Are Women Human ? – 2

La question reste d’actualité : l’élimination systématique et d’ampleur inégalée des femmes dans certains pays d’Asie est-elle un crime contre l’humanité ou ………..

« le symptôme d’une phase d’adaptation dans le processus de transition vers un régime de basse fécondité » (doc. p.56) ?

Isabelle Attané Naître femme en Chine, une perspective démographique

Langues de bois et crocs acérés.

En France, les euphémismes scientistes – servis par l' »objectivité » des démographes – assoient la version officielle :

> « déséquilibre du sex ratio » …. le déséquilibre est une conséquence ! La cause est une élimination systémique d’un groupe humain.

> Selon les « lois de la nature » les garçons seraient plus nombreux à naître de par le monde. « Le sex-ratio naturel à la naissance, c’est à dire en l’absence de discrimination, serait de 105 garçons pour 100 filles« . Je demande instamment aux scientifiques de me fournir leur liste de pays ou de groupes humains où ils ont pêché la population témoin qui leur a permis d’évaluer le sex-ratio naturel ! Où il n’y a pas de « discrimination » sexiste ? Ne cherchez pas du côté de la France, l’élimination existe, dès bébé [on lira Brian & Jaisson, Le sexisme de la première heure, 2010], en couple [le chiffre de 1 femme tous les 2 jours et demi est ridiculement bas, cela ne prend en compte aucune des conséquences de la violence conjugale : maladies cardio-vasculaires, maladies auto-immunes, suicide, alcoolisme, blessures à la vieillesse qui mènent plus rapidement à la mort], dans la prostitution [les chiffres n’existent même pas, on pourra à peine se recueillir devant un in memoriam virtuel établi par Prostitution et Société] . Il faut en finir avec les vieilles lunes patriarcales créées pour nous faire croire qu’il existerait des « démocraties égalitaires » voire des « matriarcats », bref que les hommes n’auraient pas pris le contrôle de nos vies jusqu’à la mort, partout, depuis des siècles. Je vous conseille Nicole Claude Mathieu, Une maison sans fille est une maison morte, 2007.

> femmes « disparues« . Ce mot n’est utilisé que par les autorités qui masquent leurs crimes. Les disparitions politiques ont divers noms (enlèvement, assassinat, élimination, etc.), mais certainement pas cet euphémisme.

> femmes « manquantes » …. manquantes à quoi ? Ce mot aberrant vient de la manière dont sont réalisés les calculs : les démographes comptent les hommes, et en déduisent le nombre de femmes « disparues » ou « manquantes » de n’être pas nées des femmes mortes. Elles sont « manquantes » à quoi ? au coït hétérosexuel et à la reproduction … Nos mortes sont dénombrées par leur manquement à l’usage dominant : la complémentarité des sexes et la reproduction !

Mais elles ne manquent pas aux autorités éthiques ni humanitaires, telles que les TPI ou Amnesty International. Preuve en est, les seuls papiers alarmistes dont se foule le patriarcat mondial (en France comme dans les pays génocidaires d’Asie) concernent principalement …. les hommes ! Les hommes qui ne trouvent pas à se marier (détail de l’histoire : ils sont fournis par des réseaux de rapts de femmes…. vieille technique patriarcale déjà utilisée pour la fondation de Rome), ceux qui trouvent pas de femme à baiser (ils sont fournis par des réseaux proxénètes …. vieille technique patriarcale, fleuron de la culture Grecque), ceux qui commenceraient à s’écharper entre eux, faute de défouloir féminin (ah … que d’Hélène de Troie sont accusées pour teinter de bravoure ou d’innocence les massacres mystifiés par la réquisition virile de l’Histoire !).

> « foeticide » ou « infanticide » … non, non, ces humains ne sont pas tuées en raison de leur statut de foetus ni de mineure !

> Isabelle Attané invente une expression : « ingénierie démographique, c’est-à-dire la manipulation volontaire des lois de la nature afin d’arriver à des fins familiales ou sociétales ». Le patriarcat n’est que cela : une manipulation volontaire de la reproduction et de la sexualité à des fins d’arriver à une domination familiale, conjugale et sociétale [cf. Paola Tabet, La construction sociale de l’inégalité des sexes, 1998 – extrait]. Ceci n’est pas un phénomène démographique (nécessaire) ni machinique (post-industriel) ! Ceci est une violence délibérée, intentionnelle, organisée dans les patriarcats même les moins complexes. Cela a un nom : OPPRESSION. Et l’élimination physique et sociale qui l’organisent a un nom aussi, que certaines Conventions Internationales ont écrit dans le marbre au lendemain du génocide nazi.

> « Transition démographique » ? une hypothèse parmi d’autre, parfois centrale … mais totalement absurde. Je cite le dossier d’Amnesty International [mars 2007, cité plus bas, p.12] : « Pendant la première phase de la transition démographique, le taux de mortalité chute fortement (progrès sanitaire, alimentaire, industrialisation dans le cas des pays riches…) tandis que la natalité reste forte voire augmente. L’accroissement naturel est donc fort, ce qui signifie une croissance rapide de la population. Dans la deuxième phase, la mortalité continue à baisser mais plus lentement et la natalité se met elle aussi à décroître. Le maximum de l’accroissement naturel est atteint au début de cette deuxième phase. Puis la natalité baisse plus fortement et on a donc une décélération du rythme d’accroissement de la population. »

En insérant cette définition dans son dossier consacré à « Une situation démographique alarmante« , Amnesty International veut nous rassurer ? …  « Patientez Mesdames, la reprise est proche, ce n’est qu’une phase de rigueur, dans les deux sens du terme… » . A.I. semble flotter dans ses explications quand son jugement éthique est altéré. Peut-être faut-il rappeler les caractéristiques de la courbe sexiste propre à cette « transition démographique » alarmante …  Première phase : élimination sociale (abandon sanitaire, restrictions alimentaires, gap technologique et maintient de l’esclavage domestique dans toutes les phases d’évolution de l’organisation économique, etc.) et fort taux de mortalité, tandis que la fertilité est imposée [cf. Paola Tabet, 1998]. Deuxième phase, la mortalité continue à augmenter, mais brutalement, et la viabilité des petites filles se met à décroître, elle aussi, brutalement. Puis leur viabilité baisse plus fortement encore et on a donc une décélération du rythme d’accroissement de la population féminine, en bref, une accélération de son élimination.

