Dans le dictionnaire, le mot « égal » est ainsi défini : « Qui est de même quantité, dimension, nature ou valeur. <em>Voir</em> : identique, même, équivalent. » Il y a là deux notions, celle de ressemblance et celle de même valeur. Vouloir, pour les femmes, être considérées comme ayant autant de valeur que les hommes ne peut être critiquable. S’agit-il pour autant de ressembler aux hommes ? Si être égales aux hommes signifie par définition qu’ils cessent de nous opprimer, et si nous revendiquons en même temps l’égalité pour tous les êtres humains, c’est-à-dire que les hommes cessent d’être oppresseurs en général, quelle différence pouvons-nous revendiquer ? Selon quels critères ? Dans la lutte pour une société égalitaire, la différence que nous posons, en tant que féministes, est celle de nos choix politiques. Quand, dans une manifestation, nous dessinons la vulve avec nos doigts au lieu de lever le poing, qu’affirmons-nous ? <em>La spécificité de notre lutte</em> contre notre oppression spécifique. Nous affirmons que notre front principal, en tant que femmes, est la lutte pour la destruction du système patriarcal, de la phallocratie. Mais à partir de notre position d’opprimées, ce n’est pas une société « féminine » que nous revendiquons : c’est une société où hommes et femmes partageraient les mêmes valeurs : les mêmes, cela veut dire nécessairement anti-phallocrates, anti-hiérarchiques.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>Dans notre lutte nous exigeons la reconnaissance de notre histoire dans l’Histoire : histoire de notre oppression, histoire de nos révoltes, histoire de nos apports culturels, techniques, etc. Mais nos apports spécifiques, il ne faut pas oublier qu’ils ont existé, existent, à partir d’une division sexuelle et hiérarchique des tâches. Si nous avons inventé l’agriculture, la poterie, la science des plantes, la tapisserie ou l’art du patchwork, nous devons les faire reconnaître comme apports économiques et/ou culturels généraux, mais nous n’avons pas à nous y cantonner. Ce que nous nous proposons et devons apporter (à la fois sur le terrain qui nous a été imparti par les hommes, mais en le subvertissant, en les obligeant à s’y mettre, et sur les terrains à nous réapproprier : par exemple, musique, mathématiques, architecture…, décisions politiques et économiques), c’est en définitive un changement global de la société, le partage des tâches, l’accès égal aux moyens de production comme aux outils culturels.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em><a href="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG"><img title="''" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/PNG" alt="" width="43" height="35" /></a></em>Nous constatons une différence biologique entre hommes et femmes : elle n’implique pas en elle-même un rapport d’oppression entre les sexes. La lutte des sexes n’est pas biologique. Nous constatons une différence entre hommes et femmes dans la <em>hiérarchi</em>e sociale ; des différences psychologiques exprimant à la fois l’<em>oppression</em> d’un sexe par l’autre et l’<em>exclusion</em> pour chacun des deux sexes des potentialités attribuées à l’autre : ces différences-là, nous voulons les abolir.</p>
<p style="text-align: center;" lang="fr-FR" align="CENTER"><strong>***</strong></p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="LEFT"><strong>Une revue « sur » les femmes ? Non</strong></p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Le mot femme, je ne peux plus, je n’ai jamais pu l’entendre. C’est avec qu’ils m’ont insultée. C’est un mot de leur langue, cadavre empli de <em>leurs</em> fantasmes contre <em>nous</em>. Nous, qui ? Les femmes, bien sûr, et revoilà le <em>mot</em>. Avec ça, ils nous ont « eues », comme <em>ils disent</em>.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Alors, une revue pour essayer de comprendre ce qui se passe <em>derrière</em> leurs mots, ceux mêmes qu’ils nous imposent, parfois jusque dans notre révolte. Savoir que c’est à leurs mots que nous nous laissons prendre (femme, amour, responsabilité, honnêteté, fidélité, sentiment maternel, spécificité féminine…) mais <em>par</em> <em>leurs institutions</em> (très) <em>matérielles</em> que nous sommes eues (mariage-servage, travail sous-payé par rapport au leur, surtravail gratuit en leur faveur, lois et violence contre nous, silence à nous imposé, exploitation, dépossession du monde…). Ça, ce n’est pas des « mots ». Mais ils jouent des mots. Devons-nous les suivre ? Car, attention, ils savent ce qu’ils font matériellement. A cinq ans, c’est fait : ils connaissent les arcanes du langage du mépris (à cet âge ils vont droit au fondamental, ensuite seulement viendra le (même) langage (mais) censuré à usage oppressif : celui des valeurs « féminines », de la Femme-être-spécifique) ; c’est fait parce qu’ils possèdent déjà matériellement leur femme : leur mère (en attendant leur épouse).