A tyranny that is part of our everyday life.

We have to think very seriously about what it means to sustain a resistance against the tyranny that is part of everyday life for women.

— Andrea Dworkin in Minneapolis, 1987.

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Métro, boulot, dodo : cachots.

Les constats des associations ou des rares enquêtes menées sur les violences masculines au travail sont accablants. La moindre tentative de faire valoir nos droits rencontre au mieux les rires des agents de l’ordre patriarcal (médecin, gynécologue, policier, avocat, magistrat, patron) au pire une réplique dévastatrice. Nos vies baignent dans un silence de mortes .

Haine par conjoint, haine à domicile.

L’enquête ENVEFF, estimation qu’il faudrait largement réévaluer, a révélé l’ampleur pandémique de la violence masculine à domicile : une femme sur 10 est victime de violences par conjoint, quel que soit son milieu social. Toutes les associations féministes alertent sur un autre phénomène : « Les pires violences s’exercent après les ruptures. Des viols de colère et de vengeance surveniennent même après des années de séparation, pour « punir » une femme de s’être libérée de leur emprise« .

Haine virile aux quatre coins des rues, haine légale.

De Sheila Jeffreys  à Eve Lamont, le constat est sans appel : les femmes et fillettes en prostitution sont les martyrs des politiques sexuelles des patriarcats. L’organisation de la prostitution garantit à tout homme le pouvoir d’assouvir son mépris de classe envers au moins une femme. Un pouvoir incontestable. Le silence de mortes est tel que même les stèles en hommage à nos soeurs en prostitution sombrent dans le néant ; pour seule épitaphe, les insultes et les arguties des profiteurs qui, eux, sont bien en vie. De fait, la moindre contestation de ce pouvoir provoque un déferlement sans limites d’accusations et de menaces. Les croisés de tout bord (anar, libertaires, militants gays, conservateurs, journalistes et politiques établis, etc.) se sentent investis de la Cause masculine actuelle : ils brandissent le Péril du « grand renfermement » sexuel pour imposer une libéralisation totale de l’accès sexuel des hommes à toutes les femmes. Nombreux sont les médias mainstream qui relaient en boucle leurs clichés masculinistes (glamourisation, esthétique des années 50, banalisation et promotion à force d’arguments néolibéraux du self-made-man ou sexistes de la s*** et de la p*** qui s’assument).

Haine masculiniste pour les femmes qui grippent le système.

Féministes, nous endossons les responsabilités que nous impose le pouvoir : 

– porter secours puis tenter de protéger les victimes 

– dénoncer leurs agresseurs puis tenter de les neutraliser pour éviter la récidive 

– à plus grande échelle, lutter contre leur impunité, pour faire cesser le servage et la terreur sexuelle qu’organisent les hommes comme caste dominante. 

Face à cela, la réplique sexiste s’organise sans cesse.

Quelques exemples, concernant une lutte, celle contre les violences sexuelles.

1949 : Le Deuxième sexe ;

=> réponse ? 1954 : Histoire d’O.

1953 : The Second Sex by French feminist writer Simone De Beauvoir, was published in the United States. The phrase « women’s liberation » later adopted by the more radical wing of the feminist movement, was first used in this book.

=>  réponse ? 1953 : création de PlayBoy !

1963, Betty Friedan The Feminine Mystique ; 1970 : Kate Millett : Sexual Politics; 1970  :  MLF ; 1972, en mai, plus de 500 000 femmes se retrouvent à la Mutualité pour organiser des journées de dénonciation de crimes contre les femmes :  l’impunité des violeurs ; les violences conjugales ; le harcèlement sexuel ; la dégradation de l’image de la femme à travers la pornographie et la publicité sexiste ; la maternité (légale ou honteuse) ; le travail salarié et ménager ; la répression de l’homosexualité ; 1976/1979 : premières marches de nuit, en Belgique, en Italie, en Allemagne, en Angleterre, US, France ; 1977 : Création du Collectif Femmes contre le viol.