En résumé. La transition démographique a un moteur : la chute de la mortalité. Une conséquence : l’accroissement de la population et l’arrangement de ses conditions de vie. Parler de « transition démographique » pour analyser la situation des femmes en Asie est donc une sinistre blague. Sauf à prendre le point de vue viril pour objectivité, comme d’habitude. Car c’est seulement de ce point de vue que la population croît (de manière relative et absolue tant que les survivantes seront recyclées dans la production d’hommes et dans leur entretien matériel), leur natalité baisse et peu baisser encore si le sex-ratio atteint un seuil critique. Et en effet, à moyen terme et à long terme, les conditions de vie des hommes, comme caste mondialisée, s’en trouvent améliorées, car le patriarcat se renforce de ses crises … un exemple : ça fait 30 ans que les survivantes Asiatiques sont déportées par dizaines de millions vers les bordels et vers les plateaux de tournage porno du monde entier. Toutes les guerres viriles organisent le réconfort des guerriers, même ceux d’arrière-arrière-ligne.

> La palme négationniste revient donc à l’expression ……. « transition démographique accélérée » – que n’a pas osé formuler en entier Amnesty International.  …poûmpoûmpoupoûm … comment dire, hêuuuu ? décélération un peu trop rapide du rythme d’accroissement de la population, décrochage des femmes au démarrage, c’est regrettable, mais tellement nécessaire en raison de la démographie inquiétante de certains pays … [c’est une thèse banale, que l’on trouve par ex. chez Michel Bozon, dans « Sociologie de la sexualité »].

=

Pur négationnisme ! Déqualification des faits !

Or la réalité est politique et pénale :

Crime contre l’humanité

Génocide

Persécutions organisées, dont la prostitution en masse des survivantes !

Y a basta des perspectives démographiques qui font croire que l’élimination ciblée du plus grand groupe humain n’a rien d’une urgence éthique ni politique !

Nausée éthique.

J’ai une nausée sans nom devant le cynisme des articles qui sont sortis au compte goutte sur notre génocide. Je frémis encore du choc qui m’avait saisie à la lecture d’un numéro consacré au « déséquilibre du sexe ratio » par Courrier International [mars 2006].

Ces articles était un ramassis de violences sexistes : plainte masculiniste des hommes privés de certains droits (cuissage et propriété) + accusation des mères + explication du génocide par … les arguments mêmes des génocidaires !! Il compilait tous les argument négationnistes et haineux que l’on entend dans tous les médias, français et internationaux.

– Si le thème est la catastrophe, elle est …. toujours à venir !

La seule catastrophe dont parlent médias et universitaires est démographique. S’alarmer, comme Amnesty International, d’une « situation démographique », d’un « déséquilibre du sex ratio » ne signifie qu’une chose : on s’alarme que les femmes ne pourront pas reproduire « la prochaine génération »! Thème récurrent, qui avoue brutalement que l’élimination des femmes n’est pas en soi une catastrophe. Et si malgré des dizaines de millions de mortes, il n’y a pas mort d’homme, pour qui s’inquiète-t-on dans la « prochaine génération » ? pour les garçons.

Un article plus récent a le mérite d’être encore plus cynique : AgoraVox se demande si « la guerre des sexes n’aura pas lieu » dès lors qu’un seuil critique de « déséquilibre de sex ratio » sera atteint … oui, oui, le journaliste se demande si la guerre aura lieu, au futur, comme si l’élimination de plusieurs dizaines de millions de personnes n’indiquait pas que, déjà, la guerre était déclarée et, déjà, perdue par les femmes ! La photo qui illustre l’article est proprement indignante : des femmes en treilli militaires et une femme qui jette un regard volontaire à la caméra. Ce choix éditorial signifie une chose : la peur exprimée dans le titre de l’article ne se préoccupe pas des femmes parce qu’elles sont effacées de la surface de la terre. Non….. le journaliste a peur pour les hommes ! lui et ses congénères pourraient voir apparaître une armée de femmes, prête à déclarer la mythique « guerre des sexes » ! oui, oui, celle que les virilistes nous promettent dès que nous esquissons le geste de nous protéger … Que ces messieurs se rassurent, mortes nous ne pouvons vraiment plus les tuer, ni même nous portéger … d’autant plus que vivantes, déjà, nous en sommes lourdement empêchées : ils nous désarment, nous réduisent à l’impuissance physique et mentale, et nous affament. Cette peur, argument central, contraste avec le ton global de l’article, à savoir, la neutralisation éthique. Le journaliste noie tout choc éthique en avançant toutes sortes de causes farfelues, par lesquelles il met hommes et femmes dans un même statut de victimes (en invoquant une pollution écologique) et dans un même statut d’accusés d’une autre catastrophe à venir (en prédisant une vague d’avortements consuméristes). Par ce dernier argument, il explique les pratiques d’élimination par la psychologie : la « préférence pour un sexe ». Ce trait « psychologique » ne lui fait pas froid dans le dos ? il lui semble naturel ? …. c’est vrai qu’il est banal, en France, de se réjouir de la venue d’un enfant en demandant son sexe … Et que cette « préfence » puisse être un goût partagé par des « consommateurs » occidentaux ne semble aucunement le mener à penser qu’il existerait des relans génocidaire dasn ces pays. De fait, la « préférence pour les garçons » qui sévit en Asie lui est totalement compréhensible, au sens fort, au sens d’admettre la légitimité qu’auraient certains à préférer les garçons.

Autre thème qui tire des larmes ou des frémissements aux journalistes : la catastrophe sociale à venir. Les hommes, en l’absence de femmes, pourraient devenir plus agressifs !! Vous vous demandiez ce que peut être une agressivité plus grande que celle qui consiste à éliminer 100 millions de femmes ? Et bien ne vous demandez plus : c’est déclarer une guerre … à des hommes ! Le cynisme confine à l’abjection.

