Toutes des putains

Selon les pro-prostitution, la prostitution n’est pas pire que le mariage, c’est même mieux.

Dans le mariage, disent-ils-elles, la femme couche contre des avantages matériels, le mariage est une source de revenus indirects, une prostitution où elle fournit des services sexuels qui sont rétribués indirectement (cf. les rapports d’activité de Cabiria & Gail Pheterson, 2001). Or dans la prostitution, elles seraient payées pour finalement faire la même chose.

Car dans la prostitution, disent-ils-elles, la femme couche contre de l’argent, la prostitution est une bonne source de revenus directs, les femmes prostituées fixent les prix et les prestations, choisissent leur « client », bref sont indépendantes. Certes il existe des réseaux qu’il faut combattre, mais ceux ne sont pas du tout nécessaire au commerce prostitutionnel, ils ne sont qu’un accident que des politiques d’état peuvent résoudre. Certes il existe le proxénétisme, mais en dehors des réseaux (qui on l’a compris sont un accident de l’histoire), il est résiduel (cf. rapport d’activité Cabiria, 2000).

Bref, tout est parfait dans le meilleur des mondes, si ce n’est que le business des femmes ne tourne pas comme il devrait : les femmes mariées pourraient se faire payer directement, cesser de dissimuler leur travail de prostituée et de stigmatiser par hypocrisie les « travailleuses du sexe ». Et ces « travailleuses » devraient exercer en indépendantes et s’organiser en un syndicat – syndicat particulier, il faut le souligner, car jamais les pro-prostitution ne proposent de revendiquer contre les patrons (proxénètes et clients-prostitueurs) !

Les mensonges patriarcaux de cette position :

1) les femmes ne font pas que coucher, la plupart du temps dans la vie de couple en fait elles travaillent gratuitement au bénéfice direct de leur conjoint et au bénéfice indirect de la classe des hommes (via le marché du travail).

doc. PDF :

Ann Chadeau & Annie Fouquet, Peut-on mesurer le travail domestique ?

Annie Fouquet : L’invention de l’inactivité, sur Cairn.

Les inégalités entre les femmes et les hommes : Les facteurs de précarité; par : FRANCOISE MILEWSKI, SANDRINE DAUPHIN, NADIA KESTEMAN, MARIE-THERESE LETABLIER, DOMINIQUE MEDA …  Ministère des affaires sociales. Rapports officiels : en PDF

MILEWSKI, Françoise, Les inégalités entre les femmes et les hommes, 2005.

b) Elles ne sont aucunement rétribuées « en nature », le mariage n’est pas du tout une source de revenus indirects. Tout un courant du féminisme radical – le féminisme matérialiste – a montré que le mariage était l’un des moyens les plus efficaces par lesquels la classe des femmes était spoliée et exploitée au bénéfice de celle des hommes. cf. entre autres :

DELPHY, Christine, L’ennemi principal 1, l’économie politique du patriarcat, Paris, Editions Syllepse, coll. « Nouvelles Questions Féministes », 2002 (1998).

DELPHY, Christine, L’ennemi principal 2, penser le genre, Paris : Editions Syllepse, coll. « Nouvelles Questions Féministes » 2001.

DELPHY, Christine, Classer, dominer, qui sont les « autres » ?, Paris, La Fabrique, 2008.

« Race, caste et genre en France », 2004 consultable sur internet :

http://www.lmsi.net/spip.php?article368

DELPHY, Christine , « Par où attaquer le « partage inégal » du « travail ménager » ? », dans  Nouvelles Questions Féministes,Volume 22, No 3, 2003.

c) La prostitution est à 85% tenue par les proxénètes, dont la rapacité économique ne fait aucun doute, et les « clients » ne sont pas du tout ces « consommateurs » idéaux qui se mettent d’accord sur une prestation qui plaît à madame et s’en tiennent au prix fixé. Les femmes prostituées sont régulièrement volées par les clients-prostitueurs avant d’être délestées par les institutions proxénètes (bars, bordels, etc.) ou les proxénètes eux-mêmes.

Pour une fois je renvoie aux travaux d’un homme (la production du savoir étant dépendante des conditions concrète de vie, la position dans un rapport de pouvoir détermine la valeur politique du savoir produit – presque toujours les hommes dans les études genre révisent voire nient carrément leurs bénéfices et intérêts comme nos dommages. cf. là dessus  Anne Marie Devreux & Huguette Dagenais, Les hommes, les rapports sociaux de sexe et le féminisme )

Poulin 15 thèses sur le capitalisme et le système prostitutionnel mondial

Poulin ABOLITIONNISTES ET RÉGLEMENTARISTES – LA BATAILLE AUTOUR DU PROTOCOLE CONTRE LA TRAITE DES PERSONNES

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