lesbian diary (1)

c’est une douleur qui me fait écrire. une douleur de n’avoir pas vécu. mise au monde par une amoure inattendue, éblouissante, une amie qui sait écouter mon cœur, et, très étonnamment, par les Gay games qui se tiennent actuellement à Paris, pour la première fois depuis 1982.

Un Rainbow sur la façade de la mairie de paris. Une larme multicolore sur le visage officiel de mon histoire. Hier, danser sur le parvis de l’hôtel de ville, crever le monde hétéroviril comme une bulle inoffensive, et poser, au centre, ma gravité, mes gestes libres, mes regards désirants sur des femmes aussi hétéro qu’amusées, sur des femmes moins hétéros et souriantes comme jamais, occuper l’espace de tout mon cœur, dont la musique crie la joie, pour la première fois, à ciel ouvert. La Gay pride est une pride exotique, captée par les hommes, au profit des industries du toy et du viol. Les gay games, par son format officiel, c’est la foule des badauds devenue la marge, le sport mondial devenu un genre, la culture malestream devenue has-been, le cœur historique de paris reniant son histoire de persécution et de haine. Arracher la culture de masse, arracher la pierre aveugle et sans mémoire, s’en faire une écharpe et parader. Euphorie éphémère, pure logique de carnaval d’un pouvoir de plus en plus écrasant, … mais quelle expérience !

Aller au gymnase, entrer d’une seule inspiration dans mon monde étrange devenu le monde : finie l’apnée, voici le cri et les applaudissements ! Fini le silence, la honte, le mur vu de trop près, à moie ce lieu d’enfance où mon corps n’a jamais appris à admirer ni aimer les sportives comme a il dû apprendre à aimer le geste et la dureté virils. Ce terrain de basket qui sent la couille et le cri de triomphe dominateur, aujourd’hui, il est Rainbow ! Je l’ai repeint d’un geste aux milliers de mains, à mes couleurs. Il est tapageur, ostentatoire, innocemment indécent, bruyant, nos joies ne se tairont pas ! Il n’y a pas que la colère qui se crie dans les rues ! Les hommes qui pavanent aujourd’hui dans leurs muscles dansent en talon aiguilles, et, puis-je le dire ? pour une fois, je les trouve beaux. Fini ce lieu de liesse où mon peuple est humilié, où triomphent la force et l’agressivité, cette cage où les femmes sont gagnantes de seconde catégorie et supportrices des hommes ! Aujourd’hui, elles dansent comme des hommes : applaudies, admirées pour leur technique, immenses, médaillées – et elles embrassent leur amour et leur fierté devant le podium !

Moie qui n’ai de couleur que le violet, celui des coups et de mon cœur féministe et lesbien, aujourd’hui je le laisse couler comme larme dans son arc-en-ciel originel, je retrouve, par ses couleurs, la couleur universelle : féminine – le genre de la vie – et lesbienne – tout le spectre du possible dans l’amour.

Dans cette bouffée de joie, une tristesse soudain remonte, et éclate à la faveur d’une discussion avec une amie. Pourquoi la non-mixité ? ne sommes noues pas des êtres humains comme les autres ? ça serait pas un Meetic déguisé ?

Je ne reviens pas sur la non-mixité. Christine DELPHY a eu le premier et le dernier mot là-dessus pour moie : https://entreleslignesentrelesmots.blog/2012/11/27/christine-delphy-la-non-mixite-une-necessite-politique-2005/

son blog si riche :  https://christinedelphy.wordpress.com/2018/04/01/andrea-dworkin-parle-de-la-liberte-dexpression-de-lheterosexualite-des-productions-erotiques-et-de-son-travail-decriture/

Sur le Meetic … comme si la société hétérovirile n’était pas un Meetic pansexuel au profit des hommes, où noues, hétéro ou lesbiennes, sommes du gibier, des cibles, des pièges ou des humains superflus.

J’étouffe de vivre où je ne peux pas vivre. C’est nouveau. je sors de l’anesthésie et de la renonciation.

***

pour une fois, parlons des miettes de l’oppression dans ma vie.

ça me déchire quand une mère de famille me parle des peines d’amour de son enfant : 5 ans, son enfant pleure dans ses bras, elle le console, ses promesses ont la force des décennies de vie à venir ; 7 ans, son enfant dessine un cœur pour conclure sa petite lettre d’amour, elle la cachète d’un bisou d’un autre amour, et de ces mots : « même s’ils se moquent de toi, sache que je t’aime, et des gens t’aimeront comme moi, je suis fière de toi » ; portes claquées, interminables coups de fil à la copine, sa jeune ado ne sort pas de la chambre du week end, elle ose parfois une incursion pour déposer quelque chose à manger et un conseil maladroit ; 17 ans, son enfant passait ses week ends chez sa copine, et là, il vient d’être largué avant les vacances : drame et prophéties éternelles, elle sait que l’amour reviendra, et le lui dit de ses yeux qui couvent et portent …
je n’ai pas connu ça, ma mère non plus. Elle ne m’a jamais vu pleurer par amour, je n’ai jamais entendu ces mots qui consolent, alors qu’elle les a en elle, mais elle les a pour un amour qui existe, un amour permis. Si j’avais pleuré, elle aurait demandé, il aurait fallu que je mente, or là dessus, juste là, sur ma blessure, je ne veux pas mentir. Alors j’ai tu mes pleurs. je n’ai parlé à personne, et je n’ai donc jamais rien compris aux subtilités naïves des peines de cœur. les gens traversent les épreuves, moi, je les oublie car elles se taisent. Depuis que j’aime et pleure en silence, je n’ai pas la force des gens qui vivent et traversent, j’ai peur et je suis seule. Je suis restée derrière la vitre d’où les enfants seules regardent les autres vivre, je suis sur le seuil, mon amour est une ombre au seuil de l’amour, je suis cette ombre sur le seuil de la rencontre … pas même , car les ombres franchissent les seuils, elles ont un au-delà du seuil, un avenir.

Je hais les premières fois. Je n’en ai pas eues. Une première fois à l’âge où les autres sont experts, c’est un « enfin », qui n’est pas un début, ça a le goût, piquant d’être amer, de l’inespérée et de la dernière. J’ai plus tremblé de perdre que de découvrir. C’est cruel de vivre ses premières fois sans espoir, sans ce souffle du temps immense à venir, des possibles à tenter – même le désespoir à l’âge du tendre est plein de souffle ; jeté dans le suicide – ce que j’ai connu – il est tragique … mais le tragique sans espoir d’être entendu, c’est du pathétique, parfois du comique, ça ne remplit pas, ça assèche, et au lieu d’apprendre à respirer à plein poumons, sur la falaise, l’océan qui suffoque tout alentours, on reste en apnée, muette d’infinis inexprimés.
C’est cruel de vivre ses premières fois après les avoir vécu tant de fois à travers les yeux des autres. ça ne fait pas histoire, ça ne fait pas vivre, ça rend seule, ça creuse l’amour jusqu’à son cœur si peu sensé – et je me dis « à quoi bon ? ».

ça me fait mal quand quelqu’un qui a vécu plus d’une dizaine de relations vient me dire « je me sens seule, je trouverai jamais quelqu’un ». j’ai vécu 3 relations dans ma vie, chacune de moins de 6 mois, et j’ai un âge où les hétéros sont divorcées avec deux enfants. Personne n’a de compassion pour cette solitude, sauf les autres lesbiennes – mais noues sommes trop isolées pour porter une « culture collective » de cette solitude.
En écrivant cela, j’entends les rires, et l’écho des centaines de commentaires haineux qui circulent sur ce blog (et que je censure, je ne laisserai pas à des bites ou affiliées le droit de parler ici), et je me rappelle combien de fois ma plainte sincère est devenue la corde pour me lyncher : « évidemment qu’elle est seule, avec ses idées radicales, personne ne peut la supporter » / « les féministes, toutes imb… » / « les lesbiennes, des mochetés ». Cela fera l’objet d’un second article dans cet série, j’écrirai sur le poids de l’écran (au sens de Nicole Claude Mathieu), le poids de l’homme dans mes relations lesbiennes. Mais je précise que j’ai vécu seule, dans cette solitude sans référence, durant plus de 15 ans avant de devenir féministe. Et ce, parce que j’ai aimé les femmes – bien avant de rejeter les hommes.
Quand une hétéro dit se sentir seule, on lui dit « tu n’as pas trouvé le bon ». Quand une lesbienne se plaint, on lui dit pareil « Tu n’as pas trouvé LE bon ». La première est maladroite, l’autre s’est trompée, et plus elle aime et espère, et plus elle se leurre. Si le seul monde auquel nous renvoie notre solitude est celui du maître prêt à noues « apprendre à aimer la trique », l’envie d’être seule le dispute à l’horreur de l’être.

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Mère fusionnelle, femme toxique, enfant aliénée et père castré, partie 1 : ça brûle toujours**

Dans le 6ème arrondissement de Marseille, un jour d’hiver, une mère s’inquiète.
Elle en parle à son médecin :
– « Ma fille fait de plus en plus de crises d’asthme »
– « je vous renouvelle la ventoline ? »
– « oui »
Elle hésite et se lance:
– « je voulais vous dire : il y a des infiltrations dans l’immeuble depuis des années. La chambre de ma fille est irrespirable : le mur se couvre de plaques noires et marrons. ça pourrait être à cause de ça ? »
« bon, bon, ma petite dame, n’allez pas chercher des choses qui n’existent pas … votre fille est bien dans sa chambre, elle a juste besoin que vous la couviez moins, l’asthme est plus courant qu’on ne le croit, nul besoin de dramatiser, personne n’en meurt ».