 Dans un numéro des « Dossiers de la commission enfants » d’Amnesty International, mars 2007 (en ligne), je retrouve les mêmes jérémiades masculinistes. Je cite : « D’après l’étude de Hudson et Den Boer sur les conséquences stratégiques à l’échelle internationale de ces déséquilibres, ce surplus de jeunes hommes pourrait menacer la stabilité de certains régimes. Cette « force volatile » trouverait « dans des options militaires ou sectaires agressives, un exutoire aux tensions sociales d’une société à prépondérance masculine « . « les conséquences du déficit féminin actuel sur le « marché matrimonial » sont inévitables. Ainsi parmi les jeunes hommes nés depuis vingt ans, une grande quantité d’entre eux ne trouveront pas d’épouse. L’excédent masculin en Chine pourrait atteindre 20 % vers 2030, soit 1,6 millions d’hommes qui ne trouveront pas de femmes« .

– Quelles causes à la catastrophe à venir ? ben les femmes !

Comme il faut s’y attendre, les papiers patriarcaux (articles, rapports) accusent les femmes de leur propre génocide. Ils insistent sur l’avortement, sur les actes des mères. Parfois, pour consolider le mensonge, ils expliquent : « L’enquête a également démontré que, « plus le bagage intellectuel de la mère est élevé, plus le sex-ratio est défavorable aux filles ». » [Courrier International, mars 2006].

Le dessin en page 8 du dossier d’Amnesty International [cité plus haut] est exemplaire de la propagande qui accable les femmes pour innocenter les hommes : une poule, l’air fâché, qui casse les oeufs marqués d’un signe féminin et, en page 9, qui couve, l’air satisfait, des oeufs masculins. Ces dessins illustrent la partie « négligence » qui serait une des méthodes principales d’élimination des filles. Aucun autre dessin, dans tout le document, ne figure ces deux intentions coupables, indiscutablement condamnées en cas de crime : intention meurtrière et absence de remords, mieux : satisfaction ! Seulement en page 13, un bébé est menacé par des pics tenus par être courroucé : un arbre ; mais ce n’est un symbole ni de l’homme ni du père alors que la poule figure la femme et la mère.  Les rares hommes représentés, page 11, apparaissent comme des êtres sans yeux ni bouche, passifs, ou des symboles, en page 4.  Ou bien, ils sont fondus, dégenrés, dans leur masse,  au côté de quelques survivantes, en page 3.  Les élus, ceux qui ne risquent ni le massacre ni la traite ni le rapt, ne sont que des témoins muets de la catastrophe ? Loin d’organiser et de bénéficier d’un génocide, ils semblent côtoyer, étonnés ou naïfs, des femmes barrées, rayées ou disparues sans que l’on sache pourquoi.

 – Ah ces avorteuses … c’est encore une affaire de femmes !

Les discours savants et médiatiques n’ont pas seulement pour but de couvrir un génocide lointain. Ils sont aussi un agenda sexiste dans les pays où ils sont diffusés. Ce n’est pas un hasard s’ils donnent à l’avortement une place centrale dans la catastrophe actuelle. D’abord pour faire porter aux femmes la culpabilité de ce massacre. Puis pour individualiser les pratiques génocidaires. Ainsi, faire accroire que ce n’est pas un plan organisé (patriarcat), dans lequel les hommes ont statut de bénéficiaire. Enfin, ils attaquent directement le droit à l’avortement des femmes. L’article d’AgoraVox là dessus est clair, le journaliste agite l’épouvantail consumériste en disant que c’est la dérive probable des pratiques d’avortement dans les pays Occidentaux. Purs mensonges. D’une part, les révisionnistes font mine de confondre le moyen, la technologie, et la cause du massacre. Sans avortement, pas de massacre, semblent-ils dire. Faux. Les génocides de femmes sont aussi vieux que le patriarcat (Rome a été fondé dessus, même Darwin souligne ces pratiques en Angleterre à la fin de son livre La Filiation de l’homme et la sélection liée au sexe). D’autre part, en focalisant sur les avortements tout en parlant de crime, ils déplacent sur l’avortement l’acte criminel. Ils mystifient les faits. Ils disent que ce sont les avortements qui constituent le crime. Alors que c’est l’intention génocidaire qui caractérise les faits. Cette même intention qu’ils nient. D’une pierre deux coups : leur négationnisme sert leur propagande anti-avortement. Je prends un exemple pour faire comprendre la supercherie. Couper des cheveux et les vendre n’a rien de délictuel ni criminel. Nombres de coiffeurs arrondissent leurs fins de mois ainsi. Mais cet acte a pris une toute autre signification dans l’enfer contrationnaire : cela a été une des pires abjections des crimes nazis, car soudain, la déshumanisation prenait toute sa dimension : des humains pouvaient être réduits à des bouts d’eux-mêmes, et qui ne sont plus même des bouts d’humains (comme peuvent l’être les cendres, les reliques ou les ossements) mais des choses à consommer par d’autres. C’est le contexte, l’intention coupable et les conséquences sur la victime qui caractérisent les crimes, pas les gestes en eux-mêmes. Faire écouter de la musique à quelqu’un n’a rien de déliquant, et pourtant, cela peut relever de la torture si l’intention coupable existe et si certains moyens sont mis en oeuvre. De même, l’avortement n’a rien de délictuel ni criminel (en France). Mais pratiqué dans un contexte de persécution ciblée, il a valeur de crime contre l’humanité.  Doublement : d’une part, contre les femmes avortées, car il est une autre forme de contrôle total par le pouvoir masculin, de destruction de leur intégrité physique et morale, bref d’appropriation totale par les dominants. D’autre part contre toutes les femmes vivant dans ce pays ou cette région, car c’est elles qui sont visées par l’acte d’élimination, c’est en tant que « femme » que le foetus est traité, et donc tué. Les avortements devraient donc être poursuivis comme part du plan génocidaire. Dès lors, les « avorteurs » à l’intention coupable, les vrais coupables de crime contre l’humanité, apparaîtraient : les hommes, dont le système de domination a mené au massacre. Les victimes seraient aussi enfin reconnues : les femmes avortées et toutes les femmes contemporaines de ces femmes. Toutes les femmes du monde entier, nous toutes sommes désignées et comme « fardeau » indésirable et comme ventre à manipuler selon les intérêts de la caste au pouvoir. Je rappelle que le crime contre l’humanité d’un groupe touche tout le groupe. Et enfin, la communauté humaine est attaquée dans son fondement, à savoir l’humanité de chaque humain sur terre, car elle ne peut qu’être partagée par tous les individus, sans exclusive.