=> réponses ? 1972 : « Gorge profonde » ; 1972 : Dernier Tango à Paris, de Bernardo Bertolucci ; 1974 : Portier de Nuit, avec CharlotteRampling ; 1976 : L’Empire des sens  [titre original : littéralement« La Corrida de l’amour »], de Nagisa Oshima.

1978 : Take Back the Night, au US ; 1979 : The Night and Danger, allocution de Andrea Dworkin à la TBTN ; 1983 : à Minneapolis,  The Antipornography Civil Rights Ordinance .

=> 2011 : S***Walk, de Minneapolis à Strasbourg.

– Une campagne actuelle d’intimidation des féministes.

Un magnifique événement est prévu en juillet 2012 :

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Mais à peine quelques jours après la publication de cette nouvelle, des activists s’organisent pour faire annuler l’événement.

Anti-female activists are already organizing against the rights of females to hold a conference for females. Besides the usual conservative MRA types, some of the anti-female forces against this conference include transgender activists and pro-prostitution pro-trafficking activists who claim that females must be prevented from organizing and meeting together in female-only spaces. Lire la suite ici.

Voici ce que ces activistes font circuler sur facebook.

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Parasite à éradiquer : la thématique est génocidaire. Elle n’est pas un « dérapage » incohérent, un propos isolé qui claque dans un ciel clément. Nous exterminer psychiquement, socialement, et pour part (assez pour nous terroriser) physiquement, est au coeur de la politique patriarcale. – à lire aussi Barbara Ehrenreich and Deirdre English, ici ou ici

ajout du 27.05.2012 : Anti-Feminist Propaganda – masculinist response to RadFem 2012

Face à leur haine, face à leurs actes de mort permanents, sortons de la sidération.

Fight Back !

Remember all Men would be tyrants if they could. If particuliar care and attention is not paid to the Ladies we are determined to foment a Rebellion, and will not hold ourselves bound by any Laws in which we have no voice or Representation.

Abigail Adams, 1776.

Souvenez-vous que tout homme serait un tyran s’il le pouvait. Si une attention particulière n’est pas accordée aux femmes, nous sommes déterminées à fomenter une rébellion et nous ne nous sentirons liées par aucune loi à laquelle nous n’ayons eu ni voix ni représentation.

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L’AVFT & la mobilisation féministe concernant le Harcèlement sexuel commence à faire bouger le rapport de force.

Demain, un rendez-vous important avec des décideurs. A notre niveau, nous pouvons apporter notre soutien à la Maison des Femmes, Réseau Ruptures & Coordination Lesbienne de France pour porter plainte a commissariat du 75012.

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En attaquant les RadFem de Londres, les masculinistes refusent à toutes les féministes leur légitimité à s’auto-organiser. Ils nous dénient notre seul moyen de nous protéger en tant que féministes, de nous sauver de leurs violences au moment même où nous tentons d’organiser la solidarité avec d’autres femmes.

 Rappelons-le : la non-mixité est plus qu’une liberté, c’est une nécessité, politique et vitale.

Christine Delphy, 2004 :

La tyrannie sexiste a un levier ultra-efficace : l’accaparement au une par une par la caste dominante. Ils sont partout où nous sommes, et leur présence est aussi possessive que la notre est niée. Nous imposer la promiscuité est un des deux moyens (avec l’exclusion, le bannissement) qu’ont les hommes pour nous garder sous leur contrôle. Les laisser gagner encore et encore sur ce terrain de la non-mixité est dangereux : cela nous réduira à accepter, maintenant dans nos luttes, leur continuelle présence, avec les risques de violences verbales et sexuelles qu’ils nous font sans cesse encourir. Sans compter que plus ils sont proches de nous, plus leurs rétorsions sont immédiates, faciles et efficaces. Etablir un rapport de force avec l’ennemi principal suppose que ses bénéficiaires n’aient pas accès aux lieux où s’organisent nos résistances collectives.