Mois de mars. 3ème bronchite asthmatiforme de sa fille, elle-même se relève difficilement d’un rhume qui a dégénéré en otite.
Elle retourne chez le médecin, plus décidée que jamais. Mais lui aussi est buté :
– « bon, ma petite dame, vous n’allez pas m’apprendre mon métier ».

Entre les déplacements aux urgences les jours de crise de l’enfant, malgré les visites auprès de ses patients à rattraper, même le week end, elle parle aux locataires de son immeuble.
Puis, forte des inquiétudes de nombreuses personnes de l’immeuble, elle écrit à quelques propriétaires.
Monsieur J. D., président de copropriété et propriétaire majoritaire des logements lui envoie un courrier abrupte : tout va bien, tout est aux normes, une enquête a été menée il y a deux ans qui n’a rien révélé … il précise qu’ « on » n’aime pas les faiseurs de problèmes par ici, qu’elle est seule à élever sa fille, elle devrait y penser … pour le bien de l’enfant, il faut qu’elle cesse d’inventer des problèmes, sinon une plainte pourrait tout à fait tomber.
Ce qui tombe pour l’instant c’est le mot : « hystérique ». « Les divagations d’une hystérique » plus précisément. Dossier enterré.

23 juillet, 22h17. Départ de feu dans l’un des logements. Le voisin du dessus.
Le piège de flammes se referme en moins de 5 minutes sur le logement, en 10 minutes sur les habitants du palier … Elle court hors de son logement, avec sa fille dans les bras, elle fuit, sa fille ne peut presque plus respirer.
Hébétée, affolée, elle se retrouve en bas de l’immeuble, derrière elle, tout ce qu’elle a se noie dans les flammes.

Un pompier, appelé par un voisin, marche non loin de là et regarde les alentours.
Elle court avec son enfant dans les bras, et s’accroche à lui :
– « Sauvez ma fille ! »
Surpris et agacé :
– « Mais qu’est-ce qui vous prend ? »
– « Vous ne voyez pas ? Ma fille ne respire plus ! »
– « Mais qu’est-ce que vous racontez ? Bien sûr, elle respire, sinon elle ne gémirait pas ! Et si vous ne la teniez pas aussi serrée, elle pourrait respirer »
– « Mais faites quelque chose ! »
– « Calmez-vous ma petite dame, vous étouffez votre enfant, vous l’inquiétez aussi, regardez, elle bleuit »
– « Et le feu, vous allez l’éteindre ?! »
– « Quel feu ? »
– « Mais là !!!! », hurle la mère, sidérée, en panique et en rage.
– « Calmez-vous, sinon je vous emmène à l’hôpital ! C’est grave ce que vous dites là, vous savez : on ne crie pas au feu pour rien ! Vous avez des preuves de ce que vous dites ? »

Une ambulance, appelée par le pompier au vu de l’état critique de cette mère agitée, s’approche, un ambulancier en descend.
S’adressant au pompier :
– « Eh beh, eh beh, qu’est-ce qui se passe ? C’est encore pour Madame C. F. ? Ce n’est pas la première fois qu’on se déplace ».
Plus bas, au pompier :
– « Elle est procédurière, elle écrit aux propriétaires, elle fait tout pour ternir l’image du propriétaire de son logement, elle serait prête à le traîner en justice, tout ça pour se venger et ne pas payer de loyer ».
A la mère, froidement :
– « Vous vous rendez compte de ce que vous faites vivre à votre enfant ? Vous avez vu son état d’angoisse ? Elle est agitée, elle est en pleurs… vous croyez que c’est un état normal pour une enfant ? Vous lui transmettez votre angoisse, et maintenant elle fait une crise d’asthme .. encore une ».
L’air définitif, hochant la tête comme un maillet de juge :
« On pourrait l’hospitaliser ! c’est ça que vous voulez ! »
La mère, soudain saisie par un ultime espoir :
– « OUI ! »
Le pompier :
– « mais attention, Madame, si vous persistez à ne pas trouver d’accord avec votre propriétaire, si vous refusez d’avoir des relations apaisées avec lui, d’adulte à adulte responsable, si vous refusez les médiations, le tribunal administratif pourra décider que votre fille vivra sans vous dans ce logement : pour sa sécurité vous irez vivre ailleurs ».
En durcissant le ton :
« Tout enfant a droit à un toit ! Vous essayez de la priver de toit depuis des mois. Et ce soir, regardez ce que vous offrez à votre fille : la rue. Pourquoi êtes-vous là ? pourquoi avoir fui votre logement, pourquoi l’éloigner de sa chambre ? Vous entretenez chez votre enfant une peur irrationnelle de son propriétaire, à cause de vous, elle croit qu’il lui fait du mal, c’est l’image du propriétaire, là, que vous détruisez, et plus tard, ça peut avoir des conséquences très graves, elle finira sans logement, SDF ».

23 juillet, 22h53 : trois morts. 72 personnes expulsées par les flammes, hagardes dans la rue. Et une enfant inanimée dans les bras de sa mère, sombrée dans le coma devant un pompier et un ambulancier.

24 juillet, 9h00, commissariat de police. L’OPJ a le visage dur que donne la certitude de rendre, seul contre tous, la justice ; il laisse un message sur le répondeur de la mère :
– « Vous ne vous êtes pas rendue au poste ce jour. Dans des circonstances aussi graves, une telle inconséquence est inadmissible. Venez cette après midi, je vous recevrez pour vous auditionner ».

24 juillet, 13h20, l’enfant sort du coma mais reste en réanimation. Sa mère doit se rendre au commissariat.

Le psychologue du commissariat la reçoit :
– « Madame, vous comprenez que l’on peut se poser la question … pourquoi vous n’êtes pas parti plus tôt ? Pourquoi vous n’avez pas protégé votre enfant ? ».

L’OPJ prend la relève … il laisse planer un ton et des silences intimidants :
« Vous savez, vous feriez mieux de parler, nous raconter ce qui s’est passé ».
Silence.
« Le propriétaire a porté plainte contre vous, pour incendie volontaire ! Qu’avez vous à dire ? »
Silences.
« Il a des preuves que vous le harcelez depuis des mois, que vous avez essayé de remonter les locataires contre lui, de ternir son image auprès du syndic. Vous vouliez priver votre enfant de toit ? c’est pour ça que vous avez inventé des histoires de moisissures … »
Silence.
« et cette hypermédicalisation autour de votre enfant ? il y aura une enquête vous savez, on le saura si ces hospitalisations … 4 en deux mois, vous vous rendez compte ? si elles étaient justifiées ».

« Il dit aussi que vous laissiez souvent votre enfant seule, pour aller à droite à gauche, chez des gens … pour une mère soi-disant inquiète … ».

Elle échappe aux poursuites car une plainte collective a été déposée contre Monsieur J. D. : une enquête diligentée par l’assurance d’une copropriétaire a établi l’insalubrité irrémédiable de certaines parties de l’immeuble. Le drame du 23 juillet aurait pu arriver bien plus tôt, il était presque inévitable tant que le propriétaire n’était pas condamné et les gens relogé-e-s.

____

Scénario improbable ? Car le lien entre asthme et environnement insalubre est connu ? Car les flammes ça se voit ? Car les pompiers ont un nez et les ambulanciers des yeux ? Car une locataire qui met le feu à son propre logement pour priver son enfant d’un toit, c’est plutôt tordu comme histoire … Oui. Scénario improbable. Histoire inventée.

Par contre, si vous la modifiez un peu, ça se passe près de chez vous, tous les jours, et des dizaines de métiers sont impliqués dans cette conspiration des oreilles bouchées.

Quand le « propriétaire » est le père de l’enfant, et « l’incendie » est la violence paternelle et la violence conjugale, on assiste exactement à ce genre de situations folles – convergence de pratiques sociales policières et judiciaires héritées du code napoléon et du pouvoir psychiatrique et psychanalytique sur les femmes. Cette violence institutionnelle se durcit à chaque offensive masculiniste. Alors, on assiste à un véritable scénario absurde qui, s’il n’était pas mortel pour une femme ou un enfant, serait hilarant de bêtise.

Tous les jours, des avocats, des juges, des policiers, des gendarmes, des médecins, des psychologues, des psychiatres, des psychanalystes, des directeurs d’école, des enquêtrices sociales mandatées par le JAF ou le JE … répètent à Madame d’arrêter de transmettre son angoisse à son enfant, et de retourner dans l’immeuble en flamme, au nom du bien de l’enfant, pour ne pas priver l’enfant d’un  propriétaire et le propriétaire d’un locataire. Certains ont même enquêté dans les décombres avant d’exiger de telles choses.