En réduisant les actes criminels aux avortements, et en effaçant totalement l’intention génocidaire, les révisionnistes ne font pas que déqualifier les faits : ils font de l’avortement l’acte criminel. Ils criminalisent l’avortement. Mais aussi ils victimisent le foetus. C’est pour cela qu’ils insistent tant à parler de foeticide. Ils font exister le foetus, lui attribuant un statut pénal et philosophique de victime du massacre. A l’instar du système génocidaire, ils  prennent le foetus pour la « femme » que visent le crime. Ils entérinent la marque naturelle [cf. C.Guillaumin système de marques ] créé par les génocidaires pour éliminer les femmes d’une manière encore plus systématique, ils entérinent le mythe sexiste que la caste féminine existe dès le stade foetal, le mensonge que dès le stade de foetus, un humain peut être « une femme ». Le système criminel par ses actes, les commentateurs français par leurs amalgames naturalistes, tous renforcent deux mythes patriarcaux : ils attribuent au foetus un statut de sujet pour criminaliser l’avortement et ils étendent la naturalisation du statut de « femme » à l’état de foetus. 

Il faut comprendre la propagande occidentale sur ce génocide en Asie aussi comme un discours sur l’avortement, porté ici, pour faire reculer nos droits. Les patriarcats sont depuis longtemps en phase de mondialisation, et la pression génocidaire à un bout de la planète fait régresser les droits de toutes les femmes : la pression proxénète, gonflée par les guerres impérialistes et ce génocide depuis 30 ans, a déjà écrasé, vias certaines Conventions Internationales et dans les pratiques judiciaires nationales, nos droits fondamentaux quant à l’inviolabilité et l’inaliénabilité de notre corps, l’atteinte à l’intégrité physique et morale … d’autres régressions vont suivre. Le droit à avorter est lui aussi au centre de l’inaliénabilité de notre corps. Il ne peut exister sans notre autonomie, et dès lors que nous restons réquisitionnées pour la reproduction et la pénétration virile, l’instrumentalisation de l’avortement à des fins sexistes sera inévitable.

– Ben, que voulez-vous mon bon monsieur … « une société » « en crise » …

Comme dans toutes les publications sur le sujet, on essaie de nous faire croire deux choses : 1) les hommes n’organisent rien (c’est madame qui avorte et néglige) 2) ils en souffrent aussi (ils ne se marient plus, se font des guerres, sont obligés de se déplacer pour posséder des femmes …). Et la démonstration de l’innocence des hommes est simple : 2) démontre 1)…. pour sûr, ils ne pourraient tout de même pas organiser quelque chose qui leur rend la vie plus difficile …. C’est méconnaître la logique de l’oppression, qui est un système organisant les individus et non la convergence fortuite d’intérêts naturels éclos dans les individus. Le système est au maximum de son efficacité quand les intérêts individuels des dominants sont ajustés à leurs intérêts de classe. Mais les périodes de crise révèlent un fait important : la logique de classe prévaut toujours sur la logique individuelle. Certains agents du système peuvent bien sauter, le système se renforce toujours par ses crises. La logique de classe est renforcée, à savoir le règne sans partage d’une caste sur une autre – quel plus grand règne que la destruction finale ! Les intérêts individuels de la majorité des hommes sont renforcés grâce  à la terreur instaurée et grâce aux recours d’urgence : déportations à des fins matrimoniale et prostitutionnelle. Ces phénomènes assurent un règne individuel sans limite sur les femmes terrorisée et/ou déportées. L’élimination ciblée est d’autant plus légitime qu’elle cible des êtres marqués par un double statut de propriété de l’homme, caractérisé par la disponibilité sans limite et souvent par la minorité légale : « femme » + « enfant ». De fait, c’est le double pouvoir patriarcal qui s’en trouve renforcé.

C’est bien parce que ces intérêts dominants sont préservés que les médias ne font que parler d’une catastrophe à venir : celle qui pourrait toucher les hommes (au plan démographique, de leur reproduction de père en fils). Mais il ne faut pas oublier le but de la propagande : agiter de fausses catastrophes pour masquer les véritables ; se faire l’écho du brâme des dominants qui, blessés dans leur certitude de maîtriser jusqu’à la mort, réorganisent leur délire carnassier ; répercuter au centuple cet hallali pour masquer leurs plans et les cris de leurs victimes.

– … « et puis les femmes, quel fardeau » !

Les explications de la « catastrophe » se font tautologiques. Car elles reposent sur le même postulat patriarcal : [fait de naissance =] une femme est un être à traiter différemment d’un homme … l’élimination est donc un avatar du traitement différentiel naturel [= un accident démographique].

L’article d’AgoraVox résume des dizaines de publications sur la question : « Les causes de ce déséquilibre sont d’ordre social. En Inde, [avoir une fille] c’est se condamner à faire des économies et s’endetter parfois une vie durant pour rassembler sa dot, sans rien en retour« . Votre fille est une fille, voilà pourquoi elle est morte ! L’un des titres de chapitre du rapport d’Amnesty International cité plus haut est encore plus lapidaire : « La préférence masculine : les filles sont des fardeaux ». Subalternes = « fardeaux », parasites, entretenu-e-s … voilà la terminologie génocidaire elle-même. Une prise de distance rhétorique aurait été un minimum (guillemets, conditionnel, etc.). Mais totalement incapable de masquer la collusion d’intérêts qui oeuvre en silence dans toutes les publications patriarcales qui reproduisent à l’infini les phrases assassines de leur génocide.

Le fardeau qui leur pèse, aux masculinistes, est un cadavre sans précédent, l’histoire sans fin de leurs crimes contre notre humanité : domestication, viol, viol par inceste, persécution, passage à tabac, prostitution, élimination. Leur monde de guerre et de haine est érigé d’abord contre nous. Le fardeau de leurs bourses pleines : plus de 50% du PIB, voilà le prix de notre servitude domestique en France. Les ségrégations sexistes verticales et horizontales du marché du travail produisent un richesse colossale. Plusieurs centaines de milliards de dollards : voilà le prix de notre esclavage prostitutionnel à échelle mondiale. Sans compter les dividendes de notre putification, ces milliers de milliards « d’images » de nous qui organisent le secteur publicitaire et cinématographique. Leur monde de richesses accaparées repose sur nos épaules et celles des fillettes.

Colère politique.