</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Pour nous, le temps n’est plus à leurs jeux de mots, mais à l’analyse afin que leurs <em>mots </em>ne subvertissent pas notre <em>lutte</em>. « <em>Elles disent</em> […] que chaque mot doit être passé au crible » (M. Wittig, <em>Les Guérillères</em>). Et ce crible doit être celui de la réalité, que masquent leurs mots.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Ainsi le mot « femme » : nous n’avons plus le droit de l’employer tout seul, nous n’avons pas le droit de le penser seul. La réalité « femmes » est sociologique (politique), le fruit d’un rapport entre deux groupes, et d’un rapport d’oppression. Le groupe <em>réel</em> des femmes se définit par sa position même de groupe dans ce rapport, tout comme le groupe des hommes est, lui aussi, sociologiquement défini : par sa position d’oppresseur. Ce n’est pas parce que nous sommes « des femmes », mais parce que nous sommes, dans ce rapport, opprimées, que nous seules pouvons démonter (= analyser et détruire) les mécanismes de l’oppression. Et, comme tout groupe en situation de siège, nous devons entre nous étudier en priorité la tactique de l’agresseur : son comportement (sa violence, si parfaitement tranquille) et son discours (ses mots, par quoi il nous enclôt), le fait qu’il nous affame et le fait qu’il tente de nous démoraliser. Il ne suffit pas, dès lors, de dire que l’agresseur nous dénie l’existence, ou qu’il nous nie dans notre existence, et de prétendre que, du coup, nous allons entre nous « retrouver » notre moi, notre « identité », une « autre » identité… de femme. Quel assiégé peut se permettre cela, s’il ne veut pas se suicider dans l’enclos ?</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Il s’agit de savoir que notre « identité » sociale, notre définition réelle, matérielle, est d’être <em>assiégées, </em>et principalement cela. Il faut savoir comment, par quelle stratégie, l’agresseur nous nie la propriété, la libre disposition de nous-mêmes, le libre accès à notre propre nourriture. Actuellement, historiquement, sociologiquement, il nous nie en nous affirmant <em>femme</em> et en nous obligeant à ce qu’il a décidé être la <em>condition</em> « de femme ».</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Avant de revenir sur ce point, reprenons la métaphore du siège, et considérons quels en sont les « moments » – ce terme devant être entendu à la fois au sens d’une évolution historique de la situation et au sens des prises de position diverses qui, au point où nous en sommes, coexistent.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="LEFT"><strong>Féminité, féminitude, féminisme : les trois « moments » de la bataille</strong></p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em>1. Premier moment : Féminité. Ou : « Tout est pour le mieux dans l’état de  siège. »</em> L’assiégeant est aux portes du ghetto. La nourriture est hors de la ville des femmes ; les champs sont appropriés par l’agresseur. C’est un siège tranquille. Il a bloqué toutes les issues, sauf la grande porte, fleurie (surtout le jour de la fête des mères), qui par le pont-levis baissé mène dans son camp. Tant que les femmes acceptent d’emprunter ce chemin, d’aller quêter leur nourriture (et en échange de quel travail, d’ailleurs !), il leur donne des miettes. Elles ont encore faim dans leur dépendance (aspect matériel de la féminité), mais ça a l’air supportable ; d’autant plus que (idéologie de la féminité) l’agresseur leur « fournit » aussi l’« explication » : c’est que leur <em>constitution de femme</em> (biologie) <em>est</em> d’avoir faim, elles <em>sont</em> un manque… que lui peut combler (la preuve : les miettes). Affaiblies par le travail-servage et le manque de nourriture, elles se disent qu’il doit avoir raison, que « c’est comme ça ». Tout au plus retournent-elles contre leurs maîtres les « méchancetés » qu’ils leur adressent : <em>ils sont</em> ceci, ils sont cela, mais ça aussi « c’est comme ça »… Quelques-unes, pourtant, refusent individuellement la féminité et deviennent folles, ou sont tuées.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY">2. <em>Second moment : Féminitude. Ou mouvement de reconnaissance des femmes.