Leur idée fixe est simple : quand ils admettent que la mère a été victime de violences conjugales (c’est rare : la plupart du temps, la mère passe pour une menteuse, affabulatrice, revancharde qui instrumentalise son enfant et manipule les institutions dans son projet malveillant ou irresponsable … bref, on l’accuse de ce que fait l’agresseur), ils se disent que Madame réagit pour rien, « à cause de son passé » ! Oui, elle a vécu un incendie, il y a longtemps, mais c’est fini maintenant (N. B. : les violences conjugales, ça finit un jour, l’incendiaire change et devient miraculeusement un bon père grâce à un jugement de divorce, mais madame n’arrive pas à tourner la page !). Et là, devant son enfant qui tousse, elle se croit en plein incendie, et alerte les pompiers et tout le monde pour ses angoisses imaginaires.

Convaincus, ces professionnels accusent Madame d’aliéner son enfant pour éloigner le père. Quand elle protège son enfant en anticipant tous les mauvais coups de Monsieur, on la dit « sensitive » (une formule polie pour dire paranoïaque), ou « fusionnelle », « surprotectrice », et on « réintroduit du père » à grand coup d’expertises du lien, de séances psy au CMP, de médiations, de mesures AEMO et de menaces par le juge ; personne ne songe à se demander pourquoi ce gentil père maintient des gardes invivables pour ses enfants avec ses ex, alors qu’il ne s’occupe pas d’eux et en laisse la charge à son actuelle proie (N.B. un homme dominateur ou violent ne l’est qu’avec une seule femme dans sa vie, et même pas avec son enfant, c’est démontré scientifiquement : les hommes sexistes, comme les catastrophes inexpliquées ou les hasards malheureux, ne présentent aucun risque de récidive) … si par miracle, une enquêtrice débarque dans la situation, elle va plutôt y voir le signe d’un bon père (démesurément remercié pour le seul fait d’ « être là » pour – dans la même pièce que – ses enfants), elle soutiendra son combat pour pas perdre le contact avec ses enfants, et si ces enfants chanceux présentent, malgré tout, des symptômes de stress indéniables (l’écrasante majorité des professionnels de l’enfance ne savent pas identifier ni interpréter les signes de stress post-traumatique chez les enfants), elle va facilement accuser la belle-mère (cette marâtre éternelle qui concentre la double haine patriarcale pour les femmes et pour les mères) ou invoquer une jalousie de l’enfant envers un nouveau né ou envers sa belle-mère (N.B. la nature de la femme est proche de celle de l’enfant : tous deux très sujets à la jalousie, la majorité de leurs plaintes résultent de ce penchant naturel), et, en classant l’enquête ou en ouvrant les droits du père, elle va enterrer les enfants dans le silence ; plus l’enfant a des symptômes de stress aigu ou, pire, chronique, plus la mère sera soupçonnée par les services sociaux et les psy d’être une mauvaise mère et plus l’enfant sera perçu comme étant en danger avec sa mère, qui « l’instrumentalise » dans sa « folie maternelle » ; quand elle dénonce les violences paternelles, on l’accuse de ternir l’image du père; quand elle les fuit, on l’accuse de vouloir éloigner son enfant d’un Père, cette figure symbolique quasi divine ; si elle décide, face à l’évidence de la violence, de ne pas livrer son enfant à l’agresseur, Monsieur porte plainte, elle finit convoquée au commissariat (ici la présomption d’innocence, droit exorbitant dans les mains d’un homme agresseur, ne vaut plus du tout, et Madame est malmenée sans ménagement), parfois elle reste quelques heures en garde à vue pendant que Monsieur, avec l’aide des forces de l’ordre, va chercher les enfants, et parfois elle est condamnée en correctionnelle, à 3 mois avec sursis et 2.000 euros de dommages et intérêts à verser à l’agresseur … cet agresseur qui échappera presque toujours à la justice ; quand elle veut faire soigner l’enfant, elle ne peut pas (l’agresseur a l’autorité parentale et s’oppose à tout soin efficace), si elle y parvient, on l’accuse de surmédicaliser son enfant (préjugé de Münchhausen par procuration – un syndrome aussi rare dans la population générale que fréquent chez les mères d’enfants victimes d’un père ou d’un beau-père) ; quand elle lâche la rampe et se contente de parer les coups les plus durs, anesthésiée, épuisée par des années de guerre totale par un homme que tout le monde encense ou protège, on l’accuse de « ne pas se rendre compte »; alors, un juge finit par l’accuser de ne pas avoir protégé son enfant (de ce qu’aucun professionnel n’avait vu jusqu’à présent !) et il prononce le placement de l’enfant pour la punir de persister à « entretenir le conflit conjugal » ( = protéger son enfant). La machine s’emballe si Monsieur, pour se couvrir, décide de « dénoncer » Madame au JAF pour SAP, au JE pour mauvais traitement ou à la police pour coups et blessures (qu’il s’est lui-même infligé, et pour lesquels il a eu beaucoup plus de jours d’ITT qu’une femme à marques égales, car un homme qui se plaint ou qui pleure, ça impressionne beaucoup les professionnels) : des transferts de garde, des placements chez le père … rien n’est impossible pour n’importe quelle mère aux prises avec un homme déterminé qui somme la justice des Hommes de lui rendre raison. Et malheur à celle qui aurait vécu les mêmes violences durant son enfance ! elle sera deux fois accusée d’aliéner son enfant : pour éloigner le père et par projection de sa propre histoire. Si malgré tout cet interminable processus de lavage de cerveau institutionnel, l’enfant devenue grande a gardé une mémoire précise de certains faits, si elle a maintenu une once de confiance dans les autorités et décide de parler et dénoncer son père, sa mémoire blessée sera retenue contre elle, encore et encore.

 

Personne ne semble vouloir admettre l’évidence : si cette mère et son enfant présentent un même état d’angoisse, ce n’est pas parce que la mère (irrationnelle, fusionnelle, toxique et castratrice) a influencé l’enfant (terriblement suggestible et inconscient de tout ce qui se passe autour de lui sauf des états émotionnels internes de sa mère), mais tout simplement parce que mère et enfant ont subi la même réalité angoissante, les mêmes agressions, les mêmes violences et partagent une même peur d’un même agresseur !

Mais bien sûr, dans notre société saturée de haine anti-femme et de mépris anti-enfant, il est plus facile de traiter une mère d’hystérique et de ravaler un enfant au stade d’éponge à émotions (maternelles) sans conscience, que de retirer à un père un peu de son droit de propriété sur femme, enfants et biens ou son droit de brailler aux oreilles de ses sujets récalcitrants.

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Pour conclure, quelques lectures supplémentaires + un film qui, malgré ses quelques clichés (homme armé, victimes conscientes de la violence qu’elles vivent), est très juste sur des points essentiels …

Film : Jusqu’à la garde, Xavier Legrand. (violences conjugales ; violences paternelles ; droits du père).

Film : Dolores Claiborne. (violences conjugales; violences paternelles ; violences sexuelles par inceste ; impact traumatique ; relation traumatisée mère-fille).

Livre : Lucas T. : Et moi alors ? fils d’un pervers narcissique. Ma souffrance invisible. (témoignage d’une très grande vérité. préface et post-face inadaptées).

Articles ou rapports :

« Agressions sexuelles incestueuses dans un contexte de séparation parentale : déni de justice ? » / Collectif féministe contre le Viol, Paris / 2000. 

https://www.centre-hubertine-auclert.fr/sites/default/files/fichiers/rapport-enfants-co-victimes.pdf

http://www.memoiretraumatique.org/assets/files/v1/campagne2015/2015-Rapport-enquete-AMTV.pdf

https://cfcv.asso.fr/wp-content/uploads/2017/07/Livret-juridique-2016-ok.pdf

Image associéeDolores Claiborne

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** noues remercions M. D. éducatrice pour cet article que noues noues sommes contentées de relire et modifier dans sa forme.

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GARDE ALTERNEE et syndrome d’aliénation parentale

Le retour de la loi scélérate

(descendre pour télécharger articles critiques et accéder à la bibliographie)

Voici la proposition de loi présenté le 17 octobre 2017 pour que la garde alternée des enfants de parents séparés soit la mesure par défaut, y compris pour les bébés (ce qui est déjà une pratique réelle !).

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PROPOSITION DE LOI : http://www2.assemblee-nationale.fr/documents/notice/15/propositions/pion0307/(index)/depots

Article unique

L’article 373-2-9 du code civil est ainsi rédigé :

« La résidence de l’enfant est fixée au domicile de chacun des parents, selon les modalités déterminées par convention d’un commun accord entre les parents ou, à défaut, par le juge.
« Si la résidence de l’enfant ne peut être fixée, pour une raison sérieuse, au domicile de chacun de ses parents du fait de l’un deux, elle est fixée au domicile de l’autre.
« Dans ce cas, le juge aux affaires familiales statue sur les modalités du droit de visite. Ce droit de visite, lorsque l’intérêt de l’enfant le commande, peut être exercé dans un espace de rencontre qu’il désigne, ou avec l’assistance d’un tiers de confiance ou du représentant d’une personne morale qualifiée. »

***

Il est clair que le motif de cette PPL est de lutter contre ce que les rédacteurs de la loi perçoivent comme un privilège féminin :

« il ressort des statistiques du ministère de la justice que la résidence alternée est toujours accordée aux pères si la mère y consent, y compris pour tous les enfants entre 0 et 5 ans, mais est refusée dans plus de 75 % des cas si la mère s’y oppose, la situation inverse se produisant 7 fois moins souvent.
Dès lors, cette proposition de loi a pour objectif de moderniser l’encadrement de cette intervention, en instaurant le principe général de résidence des enfants chez chacun de leurs parents, afin de traduire leur égalité »

Voilà deux beaux gros mensonges.