Accablement assourdissant des mères. Accablement post-mortem des « fardeaux ». Le but de cette propagande est de masquer les vrais coupables, les hommes, ceux qui bénéficient de ce massacre, directement (ils sont épargnés) et indirectement (la déportation à des fins de viol  et d’esclavage, et l’appropriation sans limite, sont désormais « rationnellement » justifiés). Qui oseraient dire que les femmes bénéficient de leur propre élimination ? Les hommes en France l’osent, via leur propagande médiatique et savante. Ils démontrent leur complicité de classe. Mais nous, féministes, ne pouvons ignorer ce que signifie tout cela. Nos soeurs d’Asie ont chacune un numéro : beaucoup en sont mortes, les autres doivent encaisser le sexisme exacerbé des bourreaux. Toutes ont pour devoir d’enfanter de nouveaux élus, et éliminer leurs semblables. Celles qui le font doivent se détacher assez d’elles-mêmes, de leur être et de leur coeur, elles doivent se rapprocher assez de leur haine d’elles-mêmes pour ne pas faillir face à leur fille, et tuer celle qu’elles sont, et, par ce meurtre, repousser loin d’elles, celle qu’elles auraient pu être. Enfin, elles doivent porter, jusqu’à leur mort, ces cadavres intimes, les porter dans le gouffre de leur coeur et dans le charnier de l’Histoire. Si certaines ont du sang sur les mains, c’est le leur, c’est le nôtre, pas celui d’un autre. Il y a une différence éthique fondamentale entre le suicide et le meurtre. Nos soeurs là-bas, sont victimes d’un suicide collectif orchestré par et pour les hommes. Les hommes, eux, ont notre sang sur la conscience, trois fois : une fois d’avoir organisé ce déchaînement de haine, une deuxième fois d’avoir imposé à des mortes en sursis d’exécuter leur basse besogne, une troisième fois de durcir la persécution des survivantes. Et bien souvent, ils ont du sang sur les mains, car ils tuent aussi, ça les journalistes le taisent.

Cette propagande baigne donc dans un lourd silence, une conspiration des oreilles bouchées orchestrée par la propagande masculiniste, car les complices des génocidaires locaux règnent partout dans le monde.

Silence sur la violence inouïe des hommes contre ces femmes, contre les filles, en meute et individuellement. Silence non factuel mais silence éthique : les faits de violence sont parfois admis, mais comme une cause parmi d’autres, collés à côté des raisons « rationnelles », ces fameuses considérations sur le caractère inutile et pesant ou utile et fonctionnel des « disparues », sur l’importance de la « transition démographique » qu’amorcent si maladroitement certains pays. Or la violence masculine est la seule cause du génocide et ces rationalisations sont partie intégrante du plan génocidaire. Les donner comme explication ne révèle rien d’autre qu’une complicité « rationnelle » avec les génocidaires.

Le saut éthique est vertigineux pour certains. Car admettre que la seule cause d’une élimination est la « discrimination » – la violence ciblée d’un groupe humain contre un autre – mérite une décision éthique au plan international, et une mesure d’urgence.

Or ce que l’on voit à la place, c’est le silence. Silence éthique sur l’organisation génocidaire de la société : apartheid, pratiques de meurtres ciblés, pratiques de crimes ciblés (viol), persécution (menace et violences punitives), interdits de circuler et d’obtenir seule les moyens de sa survie …  Pourquoi ce silence ?  Car tout patriarcat est une organisation génocidaire. En reconnaître un seul comme tel, c’est vouer tous les autres à la contestation la plus radicale. Les pays d’Asie montrent le vrai visage du système qui nous a vu naître, l’aboutissement attendu et aussi la réplique inévitable en cas d’insurrection de notre part. Les médias patriarcaux existent pour étouffer ce constat. Ils leur faut donc nier tous les crimes contre l’humanité, perpétrés contre les humains faits « femmes », par lesquels règne la caste virile.

Silence éthique des mots. Les médias et les démographes les versent comme encre noir sur le sang de notre peuple pour le masquer définitivement.

Le viol a presque toujours été défini comme l’atteinte par un homme au droit d’un autre homme. Le génocide sexiste l’est de même. Il ne me semble pas que l’on ait défini le génocide nazi comme « un déséquilibre de la balance du commerce, où les juifs manqueraient au marché des diamantaires… ».

Pourquoi ? Car c’est expliquer le préjudice subi par la communauté humaine de la même manière que pourraient l’expliquer les génocidaires. Ainsi, dire que les victimes juives « manquent à la balance du commerce », c’est reproduire leur stigmate (juif = vénal) et les enterrer dans le ghetto social  et idéologique où elles ont péri. C’est mentir sur le préjudice pénal et éthique du crime nazi – il correspondrait à la fonction à laquelle la persécution anti-sémite a assigné-e-s les juives-fs.

De même, personne n’a spécifié les génocides reconnus par le stigmate des victimes : on ne parle ni de « Judicide » ni de « Négricide » ni d' »Arménicide » ! Je refuse que l’on parle de « Féminicide » pour parler de l’élimination de masse et systématisée des femmes.

Le crime contre l’humanité consiste à déshumaniser un humain en le prenant pour un stigmate et le persécuter en conséquence, selon les procédures légitimes, souvent légales, édictées par la société génocidaire. Prendre une personne noire pour « un-e Noir-e » – et donc la traiter en conséquences, selon les normes de la société esclavagiste qui a transformé un phénomène physique en marque distinctive d’infériorité sociale – … prendre une personne juive pour « un-e Juive-f » – et donc la traiter en conséquence, selon les normes de la société anti-sémite qui a transformé une religion en provocation – … tous ces délits de faciès sont la déshumanisation qui caractérise le crime contre l’humanité. « Nègre » et « Jude » sont les stigmates en raison desquels les gens ont été déportés, parqués, utilisés comme outils et finalement éliminés. De même « Femme » n’est pas une tâche de naissance, elle n’implique pas une fonction naturelle de coucherie ou de reproduction. C’est un stigmate socialement plaqué sur nous, et aux conséquences strictement identiques. Le plan qui consiste à nous déporter (nous imposant la plus grande promiscuité avec l’ennemi ou nous bannissant loin d’eux, physiquement et socialement), nous parquer (nous reléguant dans des cachot domestiques ou les bordels de leur guerre totale), nous utiliser (rarement entières, presque toujours par bout utiles : force de travail, cerveau pensant et créatif, cerveau disponible à fonction de paillasson psychique, « corps » à fonctions sexuelle ou reproductive, etc.) et enfin nous éliminer, est un GENOCIDE.