</em> Ou : « J’ai été affamée par lui, sans doute (première prise de conscience) mais j’ai de la <em>valeur</em>. » Par exemple : « Je suis légère, je peux sauter et danser, je vais m’envoler, construire autre chose, <em>loin</em> de lui. Je suis lourde de mon corps ; mon corps est beau. Ce moi qu’ils dévalorisent, <em>je</em> le valorise. » Mais comment, « loin de lui » ? Mais qui, « je » ? Questions critiques. Réponses incertaines. Cette féminitude, semblable à la négritude, cette différence revendiquée mais « en mieux », ce <em>féminisme culturel,</em> semblable au <em>nationalisme culturel </em>noir, feront-ils que l’on puisse <em>se nourrir de sa faim</em> ? Prendre confiance en soi, dira-t-on, est nécessaire. Certes, et cela passe nécessairement par un « entre soi », un entre nous. Mais « soi » est amaigri, le ventre ballonné, c’est le produit de la dynamique de l’affamement, de la dynamique du siège. Nous ne pouvons pas nous contenter de tourner sur nous-mêmes, de danser toutes seules en rond, tandis qu’<em>ils sont là</em> à nous enclore, à nous barrer les chemins de la liberté. Croire que nous pourrions trouver notre nourriture en nous-mêmes, c’est faire un raisonnement essentialiste (l’idée d’un soi auto-nourrissant) ou métaphysique (attendre que la manne nous tombe du ciel). C’est faire le jeu de l’autre, c’est s’arrêter sur l’artifice tactique de l’adversaire (la faim, la féminité) sans voir sa stratégie (le siège, l’enfermement), se centrer sur l’effet sans attaquer la cause. C’est s’enfermer dans un raisonnement statique, c’est faire l’impasse de la réalité.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY">La réalité est que les trottoirs et les places de la ville sont soigneusement asphaltés par l’agresseur et que rien ne pousse dans le ghetto qu’il ne l’ait bien voulu (sauf quelques plantes des murailles, qui ne sauraient remplacer la possession des champs de blé). Même nos qualités « féminines », comme nos « défauts », sont le produit du rapport politique hommes-femmes, le produit du rapport de siège. Au moins, s’il est une qualité – si obligatoirement et durement acquise dans notre servitude – dont nous devons nous servir, c’est bien le courage… Le courage de nous reconnaître et de nous rassembler, oui, mais <em>pour </em>forcer le siège.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY">3. <em>Troisième moment : Féminisme. Ou mouvement de libération des femmes. Ou : attaquer les racines sociales de la différence</em>. Ou : « Je ne serai ni femme ni homme au sens historique actuel ; je serai quelque Personne dans un corps de femme. »</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY">La réalité est que la nourriture, les champs sont <em>hors</em> du ghetto. S’il est un « ailleurs » où nous devons aller chercher notre nourriture, c’est bien là où elle se trouve, dans l’espace des champs reconquis, au-delà du rapport de siège. S’il est un « autrement » par lequel nous devons acquérir notre nourriture, c’est bien en nous battant sur le champ de bataille. Pas en dansant une ronde poétique sur la place du haut de la ville, celle aux escaliers, <em>comme si</em> nous avions le pouvoir de remonter le pont-levis, de nous renfermer sur nous-mêmes. Car le cœur du problème, c’est bien que la <em>machinerie</em> du pont-levis, les chaînes qui le maintiennent <em>baissé vers</em> l’assaillant, est non pas dans nos mains, mais <em>dans ses mains</em>. Le champ de la bataille, c’est la grande porte ouverte de la Féminité, c’est le pont-levis baissé de l’oppression, c’est le camp de l’agresseur. C’est pour les <em>traverser</em> en force que nous devons rassembler nos forces. Chacune de nous ne pourra être « elle-même » que lorsque toutes nous nous serons réapproprié le monde du réel. (Après seulement, notre imaginaire, comme celui des hommes, sera transformé.) Pour le moment, il nous faut de l’imagination concrète, tactique, qui procède d’une analyse des faits.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Est-ce à dire que l’utopie soit à refuser ? Certes non. Les utopies, comme les cris, nous sont nécessaires : elles sont nos mots d’opprimées, notre imagination sociologique. Simplement, l’utopie procède en fait d’une analyse ; et il y a plusieurs sortes d’utopies comme plusieurs sortes d’analyses qui les sous-tendent. Les unes qui prennent en compte (et donc en contre) la réalité politique, à savoir : <em>les femmes = classe sociologiquement définie dans</em> (à l’intérieur, par) <em>un rapport d’oppression matériel et historique,</em> mais dont l’oppression est <em>elle-même idéologiquement rapportée</em> par le groupe dominant <em>à une soi-disant détermination biologique de la classe opprimée,</em> et d’elle seule. Les autres qui, parfois sans s’en rendre compte, reprennent à leur compte (et contre nous-mêmes) la théorie de l’oppresseur, son idéologie dernière, à savoir : les femmes = la femme.