1) Cela fait des décennies que des groupuscules essaient de faire croire que la justice est « féminine » (ils traduisent JAF par Justice aux affaires féminines) car les juges accordent le plus souvent la garde principale aux femmes. En fait, la réalité, c’est que 75% des pères demandent une garde réduite (un week end sur deux et la moitié des vacances), et quand ils demandent plus, ils obtiennent plus souvent que les mères ce qu’ils demandent. La vérité que ces groupuscules veulent occulter, c’est que ce sont les femmes qui prennent soin des enfants. Jouer avec et sortir avec n’est pas s’occuper de et encore moins prendre soin … les enfants ne sont pas des chiens, et moins encore un joujou pour narcissique en mal de reconnaissance.

2) Non, les femmes ne sont pas suivies par les Juges aux affaires familiales. Les situations où les mères ont ce qu’elles veulent, c’est quand Monsieur est d’accord, soit par son accord tacite ou explicite, soit par son absence dans la procédure. Dans les autres situations, et surtout les plus dramatiques (violences reconnues sur Madame, violences non reconnues sur l’enfant mais que l’enfant dénonce auprès du juge, violences constatées sur l’enfant mais non reconnues, et même violences reconnues sur l’enfant), c’est la voix du père qui prime.

Un troisième mensonge :

« face à la forte augmentation de divorces, de nombreux enfants (1,5 million selon l’INSEE) sont confrontés à la question du lieu de leur résidence, qui – en l’état actuel du droit – consiste à se résigner à devoir choisir en faveur de l’un des parents, et par conséquent au détriment de l’autre, principalement le père ».

Là encore, l’exposé des motifs de cette PPL brosse de la justice civile un portrait aberrant, proche de la vision  des masculinistes aux postures victimaires : les hommes, en l’occurrence pères, donc héritiers directs et sujets en chef du Code Napoléon qui régit nos institutions, seraient lésés par la Justice ! Les groupuscules (qui sont un lobby très actif auprès des députés) prétendent que :
1) les femmes obtiennent tout ce qu’elles veulent des juges aux affaires familiales
2) les enfants décident, et choisissent pour le juge les modalités de garde qu’il doit ordonner.
Où peuvent bien vivre ces gens pour raconter de telles contre-vérités ? Dans le pays où les demandeurs d’asile manipulent la préfecture, les chômeurs profitent du système et les réfugiés viennent profiter de l’aide médicale d’état ? Rappelons que les JAF demandent aux femmes de se taire sur les violences conjugales, car ils prétendent que ça ne les concerne pas, que n’a pas d’incidence sur la décision concernant les droits de visite et d’hébergement, et que ça ne concerne pas l’enfant. Rappelons aussi que les enfants ne sont jamais entendus avant 10 ou 12 ans par le JAF ; de plus, l’enfant n’est pas entendu quand il demande à ne voir son père que sous protection car il a peur. Il est immédiatement suspecté d’être manipulé par la mère. Quand l’enfant déclare être victime de violence paternelles, le JAF pense que ça ne relève pas de sa juridiction (mais il ne saisit jamais le juge des enfants), et sa seule réponse est de lancer une enquête sociale : or celle-ci ne révèlera rien (car elle n’est pas faite pour détecter les violences) … pire, le plus souvent, elle brossera le portrait d’une mère surprotectrice et angoissée, d’un enfant influencé par l’angoisse de sa mère, et d’un bon père, qui éventuellement ne prend pas assez sa place … et le JAF œuvrera pour redonner sa place au père, et remettre à leur place mère et enfant qui manquent de respect, l’une à l’autorité parentale du père, l’autre à son Père.

En fait, il s’agit là d’un autre thème masculiniste qui s’infiltre dans la Loi : tous les mauvais pères accusent l’enfant de « choisir la mère », de les rejeter, tout comme ils accusent les mères de manipuler l’enfant pour qu’il les rejette.

Et c’est par ce thème masculiniste qu’on en arrive au SAP … le syndrome d’aliénation parentale maternelle

En effet, une partie de la proposition de loi est formulée ainsi :

« Si la résidence de l’enfant ne peut être fixée, pour une raison sérieuse, au domicile de chacun de ses parents du fait de l’un deux, elle est fixée au domicile de l’autre ».

On voit derrière la prétention à l’égalité et à la modernité de cette PPL, un motif très ancien, directement issu de la culture de Puissance Paternelle qui imprègne le droit de la famille français, comme le rappelle Edouard DURAND, magistrat, à la suite de Christine DELPHY (1995) ou Carol PATEMAN (1988; 2010 pour la traduction). Il s’agit en fait de punir le parent qui refuse la garde alternée en 1) transférant la garde au parent accusé et 2) en réduisant ses droits de garde à des visites en lieu neutre (le parent se déplace dans des locaux et est surveillé par des professionnels dans l’exercice de ses droits). Or, le plus souvent, le parent qui refuse, c’est la mère, pour protéger l’enfant de violences qu’elle a détectées contre l’enfant ou subies directement.

Quand on sait la difficulté que les mères ont à obtenir qu’un conjoint violent (donc un père maltraitant) ou un père maltraitant (ayant directement frappé ou maltraité sexuellement l’enfant) soit surveillé en lieu de visite neutre, on mesure l’ampleur de la torsion du droit qui s’opère ici, pour sanctionner le refus d’un parent aux droits de l’autre. Ceci semble être un durcissement de la loi de 2002 sur l’autorité parentale : déjà elle avait pour but avoué d’assurer au père une place égale auprès de l’enfant par rapport à la mère (alors même que son implication dans les soins à l’enfant reste quasi nulle) ; elle mettait au centre de l’intérêt de l’enfant le respect de l’autorité parentale des parents; elle faisait du respect de l’autorité parentale de l’autre parent (en pratique, du père) un devoir très contraignant pour le parent (en pratique, la mère), au point que, 15 ans plus tard, on voit plus de plaintes, de gardes à vue ou de condamnations avec sursis (3 mois de prison) pour les mères qui n’ont pas présenté l’enfant au père (en week-end ou le bon jour des vacances d’été) que pour un père qui maltraite psychologiquement ou sexuellement l’enfant.

Cette nouvelle punition par le retournement de la situation est la traduction en droit du syndrome d’aliénation parentale, telle que pensée par Richard Gardner quand il préconisait des mesures pour lutter contre les tentatives d’aliénation maternelle.

Ce serait donc au nom du bien de l’enfant, afin de lui épargner de choisir entre pour sa mère et contre son père, choix impossible que la mère et la justice réunis lui imposeraient, que la loi propose que, sans négociation, ce sera la moitié du temps chez gentil-papa … et si méchante-maman refuse, ce sera 100% du temps chez gentil-papa, et méchante-maman sera priée de voir son enfant en lieu neutre, une heure trente toutes les deux semaines.

Cette proposition avait déjà failli passer en 2013 :
http://www.assemblee-nationale.fr/14/propositions/pion1369.asp

Avec le nouveau sous-secrétariat de l’égalité hommes femmes, la proposition pourrait bien passer, car la politique actuelle consiste à (re)donner les droits des femmes aux hommes, au nom de l’égalité, alors même que les hommes n’ont pas du tout cédé les privilèges de leur domination (domination économique dont la prime-couille de 20% qui gonfle leur salaire, exploitation du travail ménager, décharge du travail parental sur les mères, surtout quand l’enfant a moins de 6 ans, etc.).

La garde alternée : une vision de l’égalité du point de vue viril.

La garde alternée, tout comme la définition de 2002 de l’autorité parentale, est une assignation à résidence pour les femmes qui veulent fuir un conjoint violent (et ça concerne 1 femme sur 5 en France).
Comme la mesure est « par défaut », il reviendra à la femme de prouver les « raisons graves » pour lesquelles elle ne peut accepter cette coparentalitéhabitation forcée avec l’homme qui l’a détruite. Vu l’incapacité presque totale de la justice française à reconnaître les violences conjugales, et plus encore les violences sur enfant, cette mesure par défaut est simplement un permis de continuer à maltraiter délivrée aux hommes violents par la justice civile (à la suite de la justice pénale, qui prête tant d’innocence aux hommes coupables et si peu de crédibilité aux femmes ou enfants victimes).

La garde alternée est aussi une véritable torture physique et mentale pour les enfants de moins de 6 ans.
Les enfants de cet âge (et plus ils sont petits et plus ces besoins sont vitaux) ont un besoin neuro-physiologique et affectif d’être au contact avec une femme (si possible une femme qui se sent investie comme mère) c’est à dire d’un être qui (en raison de sa socialisation patriarcale mais aussi, n’en déplaise aux virilistes, en raison de la capacité des femmes à créer la vie) a des compétences émotionnelles, sociales et cognitives surdéveloppées, adaptées à l’être humain en construction afin qu’il puisse, dans un premier temps, survivre, puis se développer. La froideur émotionnelle virile qu’ils appellent « sérieux » ou « difficulté à exprimer ses sentiments », les « jeux » virils de type jeté de bébé, la surexcitation avant le coucher ou le sadisme rigolard qui consiste à « jouer » à se battre, le manque d’empathie de type égoïsme, le caprice permanent qu’ils appellent « autorité masculine », l’incapacité à se mettre à la hauteur de l’autre dans un vrai échange ou partage qu’ils appellent « voix de la raison », … tout cela est déjà invivable quand on est une femme adulte, mais pour un jeune enfant, c’est juste incompatible avec ses besoins vitaux de sécurité émotionnelle, d’empathie, de soins continus, d’affiliation aux autres, de confiance en soi.