Je dénonce quiconque parle de notre génocide en termes démographiques ou masculinistes. Définir l’atteinte à l’humanité d’un groupe humain ou d’un humain 1) par le préjudice fonctionnel dont se plaint le groupe qui le persécute 2) par le stigmate qui a tué la victime, c’est en soi du négationnisme. C’est perpétuer le crime génocidaire. Cette fois en déniant aux victimes leur humanité jusqu’après leur mort. C’est inscrire sur leur memorial, en guise de liste des crimes et de cause du décès, la rationnalité des bourreaux. C’est inscrire sur leur stèle, en guise de nom, le stigmate que les bourreaux ont inventés pour les éliminer. C’est leur dénier leur statut d’humain même après la mort. C’est continuer le plan génocidaire : nier la nature humaine du cadavre pour effacer la nature du crime. Or ce crime est une atteinte à l’humanité : à l’humanité des victimes, et à l’humanité de tout humain, en tant que l’humanité ne peut être que totalement partagée, sans exclusive.

Nier la gravité éthique du crime, c’est condamner les victimes, mortes ou encore épargnées, à la haine éternelle de leurs bourreaux. Car c’est nous enterrer, mortes et vivantes, comme la tâche humaine que nous sommes pour les oppresseurs.

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10 réponses à Are Women Human ? – 2

  1. binKa dit :

    je reprends ici des arguments classiques, entendus nombres de fois quand, il y a déjà plusieurs années, j’avais proposé un fil forum sur une chaîne de télé pour proposer une émission sur le thème de la manipulation médiatique d’un génocide.

    « Ces meurtres ont été intégrés au cours normal de la vie, ils ont eu lieu suivant des critères qui nous semblent aberrants. »

    Les meurtres des femmes en Asie a été intégré dans le cours normal de la vie même ici, car les critères avancés par les médias et les scientifiques français n’ont rien d’aberrants : « préférence des garçons », « transition démographique », actes individuels de parents …. rien ne fait penser à un génocide ni à un crime contre l’humanité alors que plusieurs dizaines de millions de personnes ont été massacrées.

    « Serait-il important de nommer ces actes « crimes contre l’humanité »? »

    oui

    « Pénalement parlant? »

    Pénalement veut aussi dire éthiquement. Il est étonnant de voir que lorsque l’on demande une reconnaissance internationale des crimes sexistes, soudain, on appelle à la déqualification et le droit devient trivial, ne porte plus de jugement philosophique (politique) contre le mal absolu et sa banalité.

    « Qui jugerait-on au tribunal du XXIème siècle? Les parents? »

    j’ai passé un sous-chapitre entier à montrer précisément que la responsabilité politique et éthique, donc pénale, était opposée entre hommes et femmes. C’est la caractéristique même de l’ordre sexiste. De plus, il faudrait en finir avec cette idéologie du « couple », des « parents ». Il n’y a pas de « deux » quand un est mineur légal, sous la tutelle de l’autre, qui a droit de propriété, de vie et de mort sur elle. Le système de dot signifie une chose : la femme a une valeur d’échange, elle ne s’appartient pas à elle-même, et elle appartient à qui la reçoit en cadeau ou paie pour elle, elle appartient de manière radicale.

    « Des centaines de milliers de décisions individuelles ne font pas un complot ».

    réponse mille fois entendue. Je suis étonnée de voir que dès qu’il s’agit de sexisme, c’est l’individualisme qui règne dans l’analyse. Il ne s’agit pas d’un complot mais d’un génocide. Au plan de ces individus, il ne s’agit pas de « décisions », et moins encore « individuelles ». Ces meurtres prétendus « individuels » ne sont nullement isolés, ni les uns des autres (il y a une organisation, qui se nomme patriarcat) ni d’autres crimes (il y a une organisation du crime : la spoliation économique, la déportation, la séquestration, la prostitution, la persécution, la propagande sont aussi des faits constituant le génocide). Le TPI a-t-il convoqué les centaines de milliers d’individus qui ont oeuvré au génocide Rwandais ? Pourtant, dans les faits, c’est un génocide qui pourrait être analysé comme la convergence de milliers de décisions individuelles (surtout masculines) à tuer : ce n’était pas l’organisation pyramidale du nazisme, le génocide était beaucoup plus horizontal, beaucoup de « voisins » ont tué et cela explique pour part la rapidité du massacre. Non, le TPI a considéré que c’était organisé, et c’est cette organisation, et non des actes individuels, qui a caractérisé les faits. Il a donc jugé des « responsables ». De même à Nuremberg : les délateurs étaient des centaines de milliers, les témoins étaient encore plus nombreux. Au sens pénal, ils auraient pu être poursuivis. Les autorités ont décidé de juger des « responsables » : des personnes qui par leurs positions soit ont décidé les crimes, soit auraient pu les anticiper et les stopper en amont, soit auraient pu arrêter le massacre en cours. Ces responsables existent en Asie : les hommes du gouvernement qui décident les campagnes de propagande diffamatoire sur les femmes, ceux qui n’abrogent pas les lois coutumières et légales qui font des femmes des « fardeaux » mais lancent une politique d’enfant unique, ceux qui ne font rien pour stopper le massacre, ceux qui organisent le rapt et la vente des survivantes. Il sera aussi possible de condamner des individus particulièrement exemplaire de la haine génocidaire : des individus « zélés », qui cumuleraient les caractéristiques de l’horreur dans son ampleur (assassinat, rapt et prostitution), et seraient condamnés pour démontrer une des caractéristiques de certains génocides, à savoir que n’importe quel représentant légitime du pouvoir peut incarner la banalité du mal, et ces représentants légitimes sont fondus dans la population et vivent dans la plus grande proximité avec les victimes persécutées.

    « La sanction pénale n’est pas la solution, il faut oeuvrer à un changement de mentalités, à un changement de valeurs culturelles ».