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="LEFT"><strong>Biologique, idéologique, politique…</strong></p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Il nous semble important de parvenir maintenant à élucider le rapport entre le politique et le « biologique ». Car – et c’est là une source d’ambiguïté et de confusion possible dans nos analyses – nous pouvons à la fois dire qu’<em>il n’y a pas</em> de rapport entre une constitution physique et une « condition » sociale <em>et</em> reconnaître que pour le moment, <em>rapport il y a</em> ! Et nous avons à poser – non pas cette fausse problématique (très à la mode chez les « scientifiques ») de savoir quelles seraient la « part » du biologique et la « part » du social dans le comportement d’individus sexués – mais bien les questions suivantes : 1. <em>En quoi le biologique est-il politique ?</em> Autrement dit, quelle fonction politique remplit le biologique ? 2. En quoi (et pourquoi) les classes sociales de sexe correspondent-elles aux classes biologiques de sexe ? 3. Comment, matériellement, joue l’idéologie ? Certes, nous avons déjà des éléments de réponse à ces questions, mais l’analyse est à poursuivre.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em>A- Le biologique comme idéologie rationalisant le politique. </em>Nous savons que la classe politique (= définie dans le rapport d’oppression) des hommes nous définit comme classe biologique, afin de justifier en nature son pouvoir d’oppresseur. Ils se servent de la <em>différence </em>des sexes, mais <em>dans un seul sens. </em>Car, contrairement à ce que nous laissent croire leurs haut-parleurs, il n’y a pas dans leur tête de réelle différence <em>des sexes</em> : si tel était le cas, cela supposerait la reconnaissance de deux groupes sexués. Or, eux-mêmes se pensent comme être purement sociaux, généraux, et non pas comme « groupe biologique des hommes ». Groupe des hommes, oui. Mais dans leur esprit ils ont une <em>qualité,</em> nous seules aurions une <em>constitution</em> physique « particulière » (principalement définie par la maternité). À la limite, c’est nous qui utilisons le terme de « masculinité », en réponse à « féminité », dans une analyse sociologique ; mais pour eux, « féminité » (<em>donnée</em> du registre biologique) s’oppose à « virilité » (qui est un acte, du registre psychologique, social, humain, comme ils se (nous) l’expliquent avec tant d’affres et de complaisance…). Nous voyons donc un groupe social qui décide, agit, pense, organise son pouvoir sur l’autre groupe social en le définissant comme seul biologique.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em>B- L’idéologie comme matériellement efficiente dans la réalité.</em> C’est effectivement sur notre apparence physique qu’ils se basent pour à chaque instant mettre en acte leur pouvoir. (Exemple : un travail évalué « en soi » – c’est-à-dire hors de toute considération de sexe, c’est-à-dire si un homme se présente – à 3 000 F va baisser à 2000 F si c’est un être manifestement femelle qui répond à la petite annonce.) En bref, notre classe sociale « femmes », fruit du politique, a bien, de par le jeu de l’idéologie, les contours matériels de notre catégorie biologique…</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><em>C- Le retournement logique du politique sur le biologique. </em>À partir de notre prise de conscience de leur politique, et de notre analyse politique (à savoir qu’aucune des deux catégories de sexe n’existe, et donc ne peut se penser, hors du rapport à l’autre), nous constatons qu’en conséquence du fait qu’ils ont choisi le biologique pour nous définir politiquement, leur propre classe politique coïncide aussi avec leurs contours physiques… Aussi, l’exclusion des hommes (physiques) de nos groupes est l’expression même du fait que nous avons compris leur politique, que nous les considérons, en effet, comme groupe politique. <em>Nous avons totalement politisé l’anatomie.</em> Eux n’avaient utilisé politiquement que la nôtre (en nous définissant seules idéologiquement comme <em>le</em> sexe). Leur exclusion « anatomique » est un retour logique de leur politique. Où l’on voit le retournement du politique contre l’idéologique.