Enfin, la garde alternée est gravissime pour les enfants déjà victimes de violences conjugales et/ou d’un père maltraitant.
L’enfant a alors un besoin vital absolu d’être au contact de la mère, car c’est sa seule source de sécurité et de soins. L’arracher à la mère pour le livrer à l’agresseur un week end sur deux est déjà une violence institutionnelle que les JAF inflige sans discernement aux enfants, au mépris des textes internationaux et nationaux en vigueur. Mais infliger à ces enfants déjà victime une garde alternée est une véritable complicité dans la destruction du lien mère-enfant (but premier de l’homme maltraitant) et dans la commission de violences sur une personne vulnérable. Or ces violences paternelles ont des conséquences sur toute la vie de l’enfant (perte d’espoir scolaire, tentatives de suicide, maladies chroniques, risque de subir à nouveau des violences pour les filles, et risque de commettre des violences pour les garçons, mort prématurée).

Ici l’égalité hommes/femmes se traduit par :

enfant = produit de la femme, qu’elle veut garder pour elle

injustice = père dépossédé du produit de la mère

égalité = partager le produit en deux pour que chacun ait sa moitié.

Ceci est une équation doublement misogyne (haineuse envers les femmes) et misopédique (haineuse envers les enfants).


Réponses au sexisme et à la misopédie

DOCUMENTAIRE

« In Nomine Patris », au nom du père.
(warning : les incrustations de scénette sur le thème du chaperon rouge sont inadaptées).

Ecriture et réalisation : Myriam Tonelotto
Année de production : 2005
Durée : 52 minutes

 

ARTICLES ou TEXTES à TELECHARGER :

Maurice BERGER, Effets psychologiques de la résidence alternée pour les enfants

Maurice BERGER, Protection de l’enfance, l’enfant oublié

Muriel SALMONA, Le changement en psychothérapie des victimes de violences conjugales

Convention d’Istanbul ratifiée par la France. Fact Sheet. Le droit et la protection enfants

Audition de M. Édouard Durand, magistrat. 2016. Comptes rendus de la délégation aux droits des femmes.

Karen SADLIER, Enfants exposé-e-s aux violences conjugales, p. 13-39

Patrizia ROMITO & Micaela CRISMA, Syndrome d’aliénation parentale : les violences masculines occultées

Position du Ministère des Familles sur le syndrome d’aliénation parentale, page 41 -5ème plan de lutte contre les violences faites aux femmes

Maurice BERGER, le syndrome d’aliénation parentale et l’alienation parentale

Maurice BEGER, le syndrome d’aliénation parentale : un concept dangereux

Jacqueline PHELIP et Hélène ROMANO, le syndrome d’aliénation parentale, un concept dangereux

Carol BRUSH : Les concepts de syndrome d’aliénation parentale et d’enfant aliéné, source d’erreurs judiciaires

Centre Hubertine Auclert, Observatoire île de France, Rapport final et recommandations sur la protection des enfants co-victimes des violences conjugales, consultation Karen SADLIER, Edouard DURAND & alii, 2017

Défenseure des droits, 2008 : Enfants au cœur des séparations parentales conflictuelles. Mieux préserver l’intérêt des enfants.

Patrizia ROMITO, 2011 : Les violences conjugales post-séparation et le devenir des femmes et des enfants.

Les enfants exposés aux violences conjugales, quelles recommandations pour les pouvoirs publics. 2008.

Tina HOTTON, 2001La violence conjugale après la séparation, Juristat n°21

Joyanna SILBERG, Stephanie DALLAM, Elizabeth SAMSON : Syndrome d’aliénation parentale, crises au tribunal de la famille. Rapport final Ministère de la Justice.

Barry GOLDSTEIN : Syndrome d’aliénation parentale et instrumentalisation de la justice

Petits yeux, grandes oreilles, comment la violence envers la mère façonne les enfants quand ils grandissent

Le mythe des hommes battus, par le Collectif anti-masculiniste

Sénat, rapport d’information sur l’évaluation des dispositifs de lutte contre les violences au sein des couples, auditions 2016 d’Edouard DURAND, magistrat, Muriel SALMONA, psychiatre, & alii

Edouard Durand, La résidence alternée du point de vu du juge

Edouard DURAND, Violences conjugales et parentalité, pp. 276-280

Edouard DURAND, 2010 : la vie de l’enfant après la séparation des parents

Extraits de Textes Juridiques sur la protection de l’enfant en situation de violences conjugales

 

AUTRE BIBLIOGRAPHIE

ROMITO, Patrizia : Un silence de morte. La violence masculine occultée. 2006.

DELPHY, Christine : « L’état d’exception : la dérogation au droit commun comme fondement de la sphère privée ».

GRYSON-DEJEHANSART, Marie Christine : Outreau – La vérité abusée, 12 enfants reconnus victimes. 2009. http://la-verite-abusee.pagesperso-orange.fr/

SADLIER, Karen : L’état de stress post-traumatique chez l’enfant victime d’agression. 2001.

SALMONA Muriel « L’impact psychotraumatique des violences sur les enfants : la mémoire traumatique à l’œuvre », in La revue de santé scolaire et universitaire 6, Elsevier, 2013

Mémoire Traumatique et Victimologie : « Rapport d’enquête 2015 sur l’impact des violences sexuelles de l’enfance à l’âge adulte ». http://stopaudeni.com/rapport

Alternative Libertaire : « Masculinisme : Le bras armé du patriarcat ». juin 2013.
En ligne : http://www.alternativelibertaire.org/?Masculinisme-Le-bras-arme-du

BERGER, Maurice : « La résidence alternée, une loi pour les adultes ? ». 2007.
En ligne : http://sisyphe.org/spip.php?article1466

BLAIS, Mélissa et Francis DUPUIS-DÉRI : « Le masculinisme : son histoire et ses objectifs ». 2008.

BROSSARD, Louise : « Le discours masculiniste sur les violences faites aux femmes: une entreprise de banalisation de la domination masculine ». Dans Le mouvement masculiniste au Québec. L’antiféminisme démasqué. 2008.

COTE, Isabelle et Simon LAPIERRE : « La typologie de la violence conjugale de Johnson : quand une contribution proféministe risque d’être récupérée par le discours masculiniste et antiféministe ». 2014.

DALLAM, Stéphanie : « Le syndrome d’aliénation parentale. Une théorie inventée utile au lobby des pères ». 2003.
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DALLAM, Stéphanie : « Richard A. Gardner : Quand un spécialiste justifie la pédophilie ». 2003.
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DEMAUSE, Lloyd (1993). « L’universalité de l’inceste ».
Disponible sur le site de Marie Victoire LOUIS : http://www.marievictoirelouis.net/index.php

DEVREUX, Anne-Marie: « Le droit, c’est moi. Formes contemporaines de la lutte des hommes contre les femmes dans le domaine du droit », in Nouvelles questions féministes, Vol. 28, N° 2.

DHAVERNAS, Marie-Josèphe : « Les “nouveaux pères”».1982.

DOSSIER Mères en lutte & COLLECTIF FEMINISTE CONTRE LE VIOL : « Des mères se battent contre la « justice » pour protéger leurs enfants ». 2003.
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DURAND, Edouard : Violences conjugales et parentalité. Protéger la mère, c’est protéger l’enfant. 2013.

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FOUCAULT, Karine : « L’activisme juridique, le divorce et la garde des enfants: backlash sur les gains essentiels du mouvement féministe ». In Le Mouvement masculiniste au Québec. 2015.

L’Agitation dans la Boîte à outils : « Noyer les responsabilités des hommes : la symétrie de la violence ». 2010. En ligne : http://lagitation.free.fr/spip.php?article85

PALMA, Hélène : « La percée de la mouvance masculiniste en Occident ». 2008.
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PATEMAN, Carol : The Sexual Contract, 1988.
traduit en français : Le Contrat Sexuel, 2010.

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STOP masculinisme : « Vers la résidence alternée obligatoire : le tour de passe-passe des masculinistes ». juin 2014.

STOP masculinisme : « L’insidieuse infiltration du masculinisme en travail social ». avril 2015.
En ligne : http://stop-masculinisme.org/?p=141

THIERS-VIDAL, Léo : « Humanisme, pédocriminalité et résistance masculiniste. A propos de l’expert Hubert Van Gijseghem ». 2004.
http://sosfemmes.com/infos/infos_archive30_humanisme_pedocriminalite.htm

THIERS-VIDAL, Léo: « Ça se passe près de chez vous : des filles incestueuses aux mères aliénantes ». 2006.

THIERS-VIDAL, Léo : « Culpabilité personnelle et responsabilité collective : le meurtre de Marie Trintignant par Bertrand Cantat comme aboutissement d’un processus collectif ». 2004.

