je ne suis pas charlie

in memoriam

 

« je suis un sale phallocrate » est le titre d’un livre de Wolinski. On peut aussi écouter l’émission qui lui a été consacrée sur Arte et qui révèle beaucoup de la misogynie propre au milieu porno-imbibé.

Ce contenu a été publié dans féminisme. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

9 réponses à je ne suis pas charlie

  1. pierre dit :

    binka, tu manques le point sur « je suis Charlie »

    Même si les idées de CH étaient rétrogrades (mais tellement drôles), les « Charlie » défendent leur droit à l’expression c’est ça l’objet d’être Charlie. Je défilerais en soutient pour ton journal aussi si tu étais la victime, pourtant je trouve tes idées archaïques et grotesques. Mais la société que je veux laisse la place à l’expression; le terme « radical » de ton blog suggère le contraire.

    • binKa dit :

      « radical » veut dire que noues luttons pour que l’expression
      1) ne fasse pas l’objet d’un monopole dominant
      2) qui permet à n’importe quel représentant légitime d’écraser n’importe quelle femme d’un seul mot, d’une seule image porno
      3) ne soit plus l’alibi de l’expression de la haine.
      Liberté d’expression et discours de haine sont incompatibles. De même, il n’y a pas de liberté d’expression dans une société inégalitaire où les moyens de production et de diffusion sont monopolisés par des cliques d’hommes.

  2. nessLoch dit :

    Je ne suis pas Charlie non plus.

    Personne ne s’étonnera que la seule femme tuée par cette nouvelle exposition de la cruauté des hommes ne soit presque jamais mentionnée. Petite pensée donc pour Elsa Cayat, et sa fille.

    Je suis Elsa Cayat. Noues en sommes toutes là.

    • binKa dit :

      en effet …
      elle était même systématiquement citée en dernier dans les listes des victimes, après les policiers.
      mais, ne pas se tromper. Cayat faisait partie de la frange la plus misogyne des psychanalystes, elle a écrit avec un chroniqueur de CH un brûlot misogyne d’une rare violence : Le Désir et la Putain. insoutenable. ce n’est pas pour rien qu’elle travaillait à CH. les seules femmes acceptées parmi les hommes porno-imbibés sont celles qui leurs livrent les autres femmes en pâture.
      je ne suis pas Elsa Cayat, elle a contribué à l’insécurité sexuelle dans laquelle noues vivons. même si je le dis : paix à son âme.

  3. nessLoch dit :

    Oui j’étais au courant pour la politique de Cayat.

    Il y a cependant des facteurs qu’elle faut prendre en compte pour déterminer ce genre de responsabilité.

    Par exemple, elle n’a pas inventé la psychanalyse. La misogynie ne se refaisant pas (ça change de forme mais le fond peut difficilement empirer), quoi qu’elle ait pu écrire ou dire, un homme l’aurait fait tôt ou tard sous une forme ou sous une autre. Considérer que sans elle le patriarcat serait actuellement moins misogyne me semble, à grande échelle, ou même à petite, simplement absurde.

    Vous dites :
    « je ne suis pas Elsa Cayat, elle a contribué à l’insécurité sexuelle dans laquelle noues vivons. »
    Je reconnais que ce n’est ni explicite ni actuellement écrit, et je ne pense pas consciemment voulu, mais on a l’impression très nette qu’implicitement Elsa Cayat ne faisait pas partie des victimes de cette insécurité sexuelle.
    Pourtant, si elle-même prêchait publiquement pour une misogynie sexuelle libérale, elle est clair qu’elle aura très probablement subi elle-même ce genre de torture la première.

    Point crucial, l’un des principes du Syndrome de Stockholm de Graham est précisément que la victime, dans sa tentative de survie, adhère aux idées et à la vision du monde de ses ravisseurs.

    Sur ce sujet délicat de la responsabilité des femmes par rapport à la misogynie, si ça vous intéresse, il y a la dernière série d’articles par la bloggeuse WitchWind (vous avez déjà posté une de ses séries d’ailleurs), particulièrement bien écrits.

    Partie 1 http://witchwind.wordpress.com/2014/10/28/why-doesnt-she-leave-i-told-her-so-she-should-know-better-she-has-access-to-radical-feminism-shes-just-stockholmed-part-one/

    Partie 2 http://witchwind.wordpress.com/2014/11/12/she-should-know-better-she-had-access-to-radical-feminism-part-two/

    Partie 3 http://witchwind.wordpress.com/2014/12/25/submitting-capitulating-to-the-oppressor-doesnt-mean-supporting-oppression-or-she-should-know-better-part-three/

    (Bien sûr, ce n’est que mon avis, et des liens d’information pour si ça vous intéresse.)

    • nessLoch dit :

      En fait, pour résumer brièvement, je pense qu’elle ne faut pas s’arrêter aux dégâts misogynes faits par la politique de Cayat, et arriver à percevoir la cause de cette cause, c’est-à-dire le fait que la politique de Cayat était elle-même un symptôme, un produit de la violence des hommes. Elsa Cayat n’était qu’une intermédiaire le long d’un flux ininterrompu de violence, entre la violence des hommes qu’elle a elle-même subie, et la violence qu’elle a transmise en réaction.
      S’arrêter à elle comme coupable et unique origine de sa politique demeure une forme d’individualisme.
      Si sa politique est misogyne, par définition, étant elle-même une femme, elle ne peut qu’en être une victime supplémentaire. En effet dans quelles circonstances libres et naturelles une personne se retrouverait-elle à répandre une politique qui lui veut le pire mal(e) possible ?

      Le dogmatisme individualiste libéral doit être refusé et combattu : une femme ne peut être à la fois esclave, physiquement et psychiquement de toute la société des hommes, et en même temps être libre/tenue pour responsable d’encourager le système à la défaveur de toutes les femmes, elle-même comprise.

    • binKa dit :

      merci pour ces précieux liens.

  4. CharliNe dit :

    Merci pour votre post. Charline aussi s’interroge : pourquoi y a-t-il plus de tolérance envers les phallocrates, les machistes (idéologues et pratiquants de la haine contre les femmes) qu’envers les idéologues et pratiquants d’autres formes de haines …
    « La femme » reste « la prolétaire des prolétaires »

  5. Tobi dit :

    Je ne comprends pas très bien ce post.
    Vous dites que la seule femme tuée n’apparait jamais.
    Sauf que un(e) des policiers abattus est une femme et l’on a vu son nom affiché partout au coté des autres policiers comme il se doit.
    Du coup j’ai du manquer un des éléments de l’analyse?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>