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="LEFT"><strong>Forcer le siège ou mourir !</strong></p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Si donc c’est bien à partir de notre anatomie de femmes que nous avons été obligées de nous rassembler politiquement, c’est bien aussi <em>pour</em> ne pas oublier que cette catégorie biologique est politique, constituée par le rapport social d’oppression et par l’idéologie même de l’oppresseur. Pour ne pas oublier, pour avoir le courage de reconnaître que si nous réunissons nos forces de femmes anatomiques, c’est pour nous détruire en tant que femmes sociologiques et dans le même temps détruire les hommes en tant qu’hommes sociologiques.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Nous devons abolir les classes sociales de sexe, et pour cela ne pas nous laisser envahir par l’insidieuse question de l’identité, des valeurs « spécifiques » à chaque sexe, ne pas nous laisser engloutir dans la seule valorisation de notre « culture » de sexe. Nous ne devons pas oublier que « spécifique » veut dire en premier lieu « qui appartient en propre à une espèce ». Pour nous, il n’y a qu’une seule espèce humaine, ce qui exclut <em>toutes</em> les discriminations, toutes les hiérarchies (de sexes, de races, de classes…).</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Pour nous, l’analyse doit être d’abord celle du rapport de force qui <em>transforme </em>les femmes <em>en</em> femmes. Un discours, une pratique qui se centreraient sur les femmes comme femmes courent le risque de reprendre à leur insu les termes de l’oppresseur : de fermer notre catégorie sur elle-même. Et, en faisant cela, de « laisser tomber » toutes les femmes qui n’ont pas la possibilité matérielle de faire comme si l’agresseur n’existait pas – qui n’ont pas le loisir de retomber dans le piège de la femme-valeur-femme. En acceptant ces termes, nous nous retournerions contre nous-mêmes, contre notre groupe social de sexe, en fabriquant une « identité » qui cache l’exploitation matérielle et l’oppression, ce rapport très quotidien qui crée notre classe. Car les femmes les plus femmes, celles qui correspondent le plus pleinement à l’actuelle « identité » de notre classe, ce sont les femmes aux salaires de misère, et celles dont le mari s’oppose à ce qu’<em>elles</em> fassent grève, les femmes sans salaire du tout, les femmes violées, les femmes battues, les femmes délaissées avec les enfants à leur charge.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Ce n’est donc pas nous, les femmes, qu’il s’agit de reconquérir, c’est notre liberté. Nous n’avons pas seulement à promouvoir notre féminitude. Si nous devons nous vivifier, si nous devons prendre la parole et l’écriture, si nous devons passer aux actes, c’est pour transformer maintenant les rapports sociaux, économiques et politiques qui amènent à classer hiérarchiquement, en groupes dits « de sexe », des individus identiquement humains, identiquement socialisables… Il s’agit d’analyser, pour le détruire, le système des sexes sociaux. Il s’agit de forcer le siège… ou de lentement, continuellement, mourir.</p>
<p style="text-align: center;" lang="fr-FR" align="CENTER"><strong>***</strong></p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="LEFT"><strong>Une revue théorique pour le féminisme ? Oui</strong></p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Nous voulons interdire qu’un rapporteur de loi puisse dire, à l’Assemblée, que les femmes vieillissantes coûtent cher à l’économie nationale et que, pour l’amour d’elles, on votera la retraite à 60 ans pour épargner aux employeurs l’ennui d’avoir à s’en débarrasser… Nous voulons comprendre et mettre à jour les déterminants historiques et sociaux qui ont permis qu’un groupe social puisse être traité comme un bétail : qui ont fait de nous – la moitié de l’humanité – des êtres domestiqués, élevés en vue de la reproduction et de l’entretien de l’espèce. Nous connaissons le sens des mots et que « l’amour, l’abnégation, le dévouement » est le langage truqué du mépris, de l’humiliation et de la peur dans nos vies quotidiennes. Nous – des êtres vivants – traités comme des objets, parce qu’une société fondée sur la violence, l’exploitation et l’oppression suppose, s’agissant de nous, la dé-possession (du nom, de l’identité, des droits, du corps), le viol, la terreur, le meurtre. Nous, objets, selon le cas, d’usage, de troc, d’échanges, de fortune, de bien-être, de prestige, de pouvoir, de manipulation, de science. Nous, seules de tous les groupes sociaux historiquement dominés, méconnaissant le caractère social de notre <em>condition</em> parce qu’en tant que femmes, assujetties par contrats singuliers (de mariage) au patriarcat.