BONNEVILLE Emmanuelle, 2008 : « Pathologie des traumatismes relationnels précoces. Comprendre et accueillir les liens en souffrance ».

Karen SADLIER, 2015 : « La violence dans le couple : une souffrance pour l’enfant, un défi pour la parentalité, du changement pour le professionnel », in Les Cahiers Dynamiques 2015/4 (N° 66).

Karen SADLIER, 2011 : KAREN SADLIER, Les Mots pour le dire. Guide à l’attention des professionnels. Pour l’Observatoire de la Seine Saint Denis. 2011.

Muriel SALMONA, 2015: Châtiments corporels et violences éducatives.

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MCFARLANE & Bessel van der KOLK, 2008 : Traumatic Stress The Effects of Overwhelming Experience on Mind, Body, and Society.

MACFARLANE, 2010 : “The long-term costs of traumatic stress: intertwined physical and psychological consequences”.

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50 nuances de haine, et l’amour

Plus j’écoute mon peuple, et plus je pense que les femmes sont malades d’espoir, comme le dit le poète à propos du peuple palestinien – malades d’espoir et d’amour.

Plus la haine sexiste est claire, plus notre besoin d’amour devient irrépressible. Plus la laideur virile sourit, plus notre besoin de beauté grandit, inassouvi, meurtri. Plus ils sont brutaux, plus noues avons besoin de tendresse. Et puisque les hommes s’érigent en Homme, les femmes cherchent un refuge, et, plus encore, l’humanité en chacun d’eux … alors, plus l’inhumain jouit et rit en l’homme, et plus grandit, irréductible, notre doute en l’humanité, c’est à dire aussi, en notre propre humanité.

Face à cela, nulle ne peut survivre sans espoir. Ou sans amour. D’où qu’il vienne. Car cette haine pousse au désespoir. Au suicide, collectif ou individuel. Faire de 50 nuances de Grey un best-seller est un suicide collectif. Aimer un boulet, c’est un suicide intérieur.

Anastasia Steel est la victime typique de la haine virile. Elle tente de laver, dans sa propre humanité, l’inhumanité de l’homme qui la hait. Elle blanchit les crimes de l’homme qui la torture dans son amnésie et son espoir, son « plus jamais ça » lancé comme une condition, puis une supplique. Elle lui prête un âme, et avec obstination dénie la perversité de celui qui n’en a pas. Elle lui prête son âme, et, pour cela, parfois, absorbe l’abjection de l’homme qui jouit d’anéantir l’âme d’autrui. Elle tente de guérir l’immoralité virile par son idéal moral à elle : l’espoir qu’il va changer, l’espoir que l’Homme peut changer. Elle tente de trouver, derrière le sadisme du bourreau, la douleur de l’enfant, derrière le sado-porno, l’amour de l’amant … pour effacer le visage immonde de l’homme qui jouit de la douleur d’autrui.

Elle ne lui donne pas son cœur, mais son âme. C’est son sacrifice. Pour que subsiste quelque chose d’humain malgré le ravage. Elle ne peut pas renoncer à chercher le visage humain dans les ruines de la relation, elle doit rétablir la logique morale entre haine et amour, entre douleur et plaisir, entre injustice et justice … car sinon, c’est l’humanité qui s’effondre, tout ce en quoi elle croit – elle-même ne compte déjà plus, depuis longtemps. Elle oppose, comme une objection, son humanité à la négation virile de l’humanité des femmes. C’est cette urgence philosophique et intime qui la rend si « naïve », en fait si amnésique et si généreuse, en un mot idéologique tellement « amoureuse », qu’elle reviendra chaque fois auprès du bourreau pour le soigner de son inhumanité.

L’héroïne de 50 nuances de Grey est une victime de violences conjugales. On le sait.

Mais derrière elle, je vois mon peuple.

Infatigable humaniste, sourde obstinée, inépuisable généreuse, intraitable cartésienne, qui, face aux crachats virils, prête aux hommes tant de maladresses, de naïveté, de peurs, d’inconscience, de « passions » ou de « pulsions », quand ils noues blessent, noues volent, noues violent ou détruisent nos liens avec nos soeurs et nos filles. Je vois tant d’efforts pour essayer de « leur faire comprendre », « leur faire sentir », tant de compassion pour d’hypothétiques souffrances passées qui les rendraient si odieux au présent. Tant d’efforts aussi pour ne plus penser, ne pas savoir et oublier, si vite, les faits et les noms. Contraintes à l’oubli pour survivre auprès d’eux sans devenir un cible ou folle.

Les femmes sont ce peuple qui donne naissance aux humains puis crée l’humanité et la recrée dans le silence de chaque morte, de chaque violée.

Notre oeuvre est millénaire et immense. Oeuvre d’âme. Précieuse. Inestimable. A inscrire au « patrimoine de l’humanité » comme ils disent, car, sans cette oeuvre, les hommes ne pourraient pas se regarder dans un miroir (ni dans les yeux d’une femme ni dans leur « Histoire » d’hommes), et on assisterait au plus grand suicide et meurtre collectifs de toute leur histoire (le premier véritablement juste et justifié).

Notre oeuvre est belle. Mais il est temps qu’elle cesse.

Car tant que noues mettrons en eux nos espoirs et notre amour, ils continueront à noues tuer au lieu de se tuer, à noues haïr au lieu de se répugner.

 

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Womyn’s Gathering 2016, interview by Megan Murphy

Quel incroyable événement ! des éléments dans l’interview :

http://www.feministcurrent.com/2016/07/25/podcast-womyns-gathering-2016/

« This week, 300 women have gathered for a five-day long feminist meeting in an “eco-domain” in Normandy, France. The will discuss topics like heterosexuality, lesbianism, anti-racism, ecofemism, and more. There will also be open mic nights and parties as a goal of the week is not only to further feminist analysis, but “rediscover the joy and freedom found in women-only space and to re-energize. I spoke with two of the organizers, Catherine Weiss and Anne B, to learn more about Womyn’s Gathering 2016 over the phone from France.” »

Télécharger l’interview :

http://www.feministcurrent.com/podcast-download/21659/podcast-womyns-gathering-2016.mp3?ref=download

we-are-the-revolution

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Les bons plans du 8 mars … pour les hommes

Les hommes ont reconnu récemment que les femmes étaient des hommes comme les autres. Ils ont calmé la dernière révolte par leurs lois révolutionnaires, de 1970 (par exemple, fin de la Puissance paternelle) à 2014 (loi sur l’égalité qui, entre autres, rejette la médiation pénale en cas de violences conjugales ou appelle à l’égalité de revenus salaires) en passant par la qualification du viol conjugal, le viol par inceste et le harcèlement sexuel au travail.

Pffiou, avec tout ça les pôvres zozommes se sont sentis bousculés … ils ne trouvent plus leur place d’homme et de père face aux femmes castratrices.

Oui, leur place. Car la virilité est affaire de place … un petit trou bien chaud, un poste de contrôle, un comptoir colonial minimal sur un terrain qui aurait pu être féminin (le corps d’une femme, le lien mère-enfant ou les liens sociaux entre femmes).

Messieurs, rassurez-vous. J’ai parlé à la confrérie des p’tits filous, et je vous apporte la bonne nouvelle en ces jours de fanfaronnade féministe.

Dans une mini série d’articles, la confrérie et moi vous rappelons quelques bons plans.

Le plan P pour les hommes en mal de pouvoir : l’abonnement Free.ppr

Chers frères,
Pour un accès illimité à une activité de détente quand vous avez la haine de n’être que le faux bourdon de l’espèce humaine, souscrivez un abonnement Free.ppr (free point pépère) dans le cadre d’un CSSD (contrat social sexiste démocratique) :

– en passant vous faire connaître à la mairie, vous pouvez tamponner votre nom sur l’identité d’un enfant et effacer la filiation de la mère qui lui a donné la vie ;

– en vivant sous le même toit que la mère, vous pouvez bénéficier de ses services et « jouer au père » (quelques rares sorties, des actes symboliques et sadiques comme jeter l’enfant en l’air, des ordres distribués avec discernement et paternalisme à la mère et à l’enfant) et ainsi acquérir un capital sympathie auprès de tous les professionnels et du voisinage qui un jour pourra attester que vos droits SUR l’enfant sont légitimes et que les jérémiades de la mère sont du vent ;

– et, si elle veut reprendre sa liberté : nulle inquiétude, l’enfant porte votre nom et votre autorité paternelle est quasi inaliénable. Même en cas de crime commis sur la mère. Même s’il est commis devant l’enfant. Même en cas de crime commis sur l’enfant (coups assimilables à une tentative de meurtre in utéro, destruction de la mère au moment où les soins de la mère sont vitaux pour l’enfant, tabassage de l’enfant assimilables à une tentative de meurtre, viol à l’enfance ou à l’adolescence …).

– Ainsi, pour la modique somme de 80 euros par mois (que vous n’êtes pas tenu de payer) et sans autre obligation ou engagement, vous avez accès libre à un enfant et, de fait, à sa mère.