    Les valeurs en question sont des valeurs éthiques, qui déterminent la différence entre le bien et le mal, entre le vivre-ensemble et des actes qui détruisent autrui. ça ne change pas comme les valeurs culturelles qui, en ordonnant la vie quotidienne, consolide la communauté, le vivre-ensemble. De plus, on n’a pas le temps (de se bercer de l’illusion qu’il suffise) d’attendre que « mécaniquement » ces valeurs « évoluent », car le temps que certains « prennent conscience », les cadavres s’accumulent. Les médias et universitaires sont idéalistes, et appellent à un abandon pur et simple des victimes, s’ils pensent que face à un crime contre l’humanité, il suffit de changer les mentalités. Traiter les « valeurs » qui régissent la vie quotidienne entre hommes et femmes comme des valeurs « culturelles » (c’est à dire créatrices, porteuses de vie et assurant la cohésion sociale) est en soi révisionniste car ces « valeurs » sont destructrices : elles sont un plan d’élimination psychique, sociale, et, à divers degré, d’élimination physique.

    b.

  2. prince2phore dit :

    He beh, bon j’ai lu en diagonale car j’ai pas trop le temps la mais vous m’avez l’air bien énervée…
    j’avoue que je tombe des nues donc il va falloir que je lise plus posément pour comprendre votre colère car a première vue je n’y comprends rien !

    je ne vois pas trop de commentaires sur le site d’ailleurs, vous avez d’autres lecteurs(rices) a part moi ?

    Vous pourriez me résumer ou me pointer vers un article qui le fait, votre positionnement et le cœur de votre combat ? je suis d’un naturel curieux et plutôt ouvert d’esprit mais la j’avoue que tant de haine envers « les hommes » je ne comprends pas trop…

    • binKa dit :

      @ Prince, fort de son opinion non informée qui vaut pour réalité …
      je ne publie que les commentaires qui apportent quelque chose aux femmes, et publie très rarement les hommes. Là je publie le votre car il est exemplaire de l’arrogance masculine :
      – « j’ai autre chose à faire que de vous lire, mais j’ai du temps pour vous répondre et vous remettre à votre place ».
      – « je ne sais pas ce que vous racontez, mais je sais ce que ça veut dire : ma raison n’y voit que passion ».
      – « je n’écoute même pas vos arguments, car votre passion abolit toute raison (en tout cas la mienne, qui est le parangon de La Raison ».
      – « Vous réclamez que nous cessions de vous maltraiter ? Comment osez-vous critiquer la manière dont nous vous traitons ??? Nous en sommes les seuls juges. En fait, vous haïssez les hommes, a priori, sans raison, hein ?! »
      – « c’est tellement insignifiant ce qu’une femme a à dire, qu’il suffit d’augmenter son préjugé d’un petit digest pour maîtriser l’argument
       » … et ainsi pouvoir l’utiliser contre d’autres femmes pour les faire taire : soit en s’opposant à elles, soit en leur « offrant » ce savoir féministe et les endormir sur vos intentions …

      Ne vous échinez ni à me lire ni à me répondre – je ne vous lirai pas, et je ne vous republierai pas. Je refuse tout dialogue sur ces bases. Ces actes de langage me sont bien connus, ils n’ont qu’un message : « tais-toi, tu m’engourdis les oreilles ». Il ne vise qu’à enterrer l’acte d’insubordination subalterne qui consiste à penser quelque chose en dehors d’un homme et à le dire. Il est également interdit à tout opprimé-e, car maltraité-e de manière légitime, de signifier au dominant qu’il doit fournir des gages de non-agression avant même de prétendre dialoguer avec nous.
      b.

      • A ginva dit :

        Oui!
        Et j’ajouterais, à toutes les femmes qui lisent: c’est une stratégie classique de la part des hommes d’exiger que les femmes leur « expliquent » le féminisme parce qu’ils « n’auraient pas tout compris » – alors même que l’article est explicite et suffit à lui-même. C’est encore exiger qu’on s’empresse à les servir comme leurs subalternes, que l’on s’exécute à leur moindre désirs.

        Ils font cela dans l’espoir que l’on recentre notre attention sur eux car ils ne supportent pas ne pas être au centre de notre attention – alors ils font tout pour que l’on perde tout notre temps et notre énergie à leur expliquer comme à des bébés, pour nous épuiser.

  3. A ginva dit :

    Bravo! Je reste bouche bée, c’est impressionnant comment tu as réussi à critiquer tous les aspects de la propagande génocidaire et négationniste des médias, la manière dont cette propagande est orchestrée par et pour les hommes et dont le génocide bénéficie à tous les hommes, les mécanismes, l’enjeu, etc.. Bravo! Oui et je suis d’accord pour utiliser génocide à la place de féminicide. Bien que ce dernier terme parte d’une bonne intention de la part des féministes, c’est une manière encore et toujours de traiter les crimes contre notre humanité comme spécifiques donc non-universelles, non humaines.
    C’est fondamental aussi de rappeler que derrière toute propagande de haine, il y une visée génocidaire, la volonté d’éliminer, de tuer.

    Le monde que les hommes ont crée est fondamentalement génocidaire et nécrophile, et la cible de leur haine meurtrière sans limites sont nous les femmes. Derrière tout acte de destruction, même lorsqu’ils frappent un homme ou un animal, c’est une femme qui est visée.
    Premièrement, tout acte de destruction de leur part accroît instantanément leur pouvoir individuel et collectif sur les femmes, et d’autre part toutes leurs victimes – femmes, hommes et animaux – sont nommées par eux « femmes ». Dans leur monde bâti et scellé autour de la haine des femmes, où leur vision et rapport au monde s’est construit autour de leurs propres projections paranoïaques des femmes, victimiser c’est féminiser, détruire c’est rendre femme. Rendre femme c’est violer, castrer, exciser, vampiriser, coloniser, pénétrer, souiller et pulvériser en mille morceaux.

    Cette nécrophilie misogyne et génocidaire est certes sans limites car jamais nous ne seront assez absentes, cadavres et mortes à leur yeux, jamais nos âmes ne seront suffisamment détruites car notre seule existence et vie leur est insupportable et terrifiante.

    • binKa dit :

      merci A Ginva,
      que vos paroles sont justes !

      « Le monde que les hommes ont crée est fondamentalement génocidaire et nécrophile, et la cible de leur haine meurtrière sans limites sont nous les femmes. Derrière tout acte de destruction, même lorsqu’ils frappent un homme ou un animal, c’est une femme qui est visée. […] Dans leur monde bâti et scellé autour de la haine des femmes, où leur vision et rapport au monde s’est construit autour de leurs propres projections paranoïaques des femmes, victimiser c’est féminiser, détruire c’est rendre femme. Rendre femme c’est violer, castrer, exciser, vampiriser, coloniser, pénétrer, souiller et pulvériser en mille morceaux. »

      Que d’années j’ai entendu les psychanalystes m’expliquer que « la castration » était mêmement la mort, la finitude de l’être et la féminisation ! Leur message meurtrier était pourtant limpide.