Notre première responsabilité est de faire cesser les hostilités envers toutes les femmes. Obtenir une trève, pour que nous puissions au moins penser ce qui nous arrive et ce que nous refusons dorénavant. Il est donc évident que nous ne pouvons accepter dans nos rangs des individus qui déchaînent la violence et les menaces dès qu’ils n’obtiennent pas ce qu’ils veulent – en l’occurence, c’est caricatural, ils exigent un accès physique à des femmes. Ce comportement rappelle trop l’arrogance virile. Si nous cédions à cette mixité, nous nous retrouverions dans la situation paradigmatique de notre oppression : la femme victime de violences qui, pour survivre malgré la promiscuité imposée avec son agresseur, baisse le ton, choisit ses mots, ajuste son regard, contrôle tous les signes qui émanent d’elle. Elle ne vit plus, elle esquive un danger aussi flou qu’irrécusable ; elle ne contrôle rien, elle négocie le degré de violence dont se contentera pour l’instant son agresseur et pense ainsi éviter l’escalade de la violence. Nous savons toutes que cette stratégie mène directement à une surenchère dans notre destruction, car elle n’est qu’une conséquence de la violence masculine.

Avec des agresseurs, on ne discute pas, on agit pour les stopper. Contactez-nous via le blog pour obtenir les contacts afin de soutenir nos camarades RadFem.

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2 réponses à A tyranny that is part of our everyday life.

  1. binKa dit :

    voilà ce que j’ai écrit à l’institution qui recevra l’événement.

    Hello,

    this is a message to support our comrades RadFem who are the target of violent reactions from masculinists and/or anti-féminists.

    I live in France (I’m sorry for my english), and the RadFem initiative is such an event !

    – Because here too, masculinists and/or pro-prostitution activist forbid us to join each other in sisterhood. Such violent reactions are so incredible : these activists never target the thousands of non-mixed events that celebrate male supremacy (governement, pubs, streets by night, etc.) but they systematically destroy our weak attempts to talk to women beyond their control.

    – Because here, more than in any other country, it’s forbidden to talk about sexual violence : we are barely allowed to repeat the common lies (rape is romance, desire, love, passion, erotic violence, etc.). So the RadFem network that I just discover (RadFem Hub, Feminism in London, etc.) and the feminists who are invited to this conference in July, give us hope and words, here, in France. It’s fundamental to our lives and to our struggles. If masculinists win in London, they win here to, even before we tried to organize like RadFem 2012 did.

    Too many radical Voices disapeared without having experienced a 24 hours truce during which there is no rape …

    The Conway Hall can not stifle the last voices which still refuse the deep silence and the stinging shame in which masculinists want to bury us alive.

  2. A. G. dit :

    voici :
    Dear venue owners,
    I’d like to send strong a message of support to the radfem 2012 event, to the sisters who are organising it and to thank you for holding it in your venue. that they have managed to organise this at all is truly amazing, and it sends a message of hope and courage to us all. I’m appalled and shocked by the anti-women violence that some groups have unleashed against the conference, to prevent us from the simplest thing as meeting together in peace: their tactics are criminal and it is unbelievable this isn’t being taken to the court for harassment or death threats.

    I live in France, and I can’t express how important this event is for us. We have already started organising to prepare ourselves for the event, the stay in London, and the conferences. We are incredibly excited an honoured to be able for the first time to meet radical feminists from all over the world in a space where we won’t be afraid to talk, organise and express our views. In years of feminist activism, we have witnessed women-only meetings and groups being sabotaged, trashed, invaded and trolled, over and over and over again by people who defend prostitution, pornography and women-hatred, by people who do not want woman to identify to other women and defend our rights. Our basic human right to meet and congregate as women who denounce male violence against us is constantly under siege and destroyed.

    Here we are not allowed to talk openly about being against institutions of male violence without risking being harassed, censored, publicly defamed, threatened or even attacked. We sincerely hope that you will not let the MRAs and misogynists take over our event and bring us to silence.

    Best regards,

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