Parmi les activités antistress auxquelles vous avez libre accès quand vous avez tamponné votre nom sur un enfant et/ou une femme, il y a d’indémodables jeux :
* le caprice … officiellement votre « autorité parentale » – n’oubliez pas, en patriarcat, le caprice de l’Homme fait loi. Vous ne voyez pratiquement plus l’enfant (la dernière fois, c’était il y a 6 mois quand vous l’avez embarqué en sortie pour attendrir votre nouvelle proie), mais aujourd’hui, ça vous défrise que l’enfant soit vu par un orthophoniste ? Veto. Le diplôme en victimologie de la psychologue ne vous revient pas ? Veto. ça vous gonfle de vous sentir obligé de dire oui à tout ce qu’assume votre ex ? Veto sur l’école qu’elle a choisi. Veto sur l’hospitalisation de l’enfant pour sa crise d’asthme – elle n’avait qu’à vous écouter et mieux faire le ménage.
* la toupie (chantage affectif, imprévisibilité, promesses et déception),
* le yoyo (accaparement et abandon, coups de pression et indifférence)
* le marionnettiste (faire passer la femme pour une hystérique ou une mauvaise mère aux yeux de l’enfant, auprès de l’école ou du médecin, faire passer l’enfant pour une peste auprès de la belle-mère, faire passer vos caprices pour des impondérables ou pour les caprices d’une de vos marionnettes) ;
* le théâtre d’ombres chinoises – le principe de l’ombre chinoise est qu’une réalité toute simple peut devenir monstrueuse, et un infime détail peut devenir immense … idéal en cas de garde classique, où vous êtes peu en contact avec vos jouets antistress. Ainsi, insinuez, ça aura la taille d’une vérité, affirmez, ça aura la taille d’une preuve … et, auprès de l’enfant, réservez-vous les rôles du père-loisir, père-voyage [aux frais de l’entreprise], père-surprise (sidérant, pour marquer les esprits et qu’on en parle longtemps), sortez le grand jeu aux dates anniversaires ou au moment où vous rendez l’enfant à la mère, n’hésitez pas les grandes scènes de pleurs avec l’enfant dans les bras ou les coups de pression sur la mère … puis ne vous privez pas de quelques piqures de rappel sous forme de mails à la mère et de coups de fil paternels … appelez pendant le dîner de l’enfant ou juste après son coucher (pas de soucis, si le juge a spécifié que vous avez le droit à ce coup de fil, votre ex est obligée de réveiller votre enfant, sinon vous pouvez porter plainte pour non présentation d’enfant) ou pendant les vacances chez la mère … et n’oubliez jamais qu’un coup de fil bien placé rapporte autant sinon plus qu’une visite. Ne l’oubliez pas quand vous regrettez votre jouet antistress pendant une semaine : vous êtes le papa-surprise, le papa-week-end ! celui qui fait passer la mère pour la sorcière-corvées ! N’allez pas faire les devoirs avec l’enfant, malheureux ! ou alors seulement pour jouer au professeur et apprendre à l’enfant les basiques : qui sait et qui s’écrase dans sa nullité ;
* le billard français … votre jeu de boules préféré ! vous tenez en main votre boule de privilège, et vous la lancez sur une victime, qui ira percuter la troisième boule, votre cible, en rebondissant à l’infini sur les bords de la table de billard qui est le système social sexiste. Vous faites deux victimes en un coup, et si votre cible se retourne, elle s’en prendra à votre pion. Vous voulez casser la mère sans vous faire voir ? jeter lui dans les jambes l’enfant que vous avez angoissé. et réciproquement : infligez à l’enfant la mère en burn-out que vous avez fabriquée. Ou la maîtresse angoissée … ce jeu de quilles marche à merveille, un vrai plaisir facile, sadique et lâche comme on les aime chez les p’tits filous !
* le labyrinthe fou – idéal en cas de garde alternée. Le principe est simple : exigez une organisation millimétrée de la part de la mère et un renoncement parfait de votre enfant à ses liens affectifs, surtout avec la mère et ses frères et sœurs, puis désorganisez tout, avec méthode. Quand vous pestez contre le poids qu’est  tout enfant, rappelez-vous qu’il vous permet de rendre folle votre ex, et il économise une pension alimentaire : vous ne payez rien pour son entretien, rien à la mère et rien à votre nouvelle compagne qui fait tout le travail ! Et rien pour les frais médicaux !! vous le savez, hein, si l’enfant tombe malade, vous laissez la mère gérer ça durant sa garde.

papa billard

Parmi les activités de détente qui passeront à l’aise sous le nez d’un professionnel lors d’une enquête sociale ou même d’une mesure d’investigation :
* le papa coq … La « maman poule » vous a toujours gonflé ? celle qui vous a empêché de frustrer l’enfant, lui montrer un bon coup qui commande, le faire monter sur la moto à 5 ans, le malmener pour voir ce qu’il a dans le ventre, le faire attendre pour dîner que vous rentriez à 21h (les after c’est sacré !), le faire dîner de chips et de bonbons avec les copains bourrés devant call of duty ou un film policier où on découpe des femmes … La castratrice n’est plus là, c’est le moment de vous lâcher sur l’enfant !
* le papa glue … C’est quoi ces mères qui voient des risques partout ? bien-sûr que vous pouvez dormir avec votre enfant, meuh non vous risquez pas de l’écraser quand il est bébé, c’est important qu’il s’imprègne de l’odeur paternelle … si les pensions n’étaient pas si exorbitantes, les pères pourraient payer une chambre à leur enfant, hein ! C’est quoi ces idées sur des trucs malsains ou même les grands mots : « inceste », « agression sexuelle », « climat incestueux » … le bisou paternel, c’est sacré, même baveux ! si l’enfant est dégoûtée, ça serait pas des caprices par hasard ? et pourquoi une fille serait gênée par le regard de son père sur ses tenues ou ses formes ? ça reste un homme, et elle, c’est pas une petite femme ? Mes frères, je vous le dis tout de faux : ne vous laissez pas intimider par le climat anti-sexe et anti-homme actuel !
* le papa grue … intimidez quand vous murmurez, serrez la mâchoire ou le poing quand vous parlez, criez quand réclamez, hurlez quand vous accusez, et soudain, soyez charmant, puis entre deux multipliez les faux raisonnements pseudo-savants … Mais surtout, parlez moins, écrivez, par lettres recommandées. Vous le savez, mes frères, tout ça marche sur les gens impressionnables par la loi, quant aux autres, votre aplomb leur mettra le doute.
* le papa forceur … « non, c’est oui et un petit oui vaut un grand encore » … vous connaissez par cœur ce mode d’emploi des femmes ? hé ben, pour les enfants, c’est pareil. Laissez s’exprimer votre créativité, trop longtemps réprimée par les rabat-joie moralistes et puritaines. Appuyez vous sur la notion de « présomption de consentement » dans la famille, consentement de l’enfant aux volontés du père, consentement de la conjointe aux désirs du conjoint, consentement aux initiations sexuelles chez les mineurs d’un certain âge … si on vous cherche, invoquez le bon sens ou sortez la plaquette du ministère de la justice sur les agressions sexuelles.

Abonnement Free.ppr pour nos frères de prison : l’option JAP-JAF.

La confrérie n’oublie pas les papas qui ont mal joué et se sont retrouvés convoqués par les flics pour des broutilles.

Alors, tout d’abord, sachez que si vous accusez votre femme de ce que vous lui avez fait, ça passe à l’aise, même si vous faites 30 kg de plus qu’elle : vous vous en sortez avec un classement sans suite, et vous avez en prime le plaisir de la voir interrogée par les flics comme une vraie coupable lors d’une confrontation musclée.

Si malgré tout, vous risquez le tribunal lors d’une confrontation, rassurez vous, vous n’y arriverez qu’une fois sur 200 ou moins encore. Et, quand vous avec la rage que votre voisine appelle la police alors que vous vous êtes débrouillé pour neutraliser votre femme, rappelez vous : « il n’y a pas de garde à vue en matière de violences conjugales », c’est un p’tit filou du commissariat qui nous l’a dit, et il n’y a jamais de comparution immédiate (sauf si en même temps, on vous accuse d’avoir commis un acte grave contre un homme … par exemple, une baston qui se finit au couteau ! faites attention quand même, cartonner un homme, ça compte au minimum double ou triple par rapport à une femme ou un enfant).

Si jamais on vous reproche un crime hyper-flagrant (tentatives évidentes de meurtre, genre avec un fil électrique, par défenestration ou une voiture, ou viol aggravé devant les enfants), keep cool, vous n’irez pas aux Assises. Tout est correctionnalisé en matière de crimes sexistes – vous pouvez dire merci à nos Pères fondateurs du contrat social 😉 .

En gros, les copains de la confrérie des p’tits filous ont fait le calcul : c’est 3 mois ferme pour un ou plusieurs crimes (y a un tarif de gros) (entre 6 mois et 12 mois de sursis) ; pour vous donner une idée, c’est entre du simple sursis et 3 mois ferme si vous étranglez votre conjointe, puis vous la rouez de coups par terre, puis vous la traînez dans la chambre, puis vous l’étouffez à l’oreiller (vous vous arrêtez quand l’enfant de 4 ans hurle puis court appeler la police) et vous la violez le temps que la police sonne à la porte (bien tenté le sourire courtois en leur ouvrant, mais cette fois vous avez laissé parlé un témoin) …

popopo … c’est tendu, mais keep vraiment cool … Sachant que, pour les crimes d’hommes jugés par la justice des hommes, une peine ferme sur deux se finit par le port du bracelet électronique en toute liberté (« liberté » = pas touche à « votre » victime, hein, celle que vous venez de tenter de tuer, par contre vous faites ce que vous voulez avec les dizaines de millions d’autres qui vivent dans votre pays), sachant aussi que, si vous avez un projet d’insertion au moment de votre récidive, vous ne serez pas réincarcéré … le risque que vous avez de voir en vrai des barreaux est hyper-invraisemblable.