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Nous connaissons le sens des mots : « éternel féminin », « l’instinct », le grand renfermement dans « la nature des choses »… Nous savons que psychologie, catégories de la connaissance, disciplines du savoir, valeurs bourgeoises, idéalisme, sont un langage chiffré. Il n’y a pas d’essence. Pas de femme, de féminité, d’éternel féminin. Il y a un groupe social chargé des basses besognes, méprisé d’avoir à le faire, si peu « spécialisé » que le langage qui nous désigne et nous conforme nous décrit simultanément comme le sexe, mais comme celui qui n’en a pas, comme la déesse-mère et comme la putain, comme l’égérie et le bas-bleu. Nous savons que « les femmes » c’est un rapport de force supposant la double journée, la disqualification professionnelle, la plus basse paie, la charge sociale exclusive des vieux, des infirmes et des enfants. Les uns disent : la femme. Nous disons : les femmes.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Féministes, nous le sommes parce que la manipulation commerciale de notre corps, de nos vies, ne nous laisse pas le choix ; parce qu’une société qui permet l’exposition du sexe des bébés-filles (ex. : le Danemark) montre clairement le caractère politique de la hiérarchie des sexes et que ce n’est pas la pornographie qui procure la jouissance, mais la jouissance du pouvoir qui constitue la pornographie.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR">Féministes, nous devons montrer le caractère historique, social, donc arbitraire et réversible, de cette hiérarchie des sexes, et qu’il n’y a de « femmes » que pour autant qu’un rapport de force inégalitaire fait de l’oppression et de l’exploitation d’un groupe social la condition du pouvoir de l’autre.</p>
<p style="text-align: center;" lang="fr-FR"> _ _ ________________________ _ _</p>
<h1 style="text-align: justify;">Un écho, 33 ans plus tard.</h1>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.feminisminlondon.org.uk/" target="_blank"><img class="aligncenter  wp-image-2013" title="Feminism-in-London, 2010" src="http://www.feministes-radicales.org/wp-content/uploads/2012/05/Feminism-in-London-2010.jpg" alt="" width="1024" height="1208" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><em>&laquo;&nbsp;Feminism is a global political movement to challenge and change women’s subordination to men. But time and again we hear people say that feminism is just about women making their own choices, regardless of what those choices are, or what bumpy, un-level playing field they make those decisions in. We are told that practically every woman who wakes up in the morning and makes a decision is a feminist, or those who have jobs, or money. While indeed it is true that any woman can be a feminist, feminism has to mean something, otherwise it risks meaning nothing.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>We must remind people that ours is a political movement, it is serious. It is not about a trip to the health spa, a flattering trouser suit or a pole-dancing class. Our politics are literally about life and death. Two women every week in our country are murdered by a violent male partner, who on average will serve around four years in prison. One in four women are victim to rape in their lifetime, while only one out of every twenty reported rapes result in a conviction. Because we are feminists we do not believe that nineteen out of every twenty women who report rape are lying. Because we are feminists we do not believe that the rape crisis in our country is the amount of false reports, because we are feminists we believe women and we join together in our movement to demand justice</em>.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: right;"><span style="color: #333399;"><a href="http://www.feminisminlondon.org.uk/feminism-in-london-2010/speakers-and-facilitators#mackay" target="_self"><span style="color: #333399;">Finn Mackay</span></a>,</span> 23 October 2010</p>
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		<title>BDSM, not about consent (2)</title>
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		<pubDate>Fri, 18 May 2012 00:40:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>binKa</dc:creator>
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