      Si nous, femmes, mesurions l’ampleur et le but de la haine qu’ils nous font, en nous violant ou en nous battant, en déversant leur misogynie à longueur de blague et de mots « sexuels », nous nous redresserions d’effroi plus encore que de colère, et nous serions capables, sans ciller, de justifier tous ces millénaires de souffrance, par une révolution sans concession.
      Dans cet espoir, en raison et en passion fondé,
      b.

  4. A ginva dit :

    Cela fait à peu près deux ans de cela que j’avais lu un des premiers rapports sur « l’infanticide » en Asie, écrit par le journal « the economist » (le front intello de propagande néolibérale).

    Tous les rapports se sont ensuite calés sur leur langage – non pas qu’ils l’aient inventé, il y a dû en avoir avant eux, mais je ne les connais pas, et c’est certainement cet article qui a déclenché une vague de médiatisation patriarcale sur le « sujet ». J’avais écrit un article en réponse, mais c’était resté à l’état de brouillon et j’ai dû le jeter depuis, c’était sur papier. Mais ma réaction était la même que la tienne, et tous les mécanismes d’occultation, d’inversion et de protection des génocidaires que tu cites – tous y étaient déjà à l’époque, ça n’a pas changé d’un yota. Cette rigidité et l’absence totale de changement dans leur propagande depuis deux ans est la preuve que leur impunité reste totalement inchangée – puisqu’ils n’ont pas eu à s’adapter.

  5. Berenice dit :

    Un petit mot pour signifier que non, l’autre petit boursouflé n’est pas le seul lecteur de ce site…
    C’est juste que je laisse rarement des commentaires, en vérité, généralement, je suis d’accord, mais ça m’épuise nerveusement toute cette misogynie et dans la mesure ou je suis d’accord avec ce que je lis, je ne vois rien à ajouter.

    100 millions de femmes à peu près ont étés exterminées, mais si vous le dites, l’homme vous regarde et vous sourit d’un air goguenard en vous rétorquant : « mais tu es folle ma pauvre fille, vas donc te faire soigner tu as un problème, tu hais les hommes, peut-être même que tu es lesbienne! c’est dire comme tu aurais besoin d’aller faire un tour à l’asile…  » et celui-là n’est même pas des plus méchants, c’est un modèle ordinaire.

  6. binKa dit :

    http://radfemimages.wordpress.com/2012/05/04/on-femicide/

    In real life, and as mirrored in media images, women as a class are targeted for extermination. Women are murdered, disappeared, placed in harm’s way, tortured and raped until we die from it, but this is never addressed as a class issue or as comparable to other acts of deliberate, political genocide, even though it is.

    We often encounter media images evocative of femicide by way of the female superhero or witch, who possess supernatural powers but against a historical backdrop of the Burning Times in which millions of allegedly supernaturally-powerful women were persecuted, tortured and murdered.

    We are also confronted with images of female rape and murder victims, all of which exist within the broader context of global femicide (and necrophilia), but that context and the political implications of woman-murder are never discussed.

    Why? Because…

    Femicide supports male power. Males as a class are working very hard to destroy females as a class, and they are succeeding: globally, women are underrepresented due to “gendercide” against females, where female fetuses and babies are literally killed before or at the time of birth. In what the The Economist has dubbed “The Worldwide War on Baby Girls,” the male-supremacist ratio of males to females in many regions simply would not exist in nature: in some places there are over 130 males for every 100 females due to gendercide. In some places at different times in history, according to census takers, no girls were found at all. The result is that males exist in unnatural numbers globally and share power and resources amongst themselves without sharing it with girls and women — power which they actually lord over girls and women and which includes mandatory PIV and rape. And unnatural numbers of males lording sexual power over girls and women, and where female infants are then killed and males aren’t, exacerbates and perpetuates the problem of male global overrepresentation and unequal male political and physical power and resource-hoarding with no end in sight.

    Images of “powerful” women often include unnaturally-powerful women, even though historically the female “witch” was not politically powerful and was actually the victim of terrible state-sanctioned persecution including brutal torture — including sexual torture and rape — and murder. Of course, as witches do not exist, and powerful women who were executed as witches were not supernaturally powerful, but exercising completely natural skills such as herbal medicine and midwifery, all women exercising legitimate skills, agency or “power” are doing so within a historical and political context where powerful and skilled women have been literally demonized and subjected to violent interpersonal and state control. And many women persecuted during the Burning Times were not unusually powerful at all and were targeted anyway, for being female and as a result of false confessions exacted under torture. Femicide is actually completely arbitrary, but for the fact that it targets women only: the details and the “whys” of women’s persecution, torture and murder under patriarchy are obfuscations of a political reality whereby women are targeted for execution by men globally, with the intent and effect being to support male power, and this has been the case for a long time.

    The psychological effects of femicide generally and the Burning Times specifically on women (and men) are both conscious and unconscious, and the issue of female “power” and the realities of female powerlessness are politically and psychologically complicated and fraught with political and historical meaning which is ignored. Instead, we see the issues of woman-murder and female power and powerlessness de-politicized and instead being individualized, as in discourses centering female “agency” and empowerment, or blaming individual women for their own powerlessness or dismissing women’s feelings of powerlessness as if they are incorrect.
    > See also
    Necrophilia ( http://radfemimages.wordpress.com/the-gears/#necrophilia ); Normalize abuse/neglect ( http://radfemimages.wordpress.com/the-gears/#abuse ) ;
    Normalize porn/prostitution ( http://radfemimages.wordpress.com/the-gears/#pornstitution );
    PIV-centric narrative (http://radfemimages.wordpress.com/the-gears/#PIV )
    Rape and rape culture ( http://radfemimages.wordpress.com/the-gears/#rape ) ;
    Reversal ( http://radfemimages.wordpress.com/the-gears/#reversal ) ;
    Support patriarchal institutions (medicine/religion/law) ( http://radfemimages.wordpress.com/the-gears/#institutions ).

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