Et deux vraies bonnes nouvelles :
1) même dans ces cas invraisemblables, vous gardez votre autorité parentale ! 🙂 et même des droits de visite ! Il y a un accord souterrain JAP-JAF (juge d’application des peines et juges aux affaires familiales) qui protège vos droits inaliénables sur les sujets qui portent votre nom. Vous pourrez imposer à votre ex d’emmener les enfants à la prison, en la menaçant de porter plainte pour non présentation d’enfant, vous pourrez l’obliger à leur lire les lettres aux mots choisis que vous leur enverrez et exiger une réponse … et si  votre ex est indisponible (elle est invalide ou morte), ne vous inquiétez pas, ce sont ses parents qui devront emmener vos enfants en visite médiatisée : vos droits sur vos enfants seront respectés … pas de double peine en plus de la prison, vous avez déjà payé votre dette à la société, c’est vos droits, vos enfants, on est en démocratie, quenenni !

2) les juges des différentes juridictions ne se parlent pas !! vous avez un casier judiciaire long comme la cape d’un p’tit filou ? y a même une enquête pour viol sur un mineur quelque part ? RAS : le juge des droits parentaux, c’est comme votre patron, il n’a pas accès au dossier ! finger in ze noze ! Votre ex est protégée par une ordonnance de protection, et il y a même une mesure d’éloignement contre vous ? RAS. Le JAF ne veut rien savoir : lui il s’occupe des droits SUR l’enfant …. du coup, vous aurez une garde classique, et c’est votre ex qui devra se débrouiller pour pas venir vous chercher tout en respectant vos droits caprices. Le Juge pour enfant non plus ne veut rien savoir des violences conjugales sur la mère de l’enfant qu’il doit protéger. Vous pouvez avoir détruit l’image maternelle jusqu’au bout, jusqu’à la dépression post-partum, jusqu’à la psychiatrisation de la mère, le juge pour enfant s’en fout, il s’occupe de la capacité des parents à être parents … et vous, comme vous êtes en forme et plutôt charmant, vous avez toutes vos chances. Restez optimiste réaliste.

Voilà voilou !
en espérant que ces conseils vous rassureront, même s’il faut rester vigilant face au pouvoir matriarcal qui a imposé la journée de La Femme … un homme averti vaut mieux.
pensées masculinistes
La Confrérie des P’tits Filous

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Projection sexiste et attachement traumatique

Je souhaite ici voues parler d’un classique de l’aliénation des femmes aux hommes :
* la projection sexiste : la projection sur les femmes des sentiments (interdits) que noues provoquent les hommes par leur violence : mépris, nausée, dégoût, rejet, méfiance, peur, haine, etc.. Cette projection est la source majeure de division des femmes, elle est organisée par les hommes (voir aussi http://www.feministes-radicales.org/2014/09/12/opprimees-divisees-dechirees-qui-tient-le-couteau/ )
* Son mouvement complémentaire est l’attachement traumatique : la projection sur les hommes des souffrances (niées) et des bienfaits (tus, accaparés) issus des femmes. Parmi les souffrances féminines projetées sur les hommes et qui suscitent la pitié au lieu du rejet, il y a l’impuissance, l’impossibilité de trouver sa place chez soi (un lieu à soie) ou dans le monde (être légitime), la naïveté, le risque d’être volée, exploitée ou humiliée, le risque de ne pas être entendue, de voir sa parole niée, en un mot, les risques d’être « castrée » … Parmi les bienfaits qui viennent des femmes mais qui sont projetées sur les hommes et qui provoquent l’amour au lieu de la colère, il y a l’amour, la protection, le courage jusqu’au sacrifice, l’inventivité et l’intelligence singulière, la raison à toute épreuve et la grandeur d’âme, les richesses matérielle et spirituelle.

Prenons trois exemples vécus en une semaine prise au hasard, absolument exemplaires d’une monotonie patriarcale terrifiante.

Une femme se plaint de son copain : il se renferme dans le garage, vient pour mettre les pieds sous la table, il attend qu’elle rentre pour lui faire gérer les problèmes avec les enfants, il se décharge de tout sur elle. Elle comprend : il a eu des deuils il y a trois ans, son père et son frère morts, et puis, elle-même, elle est dure à vivre, elle a son caractère, il a dû mal à trouver sa place, car elle fait tout à sa place … Par contre, elle ne supporte pas sa belle-mère, la mère de Monsieur. Cette femme qui rapporte à manger au couple et gâte les enfants. Bon d’accord elle est seule, elle cuisine des plats qu’on ne peut pas cuisiner pour une personne seule, alors elle offre les restes, ça peut être gentil … mais bon, qu’est-ce qu’elle croit ? que Madame ne sait pas cuisiner ?

Une femme victime d’extrêmes violences conjugales (torture mentale, simulacre de meurtre et tentatives, coups, viols, etc.) a deux enfants, une fille de 4 ans et un fils de 15 ans. Depuis la mise à l’abri de Madame, la fille de 4 ans a des « crises » impressionnantes, elle hurle, se fait mal, et parfois, elle profère des menaces contre sa mère. La mère a l’impression de voir le père : elle a son regard et sa violence verbale. Et puis, elle a « du caractère », elle refuse tout, elle est autoritaire, elle ne la laisse pas tranquille la nuit, la suit partout la journée … Madame pense que « elle est comme lui », comme l’homme qui a failli la tuer. Le frère, lui, ne fait pas de crise. Bon, il « se bagarre » avec sa sœur, il « peut » lui faire mal – mais en même temps, elle le cherche sans cesse, elle lui prend ses affaires pour les mettre dans sa chambre quand il n’est pas là – et il lui est arrivé d’insulter Madame. Il est en pleine crise d’adolescence, et il ne comprend pas que Madame soit « restée » aussi longtemps avec Monsieur.

Une femme aime une autre femme. Elles sortent d’une soirée entre amies. Oubliant un instant qu’elles sont dans un espace public hostile, pour la première fois de leur relation, elles se tiennent par la taille. Moins de 20 mètres plus loin, un homme pose un regard inquisiteur, et les suit du regard, jusqu’à tourner la tête … les deux femmes se lâchent immédiatement et sans concertation, elles n’ont aucun mouvement brusque, comme pour ne pas « provoquer » une escalade. Peu après, l’une d’elle dit à l’autre : « Tu as raison de te protéger, l’espace public est aux hommes, une femme n’est qu’une ombre ou une cible ». L’autre lui répond qu’elle est dogmatique, qu’on ne peut pas généraliser.

*

Je voues invite, dans les commentaires, à me dire ce que voues en pensez, que peut-on voir, et comment on peut l’expliquer.
Je précise quelques éléments :
– en des années, je n’ai jamais entendu de mère me dire, sans nuance, que leur fils est comme leur père, quelle que soit la violence et l’âge de ce fils, alors que l’amalgame est très fréquent concernant les filles, quels que soit leur âge et l’évidence de leur souffrance.
– la fille de 4 ans est chez le père un week end sur deux depuis la mise en sécurité de Madame et le jugement JAF qui a suivi … le frère est assez grand (et c’est un garçon, donc il est entendu) pour décider de ne pas y aller.
– la belle-mère du premier exemple, étant la mère de Monsieur, a aussi eu deux deuils.

Dans quelques jours je récolterai vos réponses et voues donnerai aussi mon analyse.
merci.

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50 shades of torture

Devise et emblème du tournant sadocapitaliste du patriarcat amorcé au 18 ème siècle avec Sade et les « libertins » :

50nuances menottes

Les 3 grands pouvoirs des hommes sont ici symbolisés : le pouvoir de l’argent, le pouvoir de la loi et de ses agents de maintien de l’ordre viril et le pouvoir de la trique.

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50nuances

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50 nuances de toxique

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😉 ceci est un fake proposé par Towanda !

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rage comme une image

Les hommes ont le pouvoir de noues tuer, de noues violer mais aussi de noues faire vivre (ils détiennent, en les salopant, les ressources et ils ont le monopole presque absolu des moyens de production). Cette folie a sa propagande de guerre:
– Pornographie qui noues transforment, chacune, en gibier à scénario sadique;
– Presse virile qui enterre nos forces vives ou profane nos mortes;
– Culture virile qui salope notre âme, notre esprit, téléguide notre esprit critique contre nos sœurs ou noues-mêmes ….

Résumé en image. (ce sont des détournements des dessins [souvent brillants sur les questions anticapitalistes, mais sinon misogyne] de Carlos Lattuf).

1- référence à :

Pornography: The New Terrorism
1977, by Andrea Dworkin.

http://www.nostatusquo.com/ACLU/dworkin/WarZoneChaptIVA.html

pornoliberlism

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2- Toute ressemblance avec un ex-patron du FMI est (sans rire) fortuite …

MaleStream-Media3 -

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3- à partir d’une photo de Virginia WOOLF.

Free Sbeech - Copie

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